Troïka sur la sellette

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Les hommes en noir, « ayatollahs de l’austérité »: de la malfaisance au cynisme.
     Qui sont-ils?
Comment ont-ils été choisis? Sur quels critères? Dans quelles conditions?
Pour quelles missions?
      Nul ne le sait...
             Mais on commence ici et là à réagir. Il était temps. Le parlementeuropéen se réveille...pour un début de contrôle démocratique.
          On commence enfin à s'interroger sur son pouvoir disproportionné, à se demander quelle est sa légimité et à pointer son double langage, au moment où des tensions se dessinent au coeur de cette structure obscure.
     "...Les “hommes en noir” de la Troïka sont en instance de divorce. Trois ans après sa création, hors de tout cadre juridique prévu par les traités européens, cet organe à trois têtes, censé piloter les programmes de réforme des pays menacés de faillite au sein de la zone euro, est parcouru de vives tensions. A tel point qu'à Bruxelles, le débat sur l'après-Troïka est lancé.
  Mise sur pied à l'occasion du “sauvetage” de la Grèce en mai 2010, l'impopulaire Troïka travaille aujourd'hui avec les gouvernements de trois autres États membres de la zone euro : le Portugal, l'Irlande et Chypre. C'est elle qui établit la liste des économies, réformes structurelles et autres privatisations qu'un pays doit s'engager à réaliser, s'il veut obtenir, en l'échange, un mégaprêt pour lui éviter le défaut. Le FMI fournit également des conseils aux Européens sur la réforme du secteur bancaire espagnol. 
   En trois ans, cette structure au fonctionnement opaque est devenue le symbole d'une gestion autoritaire de la crise, où des capitales de la zone euro se trouvent mises au pied du mur, contraintes pour éviter la faillite à réaliser des réformes rejetées par bon nombre de citoyens..."
    Certains économistes se demandent si la troïka n'a pas finalement organisé un énorme hold-up des contribuables européens et mis en place des plans d'aide sur lesquels on est en droit de s'interroger. 
               "...Selon le FMI, le plan de sauvetage de la Grèce a surtout permis à ses créditeurs de se décharger de leur responsabilité et se prémunir des risques de contagion. Les Grecs devraient se révolter et rediscuter des conditions du prêt... 
C’était donc ça : le plan d’aide était faussé depuis le début. Un plan qui a conduit à des conséquences dévastatrices. Un plan qui était censé “sauver” la Grèce, mais c’est plus exactement de l’euro qu’il s’agissait, et cela, à travers la mise à mort de la Grèce ! Et qui dit ça ? Eh bien, un des trois membres de la Troïka (BCE, UE, FMI) : le Fonds monétaire international. Et il critique autant ses partenaires que lui-même, mais aussi le gouvernement grec. Tous ensemble se sont dirigés vers une catastrophe qui n’avait pas d’autre motif que de faire gagner du temps aux autres [pays de la zone euro].Le document du FMI qui a été publié le 5 juin est une gifle pour la politique de “sauvetage’’, mais surtout pour l’“Europe” — c’est à dire l’Allemagne — et également pour le gouvernement grec de l’époque, mené par le socialiste George Papandréou, qui avait signé le premier mémorandum.
    Non seulement [les créditeurs] détruisent, mais ils donnent l’impression de vouloir utiliser la crise grecque pour protéger et, finalement, réorganiser la zone euro, au détriment de la Grèce...
           Les documents sont exaspérants : le FMI avoue le crime, mais n’admet pas ses responsabilités. Il révèle de la manière la plus officielle le motif sans expliquer comment cette tragédie que traverse le pays — due non pas à la dette mais au plan de sauvetage — pourrait être affrontée une fois que les erreurs ont été reconnues. C’est d’un cynisme débordant…"
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- La triple imposture de l'enquête sur la Troïka
-L'euro, un veau d'or français? 
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