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Esprit de famille

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Esprit de famille

Il est un pays qui est comme une immense famille;

15000 princes se côtoient en (plus ou moins) bonne intelligence;

Où on y fait d'immenses progrès. Par exemple, les femmes y ont droit de faire du vélo...à certaines conditions. On prend soin d'elles: la voiture, trop dangereuse; leur est déconseillée.

Le pétrobusiness est l'objet de tous les soins.

La justice y est un modèle pour les nations.

Là-bas coulent le lait et le miel (presque!) pour tous.

Mais on dit que le château se fissure...

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Précarité, régime normal

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Précarité, régime normal

Minijobons

--- Non, il ne faut pas avoir peur des minijobs.

Ils sont créateurs d'emplois, comme ils disent...

-- Pas plus que de la précarité, qui permet souplesse et mobilité sur notre bonne planète ouverte à tous les vents du profit à court terme et des capitaux hautement volatiles...Faut pas contrarier les marchés!

En matière de flexibilité, on peut toujours faire mieux.

--- Comme disait Mâme Parisot: « La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? »

Que répondre à une telle évidence? Presque un axiôme. CQFD!

---- Donc, plus besoin de contrat.Ni CDI, ni CDD, qui sont d'anachroniques contraintes. La notion de contrat tend à disparaître, comme le poussiéreux Code du Travail. Des veilleries..Des obstacles au business.

---- Certains pionniers audacieux défendent le contrat de travail zéro heure, condition pour une embauche aléatoire...C'est déjà mieux.

D'autres, plus visionnaires encore, prônent le travail gratuit.

Ils poussent un peu le bouchon, mais il faut reconnaïtre qu'il y a vraiment des gens qui pensent...

---- Mme Merkel, sur les traces de Schröder, fait ce qu'elle peut..

Du boulot à un euro , du « Kurzarbeit », on peut trouver... Le système Schröder-Haartz se poursuit sous toutes ses formes, imprimant son innovation partout, inspirant même notre Président.

Pourquoi même ne pas prendre Emmaus comme modèle?

Ils sont en avance sur leur temps...

Ce n'est au fond qu'un retour au bon vieux temps d'autrefois... et même à le bonne vieille antiquité.

----- ...Et dire qu'il y a encore des attardés qui affirment que la flexibilité nourrit le chômage!

Pff!

Le travail durable et assuré ne devrait plus être de mise. Il génère monotonie, ennui et paresse, habitudes néfastes des avantages zaquis? La vie, c'est le changement..

---- Un ouvrier assuré de son poste devient vite moins performant et s'installe dans le confort d'une vie qui devient vite routinière et terne. Il devient aussi plus exigeant, profitant de la solidarité crée avec ses homologues pour revendiquer plus d'avantages. Il est même prêt à cesser momentanément le travail pour ça afin d'augmenter ses gains, prenant l'entreprise en otage et mettant en péril la production. Il oublie vite que le travail, sans lequel il ne vivrait pas, lui a été accordé par pure générosité. Et puis, en vieillissant, au delà de quarante ans, il perd son efficacité et coûte trop cher....Il faut recycler!

Le marché, c'est le mouvement, comme la vie, c'est aussi la rationalité, comme disaient Hayek et son disciple Friedman, l'expression de la main de Dieu...

-- Donc, il ne faut pas avoir peur des mini-jobs

Et puis, l'argent n'est pas tout. Il ne fait pas le bonheur...

Il faudrait, comme les sages d'autrefois savoir se contenter de peu en renonçant aux surenchères salariales qui finissent par rendre perpétuellement insatisfait.

--Il importe donc de «détabouïser(sic!)le mot de "flexibilité"», comme ils disent...

.Déjà en Grèce ou en Espagne, par exemple, la précarité est devenue généralisée, au delà même des pratiques américaines.

-----Nul doute que ces pays vont sortir ainsi plus vite de la crise, car en matière de compétitivité, l'Espagne défie la France». On pourrait aussi dire que le Portugal défie l'Espagne, que la Chine défie le Portugal, que le Vietnam défie la Chine, et que le Bangladesh défie le Vietnam, vu que l'on peut toujours chercher un pays où l'on accepte de travailler plus en gagnant moins.."

---- La précarité, c'est la norme du futur

La rigidité, la stabilité, voilà l'ennemi!

---- C'est du moins ce qu'on dit dans les sphères généralement bien informées intéressées...

Jonathan Swift_n'aurait pas raisonné autrement...

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L'Elysée pour les nuls

Publié le par Jean-Etienne ZEN

L'Elysée pour les nuls

__Le micocosme élyséeen est plus complexe qu'on ne le croit.

Il a ses secrets, parteillement levés.

Même la journée du patrimoine ne laisse presque rien entrevoir.

___Il y a l'apparat avec ses règles et les vicissitudes du quotidien.

La vaisselle rangée au centimètre près...

Les soucis pour garder le chien...

L'interdiction d'utilier un lave-vaisselle...

Etc...

____Rien n'est simple, même si tout est codé.

Le Palais a son histoire et ses rites.

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L'esclavage n'a pas exisité...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

L'esclavage n'a pas exisité...

..Seulement en Occident.

__ Sous des formes variées, historiquement marquées, on le trouve dans de nombreuses contrées.

__ Si le phénomène n'est pas originel ni universel, il fut bien partagé.

Pour celui qui nous concerne de plus près, qui a affecté notre histoire récente, de part et d'autre de l'Atlantique, dans le cadre du fameux commerce triangulaire, inaugurant le tout début d'une révolution qui allait devenir industrielle, vouloir le nier ou le passer sous silence est historiquement absurde.

___ ll ne s'agit pas de battre sa coulpe, de sangloter . On se fourvoie à culpabiliser ou à référer son identité à un passé qui ne pèse plus sur nos propres épaules d'héritiers, malgré les faits qui sont têtus et les traces très présentes. Les sanglots de l'homme noir répondent aussi à ceux du blanc...ce qui n'enlève rien à la cruauté de la colonisation, particulièrement dans l'ex-Congo belge.

Mais, comme le remarque Frantz Fanon, "N'ai-je donc pas sur cette terre autre chose à faire qu'à venger les Noirs du 17° siècle?" L'écrivain noir Alain Mabanckou, de son côté, refuse de se définir "par les larmes et le ressentiment"

___ Mais il ne faut pas évacuer de notre mémoire historienne un passé qu'on ne peut regarder qu'en face, dont on ne peut être fier, nonobstant P.Bruckner, quasiment chantre d'une colonisation heureuse. L'excès de mémoire n'aide pas à vivre, mais une bonne mémoire, bien informée, peut favoriser un meilleur dépassement, une meilleure guérison des blessures mémorielles.

Il s'agit de faire oeuvre d'historien et non de moraliste, pour guérir des passions tristes et des ressentiments.

____ Même si on n'est pas adepte de trop de commémorations officielles, on ne peut éviter de se confronter à une réalité historique incontournable. Rappeler seulement les faits est non seulement sain, mais nécessaire pour un meilleur vécu du présent. Ricoeur avait rappelé utilement l'importance de la bonne mémoire.

" ...Ne nous égarons pas dans les faux semblants du débat autour du communautarisme. Ni ceux qui le pratiquent, ni ceux qui le dénoncent n'en éloignent le vrai poison, celui d'opposer une catégorie de citoyens à une autre. Frantz Fanon mettait ainsi en garde ses compagnons de lutte: "quand nous entendons dire du mal d'un juif, tendons l'oreille, on parle de nous." Paraphrasant Fanon, je dirais "quand ils entendent dire du mal d'un autre, en raison de ses origines, de sa couleur de peau, de ce qu'il est, les républicains doivent le savoir: c'est d'eux dont on parle." Et le vrai combat contre le communautarisme : le refus de l'assignation d'une personne à une identité, subie ou choisie... (Y Jego)

____ On ne peut le faire que si on examine les causes, le contexte culturel, l'organisation économique qui engendrent le phénomène esclavagiste.

__ Montesquieu avait déjà bien compris le socle économique à la base de l'esclavage.et les justifications idéologiques qui l'accompagnaient:

"... Le sucre serait trop cher, si l'on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves.."

Voltaire aussi:

. "...Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main ; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas. C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe..."

C'est donc un système global qu'il faut analyser, avant de le condamner.

Grotius, lui, l’un des pères de la doctrine libérale au XVIIe siècle, légitime sans réticence l’institution de l’esclavage (« il y a des hommes nés pour la servitude », écrit-il en se réclamant d’Aristote), traite les ressortissants des colonies néerlandaises de « bêtes sauvages » et, qualifiant leur religion de « rébellion contre Dieu », justifie d’avance à leur égard la plus cruelle « punition des coupables ». Il ne s’agit donc aucunement de dérives pratiques : c’est l’idée libérale même qui trahit un aristocratisme anthropologique directement ségrégatif et déshumanisant. Le Français Tocqueville, aristocrate-démocrate, pense lui-même à plus d’un titre de façon fort voisine. Losurdo cite cette déclaration : « La race européenne a reçu du ciel ou acquis par ses efforts une si incontestable supériorité sur toutes les autres races qui composent la grande famille humaine que l’homme placé chez nous, par ses vices et son ignorance, au dernier échelon de l’échelle sociale est encore le premier chez les sauvages..."

______Il s'agit bien d'un système d'exploitation économique lié à un ensemble de justifications idéologiques et à une vision anthropologique propre à une élite dirigeante, profitant du rapport de forces imposé.

Mais il n'y pas eu que la traite des Noirs, notable par son ampleur et son organisation, dont Nantes et Bordeaux portent encore les traces.

__Dans le monde arabo-musulman, il régna aussi sous des formes variées et spécifiques qu'on ne peut nier, même s'il reste beaucoup à apprendre et s'il ne s'agit pas de raviver d'absurdes luttes mémorielles.

____ Ces formes historiques spectaculaires d'esclavage ne doivent pas nous faire oublier les formes souvent moins visibles d'esclavage moderne, polymorphe et plus diffus, institutionnalisé ou non, dans des contextes différents. Les diverses formes d'exploitation de la main d'oeuvre infantile ou féminine, de travail forcé en général, devraient occuper nos esprits plus qu'un certain retour culpabilisant et stérile à un passé sur lequel nous n'avons plus prise.

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L'esclavage n'a pas exisité...

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Monsanto revient

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Monsanto revient

The big Firm come back

La citadelle Europe faisait mine de faire encore de la résistance, malgré les immenses pressions.

Mais elle commence à céder, avec la complicité de quelques pays.

Le lobbying de Monsanto finit par porter ses fruits...

Même si une certaine résistance s'organise dans le cadre du Pacte transatlantique, qui pourrait ouvrir une opportunité majeure aux multinationales, qui ne seraient plus soumis au droit étatique.

Le partenariat transpacifique (PTP, ou TPP en anglais) est un immense accord ultrasecret passé entre douze grands pays, qui s’apprêtent à donner aux entreprises un pouvoir inouï: celui de faire appel à de nouveaux tribunaux internationaux pour attaquer en justice les gouvernements qui adoptent des lois qui nous protègent mais réduisent leurs bénéfices!

Ceci aura des répercussions dans tous les domaines, de l’étiquetage des aliments contenant des OGM à la liberté sur Internet. WikiLeaks a fait fuiter les documents de travail et une vague d’opposition est en train de se soulever très rapidement, mais les pays signataires se dépêchent afin de signer d’ici 48 heures.

Ce ne sont pas seulement les super mauvaises herbes, qui sont en cause, mais aussi certaines cultures OGM, dont le développement intensif fait l'objet d'âpres discussions et de résistances légitimes.

Celles-ci s'organisent. Les luttes continuent. Malgré les condamnations en France.

Mais la partie va devenir plus difficile.

Il y a tous les produits à éviter, dangereux, dont Robin a bien montré l'ampleur.

Il y a la désinformation systématique à laquelle se livre la firme.

Il y a l'action en justice de la compagnie américaine contre les agriculteurs bio.

Bref, Monsanto revient, favorisé in fine par le double jeu et les louvoiements de la Commission européenne.

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La silicon valley et son ombre

Publié le par Jean-Etienne ZEN

La silicon valley et son ombre

Le paradis technologique de la Silicon Valley produit fascination et craintes.

Quelques faits divers font parler d'elle:

L'excellence en question......

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Sacré Charlemagne!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Sacré Charlemagne!

_________ Comme Clovis, comme Jeanne d'Arc, l'empereur à la barbe fleurie a été malmené par une tradition historique ambigüe.

Il a été bon à tout faire, à tout justifier.

Tiré à hue et à dia, il a été utilisé pour défendre des causes aussi diverses qu'opposées parfois.

Dans la fabrique d'une histoire mythique et/ou instrumentalisée, il a incarné des figures diverses, selon les besoins de la cause, les croyances d'époque.

______ L'Eglise le sanctifia dès 1165, malgré ses moeurs peu orthodoxes, ou ce que l'on en sait.

Il est plutôt hasardeux de reconstituer les traits de personnalité du résident d' Aix-la -Chapelle, là où on retrouve encore des traces de son ancienne grandeur célébrée.

___ Sous la plume de V.Hugo puis de Michelet, et tout au long du 19° siècle, on sculpta une figure héroïque, héros national, unificateur éphémère, sans masquer certains des excès, comme le massacre des Saxons.

___A l'origine du projet européen, la figure de Charlemagne, entre histoire et légende, a été invoquée et le reste parfois encore, même s'il s'épuise, comme s'il était, de manière parfaitement anachronique, le père de de l'Europe.

Le discours hitlérien l'a récupéré dans le cadre de sa volonté de domination d'une Europe promise à la soumission politique et économique au joug fasciste. Dans sa mythologie fourre-tout, « Hitler considérait Charlemagne comme l'un des plus grands hommes de l'histoire d'Allemagne, car il voyait d'abord en lui l'unificateur des Allemands et le créateur de l'Empire ; il l'approuvait d'avoir, en vue de ce « but national suprême », aussi bien introduit la religion chrétienne dans les pays germaniques que d'avoir agi avec une rigueur impitoyable contre tous ceux qui ne voulaient pas coopérer à l'unification sous l'égide du christianisme. C'était pour cela qu'il ne tolérait pas que l'on pût critiquer les massacres du grand empereur Charles… » (Dr Otto Dietrich, Hitler démasqué)

Dans cette entreprise, la division Charlemagne, de sinistre mémoire, a combattu jusqu'au denier jour au service du Führer jusqu'à la chute de Berlin...

La propagande franco-nazie parisienne a utilisé cyniquement le nom de l'empereur, comme on le voit dans certaines expositions officielles ou affiches de circonstance.(document ci-joint).

____________Sur les ruines d'une Europe en lambeaux, le projet européen renaissant aspire à une nouvelle unification, pacifique celle-là, en invoquant aussi l'esprit de Charlemagne au secours de l'Europe (*).

___L'esprit démocrate-chrétien de la plupart des pères fondateurs utilisa ce mythe utile, comme un moteur de refondation, sans grand souci d' objectivité historique, sans se demander si l'unification voulue aurait la même brièveté historique que l'oeuvre unique mais fragile de Karolus Magnus.

[ Dans ses mémoires, le fondateur du mouvement Paneuropa, Richard de Coudenhove-Kalergi évoque la proposition qu’il aurait faite en 1951 à De Gaulle de lancer à partir de la ville d’Aix-la-Chapelle un appel à la restauration de l’empire carolingien dans l’esprit du XXe siècle. L’idée aurait plu à De Gaulle mais aurait échoué « à cause de ses conseiller nationalistes » (Koudenhove, 1958,340).

En octobre 1952, Mrg Frings, archevêque de Cologne exhortait les jeunes assistant au congrès des Jeunesses catholiques de son diocèse de contribuer à restaurer l’Empire de Charlemagne.]

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(*) "... . Ces précédents en matière d’instrumentalisation du passé expliquent pourquoi la référence à l’empire de Charlemagne était bien adaptée pour fournir l’ancrage historique qui manquait au processus d’intégration européenne à ses débuts. Le lien établi au cours des dernières décennies entre la symbolique carolingienne et le projet d’unification européenne ne doit toutefois pas cacher que l’Europe n’a jamais été un concept politique ou spirituelle dans la pensée de Charlemagne ou de sa cour (Fried, 2003, 41). Dans le rapport que les sociétés entretiennent avec leur passé, l’amnésie et les lacunes sont, il est vrai, tout aussi importantes que le souvenir et la commémoration . Les références faites à la mémoire collective sont par nature parcellaires et sélectives et passent consciemment sous silence les contradictions possibles entre réalité historique et objectif de l’instrumentalisation, afin de mettre uniquement en avant ce qui sert à mettre en valeur l’unité et l’existence de points communs. Ainsi, dans les discours visant à faire de l’empereur franc un modèle de référence, la polygamie de Charlemagne tout comme le fait qu’il ne savait pas écrire, sont le plus souvent ignorés. [ Dans le discours qu’il prononça à Aix-la-Chapelle le...]

En bref, la présentation de Charlemagne en tant que figure tutélaire de l’Europe unifiée est donc des plus subjectives et relève en grande partie du mythe. [ Ce qui n’enlève en rien de son importance, bien au..]. L’importance de Charlemagne comme figure tutélaire de la construction européenne est donc liée tout à la fois à l’émergence de ce qui a longtemps été la forme centrale d’organisation politique en Europe et de son dépassement. On sait en effet aujourd’hui, que le véritable lieu de naissance du complexe féodal - expérience fondamentale pour l’apparition des États-nations - a été l’Europe continentale de l’Ouest, l’ancien territoire des Carolingiens. De là, il s’étendit lentement et inégalement à l’Angleterre, l’Espagne et la Scandinavie, puis, moins parfaitement il gagna l’Europe orientale. [ C’est tout du moins l’analyse que Perry Anderson fait...]

Concrètement, l’instrumentalisation de la figure historique de Charlemagne prend la forme d’un discours sur l’Europe dans lequel la nécessité de l’intégration est étroitement liée au rappel de ses mérites. L’effet ainsi produit a été évoqué de manière paradigmatique par deux membres du directoire du Prix Charlemagne pour qui « l’unification de l’Europe ne se fera certes pas par des discours. Peut-elle cependant être atteinte sans que l’on en parle ? Agir en faveur de l’Europe et l’évoquer sont deux formes de comportement qui s’influence réciproquement » [ Kurt Malangré, maire d’Aix-la-Chapelle, et Hugo Cadenbach,...] . De telles pratiques discursives associant symboles, références et idées directrices visent, on le voit, à faire émerger ce que l’on peut qualifier comme une communauté d’expression dans laquelle l’identité collective s’exprime, permettant le développement du sentiment pour l’individu de tirer une partie de son identité de son appartenance à un groupe plus grand (Peters, 1993).

L’objectif premier de l’instrumentalisation de la symbolique carolingienne est de susciter une adhésion de type émotionnelle au projet européen. Pour ce faire, des symboles et des représentations historiques sont mis en relation avec des thèmes politiques contemporains. Grâce à ces connexions explicites ou implicites, les discours en question produisent de la légitimation et peuvent conférer celle-ci au processus d’intégration ainsi qu’aux initiatives proposées par les responsables politiques qui ont recours à ces symboles. L’utilisation de la symbolique carolingienne à des fins politiques est productrice de sens, en particulier grâce à l’accentuation d’événements ou de personnalités historiques qui passent pour incarner certaines valeurs et caractéristiques et qui, pour cette raison, sont proposés comme modèle et point de référence. La condition pour qu’un symbole agisse est qu’il possède une capacité virtuelle d’évocation. La charge affective des symboles a le pouvoir, dans certaines occasions, de déclencher de riches associations, notamment de réactiver une mémoire faite de savoirs engrangés d’émotions éprouvées ou inculquées (Braud, 1996,89)....

La référence à Charlemagne en relation avec construction européenne est essentiellement le fait d’hommes politiques et non d’intellectuels ou de penseurs. Par ailleurs, il s’avère que les institutions communautaires y ont peu recours. [ Un des bâtiments de la Commission européenne porte...] Son utilisation répétée et continue démontre en tout cas que son potentiel politique a été reconnu dès le début du processus d’intégration [ Le fait que la figure de Charlemagne ait été préalablement... ] . Dans les années 1950 et 1960, elle remporta un grand succès, entre autres par ce que, associée au projet d’unité européenne, la référence à Charlemagne permettait aux Allemands de raviver positivement l’idée d’empire qui avait été sérieusement disqualifié par l’expérience du IIIème Reich et par l’épisode Wilhelminien. Par ailleurs, sa dimension religieuse en faisait une option très attractive pour les tenants de l’idée de chrétienté. Le fait que des catholiques convaincus comme Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi et Robert Schuman aient adhéré à l’idée d’Europe carolingienne comme incarnation de l’Europe chrétienne est certainement à mettre en relation avec le paganisme affiché par le bloc communiste (Münkler, 1996,147). Enfin, il se trouve que, du fait de la guerre froide et de la séparation du continent par le rideau de fer, à travers l’action des six pays participant à l’aventure de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, les limites de l’intégration en Europe occidentale correspondaient aux frontières de l’empire de Charlemagne.

À travers le Prix Charlemagne qui donne l’occasion d’invoquer à intervalles réguliers le souvenir de l’empereur franc, l’instrumentalisation de la symbolique carolingienne a été en quelque sorte institutionnalisée et pérennisée. Cependant, malgré les tentatives répétées de relier la situation actuelle au passé carolingien de l’Europe, au fil des ans, la rhétorique développée autour du symbole de Charlemagne est devenue de plus en plus générale et abstraite ; ce qui restreint sa capacité à susciter une légitimité émotionnelle et limite par la même occasion son effet mobilisateur. La référence à Charlemagne s’éloigne de la réalité historique pour se concentrer sur l’aspect mythique, à savoir son aura d’unificateur, dont la réputation dépassait les frontières de son empire. Il n’en reste pas moins qu’avec l’élargissement à l’Est de l’Union européenne, la figure de Charlemagne n’est plus suffisamment rassembleuse et ne dispose pas d’une dimension pan-européenne suffisante pour être autre chose qu’une vague figure tutélaire. Même si en Europe centrale et orientale l’instrumentalisation du passé à des fins politiques est encore une pratique courante, la figure de Charlemagne ne trouve que peu d’échos dans la mémoire collective de ces peuples. Là où elle avait un ancrage historique, ce genre de références à un passé lointain a en revanche perdu beaucoup de sa portée. Dans nos sociétés postmodernes, fortement individualistes, rationnelles et utilitaristes, la référence historique ne peut qu’être démocratique et consensuelle et de ce fait limitée au niveau du plus petit dénominateur commun...."____

-____Le forum Carolus

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Persévérer diabolicum

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Persévérer diabolicum

Jusqu'où?

____ L'obstination dans l'erreur est la plus sure voie vers le désastre..

Mais la situation n'est-elle pas déjà désastreuse?

_______ A Athènes, la vie continue...mal. Très mal. Les réformes promulguées tardent à produire leurs effets. Il faudra du temps, beaucoup de temps pour remonter la descente aux enfers.

La vie va mal, à l'image du pays, toujours pris au piège, dont la dette grossit à mesure qu'on prétend la résoudre.

Victime d'une politique européenne qui a fermé les yeux trop longtemps et a surtout renfloué les banques, tout en pratiquant un juteux business.

____________ La persévérance dans l'erreur surtout depuis 2010 est dénoncée, après d'autres, par Modi, un expert du FMI, qui met en cause l'institution européenne et la ligne suivie pas Mme Lagarde et les leaders de l'Eurogroupe..

Le FMI et les autorités européennes ont répondu que la restructuration entraînerait un chaos financier mondial. Comme Karl Otto Pöhl l’avait candidement noté, il s’agissait seulement d’un alibi pour renflouer les banques allemandes et françaises, qui avaient été parmi les plus grands catalyseurs de la débauche grecque.

En fin de compte, la voie suivie a consisté simplement à remplacer un problème par un autre : les prêts européens et du FMI ont été utilisés pour rembourser les créanciers privés. Et, malgré une restructuration tardive en 2012, les obligations de la Grèce restent insupportables. À ceci près qu’elles sont maintenant presque entièrement dues à des créanciers publics.

Cinq ans après le début de la crise, la dette publique est passé de 130% du produit intérieur brut à près de 180%. Et une crise économique profonde et une déflation profondes ont gravement compromis la capacité de remboursement du gouvernement grec...

Pourquoi davantage de dette n’a pas été annulée plus tôt ? Personne n’est prêt à affronter une arithmétique désagréable, et l’on préfère prendre ses désirs pour des réalités.

Ayant échoué lors de son premier test grec, le FMI risque de le faire à nouveau. Il reste piégé par les priorités de ses actionnaires, y compris ces dernières années, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Pour réaffirmer son indépendance et retrouver une crédibilité perdue, il doit faire une croix sur une grande partie de la dette de la Grèce et il doit forcer ses actionnaires riches à supporter les pertes...

__________ Ashoka Mody souligne à juste titre que le FMI a fait dès 2013 son mea culpa en ce qui concerne les effets de la politique d’austérité appliquée à la Grèce depuis 2010..."

L'impasse est totale et l'inédit plane sur le monde helléne.

___________Le pot de terre pourra-t-il éviter un choc fatal?

Malgré l'unanimisme et la sérénité de façade; la tension est palpable au sein de l'Eurogroupe.

A l'heure qu' il est, on peut pronostiquer une rupture possible.

Certains ne s'embarrassent pas des résultats électoraux.. M. Jean-Claude Juncker déclarait « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens». Comme M. Moscovici. Ajoutons que les récentes déclarations de M. Schäuble vont parfaitement dans ce sens.

____ Jusqu'à quand?

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Travailleur privilégié

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Travailleur privilégié

Il ne travaille pas au Bengladesch

Non, aux USA. Et au Capitole, s'il vous plait!

Quelle chance!

Mais où dort-il?

Dans la rue.

On peut donc, plus souvent qu'on ne croit, même au pays des milliardaires, travailler et être pauvre...

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Les barbares à Zemmour

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Les barbares à Zemmour


Phobies et fureurs zemmouriennes

Attila est là. Les Huns sont dans la cité!

C'est ce qu'on croit deviner en écoutant notre Zemmour national, qui, tel Ste Geneviève, vient nous alerter sur les menaces de la barbarie dans nos murs. Ils existent; il les a rencontrés.

---- Un brave garçon, qui ne dit pas que des bêtises, mais un peu brouillon, assez excessif, un peu énervé, atrabilaire, souvent pris d'urticaire identitaire...Un mal récidivant.

Il nous prévient gentiment : "...Notre territoire, privé de la protection de ses anciennes frontières, renoue dans les villes, mais aussi dans les campagnes, avec les grandes razzias, les pillages d’autrefois, les Normands, les Huns, les Arabes.

Les grandes invasions d’après la chute de Rome sont désormais remplacées par des bandes de Tchétchènes, de Roms, de Kosovars, de Maghrébins, d’Africains, qui dévalisent, violentent ou dépouillent. Une population française sidérée et prostrée crie sa fureur, mais celle-ci se perd dans le vide intersidéral des statistiques. »

Diable! Entendez-vous dans nos campagnes?...Ils viennent jusque dans nos bras...! ♪♫♪

Sie kommen! Des quatre coins des confins de l'Europe ou de ses marges lointaines...C'est une ligue, que dis-je! un complot. La République est en danger. Des accents de Valmy.

Rome n'est plus dans Rome. Paris n'est plus Paris...Mais Bangui. Les Maliens sont à Montreuil.

Les Roms sont là! Halte-là!

L'herbe ne repousse plus sous les ruées barbares.

Vous avez dit Barbares...?

____Nos ancêtres les barbares... Les Gaulois furent les barbares de César. Les Romains en virent passer bien d'autres plus tard...victimes eux-mêmes d'autres barbares...On est toujours les barbares de quelqu'un.

Les Huns et les autres. Les vandales!

Rome ne survécut pas, mais laissa place à une autre civilisation, à d'autres recompositions... "Il ne faut pas voir le remplacement de l’Empire romain par les royaumes barbares comme une invasion à l’instar de celle de la France par l’armée allemande en 1940. Il s’agit d’un phénomène migratoire, encouragé par les Romains eux-mêmes, notamment pour combler les manques dans leur armée... et Rome a gagné quelques années de survie grâce aux généraux barbares. » nous disent les historiens.

____ Les barbares n'ont pas fait que passer et (parfois) détruire (un peu, beaucoup) . On en trouve encore: des descendants de Goths en Lorraine, des Normands là où vous savez, etc... Les Vikings: quelles richesses!

Et ces Francs, franchement, ces affreux!..qui firent la future France. Tous des barbares! Assumons l'héritage...

________________ Notre polémiste pressé stressé ose le téléscopage, l' hypersimplification et l'anachronisme.

Sur les ondes de RTL, il faut faire vite.

Il ne craint pas de racialiser la délinquance, qui, comme chacun sait, vient toujours de l'étranger, comme le dit ma concierge, qui a besoin de se rassurer.

____ Les nouveaux Goths sont là! Le gang des voleurs de poules rôde. Jamais un Français n'oserait braquer une bijouterie!

Singulière conception de l'histoire...

Gibbon est lu avec de drôles de lunettes.

Pas de critiques de la mondialisation en cours et du système économique qui autorise, encourage même ce que l'auteur considère comme une déferlante.

Il en rajoute à Obertone lui-même , tout dans la nuance l'excès, en déclin maintenant.

_________________ "Le barbare, c'est celui qui croit à la barbarie", dit par expérience Levi-Strauss

Il met certains à cran

Lepéniste, Zemmour? Il s'en défend, même s'il a déjeuné avec Jean-Marie, toujours aussi nuancé.

Peut-être seulement inconséquent, xénophobe (un peu quand même...) et à courte vue, racialisant la délinquance. (*)

Une histoire grand guignol...

_____ Le bêtisier est impressionnant...Morceaux choisis:

" Concernant Pétain, je réhabilite l'armistice de 1940. Au fond, le maréchal a fait la même chose qu'en 1917, il a gagné du temps pour attendre les Américains. »

« Plus je vieillis, plus je pense que nos ancêtres étaient mieux que nous ! La littérature était supérieure aussi. A part la médecine et la technologie, je ne vois pas où sont les progrès.» , etc...

__________________On ne niera pas les problèmes liées à une immigration (souvent réclamée par la patronat) mal maîtrisée, non négociée, dans l'espace-passoire Schengen, au coeur d'une mondialisation ouverte à tout vent...

Zemmour semble ignorer les causes d'une immigration le plus souvent non choisie.

Mais on ne va pas pour autant guillotiner le journaliste le plus décrié du PAF ...pour son ignorance et ses élans ethnophobiques. Et paf!

Malaise à RTL...

La posture zemmourienne est difficile à défendre. On peut lui conseiller de calmer ses nerfs, de se retirer du PAF et de faire un peu de sport et surtout beaucoup d'histoire, sérieusement, pas revisitée....pour ne pas nous raconter des histoires._____

_____(*) Il faudrait qu'on nous démontre en quoi la diversité culturelle dans un Etat mène à la violence - je ne suis pour ma part pas du tout convaincu de cela. La violence, elle vient en partie de ceux qui n'ont pas accepté la différence, et qui au sein de groupuscules d'extrême-droite vont tout faire pour la rejeter. Faudrait-il donc changer d'identité pour être réputé pacifiste? Moi qui suis né en France de parents syriens, moi qui suis parfaitement intégré à la société française mais qui reste en partie syrien, moi qui ai appris la langue de mes parents que je parle souvent avec ma mère parce que c'est dans mes habitudes, dois-je être considéré comme un danger public à cause de mes origines? Eric Zemmour pense que les délinquant sont en grande majorité noirs et arabes. Je l'entend. Mais est-ce à dire que la majorité des noirs et des arabes sont des délinquants? Si 60% des délinquants sont noirs et arabes, est-ce à dire que 60% des noirs et arabes sont délinquants. De plus, ne faut-il pas chercher quels noirs et quels arabes sont délinquants, chercher leur origine sociale, quel facteur aurait encouragé la délinquance? Mais au lieu de cela, avec Eric Zemmour, on pointe du doigt des hommes et des femmes et on dit: « Voilà les monstres! » Si bien qu'avant même qu'elle ait agi ou qu'elle ait foulé le sol français, on pourra savoir, contre l'Etat de droit, que telle personne est destinée à être coupable.

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