Masculin/féminin

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 Un homme, une femme...
______________________Tout semble simple lorsqu'on s'en tient aux données de la nature.
Mais tout se complique quand on prend en compte une part essentielle, les aspects culturels affectant chacun des deux sexes.
L'anatomie n'est pas un destin 
___L'ethnologie, la sociologie, l'histoire et surtout la psychanalyse font apparaître que la masculinité et la féminité, du point de vue psychologique, moral, social, intellectuel et jusque dans certains aspects physiques, sont fortement marquées, dans leur intimité même et leurs rapports mutuels, par des manières d'être et de faire, de se vêtir, qui ne relèvent que de l'éducation très précoce et des formations et conditionnements postérieurs.
La féminité est dans une large mesure un produit culturel et historique, même parfois quand elle se prétend libérée.
Tout comme la masculinité. Toutes les deux sont largement des constructions sociales
L'analyse de la presse féminine moderne avec son obsession du corps parfait le corrobore.
 Les critères énoncés ou implicites de la beauté féminine sont largement l'effet d'un conditionnement médiatique 
_________On peut aussi parler de fabrique du  masculin , qui se reflète notamment dans les magazines qui lui sont destinés, proposant un miroir inversé de la presse féminine.
"Les magazines des hommes « véritables », mais « modernes », affirment et imposent la nécessité d’accroître sa masse musculaire ou dispensent des conseils pour « gérer son ex » (un classique du genre). Mais ils se répandent aussi en recommandations en matière de montres, de voitures ou de jeux vidéos, tout en proposant régulièrement et un peu partout  des classements des femmes « les plus sexy du monde ». De son côté, la presse féminine égrène chaque mois ou chaque semaine (selon les titres) les injonctions sur les corps, la sexualité et bien sûr la mode (afin que les femmes parviennent à éviter les fameux « fashion faux pas »), mais prend également grand soin de décrire, dans ses péripéties et détails les plus insignifiants la vie des « people ».
Wikipedia
Clio

Mais surtout...ces deux composantes importantes du secteur de la presse magazine adoptent des attitudes distinctes concernant la vision de l’autre sexe. La presse féminine, loin de toute remise en cause radicale de la domination masculine, invite en effet les femmes à transiger avec celle-ci, notamment à travers l’injonction de concilier vie professionnelle et vie familiale (dont on ne trouve aucunement l’équivalent dans la presse masculine).
Quant à la presse masculine, elle paraît hésiter entre le vieux chauvinisme du masculin, qui rend un culte à la puissance physique des hommes et tend à réduire les femmes à leur plastique (c’est-à-dire à un pur et simple objet de désir pour les hommes), et un appel incantatoire à adapter une masculinité modernisée aux aspirations des femmes à l’émancipation. Ainsi, le magazine Men’s Health conseille à ses lecteurs (juin 2012), au titre des « astuces pour réveiller votre vie sexuelle », de « partager les corvées », car « d’une étude à l’autre, il est prouvé qu’elles sont émoustillées par les hommes qui aident ». « Aider » les femmes dans les tâches ménagères, oui  ! Mais dans le but de les séduire, voire d’obtenir en retour des faveurs sexuelles…  
Ce qui est en jeu dans ces magazines, ce n’est rien moins que l’esthétisation – ordinaire et médiocre – de la domination masculine, cette domination dont Pierre Bourdieu résumait ainsi les effets sur les rapports des femmes à leur propre corps, pour peu qu’elles répondent aux attentes  : « La domination masculine, qui constitue les femmes en objets symboliques, […] a pour effet de les placer dans un état permanent d’insécurité corporelle ou, mieux, de dépendance symbolique  : elles existent d’abord par et pour le regard des autres, c’est-à-dire en tant qu’objets accueillants, attrayants, disponibles. On attend d’elles qu’elles soient “féminines”, c’est-à-dire souriantes, sympathiques, attentionnées, soumises, discrètes, retenues, voire effacées. » Les conseils en séduction masculine reconduisent jusqu’à la caricature la distribution des rôles..."
____________________
Genre: polémique orchestrée

________________________________________________________________

Commenter cet article