Vous avez dit austérité?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Vous avez dit austérité?

« Nous sommes au bout d’un monde et on s’accroche aux branches » (A Souchon)

___Cela se vérifie tout à fait pour beaucoup en Grèce (2),au Portugal, en Espagne...

Parfois jusqu'au désespoir.

_Un spectre hante l'Europe: l'austérité

__Notion devenue un thème récurrent imposé par les politiques actuelles de divers pays, comme réalité ou comme perspective.

Non pas les restrictions, le manque, dus passagèrement à une guerre ou les contraintes que l'on s'impose à soi-même par choix pour diverses raisons.

Mais la réduction, parfois drastique, que des institutions imposent à une partie de la population sous la pression d'intérêts économiques et bancaires, pour des raisons qui auraient pu être évitées avec une gestion saine et juste des richesses qui ne manquent pas.

__ Politiques de rigueur qui ne sont que des échecs et qui compromettent à coup sûr le redressement promis, le salut espéré.

Réduction spectaculaires de moyens, malnutrition, renoncement aux soins... frappant les plus démunis, surtout, au coeur de la riche Europe, même en Allemagne.

__ Le programme d’austérité imposé à la Grèce est un désastre

L'Espagne s'attaque à la santé et à l'éducation, etc...

A qui le tour?...

___Austérité parfois jusqu'à la misère, qui n'est que l'effet d'un système dévoyé, vicié à la base, comme aux USA lors de la grande crise de 29. .Même la terrible détresse alimentaire au Sahel ne relève pas d'un fait de nature.

_Ce serait être aveugle de ne pas le reconnaître et de ne pas vouloir en admettre les causes humaines, trop humaines.

_Il n'y a nulle fatalité. De Buenos Aires à Athènes.

Reprendre le contrôle de la finance serait le début de la solution.

Austérité, que de bêtises on peut dire en ton nom et de turpitudes on veut masquer!

_____Pour faire passer la pilule à ceux qui sont les plus exposés et les plus démunis, le discours sur l'austérité, comme au bon vieux temps de la morale puritaines chrétienne traditionnelle, s'accompagne deculpabilisation, dans des termes quasi-religieux où la rédemption est annoncée comme la perspective des restrictions, des souffrances rédemptrices.

_____________On en revient à la morale pour rendre chacun responsable de ce qui lui arrive, pour intérioriser sans critique ni révolte le sort qui lui est fait...

__Un parfum des années trente ? Le discours de Pétain après la défaite jouait déjà aussi sur ce registre. Type de discours réentendu il y a peu "en janvier dernier, à la veille du Forum économique de Davos,(où)son président, M. Klaus Schwab, parlait carrément de « péché » : « Nous payons les péchés de ces dix dernières années », diagnostiquait-il, avant de se demander « si les pays qui ont péché, en particulier ceux du Sud, ont la volonté politique d’entreprendre les réformes nécessaires »

__Autrement dit: Repentez-vous, mes frères, vous avez trop dépensé, trop succombé à la jouissance, trop profité de la générosité des banques!
Si beaucoup se sont irrationnellement endettés à un moment donné, qui les y a poussés en les trompant? Et si la Grèce a vécu au dessus de ses moyens, n'est-ce pas à cause de la complaisance d'une Europe libérale et de la complicité de Goldman Sachs?

Vivent les marchés, vive la crise et vive la rigueur disaient certains lors de la crise de 1974.

__Mais austérité pour qui? et pourquoi?

Pour que survivent les banques?...

_____________________________________________

___" Rigueur, austérité, efforts, sacrifices, discipline, règles strictes, mesures douloureuses… A force d’assiéger nos oreilles de ses fortes connotations moralisatrices, le vocabulaire de la crise finit par intriguer. En janvier dernier, à la veille du Forum économique de Davos, son président, M. Klaus Schwab, parlait carrément de « péché » : « Nous payons les péchés de ces dix dernières années », diagnostiquait-il, avant de se demander « si les pays qui ont péché, en particulier ceux du Sud, ont la volonté politique d’entreprendre les réformes nécessaires » (1). Dans Le Point, sous la plume de Franz-Olivier Giesbert, le décompte de nos bacchanales débridées est plus large : l’éditorialiste déplore « trente ans de bêtises, de folies et d’imprévoyance, où l’on a vécu au-dessus de nos moyens ».

__Dirigeants et commentateurs ressassent le même récit fantasmatique : en se montrant paresseux, insouciants, dispendieux, les peuples européens auraient attiré sur eux, comme une juste punition, le fléau biblique de la crise. Maintenant, ils doivent expier. Il faut « se serrer la ceinture », remettre à l’honneur les bonnes vieilles vertus d’épargne et de frugalité. Le Monde (17 janvier 2012) cite en exemple le Danemark, pays modèle auquel une « cure de patates » a permis de revenir dans les bonnes grâces des agences de notation. Et, dans son discours de prise de fonctions, en décembre 2011, le président du gouvernement espagnol, M. Mariano Rajoy, haranguait ses compatriotes : « Nous sommes confrontés à une tâche ingrate, comme celle de ces parents qui doivent se débrouiller pour nourrir quatre personnes avec l’argent pour deux. »

__De nombreuses voix s’élèvent pour souligner l’imposture de ce raisonnement qui prétend calquer le comportement d’un Etat sur celui d’un ménage. Il escamote la question de la responsabilité de la crise, comme le poids insupportable que l’austérité fait peser sur les populations, dont la seule faute est d’avoir voulu se soigner ou payer les professeurs de leurs enfants. Pour un particulier, la rigueur budgétaire peut être une source de fierté et de satisfaction ; pour un Etat, elle signifie la ruine de centaines de milliers de citoyens, quand elle n’aboutit pas, comme c’est le cas en Grèce, à un sociocide pur et simple. Au Danemark, précisait Le Monde, la « cure de patates » se traduisit par une explosion du chômage et par une réduction drastique des programmes sociaux ; « soixante mille familles perdirent leur logement ». Ainsi, non seulement ce faux bon sens efface magiquement les inégalités sociales et occulte les ravages de l’austérité, mais il préconise, face à la crise, une politique économique qui n’aboutit qu’à l’aggraver en empêchant toute relance par la consommation....

__Jean Calvin estimait que la masse des ouvriers et des artisans « devait être maintenue en état de pauvreté pour rester obéissante envers Dieu ». Le protestantisme creusa entre élus et damnés « un fossé a priori plus infranchissable et plus inquiétant que celui qui séparait du monde le moine du Moyen Age — un fossé qui traça une empreinte profonde dans tous les sentiments sociaux ». Le puritanisme anglais forgea également « une législation sur la pauvreté dont la dureté tranchait radicalement avec les dispositions antérieures... » (M.Chollet)
____- Des économistes lancent un manifeste contre la rigueur

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« Nous sommes au bout d’un monde et on s’accroche aux branches » (A Souchon)

Cela se vérifie tout à fait pour beaucoup en Grèce (2),au Portugal, en Espagne...

Parfois jusqu'au désespoir.

Un spectre hante l'Europe: l'austérité

Notion devenue un thème récurrent imposé par les politiques actuelles de divers pays, comme réalité ou comme perspective.

Non pas les restrictions, le manque, dus passagèrement à une guerre ou les contraintes que l'on s'impose à soi-même par choix pour diverses raisons.

Mais la réduction, parfois drastique, que des institutions imposent à une partie de la population sous la pression d'intérêts économiques et bancaires, pour des raisons qui auraient pu être évitées avec une gestion saine et juste des richesses qui ne manquent pas.

Politiques de rigueur qui ne sont que des échecs et qui compromettent à coup sûr le redressement promis, le salut espéré.

Réduction spectaculaires de moyens, malnutrition, renoncement aux soins... frappant les plus démunis, surtout, au coeur de la riche Europe, même en Allemagne.

Le programme d’austérité imposé à la Grèce est un désastre

L'Espagne s'attaque à la santé et à l'éducation, etc...

A qui le tour?...

Austérité parfois jusqu'à la misère, qui n'est que l'effet d'un système dévoyé, vicié à la base, comme aux USA lors de la grande crise de 29. .Même la terrible détresse alimentaire au Sahel ne relève pas d'un fait de nature.

Ce serait être aveugle de ne pas le reconnaître et de ne pas vouloir en admettre les causes humaines, trop humaines.

Il n'y a nulle fatalité. De Buenos Aires à Athènes.

Reprendre le contrôle de la finance serait le début de la solution.

Austérité, que de bêtises on peut dire en ton nom et de turpitudes on veut masquer!

_____Pour faire passer la pilule à ceux qui sont les plus exposés et les plus démunis, le discours sur l'austérité, comme au bon vieux temps de la morale puritaines chrétienne traditionnelle, s'accompagne deculpabilisation, dans des termes quasi-religieux où la rédemption est annoncée comme la perspective des restrictions, des souffrances rédemptrices.

_____________On en revient à la morale pour rendre chacun responsable de ce qui lui arrive, pour intérioriser sans critique ni révolte le sort qui lui est fait...

Un parfum des années trente ? Le discours de Pétain après la défaite jouait déjà aussi sur ce registre. Type de discours réentendu il y a peu "en janvier dernier, à la veille du Forum économique de Davos,(où)son président, M. Klaus Schwab, parlait carrément de « péché » : « Nous payons les péchés de ces dix dernières années », diagnostiquait-il, avant de se demander « si les pays qui ont péché, en particulier ceux du Sud, ont la volonté politique d’entreprendre les réformes nécessaires »

Autrement dit: Repentez-vous, mes frères, vous avez trop dépensé, trop succombé à la jouissance, trop profité de la générosité des banques!
Si beaucoup se sont irrationnellement endettés à un moment donné, qui les y a poussés en les trompant? Et si la Grèce a vécu au dessus de ses moyens, n'est-ce pas à cause de la complaisance d'une Europe libérale et de la complicité de Goldman Sachs?

Vivent les marchés, vive la crise et vive la rigueur disaient certains lors de la crise de 1974.

__Mais austérité pour qui? et pourquoi?

Pour que survivent les banques?...

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" Rigueur, austérité, efforts, sacrifices, discipline, règles strictes, mesures douloureuses… A force d’assiéger nos oreilles de ses fortes connotations moralisatrices, le vocabulaire de la crise finit par intriguer. En janvier dernier, à la veille du Forum économique de Davos, son président, M. Klaus Schwab, parlait carrément de « péché » : « Nous payons les péchés de ces dix dernières années », diagnostiquait-il, avant de se demander « si les pays qui ont péché, en particulier ceux du Sud, ont la volonté politique d’entreprendre les réformes nécessaires » (1). Dans Le Point, sous la plume de Franz-Olivier Giesbert, le décompte de nos bacchanales débridées est plus large : l’éditorialiste déplore « trente ans de bêtises, de folies et d’imprévoyance, où l’on a vécu au-dessus de nos moyens ».

Dirigeants et commentateurs ressassent le même récit fantasmatique : en se montrant paresseux, insouciants, dispendieux, les peuples européens auraient attiré sur eux, comme une juste punition, le fléau biblique de la crise. Maintenant, ils doivent expier. Il faut « se serrer la ceinture », remettre à l’honneur les bonnes vieilles vertus d’épargne et de frugalité. Le Monde (17 janvier 2012) cite en exemple le Danemark, pays modèle auquel une « cure de patates » a permis de revenir dans les bonnes grâces des agences de notation. Et, dans son discours de prise de fonctions, en décembre 2011, le président du gouvernement espagnol, M. Mariano Rajoy, haranguait ses compatriotes : « Nous sommes confrontés à une tâche ingrate, comme celle de ces parents qui doivent se débrouiller pour nourrir quatre personnes avec l’argent pour deux. »

De nombreuses voix s’élèvent pour souligner l’imposture de ce raisonnement qui prétend calquer le comportement d’un Etat sur celui d’un ménage. Il escamote la question de la responsabilité de la crise, comme le poids insupportable que l’austérité fait peser sur les populations, dont la seule faute est d’avoir voulu se soigner ou payer les professeurs de leurs enfants. Pour un particulier, la rigueur budgétaire peut être une source de fierté et de satisfaction ; pour un Etat, elle signifie la ruine de centaines de milliers de citoyens, quand elle n’aboutit pas, comme c’est le cas en Grèce, à un sociocide pur et simple. Au Danemark, précisait Le Monde, la « cure de patates » se traduisit par une explosion du chômage et par une réduction drastique des programmes sociaux ; « soixante mille familles perdirent leur logement ». Ainsi, non seulement ce faux bon sens efface magiquement les inégalités sociales et occulte les ravages de l’austérité, mais il préconise, face à la crise, une politique économique qui n’aboutit qu’à l’aggraver en empêchant toute relance par la consommation....

Jean Calvin estimait que la masse des ouvriers et des artisans « devait être maintenue en état de pauvreté pour rester obéissante envers Dieu ». Le protestantisme creusa entre élus et damnés « un fossé a priori plus infranchissable et plus inquiétant que celui qui séparait du monde le moine du Moyen Age — un fossé qui traça une empreinte profonde dans tous les sentiments sociaux ». Le puritanisme anglais forgea également « une législation sur la pauvreté dont la dureté tranchait radicalement avec les dispositions antérieures... » (M.Chollet)
- Des économistes lancent un manifeste contre la rigueur

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