Silence Total

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Et pourtant ils savaient...

                 La "discrétion" sur leurs propres pratiques est le propre des firmes multinationales, surtout quand celles-ci posent des problèmes qui concernent notamment l'environnement et l'avenir de notre planète. Des dirigeants  ont été "écologistes" bien avant l'heure mais se sont bien gardés de faire savoir le contenu de leurs études concernant les risques qu'ils engendraient. Les profits et les actionnaires d'abord. Même si l'écoblanchiment commence à devenir un nouveau souci, engendrant des réorientations opportunistes. Malgré de nouveaux attraits, en Arctique notamment, ce nouvel eldorado gazier.                                                                                                               Elf non plus, ainsi que d'autres compagnies, n'ont pas été en reste pour semer le doute pendant des années. Tout finit par se savoir. Ou presque. malgré le culot de directions avides d'affaires, leur caractère intouchable et leur lobbying massif. Ou tardivement.    "...On savait déjà que ExxonMobil, BP et Shell ont longtemps nié le changement climatique dont ils étaient pourtant certains de la gravité. Qu’à coups de milliards de dollars, les géants pétroliers américain, britannique et anglo-néerlandais ont fait circuler des fausses informations et financé des climatosceptiques. Qu’ils ont entravé de manière méthodique toute politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Une étude publiée par deux historiens et un sociologue, dans la revue scientifique Global Environmental Change, mercredi 20 octobre, accable cette fois le fleuron français des énergies fossiles : TotalEnergies.   Elle montre que la major pétrolière était au courant de l’impact « potentiellement catastrophique » de ses produits sur le réchauffement climatique dès 1971, soit bien avant la connaissance du grand public sur le sujet. Après en avoir acquis la certitude, l’entreprise a malgré tout entrepris, durant de longues années, de semer le doute sur la réalité du changement climatique et de freiner l’action afin d’extraire toujours plus de combustibles fossiles...." 

 

                 "....L’Arctique renferme environ 30 % des ressources gazières mondiales inexploitées. Une manne de plus en plus accessible grâce à la fonte accélérée des glaces due au dérèglement climatique et qui attire les convoitises des géants énergétiques depuis une quinzaine d’années.     Les velléités prédatrices de TotalEnergies ont conduit le groupe à une cinquantaine de kilomètres à peine des installations de Yamal LNG, sur les rives de l’estuaire du fleuve Ob. Le futur site industriel Arctic LNG 2 repose sur un champ d’extraction de gaz grand comme le département du Vaucluse. TotalEnergies, qui participe au projet à hauteur de 21,6 %, doit y ériger avec son business partner russe, le gazier Novatek, une immense infrastructure pour un coût total de 21 milliards de dollars.    Elle consiste en un maillage de plus de deux cents forages, d’un terminal portuaire de 500 hectares et d’un complexe industriel composé de trois imposantes usines de liquéfaction du gaz. Le tout agrémenté d’un aéroport, de 150 kilomètres de routes automobiles, de plusieurs héliports et de pipelines.  D’après TotalEnergies, Arctic LNG 2 aura une capacité de production supérieure à Yamal LNG – 20 millions de tonnes par an – et le premier cargo de gaz, à destination du marché asiatique, est attendu pour 2023.       « La demande en gaz est en pleine croissance, notamment en Asie, et plus d’une vingtaine de pays émergents se sont dotés de terminaux portuaires GNL, précise pour Mediapart Marc-Antoine Eyl-Mazzega, directeur du Centre énergie et climat de l’Institut français des relations internationales (IFRI). TotalEnergies est aujourd’hui le numéro deux mondial du GNL, après Shell. Et le projet d’Arctic LNG 2 est stratégique pour la compagnie car il participerait à propulser l’entreprise comme le leader international du GNL. »  Le GNL est bien pire que le charbon pour le climat. Il représente un terrible pas dans la mauvaise direction.   (Robert Howarth, chercheur à l’université Cornell (États-Unis) Ce méga-projet catapulterait de facto TotalEnergies comme le premier développeur européen – et le quatrième mondial – de projets fossiles dans le Nord polaire, une zone du monde en première ligne du réchauffement planétaire.   « L’Arctique se réchauffe trois fois plus vite que le reste de la planète, rappelle Anna-Lena Rebaud, des Amis de la Terre. Et au sein de ce territoire menacé, Arctic LNG a pour objectif de produire et exporter au total l’équivalent de vingt-sept fois la consommation française annuelle de gaz. »....  ______________

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