On a beau le savoir...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Elle arrive toujours
               Quand on  ne s'y attend pas.
                           Elle provoque toujours la surprise ou l'effroi, même si on finit par s'y faire. Parfois la sidération.


    Même quand on est stoïque et serein, qu'on le dit et qu'on l'écrit, comme d'Ormesson, malgré son ultime étonnement: "Et moi qui m'imaginais devoir vivre pour toujours..."
     Et pourtant quel événement est le plus nécessaire du point de vue naturel?
         Mais la multitude a toujours besoin de se rassurer, de se rabattre sur des mythes et des cultes, sur des démonstrations plus ou moins sur-médiatisées, sur des excès de démonstrations de ferveur, que les médias exploitent à l'envi. Seule le Croix, pour des raisons religieuses, n'a pas fait la Une sur la mort de la vedette du rock, à l'heure où Jérusalem est au centre d'interrogations très sérieuses.
   La mort discrète, telle que la chantait Brassens, la modestie jusqu'à la fin, le départ sur le pointe des pieds, pour ne tomber dans les excès indécents et larmoyants (comme dit Dutronc) à l'égard de l'idole de foules.
  Johnny aurait-il droit à des honneurs publics aussi rares, non parce que son talent et ses frasques étaient appréciés par tous, mais en tant que grand "contributeur" aux finances publiques...grâce notamment à certaines connivences de haut niveau et de 40 ans de démêlés avec le fisc.
   Pourquoi vouloir "sanctifier" les morts? Pour calmer les vivants? Un hommage suffit. " C’est bien connu, une personnalité qui meurt devient un saint que l’on pare de toutes les vertus et de tous les talents"
  Une forme de reconnaissance qui devrait aller plus à la plume qu'à la guitare, même si on aime le bad Boy. Johnny n'est pas Victor Hugo. Mais la culture et le courage politique est aujourd'hui une valeur en baisse.
      On a beau être chéri de la Ve République, on n'y coupe pas. On ne peut prolonger l'instant fragile.    Le coup de tabac arrive toujours.
       La mort est indissolublement liée à la vie
Comme dit Montaigne;Il n'y a rien de mal en la vie pour celui qui a bien compris que la privation de la vie n’est pas mal. 
         Elle est même le principe du vivant. 
    Mais, historiquement, il n'est pas rare que la morbidité envahisse l'esprit des hommes, plus ou moins intensément, selon les individus, les cultures, les période historiques, de manière épisodique et légère ou prolongée et profonde.
   Du point de vue de la raison, la mort n'est rien, comme le dit Epicure
     Le cimetière est un dortoir paisible:  le mot vient du latin coemeterium, devenu cimiterium (Bas-Empire), issu du grec ancien κοιμητήριονkoimêtêrion (« lieu pour dormir, dortoir »).
   Même si son acceptation sereine fait problème, du point de vue du désir et de l'imagination.
      Celle-ci est conditionnée par les cultures, les époques, les croyances, les circonstances, les modes...
             Elle ne devrait pas interdire l'humour, comme chez Desproges, même s'il est parfois un peu noir.  C'est un bon contre-poison.
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