L'épouvantail

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

La dette: repoussoir et alibi
                Voilà une notion très ambiguë' selon ce dont un parle.
     Dette privée, celle des ménages, des particuliers ou dette publique, celle de l'Etat?
 Il est de bon sens économique de ne pas dépenser outre-mesure; au delà de sa capacité de remboursement à terme, sous peine de se mettre en danger, sans capacité d'honorer le montant des sommes empruntées inconsidérément.


    La dette publique, elle, est d'une autre nature. D'abord, l'Etat ne meure pas et peut rembourser sur une longue, parfois très longue période et aussi parce les effets de ses emprunts, même importants, peuvent se révéler bénéfiques très longtemps après. Comme celle concernant à une époque l'investissement dans le rail, par exemple, ou celle à venir dans de nouveaux secteurs d'investissements productifs à terme, comme l'aide massive aux particuliers dans la réduction d'énergie.
    Esther Duflo, après d'autres, explique cela assez clairement, à l'heure où aujourd'hui l'Etat s'endette comme jamais pour soutenir une économie défaillante, voir sinistrée. Cela pour un redémarrage d'un système qui va à terme produire de nouveaux biens. Il est des circonstances ou différer ou même annuler une dette est une solution envisageable, voire "rentable". L'Allemagne en sait quelque chose dans son histoire récente, même si se montra inflexibles sur celle  de la Grèce, pour de pure raisons politiques.
       Esther Duflo, économiste orthodoxe, ne représente pas l'évangile économique, mais elle a l'intérêt d'aborder de nombreux problèmes avec clarté et bon sens. loin des dogmatismes ambiants d'ordres ultra-libéraux.. Ce qui ne veut pas dire qu'elle ne prend pas parti. Car en économie, la neutralité est un mythe, l'objectivité un problème. Comme dans toutes les sciences humaines. Malgré la rigueur de la méthode.
   La Dette ne doit pas être un objet de chantage, quand elle est "bonne" du point de vue des perspectives et des espoirs raisonnables qu'elle peut soulever, des énergies qu'elle peut susciter. A condition que l'Etat ne devienne pas l'esclave des oukazes des marchés privés et de la spéculation pure. Ce qui suppose un maîtrise de la monnaie.
 De nombreux préjugés doivent être combattus sur ce sujet, sous peine d'être victime d'une austérité organisée et d'une précarité établie.
IL faut cesser de faire de la dette publique un épouvantail . A condition que la solidarité européenne joue à fond.
                                                          ________________________

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article