Allocs: bricolage ou réforme de fond?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

_Si elle se fait, la réforme annoncée, qui s'impose pourtant, va être très difficile à mettre en oeuvre dans les conditions les moins inéquitables.

__Le compromis auquel elle aboutira fera forcément des insatisfaits.
Déjà pointent des arguments fallacieux du côté des héritiers de Passy: "Un enfant de riche coûte plus cher qu’un enfant de pauvre", diront ceux qui ont intérêt à ce que perdure en l'état un système d'aide qui les avantage plus que d'autres, par le cumul de prestations et de réductions d'impôt. 
Une "évidence", qui reflète un rapport social, où les plus aisés dépensent naturellement plus pour leurs enfants, pour leur entretien comme pour leur formation scolaire, afin de maintenir leur rang et assurer la reproduction des privilèges, alors que les allocations représentent pour eux l'équivalent d'une sorte d'argent de poche.
__Les allocations familiales ont déjà une longue histoire
Depuis la fin de la guerre de 14, l'idée a fait son chemin, constituant un progès social indéniable, pas seulement du point de vue de ses effets sur la .fécondité.
Cependant, la France n'est pas en pointe en Europe. 
Le système allemand est un peu différent
 ___La politique familiale unique, héritière de notre histoire, est devenue assez labyrinthique, avec ses qualités et ses défauts.
La réforme d'un système, qui apparaît comme inéquitable, est un vieux champ de mines politique  quidivise à droite comme à gauche. 
Les mesures à prendre se révèlent donc difficiles et risquent d'accoucher d'une souris.

 Il va falloir réformer, certes, mais avec doigté et intelligence.
Quelle répartition envisager pour que le système soit le moins injuste possible?
Un rééquilibrage est en voie de discussion, des solutions envisagées, dont certaines sont jugées  schizophrènes, comme celle suggérée parB.Bapt, car "on voudrait que les allocations familiales profitent d’abord aux familles pauvres et moyennes ; mais, d’un autre côté, le bénéfice du quotient familial augmente avec le revenu des parents.»
T.Piketty prône"une politique familiale vraiment universelle, qui concerne tous les enfants quel que soit le revenu, et un crédit d’impôt universel, qui rapporte à tous les parents le même crédit d’impôt par enfant. Comme à l’école, où la dépense par enfant est la même, quels que soient les revenus des parents. Raboter les allocations, cela n’a pas de sens. Le gouvernement renonce aux principes simples, aux visions d’ensemble, pour faire les fonds de tiroirs. C’est dangereux, car il prend le risque de ne pas être compris...commençons par essayer de mettre de la logique dans le système actuel, si morcelé. Si ce n’est pas suffisant, on en débattra ensuite. Là, on rajoute une couche de complexité dans un système socialo-fiscal qui en compte déjà beaucoup trop, comme dans l’histoire des Pigeons. Sans compter qu’on génère des effets de seuils : vous ne pouvez pas perdre plusieurs centaines d’euros d’allocations dès que vous dépassez d’un euro le seuil de revenu. Il va donc falloir trouver un moyen de lisser l’échelle..".
On n'est pas sorti de l'auberge, comme on dit...

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