Enjeux des jeux

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Un pari pour Paris?
                           Enfin, on les a!...
  L'exaltation est à son comble en haut lieu, à Paris surtout.
     Un petit coup de pouce à la fierté nationale.
  On évoque le fait que les JO seront un puissant levier de transformation et de modernisation de Paris, de rénovation urbanistique et ferroviaire, permettant de combler un retard manifeste et de réparer et de rénover le tissu urbain. Ambitieux projet. Mais les Jeux n'étaient pas nécessaires pour combler le retard.
 Le Grand Paris pourrait gagner en cohérence administrative et politique et en transports modernisés.
   C'est le pari qui est fait en haut lieu  Booster le Gross Paris, ce rêve déjà ancien.
    Peut-être, si le suivi est effectif, cohérent et vraiment utile.
  Mais les contribuables de province sont plus réservés, qui n'y gagneront rien, au profit d'une mégapole concentrant l'essentiel des richesses.
   De plus, on l'a vu ailleurs, le rêve olympique peut se terminer en cauchemar financier, même si on dit vouloir se prémunir de dérives: les estimations sont toujours sous-estimées.
   Le cas d'Athènes est un contre-exemple tristement fameux. Au Brésil, avec un stade en ruines, Rio est toujours en crise. Les exclus le furent un peu plus. On fera mieux que Londres aussi. Promis. On fera un urbanisme social, en recousant les déchirures urbaines. On verra...
   Le CIO va une fois de plus mener son petit jeu.  La corruption ne va pas s'effacer du jour au lendemain.
      L'idéal olympique est devenu essentiellement un enjeu politique et marchand, loin derrière l'idéal grec d'Olympie et le véritable esprit du sport.
    Les fondements douteux de l'esprit de P. de Coubertin sont heureusement passés au second plan au profit d'idéaux souvent plus mercantiles. Mais ne crachons pas dans la soupe.
   Replacé dans son temps et dans l'esprit hygiéniste de l'époque, Coubertin voulait incarner une sorte de religion. Dans ses Mémoires olympiques, Coubertin écrit avoir voulu « rénover non la forme mais le principe de cette institution millénaire, parce que j’y voyais pour mon pays et pour l’humanité une orientation pédagogique redevenue nécessaire, je devais chercher à restituer les puissants contreforts qui l’avaient naguère épaulée : le contrefort intellectuel, le contrefort moral, et, dans une certaine mesure, le contrefort religieux ».
Et lors du centenaire de la naissance du prophète des muscles, le président du CIO en poste vingt ans durant (1952-1972), le très néfaste Yankee hitlérophile Avery Brundage (1887-1975), déclarait : « C’est une religion du XXe siècle que Coubertin a fondée avec le mouvement olympique, une religion de portée universelle qui contient toutes les valeurs de base des autres religions, une religion moderne passionnante, virile, dynamique, qui plaît à la jeunesse et nous, membres du Comité international olympique, sommes ses disciples. »
            Les "croyants" d'aujourd'hui ont d'autres idéaux. Le projet olympique demanderait une rénovation profonde, pour faire sortir l'institution organisatrice de ses ornières, voire pour repenser le projet tout entier.
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