Héritage en question

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Justice sociale et solidarité

                           Transmettre le fruit de son travail aux plus proches est l'opération la plus ancienne et la plus naturelle du monde. Toujours plus ou moins encadré par des règles cependant, à partir d'une certaine époque. Dans le cadre d'une histoire qui a évolué. Des règles qui peuvent être discutées. Mais il y transmettre et transmettre, hériter et hériter, dans une société donnée.     L' héritage devient souvent une machine à inégalités, où la transmission de reflète plus un véritable travail, mais un système souvent hypocrite        "...L’imposition de la transmission du patrimoine est aujourd’hui hypocrite. Le barème fiscal des successions affiche des taux qui effraient les petits contribuables, mais qui ne s’appliquent presque jamais en raison des abattements et des niches fiscales qui profitent surtout aux plus aisés. Le taux effectif payé par les 0,1 % des Français les plus riches sur l’intégralité du patrimoine hérité n’est que de 10 %, bien inférieur au taux maximal de 45 % prévu… Rappelons que 100 000 euros par parent décédé sont aujourd’hui entièrement défiscalisés pour chaque enfant héritier, permettant à un couple de transmettre 400 000 euros à leurs deux enfants sans impôt. Pour la majorité des Français, qui surévaluent le niveau de cette imposition, le système actuel est loin d’être confiscatoire.    Il est d’ailleurs pour le moins paradoxal que l’allègement de la fiscalité sur l’héritage soit proposé au moment même où la concentration des richesses n’a jamais été aussi élevée dans notre pays. La fortune héritée représente désormais 60 % du patrimoine total, contre 30 % en 1970 et surpasse de loin les inégalités de revenus. L’OCDE, les économistes Jean Tirole et Olivier Blanchard et le Conseil d’Analyse économique ont récemment rappelé la nécessité de taxer davantage les successions afin de réduire cette extrême concentration du patrimoine hérité...."                     La France devient une société d'héritiers, où les "bien nés" sont favorisés d'emblée du fait de leur simple venue au monde, comme dans une aristocratie traditionnelle. Plafonner certaines successions à une certaine hauteur qui reste à définir, en vue d'une redistribution sociale, semble donc devenu une nécessité. Même un milliardaire comme B.Buffet aux USA n'avait pas trouvé l'idée incongrue, tenant à ce que ses enfants ne deviennent pas d'éternels oisifs.

 

                                     En France, la part de la fortune héritée  dans le patrimoine total représente désormais 60% contre 35% au début des années 1970" soulignent les experts. "L'héritage revient en force. Le patrimoine hérité a beaucoup augmenté dans le patrimoine total. L'héritage est beaucoup plus inégalement réparti que bien d'autres ressources. Il devient indispensable d'hériter pour accéder au sommet de la pyramide social du niveau de vie. Ce constat est partagé dans les pays de l'OCDE. Cela suscite un regain d'intérêt sur les politiques de redistribution. Il y a un vrai danger sur l'égalité des chances avec ce retour de l'héritage", a déclaré l'économiste et enseignant à la London School of Economics (LSE), Camille Landais, lors d'un point presse..."                             "... La part du patrimoine hérité dans le patrimoine total n’a fait que croître, passant de 35 % en 1970 à 60 % aujourd’hui. Cela signifie que, contrairement à ce que raconte la doxa économique orthodoxe, le patrimoine ne vient pas alimenter la croissance et l’innovation, mais assure, au contraire, de plus en plus, la rente héritée. Le patrimoine croît plus vite que la croissance et assure donc un rendement supérieur au travail, rendement qui se transmet au fil des générations et consolide les inégalités..."  Des économistes comme Schumpeter ou comme Piketty aujourd'hui reconnaissent la nécessité d'une taxation à ce niveau.                   _____Ce qui conduit à s'interroger sur la notion de mérite.  _________

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