La terre, l'eau et le climat

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Nous sommes à un tournant majeur.

                                                    Nous commençons à le savoir. Un tournant peut-être décisif, périlleux en tous cas. Nous ne devrions pas être surpris, mais nous sommes sonnés tout de même. Voilà qu'il va falloir urgemment changer nos modes de vie et sortir de l'incantation, des bons sentiments. Collectivement parlant. C'est un grand virage qui s'impose à nous, une mutation des choix industriels en oeuvre depuis le 19 ème siècle, un renoncement au capitalocène, ultime phase de l'anthropocène, à l'échelle mondiale. Question de survie. Le pari est gigantesque, allant contre tant d'habitudes et d'intérêts.                                                                                                                       Déjà les philosophes pré-socratiques soulignaient les fondamentaux de notre univers, les éléments angulaires de toute vie sur terre: l'eau, la terre, l'air, le feu. Ils n'étaient pas chimistes, mais intuitionnaient que l'univers résultait de la combinaison de ces données de base. Aujourd'hui, nous constatons que l'eau risque de nous manquer, que la terre s'assèche, que le feu gagne, que l'air devient parfois irrespirable.    S'il est un secteur qui réclame tous nos soins en ces temps incertains, c'est bien la terre, mère nourricière. Sans eau, elle vire à l'état désertique.        L'agriculture traditionnelle assurait un équilibre relatif. Aujourd'hui, il est urgent de changer de modèle agricole, de sortir de l'agrobusiness qui épuise la richesse des sols à coup d'entrants et de vision à court terme, quitter l'elevage intensif, dévoreur du précieux liquide, cesser de puiser sans cesse dans les réserves, comme en Andalousie. Aucun pays n'est épargné. La France est en train de mesurer ses limites...                                                                                                                                   Des conflits pour l' eau existent déjà et peuvent se répandre. Il vaut mieux envisager le pire pour ne pas avoir à l'affronter trop tard. C'est le bien public par excellence qui ne doit plus dépendre des intérêts privés.      Certains pompent, pompent... sans souci du long terme, comme Nestlé et les autres. seulement soucieux de business, d'autres gaspillent ou polluent comme si c'était un bien sans limites. Parfois la pollution peut être gravissime, comme à Flint ou ailleurs, par pur libéralisme. Le déficit en eau peut être générateur d'affrontements.                                                                             Dans certains cas, on peut se préparer au pire. L' eau c'est la vie. Elle est à son origine, elle la conditionne. Le développement démographique, la concentration urbaine posent de nombreux problèmes quant à sa distribution, dans certains centres urbains plus que dans d'autres, mais pas seulement. Il y a aussi la question de  l'accès à une eau rare dans certaines zônes de la planète et le risque de la voir se raréfier, notamment là où la fonte rapide de glaciers continue à  ce rythme.   Mais il n'y a pas seulement les conséquences d'une évolution climatique en cours, il y a aussi le problème de la distribution du précieux liquide. Surtout quand les marchands s'en mêlent. Les situations sont contrastées. "...La pénurie d'eau touche actuellement près de 700 millions de personnes dans 43 pays. En 2025, 1,8 milliard de personnes vivront dans des pays ou régions touchés par une pénurie d'eau complète et les deux tiers de la population mondiale pourrait vivre dans des conditions de stress hydrique. Selon le scénario actuel sur le changement climatique, près de la moitié de la population de la planète vivra dans des régions soumises à un fort stress hydrique d'ici 2030, dont entre 75 millions et 250 millions de personnes en Afrique. De plus, la pénurie d'eau dans certaines régions arides et semi-arides poussera entre 24 et 700 millions de personnes à se déplacer.. L'Afrique sub-saharienne est la région qui abrite le plus grand nombre de pays soumis au stress hydrique...."   La question de l'eau n'est pas seulement une question relevant d'évolutions naturelles, elle est aussi un problème social et politique, avec des enjeux géopolitiques. Les questions de surconsommation, de gaspillage sont souvent oubliés, ainsi que le manque d'investissements comme on le voit en Guadeloupe. L'eau est une bien commun, qui devrait échapper à la marchandisation:                              ______L'eau est trop précieuse pour être laissée aux marchands d'eau.  Elle est la source de la vie, LE bien public numéro 1  devrait relever partout d'une gestion commune  Elle ne devrait pas être une marchandise comme une autre, soumise aux règles du marché et de spéculation, de concurrence parfois effrénée.. Surtout quand elle devient une matière rare.    Or les capitaux se sont rués sur cette précieuse matière dont tout le monde a besoin. Un marché captif, par excellence. Certaines communes ont renoncé à entrer dans l'engrenage ou ont repris leurs droits à la gestion de l'eau et sont sorties de contrats léonins. Comme Paris.     Partout ailleurs, on assiste à une guerre des eaux entre compagnies privées, dont les actionnaires réclament une plus grande part de gâteau.      Deux méga-compagnies entre en guerre pour des profits maximaux: l'heure est à l'hyper-concentration, voire au monopole et on sait ce qui se passe quand un seul fait la loi sur le marché. Il y a de l'OPA dans l'air...

             Dans l'Ouest américain la situation tend à devenir critique, pour des raisons qui ne sont pas que naturelles. La Californie a du souci à se faire, quand NY se noie. Si le Parana tend à s'assécher, la déforestation y est pour quelque chose.                                                                                            Le réchauffement climatique a parfois bon dos,les périodes exceptionnellement pluvieuses aussi comme en Europe cette année. Il y eut des années sans été. Il faut relativiser. Si l'été fut pluvieux, d'autres précipitations bien plus importantes eurent lieu notamment  au début du 20°siècle: notamment à Epinal et surtout à Paris...Les grandes inondations en France sont parfois oubliées. Il ne faut toutefois confondre le climat, même sur une durée assez longue et les grandes tendances globales à l'échelle de la planète,...Mais une partie du problème est entre nos mains.

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