Point d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Point d'histoire

Quand le Reich marchait à la pervitin.
___ Un Reich junkie.
____ Une Allemagne sous drogue dure.
__ Les grognards napoléoniens marchaient au mauvais rhum, les poilus de 14 tenaient grâce aupinard, de préférence bromuré, jugé fondamental par l'Etat-Major pour le moral des armées.
___ Avec les progrès de la chimie, grâce aux services de Bayer, Hoechst et les autres, toutes entreprises passées sous le joug du pouvoir, les troupes du Reich furent abondamment pourvues enamphétamines et ses dérivés (*), surtout quand il fallait rester éveillés plusieurs jours de suite, ardents dans les combats décisifs, résistants dans le froid sibérien.... La Blitzkrieg aurait-elle été la percée foudroyante que l'on sait, sans adjuvants chimiques?
__Conditionnés, fanatisés par un chef et une propagande souvent hystériques, pour les combattants les plus exposés, il fallait souvent ne pas dormir, ne pas souffrir, être performants. Les béquilles chimiques firent vite sentir leur nécessité, surtout aux moments les plus décisifs.
__ Le Reich était sous influence de produits commandés en masse par les autorités nazies, Göring étant lui-même pionnier en la matière.
__ Le Führer, lui aussi, usait et abusait de produits divers, sur les conseils du bon dealer "docteur" Morell, qui fit fortune, surtout à partir des premiers revers de 1941 en URSS et surtout après l'attentat manqué de 1944, jusqu'à la déchéance morale et physique finale. Hitler fustigeait les drogues en public, mais paradoxalement savait y recourir, lorsque sa santé déclina, s'enfermant dans le cercle vicieux de la chute.
__Un processus historique est engendré par des causes multiples. En deçà des décisions humaines existent des mécanismes qui ne sont pas toujours mis en évidence. On commence à mieux comprendre, grâce à l'étude de Norman Ohler, l'importance que l'industrie chimique-pharmaceutique a eu dans l'ascension, mais aussi dans le déclin du Reich, les décisions militaires aberrantes de Hitler, surtout dans la dernière année. L'auteur a fait une recherche très longue et quasiment inédite, amassant une quantité impressionnante de documents, sans pouvoir être exhaustif.
__ Les drogues de combat ont donc souvent eu un rôle décisif dans certaines opérations d'envergure, comme dans l'Afrika Korps, grâce à la perverse pervitine, à l'usage encouragé. Mais elles ne furent d'aucun secour pour éviter les désastres finaux, sinon pour atténuer les souffrances.
__Les adjuvants chimiques ont donc constitué une part des succès initiaux des armées du Reich.
___Ce fut la monstrueuse continuation de la politique d'expansion par d'autres moyens, une manière debooster des avancées euphorisantes, mais vite devenues des pièges mortels.
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Quand le Reich marchait à la pervitin.
Un Reich junkie.
Une Allemagne sous drogue dure.
Les grognards napoléoniens marchaient au mauvais rhum, les poilus de 14 tenaient grâce aupinard, de préférence bromuré, jugé fondamental par l'Etat-Major pour le moral des armées.
Avec les progrès de la chimie, grâce aux services de Bayer, Hoechst et les autres, toutes entreprises passées sous le joug du pouvoir, les troupes du Reich furent abondamment pourvues enamphétamines et ses dérivés (*), surtout quand il fallait rester éveillés plusieurs jours de suite, ardents dans les combats décisifs, résistants dans le froid sibérien.... La Blitzkrieg aurait-elle été la percée foudroyante que l'on sait, sans adjuvants chimiques?
Conditionnés, fanatisés par un chef et une propagande souvent hystériques, pour les combattants les plus exposés, il fallait souvent ne pas dormir, ne pas souffrir, être performants. Les béquilles chimiques firent vite sentir leur nécessité, surtout aux moments les plus décisifs.
Le Reich était sous influence de produits commandés en masse par les autorités nazies, Göring étant lui-même pionnier en la matière.
Le Führer, lui aussi, usait et abusait de produits divers, sur les conseils du bon dealer "docteur" Morell, qui fit fortune, surtout à partir des premiers revers de 1941 en URSS et surtout après l'attentat manqué de 1944, jusqu'à la déchéance morale et physique finale. Hitler fustigeait les drogues en public, mais paradoxalement savait y recourir, lorsque sa santé déclina, s'enfermant dans le cercle vicieux de la chute.
Un processus historique est engendré par des causes multiples. En deçà des décisions humaines existent des mécanismes qui ne sont pas toujours mis en évidence. On commence à mieux comprendre, grâce à l'étude de Norman Ohler, l'importance que l'industrie chimique-pharmaceutique a eu dans l'ascension, mais aussi dans le déclin du Reich, les décisions militaires aberrantes de Hitler, surtout dans la dernière année. L'auteur a fait une recherche très longue et quasiment inédite, amassant une quantité impressionnante de documents, sans pouvoir être exhaustif.
Les drogues de combat ont donc souvent eu un rôle décisif dans certaines opérations d'envergure, comme dans l'Afrika Korps, grâce à la perverse pervitine, à l'usage encouragé. Mais elles ne furent d'aucun secour pour éviter les désastres finaux, sinon pour atténuer les souffrances.
Les adjuvants chimiques ont donc constitué une part des succès initiaux des armées du Reich.
Ce fut la monstrueuse continuation de la politique d'expansion par d'autres moyens, une manière debooster des avancées euphorisantes, mais vite devenues des pièges mortels.
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