Mais où est passée la gauche?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Comme soeur Anne, on la cherche, désespérément

            Cette campagne électorale met cruellement en évidence la vacuité des débats politiques en général, favorisant la montée des extrêmes. Les thèmes identitaires viennent prendre dangereusement la place des questions socio-économiques, politiques au sens le plus général et profond, de projets de société républicains, laissant les opinions sans repères et sans véritable vision  d' avenir. Le courant socialiste a perdu l'essence même de ses projets initiaux, qui se sont effrités depuis les années 80, qui se sont dilués dans l'idéologie ambiante néolibérale, qui a tenu lieu de progressisme. Le septennat de F. Hollande a illustré au mieux l'aboutissement de cette tendance, avec son discours écartelé entre le discours et la réalité toujours mieux adaptée aux "lois du marché". 

 

 

             Le socialisme, si on met encore un sens à ce mot, serait-il dépassé?   C'est très timidement que ceux et celles qui se réclament encore de cette tradition jauressienne avancent, dans un contexte brouillé, où les valeurs marchandes et l'individualisme prennent le pas sur celles de solidarité et de justice sociale, où l'affairisme court-termisme fait flores.           On comprend mieux la timidité, la paralysie qui s'est emparée d'un mouvement qu'on peine à situer, même parfois dans la case social-réformiste Une certaine peur de pouvoir gagner et de refaire du hollandisme à la petite semaine s'est installée. Les rituels sont encore là, mais la messe est dite.  "...Les rapports de force qui structuraient jusque-là le réel politique ont perdu leur sens. Depuis l'effondrement du communisme et la fin des grands récits d'émancipation, les socialistes conçoivent la politique comme un théâtre moral où s'affrontent des «valeurs». Qu'il s'agisse du social ou du sociétal, de l'économie ou de la diplomatie, ses représentants se sont institués en leurs ardents défenseurs: humanisme moralisateur, droit d'ingérence néocoloniale, laïcité exclusive, rigueur comptable, etc..;.Depuis trente ans, la gauche au pouvoir, privée de repères et convertie au néolibéralisme, s'effondre en elle-même comme un astre mort. Elle a passé deux septennats à conjuguer la gestion néolibérale de la crise et l'auto-simulation des valeurs. La dyarchie du pouvoir politique sous la Ve République (président vs Premier ministre) a cédé la place à un duopole plus fonctionnel: gestion et communication. Delors et Pilhan. La gauche y forgera sa culture de gouvernement, ses leaders, leur pseudo-vertu. Nous vivons toujours dans ce vertige de la simulation dont le quinquennat Hollande aura été un moment fort. La politique y a perdu sa passion cynique pour s'abandonner au cynisme sans passion d'une gauche de comédie..."           Plutôt tragique... Et l'on s'étonnera que les pauvres votent à droite, ou pire, prêtent l'oreille aux délires des extrêmes. Je ne suis plus un président socialiste, disait F.Hollande en 2013. Il n'était pas nécessaire de l'avouer, ou de chercher une autre voie par défaut.  ___________

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