Point d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Quelques notes sur les origines de l'intervention américaine en Afghanistan
                                                                                                 Cette sale guerre dans un pays, où les luttes d'influence se firent nombreuses depuis le XIX° siècle et qui laissa un pays invaincu, débouche sur une grande instabilité, une corruption renforcée et un retour des Talibans
   Le retrait des USA, sous Obama, se fit avec hésitation et seulement partiellement.
  L'invasion soviétique antérieure est présentée essentiellement comme une volonté d'ouverture stratégique vers les mers du sud.
        Le chef de la diplomatie sous Carter, Zbigniew Brzezinski , qui vient de mourir, est passé aux aveux, au sujet de l'engagement des services spéciaux US à l'origine de la guerre contre l'occupation soviétique.
   Il arrive que les conseillers spéciaux de la Maison Blanche passent aux aveux à la fin de leur vie, comme le fit tardivement Kissinger au sujet de l'implication des services secrets US dans le coup d'Etat au Chili contre le gouvernement élu de S.Allende.
           L'ancien conseiller de Jimmy Carter, est mort, mais non sans passer à des derniers aveux, Comme il le fit dans le Grand Echiquier.
         L'éminence grise met les pieds dans le plat sur une question longtemps passée sous silence.
      "...La fin de l’année est bien évidemment marquée par le début de la Guerre d’Afghanistan, où l’armée soviétique s’enlisera pendant dix ans et qui accélérera la décomposition de l’URSS. On a longtemps cru que les Soviétiques avaient été les initiateurs de ce conflit, pour soutenir le PDPA, le parti communiste au pouvoir qui rencontrait une forte opposition des tribus les plus islamisées. On sait maintenant que la CIA a commencé ses opérations de déstabilisation et de soutien aux tribus avant l’entrée en Afghanistan des troupes soviétiques. Le 3 juillet, le président Carter signe la première directive sur l’assistance clandestine aux opposants du régime prosoviétique de Kaboul, ce qui allait par contrecoup provoquer l’intervention militaire soviétique. Les Américains avaient l’occasion de « donner à l’URSS son Vietnam ». Ces tentatives de déstabilisation se font via le Pakistan où le général Zia a instauré, après le coup d’Etat de 1977, un régime militaro-islamiste et fait pendre, le 4 avril, le premier ministre démocratiquement élu Ali Bhutto. Le 14 septembre, le président afghan Mohamed Taraki, très favorable à Moscou, est assassiné par son concurrent communiste Hafizullah Amin, qui lui succède et prend ses distances avec Moscou. Comme si ça ne suffisait pas, l’Iran de Khomeiny, hostile au « grand satan » américain, est également très critique vis-à-vis du régime « athée » soviétique et suscite l’inquiétude de Moscou de voir s’étendre la contestation religieuse dans les Républiques soviétiques d’Asie centrale, pourtant sunnites. En mars, un mois seulement après la révolution iranienne, la ville iranophone d’Hérat s’était d’ailleurs soulevée contre le régime communiste de Kaboul et Moscou y avait vu la main de Téhéran. Toutes ces raisons poussent l’URSS à intervenir. Le 25 décembre, l’Armée Rouge entre en Afghanistan…
        On connaît la suite de l’histoire : les Soviétiques n’arriveront pas à soumettre les moudjahidines, soutenus par la coalition américano-pakistano-saoudienne, et cette défaite marquera le glas de l’URSS. Al Qaeda est créée par Ben Laden et les Talibans ne tarderont pas à apparaître. L’islamisme sera en plein essor au cours des années 90 : attentats du 11 septembre, terrorisme international, guerre dans les zones tribales du Pakistan… De ce point de vue, 1979 aura été le point de départ de thématiques encore très actuelles.
____________________

Commenter cet article