Les élites et les règles

Publié le par Jean-Etienne ZEN

        Vigilance citoyenne en défaut.                                 

                                               Sans tomber dans un poujadisme simpliste, les slogans du genre "tous pourris" basés sur le ressentiment et les slogans de rue, force est de constater que régulièrement, de la part de ceux à qui le pouvoir a été confié, comme un service en notre nom, se manifeste, de manière ostentatoire ou discrète, une prétention à être au-dessus du lot et à sortir des rails qu'ils sont pourtant censés faire respecter, de manière discrète ou ostentatoire. On dira, comme un certain auteur que le pouvoir corrompt (et que le pouvoir absolu corrompt absolument). Les exemples historiques surabondent. Quand il n'y a pas une vigilance citoyenne constante et des institutions permettant efficacement de contrôler le pouvoir, comme le préconisait Montesquieu, les dérives en tous genres risquent de se manifester. Certes une démocratie parfaite n'existe pas   (et n'existera sans doute jamais, aux dires de Rousseau), mais un contrôle institutionnel neutre peut-être inventé ou renforcé pour que le pouvoir soit tenu de respecter une constitution votée démocratiquement et les hommes qui l'assument de s'en tenir à leur devoir, au service exclusif de l'intérêt général, dans la collégialité la plus transparente...                                                                                                                             Voilà pour les principes, qui restent des idéaux à tenir. Dans les faits, maintes affaires récentes montre que les idéauxs connaissent des entorses fréquentes, comme si un élu avait des droits dépassant ceux du commun des mortels, comme si les intérêts privés devaient parfois être sa préoccupation dominante. Des exemples récents corroborent cette propension tout à fait répressible, comme celle facilitant le pantouflage où domine l'indistinction entre intérêts publics et privés sans parler des facilités et les tergiversations judiciaires dans des affaires d'Etat bien connues. En jouant sur l'ignorance et la fatigue démocratique                       "...Même lorsque la classe politique se renouvelle, ses pratiques les plus contraires à l’éthique et au droit ne cessent pas. La succession des affaires et le durcissement de l’arsenal législatif ne semblent pas encore produire d’effet dissuasif significatif..." 

 

 

                     "...Dans son dernier livre, L’Économie morale des élites dirigeantes (Presses de Sciences Po), notre invité Pierre Lascoumes offre une clé d’explication à cette reproduction décourageante de comportements répréhensibles. Pour le directeur de recherche émérite au CNRS, des mécanismes structurels semblables sont repérables dans le champ politique comme dans celui des milieux d’affaires – deux espaces d’ailleurs poreux entre eux.        Dans les deux cas, il observe que les élites concernées développent une conscience d’elles-mêmes, et de leur mission, qui les placerait au-dessus de la règle réservée au commun des mortels. Elles cherchent d’ailleurs à préserver ou augmenter l’étendue des procédures dérogatoires qui leur sont appliquées en cas de poursuites.      À travers plusieurs exemples, comme l’accord conclu par LVMH avec la justice concernant l’espionnage de François Ruffin, notre entretien est consacré à cet état de fait, et aux pistes pour le dépasser. À cet égard, Pierre Lascoumes insiste sur l’intérêt de la rotation des tâches à des postes de haut niveau, comme frein efficace à la routinisation de mauvaises pratiques...."   ____________________

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