Point d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

A propos de Dunkerque
                  Ce film aux gros moyens mais méritant discussion.
      Où le spectaculaire fait oublier l'essentiel.
  Un film n'est pas un récit mais peut beaucoup fauter par ses silences et ses parti-prix, dans ce qu'il suggère, donne à voir, avec ses choix implicites.
       Rien n'est dit sur la formidable résistance des forces françaises pour permettre à l'essentiel de l'armée anglaise d'embarquer malgré tout, sur le jeu le plus souvent masqué des décisions finales des alliés et même sur certaines tentatives pour faire obstacle à des velléités françaises de passage vers la mer.
      Ce que rappelle bien Dominique Lormier dans Dunkerque.
           D'une façon générale ce film contribue implicitement à accréditer l'idée fausse, longtemps entretenue, que cette issue tragique était inéluctable et que, de façon générale, le cours  de cette invasion et ses  suites étaient inscrites dans une sorte de destin historique.
      Certes, l'histoire tut ce qu'elle fut, avec ses aléas, ses imprévus, ses impréparations, ses erreurs stratégiques et tactiques, ses fautes. Mais, sans faire de l'uchronie naïve et facile, on ne peut s'empêcher de se demander, comme Churchill et d'autres, ce qui se serait passé à certains moments clés et si, à certains moments, le cours des événements n'aurait pas pu être différent.
      Oui, la déroute dunkerquoise aurait pu être évitée et la défaite finale n'était sans doute pas inéluctable comme le remarquait en leur temps De Gaulle et d'autres.  Les combats auraient pu se poursuivre ailleurs, comme le craignait Hitler, presque étonné que la signature de l'armistice soit intervenue si tôt.
     L'idée de Blitzkrieg rapide,facile et invincible est une légende, un mythe entretenu par ceux qui souhaitaient secrètement ce que Bloch appela l'étrange défaite.
    L'armée française était loin d'être sous-équipée et il y eut plus d'un moment dans l'avancée de Guderian où les troupes allemandes furent mises en sérieuse difficulté, faisant craindre au Führer un risque d'échec, de renversement de situation.
    L'attitude de l'armée française ne fut pas celle de débandades généralisées, même si le comportement des officiers ne fut pas toujours exemplaire, si l'Etat Major faillit sur plus d'un point et si les transmissions furent plus que défaillantes.
           La bataille de Stonne en témoigne, à partir du 15 mai 1940, par exemple, dont le général allemand Paul Wagner disait: Il y a trois batailles que je n'oublierai jamais :Stonne, Stalingrad et Monte Cassino.
     Une occasion manquée, sans doute.
  Oui, la déroute dunkerquoise aurait pu être évitée et la défaite n'était pas inéluctable.
              Bref sur cette guerre, bien des préjugés sont à rééxaminer.
  Malgré la défaite sur le littoral, l'armée française dans globalité n'était pas tactiquement en déroute:
        Les combats pouvaient donc se poursuivre encore quelques semaines, d’autant que l’armée allemande commençait à rencontrer de sérieux problèmes logistiques, à cause de l’élongation de ses lignes vers le sud et l’ouest de la France. «L’idée d’une France ne capitulant pas était le cauchemar de Hitler», affirment les auteurs sur la base des travaux récents d’historiens militaires allemands. Pour arriver jusqu’à la Méditerranée, les troupes allemandes auraient dû mener encore de longs et durs combats - d’autant qu’on sait aujourd’hui que la Blitzkrieg (guerre éclair) relève davantage de la propagande de Goebbels que de la réalité militaire...."
   Un débat qui doit se poursuivre...
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Le mythe de la guerre éclair (Karl-Heinz Frieser)
- Défaite fraunçaise, victoire allemande sous l'oeil des historiens étrangers.
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