Yes, we can

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Yes, we can

Néopiraterie

____On savait la capitale européenne soumise à un intense lobbying.

Marc Jennar en avait naguère décrit l'essentiel des mécanismes. Tous ces groupes de pression n'ont pas que des intentions financièrement ou industriellement intéressées, mais beaucoup ne sont guère en accord avec les idéaux proclamés de l'instance européenne.

_La démocratie n'y gagne pas toujours, c'est un euphémisme, par exemple pour la protection des données personnelles.

_Des réseaux nombreux et souvent efficaces sont à l'oeuvre, dont beaucoup, parmi les plus importants, sont américains (pour le tabac, les semences, les produits pharmaceutiques ...De nombreuses multinationales ont leurs délégués et leurs bureaux, qui font gonfler la population de la capitale belge et exploser le marché de l'immobilier.

Derrière cet aspect déjà connu d'une guerre économique qui n'ose pas dire son nom, s'en cache un autre plus discret, moins analysé, mais tout aussi réel., plus numérique que physique : l'action des instruments sophistiqués de recherche de renseignements d'ordre politique, économique, stratégique...

____Nos alliés d'Outre-Atlantique ont, de ce point de vue, pignon (discret) sur rue. Cela commence à mieux se savoir. Surtout depuis qu'ont commencé les polémiques sur le projet de libre échange transatlantique, qui suscite bien des réserves et des polémiques. L'Oncle Sam, curieux par nature, aimerait bien savoir, entre autres choses, ce qui se trame dans les bureaux et les chancelleries du vieux continent, qui peut leur faire de l'ombre. Ils ont tout à gagner à la réussite de cet accord

___Même des fédéralistes convaincus en dénoncent les conditions et les effets attendus et redoutés. Le chroniqueur de Libération à Bruxelles va plus loin dans un récent billet : Il parle de Bruxelles comme d'un nid d'espions, après avoir vilipendé les grandes oreilles US :et l'hypocrisie européenne :

"C'est l'émoi à Bruxelles et dans les capitales européennes : pensez-donc, selon Der Spiegel, les Etats-Unis espionneraient l'Union (institutions communautaires, gouvernements, ambassades, citoyens). L'indignation est forte : on exige des explications, on menace même de suspendre la négociation du TTIP, le futur traité de libre échange transatlantique. Je demande à voir. Car, ce n'est pas la première fois que les Européens "découvrent" que leur principal allié les surveille de près. Le système Echelon va d'ailleurs bien plus loin que le système Prism et celui-ci n'a jamais été interrompu ou contré. Et pour cause, puisque les Etats, dont la France, participent à ces programmes d'espionnage en livrant des données à Washington et, surtout, eux-mêmes rendent la politesse aux Américains en les espionnant. Je vous rappelle cette enquête que j'ai réalisée et qui est parue le 28 novembre 2006 dans Libération, "Bruxelles, nid d'espions ?"

Selon le Spiegel, le programme d'espionnage de l'UE était constitué non seulement de micros installés dans le bâtiment de l'UE à Washington et à New-York, mais aussi d'une infiltration du réseau informatique qui permettait de lire les courriers électroniques et les documents internes. Tiens donc ! J'avais dévoilé, en 2001, une belle affaire qui s'est noyée dans les sables de l'indifférence, l'affaire Perkins, qui montre quecela fait longtemps que les Américains ont accès aux données européennes les plus secrètes....

A chaque fois que les Européens ont voulu lutter contre les abus américains, ils ont perdu : PNR, Swift, protections des données... Et cela n'est pas près de changer, la puissance n'étant pas de ce côté de l'Atlantique..."

_________________Cet avertissement ne rejoint-il pas pour une part les paroles de Mitterand, qui malgré son atlantisme de principe, déclarait à la fin de sa vie : "La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l'Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort... apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde... C'est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort !"

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