Trump au charbon

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Hard Power en action
                                     Après quelques déboires, la blitzkrieg est repartie.
                  Voilà en effet notre Président( dé)-fonceur qui se met à glorifier le magnifique charbon propre
     Fin du Clean Power Plan!   
       Plus propre que le gaz de schistes?
  Le porte-monnaie des consommateurs d'abord!
Si Trump n'existait pas...
                                ...Il faudrait l'inventer.
   Bull Trump fait (presque) tout ce qu'il a dit et suit son chemin, la tête dans le sable.
  Pas l'ombre d'un doute, d'une question, même de scepticisme raisonné.
     Réfléchir est une perte de temps... et de business.
   Foin des luttes environnementales et des  «finasseries écolo» (*)
Au moins les choses sont claires
   Et the concept of global warming was created by and for the Chinese in order to make U.S. manufacturing non-competitive
    L’anti-écologie, c'est la voie à suivre.
        Le court-terme, voilà l'avenir!  Vive le hard power!
Le problème pour Trumpe est qu'il ne pourra pas détruire la planète à lui tout seul..
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______     (*)...Vous allez retrouver vos emplois », assène Trump en se tournant vers cette délégation de Virginie-Occidentale, un État où la promesse de ressusciter le charbon lui avait rapporté 68 % des suffrages le 8 novembre 2016. Trump, le-président-qui-tient-ses-promesses, dépité par le fiasco de sa loi sur l’assurance santé, martyrisé par les juges administratifs qui bloquent ses décrets anti-immigrants, et toujours aux prises avec ses affaires russes, espère redresser ses sondages par un nouveau retour au bon vieux temps de la campagne électorale. Mais ses mesures sont bien réelles.
      Une semaine après son arrivée, le boss a abrogé un décret d’Obama interdisant le déversement des déchets des mines dans les cours d’eau. Il a nommé un climatosceptique acharné à la tête de l’Agence de protection de l’environnement – un Scott Pruitt capable de nier le rôle du CO2 dans le réchauffement planétaire –. Puis, il a proposé de sabrer de 31 % le budget de la même agence. Donald Trump annonce aujourd’hui une “révision majeure” du Clean Power Plan, le plan pour l’énergie propre lancé par Barack Obama en 2015 qui vise à réduire de plus de 30 %, avant 2030 la production de gaz à effet de serre par les centrales électriques américaines, dont plus d’un tiers fonctionnent encore au charbon.
     Son décret supprime aussi les objectifs nationaux de réduction des échappements automobiles. Il abolit l’interdiction des mines et forages sur les terres détenues par l’État fédéral. Il prohibe la prise en compte de l’impact sur le réchauffement planétaire dans les décisions du gouvernement en matière économique et industrielle.  
    Le message est clair. Il annonce la fin des « réglementations tueuses d’emploi » et de « l’ère des finasseries écolo », mais il mise avant tout, une nouvelle fois, sur un effet d’annonce ébouriffant. Car le Clean Power Plan n’est tout simplement pas encore entré en vigueur. Faute de pouvoir le faire voter par le Congrès en 2010, en pleine récession américaine, Obama a utilisé la voie réglementaire quatre ans plus tard, se référant à une vague loi-cadre sur l’environnement pour faire imposer par l’Agence de protection de l’environnement (EPA) la priorité aux énergies renouvelables pour la production électrique du pays.
     Le décret Obama a été immédiatement attaqué en justice par 28 États, majoritairement républicains, et par les centaines d’entreprises membres du puissant lobby des énergies fossiles. Son sort était jusqu’alors entre les mains de juges saisis de plaintes pour excès de pouvoir et aurait pu, au bout du compte, être tranché par la Cour suprême. Parmi les plaignants figure toujours… l’actuel quasi-ministre de l’environnement de Trump, Scott Pruitt lui-même, patron de l’EPA qui, du temps où il était procureur général de l’Oklahoma, un État gazier par excellence, avait déposé 14 plaintes contre les mesures écologiques d’Obama.  
    Le décret de Trump se veut une Blitzkrieg contre « le canular du réchauffement planétaire » qu’il dénonçait à longueur de campagne. Mais il expose maintenant la Maison Blanche à de longues tractations légales. La loi exige que le décret supprimé soit remplacé par de nouvelles mesures alternatives, la porte ouverte à autant de recours des défenseurs de l’environnement. Dix-huit États américains et une dizaine d’associations avaient déjà déposé leur propre recours pour le maintien du Clean Power Plan. Le tollé des organisations citoyennes annonce une nouvelle offensive médiatique et judiciaire.
     Quant aux suppressions des normes sur la pollution automobile, elles conduisent déjà à l’annonce par plusieurs États, dont la toute-puissante Californie, du maintien, voire du renforcement de leurs réglementations locales, qui pourraient fermer leur marché aux constructeurs automobiles récalcitrants.
      Donald Trump a aussi promis de ressusciter l’industrie du charbon. Forte de 250 000 salariés dans les années 1980, ce secteur n’en emploie plus que 77 000 aujourd’hui, un déclin dû moins aux exigences du gouvernement qu’à l’essor du gaz naturel, produit en masse et à des prix considérablement inférieurs grâce au recours généralisé à la fracturation hydraulique. Les mines existantes sont des PME déjà menacées en Virginie-Occidentale ou dans le Wyoming, ou des exploitations à ciel ouvert très mécanisées dont les nouveaux plans de charge fourniront peu d’emplois supplémentaires. Plus encore, si le décret aide à ouvrir de nouvelles mines sur les terres fédérales, la surproduction risque d’accélérer la chute des cours du charbon et de mettre en péril les petites exploitations existantes.
      Il n’empêche. La première victoire de Trump est avant tout psychologique et idéologique. Les États-Unis, déjà confrontés à des difficultés sérieuses pour se conformer aux objectifs de la COP21, n’ont que peu de chances d’atteindre cet objectif si leur action en faveur de l’environnement est paralysée pendant quatre ou huit ans....(Mediapart)
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