Alors la crise sera terminée...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
La crise est derrière nous, dit-il, ou disent-ils...
                                                   Ce n'est pas l'avis de  tous, loin de là...
       Elle pourrait même s'amplifier, disent certains, si l'Europe ne fait pas de profondes réformesstructurelles et ne renonce pas à une politique austéritaire à courte vue et désastreuse, qui l'amène dans unedirection funeste. 
                                                
_______Les Grecs surtout, dans un champ de ruines économique et social, n'en sont pas vraiment convaincus
      Leur véritable ministre des finances, le bon docteur Schaüble, alors que des pans entiers de l'économie et des services sont vendus à l'encan et que monte la détresse sociale, déclare tout bonnement, trahissant les vues des industriels de son pays:
 "Je suis très impressionné par ce que la Grèce a déjà réalisé en matière de rééquilibrage budgétaire et de modernisation de l'économie," a déclaré M. Schäuble lors d'une rencontre avec des hommes d'affaires et son homologue grec Yannis Stournaras à Athènes. "L'Allemagne est prête à investir" dans un fonds destiné à procurer des liquidités aux entreprises grecques, "dès qu'il sera prêt" a-t-il ajouté.."(Figaro)
________Dans l' Espagne qui fait son gran salto hacia atras, des ministres annoncent sans rire  la fin de la crise ... pour 2014!
La journaliste Concha  Caballero, dans El Pais, raille un telle annonce qui lui semble d'un cynisme sans nom:  
El día que acabó la crisis:  "Un beau jour de l'année 2014, lorsque les salaires auront été baissés à des niveaux du tiers-monde, lorsque le travail sera si bon marché qu'il ne sera plus le facteur déterminant d'un produit, lorsqu'ils auront mis à genoux toutes les professions pour que leurs avoirs tiennent dans un salaire de misère, lorsqu'ils auront habitué les jeunes à travailler presque gratuitement, lorsqu'ils disposeront d'une réserve de millions de chômeurs près à être polyvalents, mobiles et malléables simplement pour sortir de leur situation désespérante, ALORS LA CRISE SERA TERMINÉE.
  Un beau jour de 2014, quand les élèves s'empileront dans les salles de classe, qu'ils auront réussi à expulser du système éducatif 30% des étudiants sans laisser de traces visibles, quand la santé s'achètera et ne s'offira plus, quand notre état de santé ressemblera à celui de notre compte bancaire, quand on nous fera payer pour chaque service, chaque droit, chaque, prestation, quand les retraites seront tardives et ridicules, quand ils nous auront convaincu que nous avons besoin d'assurances privées pour garantir nos fins de vies, ALORS LA CRISE SERA TERMINÉE.
Un beau jour de l'année 2014, quand ils auront réussi à niveler vers le bas toute la structure sociale et que tous, excepté l'élite protégée dans chaque secteur, nous marcherons dans le lisier de la pénurie ou sentirons l'haleine de la peur dans nos dos, quand nous nous serons lassés des confrontations entre les uns et les autres, et que tous les ponts de la solidarité auront été rompus, ALORS ILS NOUS ANNONCERONT QUE LA CRISE EST TERMINÉE.
  Jamais en si peu de temps, ils auront réussi autant. Seulement 5 ans leur ont suffit pour réduire en cendres des droits qui ont demandé des siècles de conquêtes et expansion.Une dévastation si brutale du paysage social seulement comparable en Europe lors des dernières guerres. Bien que, reflexion faite, dans ces derniers cas aussi, c'est l'ennemi qui a dicté les règles, la durée des combats, la stratégies à suivre et les conditions de l'armistice. Pour cela, je ne suis pas seulement préoccupée de quand nous sortirons de la crise sinon comment nous en sortirons. Sa grande victoire aura été non seulement de nous rendre plus pauvres et inégaux, mais également lâches et résignés, car sans ces derniers ingrédients, le terrain si facilement conquis par eux serait de nouveau disputé.
  Pour l'instant, ils ont mis l'horloge de l'histoire en arrière et ont gagné 30 ans pour leurs interêts. Il reste maintenant les dernières retouches au nouveau cadre social: Un peu de privatisation par ici, un peu moins de dépense publique par là, et "voilà": son oeuvre est terminée. Quand le calendrier marquera n'importe quel jour de 2014, mais que nos vies auront regressées comme dans les années 70, ils décréteront la fin de la crise et nous écouterons à la radio les dernières conditions de notre reddition..."

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