Dette: en sortir...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

La dette, la dette, la dette!...aurait dit De Gaulle
                                                                   Que n'a-t-on pas dit déjà sur la dette!  
Le problème de la dette revient de manière récurrente, avec plus ou moins d'idées toutes faites, de prêts à penser commodes, de stéréotypes imposées, d'idéologie fabriquée.. L'Etat et ses dérives dépensières est le plus souvent visé, selon le principe libéral-hayekien exprimé par Reagan qu'il serait le problème.
      La gestion de la crise ne dépend pas que des Etats, comme le prétend  Laurence Boone économiste en chef Europe de Bank of America, qui dit: on aurait pu mieux gérer cette crise »,, afin « de rendre cette austérité moins violente ». En particulier en « lissant l’ajustement budgétaire entre les pays et dans le temps. Les Etats ne l’ont pas fait, car ils ne se font pas assez confiance entre eux et quand on voit le relâchement général des efforts aujourd’hui, on comprend qu’il y a quelques raisons à cette méfiance ».
  Question de méthode seulement? Ce serait trop simple... 
       Si la crise n'est pas que financière,  et est l'aboutissement d'une histoire, la responsabilité des grands groupes bancaires est écrasante, l'Etat étant devenu le bon serviteur des intérêts qu'ils représentent. 
            Comment sortir alors du piège culpabilisant du discours médiatique dominant, stéréotypé et faussement évident, comme celui des habitués de C'est dans l'air, qui cherchent dans la libéralisation des services publics la voie royale pour remplir les caisses de l'Etat? Si on peut trouver quelques milliards à économiser de ce côté, que dire des +/- 80 milliards qui échappent à l'impôt chaque année?
   En sortant des discours prêts à l'emploi et en s'interrogeant sur les origines  et les mécanismes qui nous ont amenés là où nous sommes.
"... La responsabilité est à chercher du côté des politiques de libéralisation instaurées sur l'ensemble de la planète depuis les années 1970. Selon leurs partisans, personne mieux que les marchés, ne pouvait orienter les choix des agents économiques. Il convenait donc d'ôter toute entrave susceptible de les réguler, en particulier les contrôles et autres règles prudentielles instaurées après la crise de 1929. Cette dérégulation a permis l'accumulation de risques délirants dans le système financier. Un deuxième élément est à chercher du coté de la libéralisation des échanges. ChineJapon et Allemagne ont engrangé des excédents sur le reste du monde et les ont recyclés vers les pays déficitaires, finançant ces derniers et favorisant ainsi leur endettement excessif. Enfin, la libre circulation des capitaux a provoqué un phénomène de dumping fiscal en faveur des entreprises et des plus riches. A partir des années 1980, la répartition de la richesse s'est faite au profit des détenteurs de capitaux et des fractions les plus aisées de la population. Chômage et augmentation des inégalités ont poussé les classes moyennes à s'endetter de plus en plus, tout en réduisant les recettes de nos systèmes de protection sociale. Ces éléments expliquent l'accroissement massif de la dette dans nos pays..."
   Le discours convenu sur la dette repose sur un mensonge : elle ne vient pas d'une orgie de dépenses publiques, mais de l'érosion organisée des recettes fiscales. Les niches et les cadeaux consentis aux ménages les plus riches et aux grandes entreprises se sont multipliés à l'infini. En empruntant sur les marchés financiers pour financer ces déficits, les États se sont encore enfoncés davantage, puisqu'ils ont dû payer des taux d'intérêts souvent excessifs. 
Cette dette est donc largement illégitime. La crise financière de 2008, la récession et le sauvetage des banques ont alourdi le boulet. Affolés par l'envolée des dettes publiques les marchés financiers se sont alors mis à spéculer contre les États qui les ont sauvés. Dans toute l'Europe, des plans d'austérité drastiques déferlent pour " rassurer les marchés ". Mais en voulant nous faire payer la crise financière, les gouvernements nous enfoncent dans la récession et sacrifient les investissements vitaux pour la reconversion écologique de l'économie. 

        Les Etats cèdent devant les banques, qui ont été réformées trop peu, trop tard, comme le rappelle utilement un banquier lui-même, comme un examen un peu approfondi le montre assez bien. La rente a pris le dessus sur le travail, depuis les années 70. 
  La question de la dette, arme de destruction massive, et de sa révision éventuelle est une vieille affaire.
        Avant qu'il ne soit trop tard, il serait nécessaire de penser l'effacement, au moins partiel de la dette, ou sa renégociation. Il faudra de toutes manières y venir un jour, vu son ampleur dans certains pays. (*)  L'Allemagne elle-même en a bénéficié plusieurs fois.  Une sortie par le haut, n'est pas une question utopique. La prix exigé pour la payer telle quelle n'est pas acceptable
  Il serait temps d'arrêter le chantage, propre à démobiliser les esprits et à appauvrir les déjà moins favorisés. 
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(*)     1- Japon : dette publique de 242,3 % du PIB _   2- Grèce : dette publique de 174 % du P  _ 3- Italie : dette publique de 133,1 % du PIB   _ 4- Portugal : dette publique de 125,3 % du PIB  _ 5- Irlande : dette publique de 121 % du PIB _  6- Etats-Unis : 107,3 % du PIB. _ 7- Espagne : 99,1 % du PIB.  _ 8- Royaume-Uni : 95,3 % du PIB._ 9- France : 94,8 % du PIB.
 La France se situe dans la moyenne des pays européens. 
        Malgré ses excédents commerciaux,    L'Allemagne ne se prive pas, dans la crise actuelle, de se présenter en modèle pour le reste des pays européens dans la gestion de sa dette publique. Et pourtantDans une étude publiée en février et reprise mardi dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung,, deux économistes, Lars Feld et Ekkehard Köhler, montrent que le niveau de la dette allemande n'est historiquement pas soutenable.
    En établissant un comparatif depuis 1850, soit 21 ans avant l'unification allemande, l'étude montre que le niveau actuel de la dette publique allemande, 82 % du PIB, est le plus élevé en temps de paix si l'on exclut l'année 1923 marquée par l'hyperinflation. Jusqu'au début des années 2000, le plus haut historique touché par la dette allemande en temps de paix avait été de 60 % du PIB. "Record" atteint à trois reprises : deux fois sous l'empire en 1892 et en 1909, puis, après la réunification à la fin des années 1990.
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Les paradoxes des dettes
-L'article 104 du traité de Maastricht 
La dette, quelle dette ?
-La dette comme investissement lucratif 
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