D Day 1944

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

      Histoire revisitée
                                      On risque toujours d'être mal compris quand on remet en perspective historique les intentions et les conditions du débarquement américain, uniquement américain, sur les côtes normandes.
   Celui qui eu lieu en Provence présentait un aspect différent.
      Le storytelling est bien enraciné et continue à fonctionner, se renforçant à mesure de commémorations officielles où l'unanimisme conventionnel et quasi religieux s'impose, sur fond d'images d'Epinal.
    Pourtant, on oublie que le général de Gaulle lui-même a refusé un moment que soit fêté l'événement. Il eut des mots très durs sur l'entreprise US, si l'on en croit Philippe de Gaulle qui disait dans son livre « De Gaulle, mon père »… « Mon père le répétera souvent, les Américains qui sont morts en libérant la France sont morts pour les États-Unis d’Amérique et pour personne d’autre ». 
 De Gaulle ajoutait:  « Le débarquement du 6 juin, ç’a été l’affaire des Anglo-Saxons, d’où la France a été exclue. Ils étaient bien décidés à s’installer en France comme en territoire ennemi ! Comme ils venaient de le faire en Italie et comme ils s’apprêtaient à le faire en Allemagne ! 
Ils avaient préparé leur AMGOT qui devait gouverner souverainement la France à mesure de l’avance de leurs armées. Ils avaient imprimé leur fausse monnaie, qui aurait eu cours forcé. Ils se seraient conduits en pays conquis..... 
  Vous croyez que les Américains et les Anglais ont débarqué en Normandie pour nous faire plaisir ? Ce qu’ils voulaient, c’était glisser vers le nord le long de la mer, pour détruire les bases des V1 et des V2, prendre Anvers et, de là, donner l’assaut à l’Allemagne. Paris et la France ne les intéressaient pas. Leur stratégie, c’était d’atteindre la Ruhr, qui était l’arsenal, et de ne pas perdre un jour en chemin..."

    Non pas qu'un hommage ne doive pas être rendu aux milliers de GI's, souvent mal préparés, qui ont laissé leur vie à Colleville ou à Epinal, dans des combats plus rudes que prévus sur un terrain  difficile, malgré les leurres d'Overlord, mais les exigences historiennes exigent que soient éclaircis les buts de guerre élaborés à Wahington. 
     On oublie aussi souvent que les combats en Normandie dans les premiers jours firent plus de victimes civiles que de morts alliés. 
      Les recherches et études, souvent américaines, nous en apprennent un peu plus sur la nature des plans d'état-major qui furent à l'origine de leur entrée tardive sur le champ des opérations.
   « Nous ne sommes pas venus en Europe sauver les Français. Nous sommes venus parce que nous, les Américains, nous étions menacés par une puissance hostile, agressive et très dangereuse…  ». Formule sans ambiguïté tirée d’un opuscule que l’armée américaine distribuait à ses soldats, relevée aussi par Philippe de Gaulle.
     Mettre fin au Reich déjà à genoux depuis Stalingrad et Koursk, contenir la progression soviétique, qui fut pourtant aidée puissamment en matériel. Le IIIe Reich a été vaincu dans les plaines russes.
    Les USA ne voulaient initialement pas être des belligérants actifs. Ils finirent par accepter que l’URSS, nouvel ennemi des Allemands, soulage l’effort de guerre des Britanniques, qui rapportait beaucoup, même si l’on ne croyait pas à un possible succès de l’Armée rouge. On commença donc à fournir à Moscou les premières armes, moyennant paiement comptant... "Un triomphe nazi sur les Soviétiques n’était plus souhaité parce que cela se serait traduit par une mauvaise opération économique. Une telle victoire hitlérienne aurait en effet asséché l’abondante source de bénéfices que générait le prêt-bail." 
     Truman, au début de l’opération Barbarossa, s’exprimait ainsi cyniquement : "Si nous voyons l’Allemagne gagner, nous devrions aider la Russie et, si la Russie est en train de gagner, nous devrions aider l’Allemagne, pour que le plus grand nombre possible périsse des deux côtés."
     Selon certains historiens (mais on ne peut refaire l'histoire...), la Seconde Guerre mondiale aurait pu prendre fin en 1943.
                                    La préparation aux contacts avec la population française fut particulièrement orientée, comme le signale l’américaine Mary Louise Roberts, professeur à l’Université du Wisconsin-Madison. Le soldats furent conditionnés à rencontrer une population arriérée et des femmes jugées faciles, ce qui ne fut pas sans conséquences  tragiques, pas seulement en Normandie.
L'image que donne du débarquement le film Le Jour le plus long tient du conte de fées. Ce qu'en montre (partiellement) Spielberg est plus proche de la réalité. 

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