Espagne: grand saut en arrière

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(C'était il y a trois ans...)

__Un gran salto hacia atras 
_______________L'Europe n'en a pas fini avec l'Espagne...
_____________________________________La saignée espagnole continue: le malade pourrait mourir guéri...
Même si des citoyens s'organisent dans la crise, les problèmes s'aggravent, malgré un récent petitexcédent commercial (conséquences d'importations plus réduites dues à un effondrement du pouvoir d'achat...) Certains ministres osent tout de même un humour cynique.
La socialisation des pertes va bon train. La crise dépasse le simple aspect économique. Les dégâtssont partout (sauf pour quelques uns). Le pessimisme généralisé compromet un sursaut.
Site internet de Juventud sin futuro______« Nous, les Espagnols, sommes arrivés à un point où nous ne pouvons pas choisir entre rester comme nous sommes et faire des sacrifices. Nous n’avons pas cette liberté. Les circonstances ne sont pas aussi favorables. L’unique option que la réalité nous laisse est d’accepter les sacrifices et de renoncer à quelque chose ou bien de refuser les sacrifices et de renoncer à tout. » C’est ce qu’a dit Mariano Rajoy, le président du gouvernement, le 11 juillet 2012 devant le Congrès, annonçant un coup brutal porté à l’État-providence. Des propos très éloquents qui, au fond, montrent que la démocratie est de plus en plus soumise aux intérêts de ceux qui ne sont pas élus. Le seul doute est de savoir jusqu’à quel point les innombrables coupes budgétaires peuvent être solubles dans la démocratie.
La question apparaît dans les conclusions du Rapport sur la démocratie en Espagne 2013 de laFondation Alternativas, élaboré avec le concours de nombreux experts. « Les politiques économiques actuelles ne sont pas démocratiquement durables », a affirmé, lors de la présentation de l’étude le 12 juin, la sociologue Belén Barreiro, ex-présidente du Centre de recherches sociologiques (CIS) et directrice du laboratoire d’Alternativas. Car ces politiques ont pour résultat d’accroître la pauvreté et de rendre la « société plus duale, inégale et divisée ».
Le sous-titre de ce rapport de 258 pages en dit long : Un grand saut en arrière. La santé de la démocratie espagnole s’est progressivement détériorée depuis 2008 (année de lancement du premier rapport de cette fondation proche du PSOE) mais a brutalement chuté l’année dernière : le système était noté 5,2 contre 6,2 en 2008. Une baisse d'un point, dont six dixièmes sur la seule dernière année...
  L’Espagne est aujourd’hui affaiblie parce qu’aucune politique de redistribution n’a été mise en place en période de croissance et que les inégalités n’ont donc pas été réduites alors. Incontestablement, « l’explosion du chômage » et ses répercussions de plus en plus fortes sur les chefs de famille ont amplifié le phénomène comme jamais. Selon Luis Ayala, les « changements rapides dans la structure salariale » et la baisse des salaires ont contribué au renforcement des inégalités. Autrement dit, ce qui atténue le plus les écarts sociaux, ce sont « les pensions, les impôts, la santé et l’éducation, précisément les piliers auxquels on est en train de toucher ». 
Le résultat est que l’Espagne est aujourd’hui l’un des trois pays qui enregistrent le plus fort taux d’inégalité, juste après la Bulgarie et la Lettonie. « Même dans les pays qui ont bénéficié d’un plan de sauvetage, comme la Grèce ou l’Irlande, cet indice n’a autant augmenté. » Les revenus moyens ont été affectés et les revenus faibles se sont effondrés, alors que les hauts revenus « ont continué à augmenter au-dessus de la moyenne ». Le risque d’exclusion sociale de beaucoup de foyers s’en est trouvé augmenté en conséquence..."
_____________________________Point de vue sur le nouveau miracle espagnol

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