Donald Trump: 100 jours

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
      Cents jours: c'est souvent une étape symbolique dans l'exercice d'un mandat important, l'occasion de porter un premier jugement sur l'aptitude au pouvoir d'un Président, pour tirer un premier bilan des engagements qu'il s'était donnés.
      Or, au bout de trois mois, le locataire de la Maison Blanche, c'est le moins qu'on puisse dire, n'a pas cessé de jeter le trouble dans une bonne partie de l'opinion américaine et internationale.
    Tout se passe comme si le Président-twittant obsessionnel n'avait pas encore appris son job.
      Comme un gamin, il semble encore ne pas en revenir devant son nouveau jouet au Bureau Ovale, comme s'il était encore étonné d'avoir été élu.
    Toujours imprévisible, il s'est fait une spécialité en bévues de toutes sortes, contradictions, paroles vides et aussi...mensonges, semblant parfois improviser, revenant le lendemain sur une décision prise la veille. Y a-t-il un pilote dans l'avion?
   Dans les chancelleries, on est dans un attentisme prudent, mais parfois dans la sidération.
     De la diplomatie, il doit encore tout apprendre. La cohérence n'est pas son fort. Chaque jour ou presque amène ses surprises, parfois confondantes. Les spécialistes ne suivent plus. Les conseillers se déchirent, sans leader affirmé. Les partenaires politiques ne savent plus sur quel pied danser, ce qui est plus que gênant dans les relations internationales, où l'intelligence, la cohérence, la souplesse, le réalisme, comme parfois la fermeté, sur une solide connaissance des dossiers, doivent prévaloir, et non les mouvements d'humeur et les propos intempestifs., soufflant le chaud et le froid.
  A la Maison Blanche, c'est souvent la cacophonie et le règne des idéologues amateurs.
    Le fameux mur mexicain semble passé à la trappe. Sur de nombreux points il a fait marche arrière. Il avait parlé trop vite et...réfléchi après. Sur d'autres, il a deux discours au feu, comme sur le statut des banques. Un jour, il lâche la bride à Wall Street, le lendemain, il fait mine de promettre une régulation,une séparation.
     Si ses fidèles reste encore confiants, une partie de plus en plus grande de l'opinion s'interroge avec consternation et crainte.
   La politique de gribouille continue. C'est peu de dire qu' elle est déroutante.
        On dit que en 100 jours,Trump aurait prononcé plus de 400 mensonges.
Certains vont jusqu'à parler de stratégie du chaos.
  Le big bang fiscal de Trump, aubaine surtout pour les plus favorisés, laisse sceptiques les experts.
     L'écologie est le moindre de ses soucis. Il tient parole.
         Les prétentions initiales ont déjà subi de nombreux revers et des oppositions dont il a fallu tenir compte, tant elles étaient irréalistes ou inadaptées, allant parfois à l'encontre des buts avoués.
  Dans son projet en gestation de l' abrogation de l'Obamacare, qui n'était pas pourtant une révolution, même si ce n'est pas encore acquis, il risque de fragiliser un peu plus un grand nombre de laissés pour compte d'un système de santé parmi les plus chers et les plus sélectifs des pays occidentaux, ne faisant que reprendre le voeu ancien de nombre de républicains et des extrêmistes de Tea Party La logique ultra-conservatrice y retrouve son compte.
     Dans les conflits extérieurs, il remplace l'ambiguïté de son prédécesseur par des engagements ponctuels irréfléchis et imprudents, dans une impatience qui peut être dangereuse, comme en  Corée du Nord, ou dans une méconnaissance de ses véritables intérêts, comme en Iran, où il risque de compromettre bien des avancées précédentes.
        Comprenne qui pourra...
                                       Et pourtant...C'est dans l'air.
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