Ballon pas rond (1)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Le foot est-il foutu?
                               Ce que dit le pape n'est pas toujours parole d'Evangile, même s'il s'appelle François (Premier ou pas), même s'il fait tout pour se rendre sympa, pour s'efforcer de fuir l' écurie la curie, les pompes vaticanes (qui le pompe), pour s'intéresser aux activités du commun des mortels.
  Le foot, par exemple. 
                           Il le suit de près. D'ailleurs, il fut très tôt un fan de San Lorenzo, dans une Argentine où ce sport est presque une religion. Il reste encore un aficionado, gardant encore des liens avec son club de Buenos Aires.
    Là-bas, on l'appelait Pancho. Un fouteux pas ordinaire...
    A la veille où le Brésil, pays voisin, La Mecque du foot, se prépare fébrilement au Jour J pas tout à fait prêt, à ce qu'il paraît (le béton n'en finit pas de couler), voilà que François lance une parole peu papale, presque sacrilège, brisant un tabou, désacralisant l'activité du dieu Pelé, du saint Maradona, des (petits) dieux du stade et leurs fidèles...
     Enfin, ce n'est pas une révélation. Il n'a pas eu besoin de l'inspiration du Saint-Esprit. 
     Publiquement, sans faire de bulles de buzz, il condamne urbi et orbi le foot-business. Oui, il a osé dire: "«Aujourd’hui, le football s’inscrit dans un gros business en raison de la publicité, des télévisions, etc. Mais le facteur économique ne doit pas prévaloir sur l’aspect sportif, parce que cela risque de tout contaminer.»
     Mein Gott! On a beau être païen ou parpaillot, bouffeur de calotte ou voltairien, antipapiste ou même protestant, on peut reconnaître qu'il n'est pas dans le faux. Même si ses paroles n'ont rien d'inspirées, même si le problème ne date pas d'aujourd'hui.
Mais aujourd'hui, il est vrai, tout s'accélère.
        The big fric règne en maître sur les stades et surtout ...dans les coulisses, là où les managers font la loi. où les investisseurs, anonymes ou ayant pignon sur boulevard ou sur Golfe, font leur petite ou grande cuisine...
  Une étape irréversible dans l'histoire , déjà ancienne, d'une activité d'abord uniquement ludique, qui connut de modestes débuts sur les rives de la Tamise ou aux pieds des terrils de Noeux-les Mines...où on footait après le turbin.
  Le poids financiers du foot mondialisé est devenu monstrueux.
         L'argent fou du foot  prend une place à la mesure des récents développements inconsidérés et parasites de la sphère financière hors sol. 
     Il arrive que l' argent sale  s'en mêle, au coeur de réseaux souvent obscurs. 
    Une dénaturation qui gagne aussi d'autres sphères sportives.
Sans parler des ingérences et des enjeux politiques qui interviennent directement ou indirectement. 
    Les stars surpayées d'aujourd'hui n'ont plus rien à voir avec les Kopa, les Beckenbauer, etc...Leurs caisses de luxe, entrevues à la sortie de l'entraînement, en témoignent.
    Le foot ne connaît en tous cas pas la crise. ...

 
 

 

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