Connaissez-vous Yanis? (1)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Yanis Varoufakis
                                  Non, ce n'est pas un chanteur à la mode au Pirée, ni un joueur de bouzouki, encore moins une rock star, même si son image médiatique est déjà exploitée  par des fans sans cervelle, qui en ont déjà fait une vedette.
        Ce n'est certainement pas ce qu'il demandait  ni ce qu'on attend de lui à Athènes, qui vit des moments difficiles mais pleins d'espoir, en cette période cruciale de transition.
  La Grèce n'attend pas de vedettes ou de messies, mais des reconstructeurs patients et méthodiques. Courageux et audacieux.
   Varoufakis n'est pas un tête brûlée. Certains le trouveraient même trop prudent, même trop classique..
   Au sein de l'actuelle l'équipe réduite et provisoire, il y a un certain nombre d' hommes neufs, chargée d'une tâche qu'on pourrait qualifier de  surhumaine, Y. Varorufakis a un poste clé pour mettre un terme à cet absurde travail de Sisyphe auquel est soumise la Grèce depuis un certain nombre d'années, victime d'un remède qui tue le malade.
   Il est une pièce centrale au coeur du dispositif visant à sortir le pays du  chaos économique et du désastre humanitaire. Chaos ou descente aux enfers qui a ses propres causes internes, mais qui n'a pu se développer qu'à la faveur d'un contexte externe toxique. 

 

   Assez peu connu jusqu'à ces derniers temps, sauf pour les économistes un peu ouverts et curieux et ceux qui avaient lu son livre Le minotaure planétaire, qui pointe la dérégulation bancaire comme l'origine d'une crise, dont il avait pronostiqué la venue et dans laquelle la Grèce n'est qu'un élément, le maillon le plus faible . (*)  Yanis connaît sa mythologie.
  Les racines du mal remonteraient pour lui à la politique monétaire américaine d'après-guerre. Les causes les plus proches sont à chercher dans la contruction bancale d'un euro  rivé au mark et d'un aveuglement collectif et coupable à l'égard de la situation initiale de la Grèce
   Il a une solide formation, mais une vision de l'économie sans myopie, enrichie de perspectives historiques et sociales.
    Il n'est pas le premier venu dans le monde de la recherche économique pas toujours bien pensante et ses premiers pas offensifs font déjà grincer quelques dents du côté de Bruxelles et de Berlin. Sans langue de bois, il dénonce les perversions d'une finance dévoyée, qui a montré son vrai visage lors d'une crise sans fin, qu'il avait vu venir.
_____Peut-être représente-t-il une chance pour l'Europe, en subvertissant la logique du fonctionnement de ses institutions actuelles, de traités aux conséquences perverses et des féodalités financières qu'elle sert.
   Un grain de sable au moins, qui peut contribuer à amener la machine européenne grippée à un mode de fonctionnement différent...Sans révolution, espère-t-il.
  Ses critiques ne visent ni des personnes ni des pays en particulier, mais un système. Un système qui se fissure, mais qui semble bien vouloir résister encore un moment, par inertie, par soumission...
  La lettre de Tsipras aux citoyens allemands  atteste de cette vision sans animosité ni ressentiment. Il sait que la rigidité merkelienne est en difficultémais ne cèdera pas facilement..
 La partie sera difficile, mais la fermeté peut payer  et le pari semble bien engagé. 
      Pari qui ne semble pas irréaliste puisque le banquier Matthieu Pigasse estime que "cette restructuration est absolument nécessaire. Elle est non seulement nécessaire mais elle est possible"
Et Obama apporte un appui inattendu, non sans arrière-pensées sans doute.  
   Les négociations ne font que commencer
      Le chemin va être long...Sans remise en question de l'euro unique, sera-t-il praticable?
            Face à la dette, que peut faire Alexis Tsipras? Ce que les Allemands ont fait avant lui...
                    [On peut utilement revoir l'excellent document diffusé hier soir par Arte: La dette, une spirale infernale._- Replay ICI ]
__ La Grèce est loin d'être le pays le plus endetté au monde

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