Le vert se vend

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Le vert, ça peut rapporter
                                              On connaît la valeur attractive de la couleur verte dans notre culture, symbole de vie, de renouveau, d'authenticité naturelle, de santé, de jeunesse...Le vert c'est l'espoir.
La dimension symbolique de cette couleur est devenue omniprésente dans  notre univers consumériste.
   Plus vert que moi, tu meurs... L'étiquette verte sur tel produit alimentaire, le fond vert ressortant de tel produit laitier, le logo vert, comme rappel de quelques exigences écologiques et citoyennes, voilà qui est devenu commun, expression d'un souci environnemental récent, de produits sains, se détachant de ceux qu'une agriculture industrielle, de ses normes et de ses dérives phytosanitaires et productivistes, surtout soucieuse de produits à bas coûts, ont fini par imposer.
  Le vert est devenu symbole de protestation et de ralliement  contre ce qui est devenu hyperindustrialisé, hors-sol, sans qualité ni saveur, toxique parfois...
   Fort bien. Sauf que, comme cela se produit souvent, ces nouvelles exigences sont allègrement récupérées par les producteurs et le business en général, alimentaire en particulier, qui se situent parfois à des années-lumières de ce que l'on recherche derrière l'étiquette au couleur de la nature.
  Le détournement de couleur, l'instrumentalisation du vert à des fins purement commerciales, voilà qui crée la confusion dans l'esprit de la recherche du "bio", du durable, du sain...
  Cela fait un moment que des firmes de tous poils, aux pratiques et aux finalités peu écologiques, se sont mises au vert... 
  Une certaine écologie superficielle ou mondaine (non pas l'écologie scientifique) flirte souvent avec l'ambiguïté attachée à une couleur qui aurait valeur d'étendart militant.
  Cela fait un moment que l'on met le vert à toutes les sauces.
Le consumérisme vert, avec toutes ses ambiguïtés et ses contradictions, se porte bien, pas seulement dans une certaine presse superficielle et racoleuse, où, "dans le royaume enchanté du « capitalisme vert », l’argument de la sauvegarde de la planète se mue ainsi en simple recette publicitaire, un argument de vente parmi d’autres et grâce auquel il s’agit de rassurer le consommateur, ou ici la consommatrice, sur les conséquences de ses achats..."
  On connaît mieux les techniques et les procédés du greenwashing, ou de l'écoblanchiment, qui tendent à introduire confusion et brouillage  dans les esprits les moins informés, les plus poreux à une publicité faussement moderniste et scientifique, qui sait s'adapter pour mieux nous séduire, qui sait habilement renouveler son discours, en se référant souvent à la notion-piège de développement durable.
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