Ils jettent l'éponge

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Redresser la barre.

                                   Ce n'est pas encore une hémorragie, comme à l'hôpital. Mais beaucoup sont épuisés ou sont démoralisés après les réformes qui se succèdent sans fin depuis des années sans grande cohérence.. Les job dating pratiqués à la hâte ne changeront rien à l'affaire....Un faisceau de causes ont produit une situation souvent critique. A-t-on voulu, conformément aux recommandations déjà anciennes de l'OCDE, laisser filer le système pour mieux le privatiser? C'est dans l'air....Le projet du FN ne manque pas d'inquiéter et penche nettement vers une conception libérale et régressive du système. 


                                                                                                                                                       S'il n'était question que d'orthographe, même minimale parfois, le problème ne serait pas si alarmant pour un nombre toujours plus grand d'élèves, mais , plus inquiétant, c'est le niveau de raisonnement qui pèche et la culture générale qui fait défaut dans ce qu'elle a de plus basique parfois. Et il ne s'agit pas que des fameuses perles traditionnelles? Les causes sont multiples et déjà anciennes, culturelles comme institutionnelles. Le travail régulier et approfondi, comme le plaisir d'apprendre sont des valeurs en baisse. La langue française est parfois devenue comme une langue étrangère...Le constat, souvent fait, pas toujours pour de bonnes raisons, s'impose maintenant, même pour des professeurs d'université, qui s'arrachent les cheveux. Pour ce qui est de la politique générale de l'institution qui tend vers la privatisation et qui n'est plus une priorité nationale, l'OCDE, fidèle au modèle libéral, continue à inspirer à des degrés divers les orientations scolaires au niveau pas seulement français:                                                                                                                                                                     ...Les conceptions de l’OCDE dans le domaine de l’éducation vont dans le sens d’une forte libéralisation du système éducatif. Dans Repenser l’enseignement. Des scénarios pour agir (dernier volume de la série « l’école de demain »), l’OCDE donne la parole à Jay Ogilvy, « grand pionnier de la réflexion prospective au sein des entreprises ». Celui-ci préconise une « décentralisation » et « une autonomie accrue des établissements scolaires, avec une influence plus forte des parties prenantes »1. Il fait l’éloge du projet anglais FutureSight, qui a consisté à renforcer le pouvoir des chefs d’établissement2. Il « préconise l’application des principes du marché contre l’excès de bureaucratie, qui risque d’étouffer l’innovation dans l’enseignement »    _________Cet expert promeut l’idée d’un enseignement adapté à chaque élève. Il affirme : « À l’avenir nous disposerons d’outils d’apprentissage qui nous permettront de faire chez chaque élève un diagnostic personnalisé qui nous donnera la possibilité de mettre à sa disposition, à chaque heure de la journée, des outils d’enseignement et des préparations de leçons les mieux adaptés à ses besoins et à ses aptitudes »4. Il faut selon lui « traiter chaque école et chaque élève différemment et singulièrement en fonction de leurs besoins propres », et « individualiser [l’] enseignement. » « Pour atteindre l’équité devant l’éducation à l’ère de l’information, nous devons rompre avec le vieux modèle de production de masse d’élèves bien socialisés et identiques de l’ère industrielle. Nous devons recueillir des informations sur chaque circonscription, chaque école, chaque élève, et les utiliser pour moduler les quantités de “nutriments” – qu’il s’agisse de dollars, d’enseignants, de manuels ou d’ordinateurs – en fonction des besoins de chaque école et de chaque élève »5. Ces idées sont entièrement au diapason de celles de notre gouvernement de droite, qui veut en finir avec le collège unique, créer des collèges de haut niveau dans les centres-villes et des collèges où l’enseignement se réduirait au minimum, au « socle commun », dans les banlieues défavorisées. Les 7 piliers du socle commun de connaissances sont d’ailleurs inspirés par l’OCDE. Ce que prône l’OCDE, c’est de renoncer à l’objectif ambitieux d’une école, d’un collège et d’un lycée pour tous, et trier dès le plus jeune âge les élèves en fonction de leurs résultats ; ce qui revient en fait à les trier en fonction de leur niveau social, donc à accentuer les inégalités. Ces préconisations vont à l’encontre du caractère démocratique et universel du système éducatif.                                                    Dans ce long rapport pétri de langue de bois, l’OCDE préconise aussi que l’enseignement public soit désormais « concerné par les mécanismes du marché ». L’organisation déplore que « les conseils d’établissement et l’administration centrale de la circonscription fonctionnent comme des monopoles d’État. Parents et élèves n’ont pas le choix du fournisseur, comme ce serait le cas sur un marché libre ». Elle fait valoir que « dans la plupart des entreprises, un directeur peut opérer des changements pour répondre aux différents besoins d’une clientèle diverse », et conclut : « Nous devons commencer par dégripper ce mécanisme ». Elle propose en outre de « donner aux élèves et aux parents la possibilité de choisir l’école et les enseignants qui correspondent le mieux à leurs besoins. Le financement ira dans le sens du choix des élèves » ; ainsi « les forces du marché récompenseront les résultats »6. L’assouplissement de la carte scolaire, l’autonomie des établissements, l’idée de payer les enseignants « au mérite », le recrutement massif d’enseignants contractuels tandis que les places aux concours sont drastiquement réduites et que des milliers de postes d’enseignants titulaires sont supprimés chaque année, toutes ces initiatives du gouvernement trouvent leur source dans les préconisations de l’OCDE qui est aujourd’hui véritablement le fer de lance de la libéralisation des systèmes éducatifs. Il est temps de démystifier l’OCDE, de se démarquer de cette influence ultra-libérale, et d’entreprendre une politique éducative ambitieuse et démocratique, visant à la réussite de tous les élèves..."

 

____Et voilà pourquoi votre fille est malade..._____________________________

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