Verrou madiatique (1)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Vers-où allons-nous?

                                   L'enfermement médiatique.
       On connaissait les verrous de Bercy, ceux qui bloquent certains dossiers embarrassants ou compromettant pour le pouvoir ou ses amis, mais qui lèsent les recettes publiques.
       On parle moins de verrous plus complexes, plus multiformes, qui retiennent, brident, limitent, déforment ou censurent l'information ou la noie dans l'inessentiel, le détail, le superficiel, l'éphémère, l'anecdotique, le spectaculaire. en délaissant les analyses de fond, la véritable investigation.
    Certes plus rien à voir avec la vieille censure de temps de guerre, fondée sur le silence ou la désinformation.
   La spécificité de la plupart des censures dans les medias d'aujourd'hui, c'est qu'elle est masquée ou à peine perceptible, sauf pour des esprits avertis ou un brin inquisiteurs. Ils se répètent quasiment l'un l'autre, le plus souvent à partir des données des mêmes agences de presse. 
Qu'avons-nous su de la vraie nature des interventions irakiennes ou de l'affaire lybienne?..
   .Faire sauter le verrou médiatique est une tâche qui reste à accomplir, pour donner à la presse d'opinion, la respiration et la liberté qui lui manquent. La libérer du poids de l'argent, de la vitesse, de l'insouciance citoyenne, du divertissement, de la polémique inutile, de l'incompétence parfois. Lui donner les moyens de se déconcentrer, de se diversifier dans une indépendance maximale, de faire sa mutation en matière d'analyse et d'investigation, de retrouver le courage d'informer, au sens fort, à la recherche des causes, malgré les risques. Comme de rares organes de presse tentent de le faire encore.
 [Par exemple, en Espagne aujourd'hui, une réaction s'esquisse pour remonter une pente dangereuse: « Le paysage médiatique connaît une situation à la Berlusconi. Tous les gouvernements, que ce soit à Madrid ou dans les communautés autonomes, exercent un pouvoir très fort sur “leurs” médias locaux », s’inquiète Miguel Mora, un ancien correspondant d’El País à Paris, qui a lancé, début 2015, Contexto, site gratuit d’opinions et d’enquêtes, doté d’un budget très serré (un plus de 100 000 euros, aucun des journalistes fondateurs n’est rémunéré). « Au fil de la crise, il y a eu un glissement : les journaux papier sont passés de contre-pouvoirs à des appendices du pouvoir. »]
     Mais il ne suffit pas de le dire, d'en faire le voeu.
  Développer une presse indépendante,  faire aussi loin que possible la vérité sur les faits, voilà une      tâche difficile mais nécessaire. Comme le concevait Albert Londres, comme le souhaitait au début H.Beure-Méry. Un fait est un jugement, disait J. Fauvet.  Faire l'opinion est une démarche ambigüe.
    Un citoyen informé est un homme plus libre, plus disponible pour une démocratie moins minées par les ambitions, les corruptions, les détournements de sens en tous genres.
        Les censures médiatiques épousent de multiples formes que nous ne soupçonnons pas toujours. Parfois trop tardivement. 
  C'est une censure souvent soft, indirecte, s'appuyant sur l'argument d'autorité,celle qui vient du pouvoir de l'argent et des réseaux qu'il cautionne et entretient. Qui contrôle la presse contrôle l'information, par formatage, pression idéologique insidieuse plus que par l'intimidation et la force.     Le récent cas Bolloré n'en n'est qu'un exemple récent. La CSA devrait se poser des questions....
Les chiens de garde sont au coeur d'une presse d'opinion réduite à quelques titres.
      Le mouvant maquis médiatique français demande à être un peu exploré pour apprécier les jeux de pouvoirs qui se jouent. C'est toute la presse qui est malade....

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