Syrie, un tournant?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Le début de la fin, enfin?

                                        Mais pour quelle issue et vers quelle recomposition?
       Difficile à dire, à moins d'être devin, mais ce qui est sûr, c'est que Damas ne voudra jamais que le pays finisse comme l'Irak ou la Lybie. Pas plus que Poutine. qui mène maintenant le jeu.
       Nous en sommes au point où il ne reste plus comme solution que d'éviter le pire, éradiquer jusqu'au bout Daesh.
        Il importe de rester prudent vis à vis de certaines sources d'information, souvent brouillées ou peu fiables.
    Il y a deux ans, on parlait de conflit sans issue apparente, d'imbroglio insoluble, de guerre sans fin.
   Mais il semble aujourd'hui que l'affrontement à Alep, la martyre, soit le début d'une déroute pour Daesh, pour ce secteur du moins. Certains parlent de déroute programmée, de débandade.
  Tandis qu'à Mossoul, en Irak, la situation paraît plus difficile, mais sans issue pour une résistance qui faiblit. Pour Rakka, la situation est pour l'instant plus problématique.
     Mais, pour la suite, qui y voit vraiment clair?  Quels vont être les nouveaux terrains de lutte de Daesh, cette hydre ectoplasmique, ce phoenix, qui peut se reconstituer ailleurs, ne serait-ce que provisoirement et clandestinement.
     Les hypothèses vont bon train:
   La prise d'Alep, incontestable tournant de la guerre, libérera des dizaines de milliers de soldats qui iront renforcer les autres fronts, chaque fois moins nombreux d'ailleurs et libérant à leurs tour des milliers de combattants. Resteront alors deux gros morceaux : la province d'Idlib où Al Qaeda, Ahrar al-Cham & Co, en relatif état de faiblesse après les pilonnages russes, sont d'ailleurs en train de se dévorer entre euxl'Etat islamique.  Dans ces deux cas, un  retour à l'envoyeur se profile. Pressés de tous côtés, les djihadistes d'Idlib n'auront qu'une échappatoire : la Turquie, où tonton Erdogollum aura toutes les peines du monde à les contrôler. Quant à Daech, nous évoquions l'année dernière le scénario rêvé ...       
       On parle de la Somalie, comme ultime zone de repli. Les alliances, souvent de circonstances, changent à une rythme déroutant, pour ce que l'on sait, et on voit mal comment pourront se réunir autour d' une tables des forces aux intérêts si divergents.
  Après le (double) jeu perdant des Américains, les tergiversations de l'Europe, les illusions et les impasses de la position française, le réalisme de Poutine s'impose de fait sur le terrain: mieux vaut conserver l'unité du pays; même sous Assad, que de livrer le pays à une guerre civile sas fin et contagieuse, jusqu'aux confins de l'Oural..
    Les Etats-Unis ont laissé le champ libre à la Russie, devenue incontournable "La responsabilité américaine est très forte. Les Etats-Unis n’ont pas voulu intervenir significativement en Syrie, car ils ne voulaient pas se heurter à l’Iran, allié du régime syrien, ni risquer une confrontation entre les forces américaines et russes. Ils ont laissé le champ libre à la Russie, devenue un acteur incontournable. C’est elle aujourd’hui qui décide de l’avenir de la Syrie. Or la Russie n’est toujours pas prête à laisser tomber Bachar el-Assad malgré les signaux qu’elle envoie dans ce sens depuis trois ans. Nous sommes dans une impasse : les grandes puissances ont un désaccord fondamental sur la Syrie.
    Une situation encore bien confuse dans ce panier à crabes. Mais on y voit aujourd'hui un peu plus clair dans le brouillard entretenu et des langues se délient.
    Les enjeux profonds des affrontements restent toujours brouillés. Sur les racines des affrontements, beaucoup de choses sont tues.
      Le problème des hydrocarbures, cet excrément du diable,  reste un enjeu masqué:
        Le formidable jeu de poker menteur syrien permet à peu près toutes les hypothèses : entente russo-turque sur le dos de Washington, américano-russe voire américano-russo-kurde sur le dos d’Erdogan, syro-turque sur le dos des Kurdes ou au contraire syro-kurde sur le dos du sultan. Tout est possible et l’élection du Donald vient encore compliquer la donne…   Quelques éléments tout de même pour y voir plus clair. Premier point : les grands perdants de la triple offensive sur Alep, Al Bab et Raqqa sont respectivement les djihadistes “modérés”, les Kurdes d’Efrin et Daech. Par contrecoup, le grand vainqueur est l’axe Damas-Moscou qui voit deux de ses adversaires en mauvaise posture.___________________

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