Vivement dimanche prochain!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Ciel, mon dimanche!

                                Aujourd'hui le ciel est vide et le dimanche n'est que le 7ème jour de la semaine selon notre calendrier actuel.
                                             Sacré dimanche !            Toute une histoire...(*)
       Le dimanche n'est plus sacré pour la plupart de nos contemporains. Il le fut longtemps. Officiellement, depuis Constantin:
 [Dimanche est un nom propre issu de *diominicu (*non attesté), qui remonte au gallo-roman *didominicu par dissimilation consonantique, lui-même du latin chrétien dies dominica (latin dies Dominicus) « jour du Seigneur ». L'étymologie du terme peut être retracée à partir de laDidachè : Dies dominicus est une traduction du grec Kuriake Heméra (quoi que la Didaché ne définisse pas le "jour du Seigneur" de façon explicite comme étant le dimanche). L'expression appliquée à ce jour de la semaine est un usage chrétien manifestement fort ancien.] (Wiki)
    Il s'est laïcisé, banalisé, comme les fêtes ci-devant religieuses, dont certains ont oublié l'origine, et qui  ne sont plus que des temps de loisirs.
 Mais la tradition perdure et l'importance d'un repos en fin de semaine s'impose non seulement comme une pratique culturelle, mais surtout comme un temps d'arrêt pour une majorité, temps de rupture par rapport au temps de la production et des services, des rythmes imposés, des contraintes sociales en tous genres. Temps familial permettant un regroupement et des échanges souvent problématiques par ailleurs, surtout en milieu urbain. Temps pour d'autres formes de liberté, où les rythmes habituels sont modifiés, où d'autres modes de vie peuvent être inventés. 
Temps de se poser et de perdre son temps.
      Du temps. Avoir du temps, du temps à soi, du temps pour faire autre chose, ou rien, en lâchant prise, en se mettant hors-circuit  des cycles de la logique fordienne et ultralibérale, des rythmes assèchants de la production/consommation, de la course au profit, de lamarchandisation du monde, de la vitesse, du sentiment d'urgence. 
Le temps n'est pas que de l'argent. 
     La question revient, comme une grand messe médiatique!...A travers le débat biaisé et déjà ancien de l'autorisation d'ouverture de certaines surfaces commerciales, qui pourraient en préparer bien d'autres.Ceux qui s'accrochent à l'emploi ce jour-là, pressés par leur direction, pourraient bien  voir alors disparaître le petit avantage qu'ils revendiquent, expression de salaires insuffisants.
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(*) "..Avec la révolution industrielle et le besoin de main-d’œuvre, la bourgeoisie finit par avoir le dernier mot. L'obligation du repos dominical est supprimée en 1880, au début de la IIIe République. Tout y concourt. L'anticléricalisme militant de cette époque justifie que l'on mette à bas un «archaïsme» religieux. 
Les dirigeants républicains se méfient par ailleurs des ouvriers, qu'ils soupçonnent de sympathie pour la Commune, le socialisme et l'anarchie, ainsi que d'une irrésistible propension à la paresse. Les romans d'Émile Zola démontrent à satiété que le loisir dominical n'a d'autre effet que d'entraîner les ouvriers vers le vice et la boisson.
Mais comme aujourd'hui, employés des grands magasins, syndicats ouvriers et associations religieuses s'allient alors pour retrouver un droit qui devient un des symboles de la lutte sociale, à l'égal de la lutte concomitante pour une journée de travail limitée à huit heures.
Il faut attendre une loi du 13 juillet 1906 et pas moins de 43 articles du Code du travail pour que le dimanche redevienne (sauf exception) un jour de congé obligatoire et garanti. Sans en avoir sans doute conscience, les syndicats ouvriers adoptent la même ligne que les évêques d'antan...
Les dérogations sont, il est vrai, nombreuses, depuis les hôpitaux jusqu'aux restaurants, en passant par les entreprises de spectacles... Ajoutons à la liste, depuis 1993, les magasins spécialisés dans la culture, puis les zones commerciales et les zones touristiques etc etc. De leur côté, les commerces de détail alimentaire gagnent le dimanche le droit d'ouvrir jusqu’à midi, voire 13h aujourd'hui..."___________________________ 
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