Stress tests bancaires (1)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Epreuve de vérité ou jeu truqué? 
                                                        Les crash tests pratiqués sur les voitures permettent en principe d'analyser la non déformation relative de l'habitacle des véhicules en cas de choc simulé, jusqu'à une 
certaine limite. Pour la sécurité théorique des passagers éventuels.
     Les analystes bancaires ont repris ce concept, par métaphore, pour mesurer la capacité de résistance des banques aux coups durs éventuels:
     Les « stress tests » doivent mesurer la capacité de résistance des banques lors de différents scénarios économiques (récession, montée du chômage, chute des prix immobiliers, ralentissement de l’inflation). Ils doivent permettre de déterminer si les fonds propres et donc la solvabilité des banques sont suffisants. Ils sont conjugués à une revue de la qualité des actifs (AQR) des établissements. Si elles échouent aux tests, les banques auront quinze jours pour présenter un plan de recapitalisation, qu’elles devront mettre en place durant les mois suivants...
       Ce projet est parfaitement théorique et peut paraïtre surréaliste, car les grands groupes, habitués à la tricherie et au maquillage depuis longtemps, ont le plus souvent une comptabilité hautement opaque, une face cachée peu détectable ( shadow banking notamment) et les actifs réputés sains peuvent être en réalité tout à fait pourris. On assiste même à un retour des junk bonds dans la finance européenne.   Voir les analyses de Naulot, ancien banquier, notamment, dénonçant l'opacité. (*)

     On a eu bien des surprises depuis sept ans venant de banques très respectables....que de vertueux arbitres jugeaient tout à fait fiables..Les .Dexia et autres Spiritu Santo ont révélé récemment leurs pratiques criminogènes.
    Les bons résultats claironnés des banques US font sourire, quand on sait que la Fed, qui s'érige en juge, est parfaitement en osmose avec Wall Street et avec Goldman Sachs en particulier...
                De plus, sur la valeur de ces procédures, l'unanimité ne règne pas, loin de là..
Il y aurait, selon certains organismes, des  tensions (euphénisme!) sur 11 banques européennes. 
D'autres se veulent sereins. Certains s'alarment, comme Davide Serra, qui pressent des  victimesfutures:
        Le directeur du fonds alternatif Algebris, par ailleurs conseiller de l'État britannique sur les questions bancaires... estime qu'il manque 50 milliards d'euros de capital à l'ensemble des banques européennes. Selon lui, l'Allemagne, à la tête du «pire secteur bancaire au monde», ne devrait pas sortir indemne de l'évaluation. Le financier table sur le recalage de trois ou quatre de ses banques régionales, les Landesbanken. 
    «Le pays d'où j'attends le plus de mauvaises nouvelles est celui qui est réputé le plus fort, et qui n'a pas été scruté de près», affirme en effet Davide Serra. Il accuse le régulateur allemand, la BaFin, de s'être laissé influencer au fil des années par les pressions politiques. Au-delà du cas allemand, le financier pointe du doigt la faible capitalisation des établissements portugais et grecs.

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