Paris: le jour d'après

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Paris: le jour d'après

Analyse et hypothèses

Il n'y a pas de génération spontanée.

Après l' horreur et les larmes, il est fondamental de ne pas rester au stade de l'émotion, souvent mauvaise conseillère, mais de s'efforcer d'entrer enfin dans la phase de l'analyse rationnelle et de l'action courageuse, même si les problèmes sont devenus très compliqués, à force d'attentisme, de désinformation, d'intérêts et de double jeu.

Tocqueville avait raison: ce qui se passe sous nos yeux est le plus difficile à comprendre.

Comprendre au moins partiellement, avec les informations dont nous disposons, rares et souvent biaisées, en sortant de l'émotion, de l'immédiateté paralysante.

Le drame parisien n'a pas surpris les spécialistes et a même été anticipé et redouté par beaucoup d'observateurs, qui s'attendent à des répliques plus importantes.

Quand on est en guerre ( et on est en guerre!), comme le dit aussi Pierre Conesa, les conséquences ne peuvent nous surprendre, même si elles nous désolent.

Une guerre, oui, il ne faut pas avoir peur des mots. Mais une guerre d'un type particulier, qui n'a rien de religieux, qui va être longue à mener, car on a laissé trop longtemps, par intérêt ou inertie, pourrir la situation.

Comment sortir de l'imbroglio, du bourbier apparemment inextricable, de notre relative impuissance, du lourd héritage pas si lointain de la politique impériale des néoconservateurs américains au MO et du chaos qu'ils ont contribué à créer (*), du double jeu des pays occidentaux et de celui de certaines puissances locales, notamment de la Turquie?

“Au cours des cinq dernières années au moins, l’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis, la Jordanie et la Turquie ont tous apporté un soutien financier et militaire considérable à des réseaux militants islamistes liés à al-Qaïda qui ont engendré l’« État islamique » que nous connaissons aujourd’hui. Ce soutien a été apporté dans le cadre d’une campagne anti-Assad de plus en plus intense dirigée par les États-Unis.” [Nafeez Ahmed, journaliste britannique à The Guardian et à la BBC]

Le problème est qu'on ne fait pas la guerre aux terroristes comme on la fait dans une guerre normale et il y a tout lieu de croire que l'on n'est qu'au début d'un processus qui peut être long.

Même si, comme on le dit, les jihadistes de Daesh perdent du terrain en Irak et en Syrie, l'état islamique occupe un vide qui ne cesse de grandir, avec des moyens financiers considérables, sur la base de nombreux trafics, pétroliers notamment.

Les loups sont entrés dans Paris...comme le chante Reggiani

Les larmes de crocodiles des soutiens de Daesh ne leurrent que les ignorants. Les Etats occidentaux ne peuvent combattre le jihadisme en soutenant ses parrains, les pétromonarchies.

Un chef du renseignement US, le général Flynn déplore la façon dont est gérée l'affaire.

La CIA mène son propre jeu secrètement. La mondialisation a accentué les périls.

La brume opaque qui entoure cette guerre ne favorise pas le débat démocratique.

La première victime d'une guerre, on l'a souvent répété,c'est la vérité.

L'Europe en souffrira, c'est sûr, mais il n'est rien de pire que le déni.

Le problème est que ce sont des guerres qui ne disent pas leur nom et qui demeurent entourées d’une brume opaque. Où sont les communications quotidiennes des généraux sur le nombre de sorties de l’aviation, le bilan des frappes ? Où est le rappel régulier du nombre de soldats morts ? (Il est sur Wikipédia pour ceux que cela intéresse, mais il est impossible à trouver de manière rècapitulative sur le site du ministère de la défense.) Où sont les réflexions stratégiques des think tanks militaires sur les sorties de conflit ? Et, peut-être plus important, où sont les débats parlementaires autres que purement formels, l’information régulière des élus, les commissions d’enquête

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(*) Nous avons créé et financé Al-Qaïda, a déclaré Hilary Clinton

Zbigniew Brzeziński à Poutine : « Arrêtez de frapper NOTRE Al-Qaïda, ou bien c’est la troisième guerre mondiale »

... Toutes ces guerres au proche et moyen orient sont initiées par une politique du "Chaos contrôle", Chaos contrôlé par les les États-Unis et Israël (projet de balkanisation du proche et moyen orient: démantèlement des états par des guerres, des attentats, la division des états en ethnies religieuses les affaiblissent ainsi). Toutes ces guerres au proche et moyen orient sont également soutenues par des pays vassaux des Etats Unis ....La France avait agressé en 2011 un pays souverain, la Libye en le bombardant (quand N. Sarkozy été président). C’est sans être mandaté par personne que BHL s’est attribué un rôle diplomatique officiel !

...Certains gouvernements ne semblent pas avoir intégré cette vérité et persistent à commettre les mêmes fautes sur la base des mêmes calculs erronés s’attendant, à chaque fois, à des résultats différents.;Il est prouvé que l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures des États ne mène qu’à leur destruction, engendrant opportunément les crises humanitaires et le chaos, les transformant en usines de fabrication d’extrémistes et de terroristes..."

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