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Point d'histoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Point d'histoire

Un Traité mal géré [Quelques rappels...]

Tout commença à Sarajevo, selon la vulgate officielle, qui signa le début d'un marche somnanbulique vers un inconnu infernal.

L'hitlérisme.devait naître des ruines d'un engrenage tragique, d'un affrontement inouï, sans merci et sans pitié. d'une hécatombe inédite qui fit changer de siècle.

Pour Wilson, ce traité devait être le fondement de la paix

Pour Foch; la guerre n'est pas finie

Le Traité de Versailles, considéré comme bâclé, fut vite l'objet de multiples critiques (*)

Le problème des réparations fut au coeur des débats

L' article 231 du Traité stipulait que Les Gouvernements alliés et associés déclarent et l’Allemagne reconnaît que l’Allemagne et ses alliés sont responsables, pour les avoir causés, de toutes les pertes et de tous les dommages subis par les Gouvernements alliés et associés et leurs nationaux en conséquence de la guerre, qui leur a été imposée par l’agression de l’Allemagne et de ses alliés.

Certains, comme l'économiste Keynes estima « que la campagne pour faire payer l’Allemagne, l’ensemble des frais de la guerre était l’un des actes les plus graves manquant de sagesse politique..» et qualifia le traité de « paix carthaginoise » qui affecterait économiquement toute l’Europe ». Keynes déclara que les sommes des réparations du traité « dépassaient généralement la capacité de l’Allemagne » à payer.

Une dette dont le plan Young ne fera que prolonger l'issue. Avant les entorses de 1953 et 1990.

Les deux crises économiques, l'arrivée de Hitler au pouvoir, suspendirent les engagements.

Si les alliés avaient désarmé l'Allemagne, au motif qu'elle était la seule coupable, il avaient contribué à son réarmement moral et laissé intacte l'industrie tournée vers le réarmement

Les crises qui suivirent et surtout la dernière, avec l'entêtement de Brüning, favorisa l'ascension problématique puis fulgurante d'un système dictatorial

Les capitaux américains permirent un redémarrage de l'économie. Mais

l’Allemagne, en particulier, dont les crédits américains alimentaient l’industrie, fut à son tour durement atteinte dès décembre 1930, présentant des symptômes de crise analogues à ceux des États-Unis » taux de chômage de 17,5 %, recul de 40% de la production manufacturière, effondrement des prix...

L’occupation de la Ruhr, contestée,écourtée et inutile, donna lieu à de multiples incidents.

Le premier ministre français Raymond Poincaré était extrêmement réticent à ordonner l’occupation, et n’avait pris cette mesure qu’après que les Britanniques eurent rejeté ses propositions de sanctions plus modérées contre l’Allemagne. Les socialistes tentent de démontrer les dangers d’une occupation. Clémenceau s’y opposait et le Maréchal Foch parlait d’un “terrible nid de guêpes” où la France avait mis la main. Poincaré était sous pression, car la France avait besoin de l’argent allemand pour rembourser sa dette envers les États-Unis et l’Angleterre. La France et la Belgique tentèrent donc de faire respecter par la force les obligations financières qui étaient imparties aux vaincus par le traité de Versailles avant de commencer leurs propres remboursements.

Rappelons enfin que, selon le traité de Versailles, l’Allemagne devait payer aux alliés 20 milliards de marks-or (MdMo) avant mai 1921 puis 5 milliards d’ici le 31 décembre 1922, soit 25 MdMo. Elle n’en a versé en fait que 7,5 puis 2,9 MdMo, soit 10,4 MdMo, somme sur laquelle la France n’a touché que 2 MdMo environ en raison de la priorité de remboursement belge._______________

(*) __ Jacques Bainville, dans un petit essai prophétique : Les conséquences politiques de la paix (1920). L'historien français démontre avec brio que les clauses politiques du traité de Versailles contiennent les germes d'un autre conflit. Suite au remodelage de l'Europe centrale, «il reste l'Allemagne, seule concentrée, seule homogène, suffisamment organisée encore, et dont le poids, suspendu sur le vide de l'Europe orientale, risque de faire basculer un jour le continent tout entier», écrit-il, rappelons-le, dès 1920. Il résume la paix de Versailles dans une formule cinglante et juste : «Une paix trop douce pour ce qu'elle a de dur et trop dure pour ce qu'elle a de doux».

Son analyse est reprise par l'historien René Grousset dans Bilan de l'Histoire (1946) : «La seconde Guerre de Trente Ans était commencée. La plupart des contemporains ne s'en rendirent pas compte, parce que le Traité de Versailles leur parut achever la ruine de l'impérialisme allemand. Par quelle aberration fallut-il que nos alliés anglo-saxons, consacrant au contraire à Versailles l'oeuvre de Bismarck, maintinssent intacte l'unité allemande ou plutôt qu'ils prissent soin de la renforcer encore, car la suppression des autonomies provinciales ne pouvait avoir d'autre résultat ? Et devant cette Allemagne plus unifiée que ne l'avait jamais été celle du Chancelier de fer, ils servirent, morcelés à souhait, des États danubiens sans lien fédéral, auxquels s'attaquait déjà la propagande de l'Anschluss. La grande voix du maréchal Foch s'éleva vainement contre ces erreurs, génératrices de tant de prochains massacres».

Plus près de nous, Margaret MacMillan, historienne canadienne, nous offre un point de vue plus distancié mais tout aussi passionnant sur les traités de paix avec : Les artisans de la Paix (2006).

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Mea culpa!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Mea culpa!

Mea culpa!

Sacré Tony!

Il continue sa com.

Je regrette...enfin pas tant que ça..

Peut encore mieux faire...

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Ecole: ouverte ou fermée?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Ecole: ouverte ou fermée?

Réformer l'école républicaine

-Si l’école aime à proclamer sa fonction d’instrument démocratique de la mobilité sociale, elle a aussi pour fonction de légitimer – et donc, dans une certaine mesure, de perpétuer – les inégalités de chances devant la culture en transmuant par les critères de jugement qu’elle emploie, les privilèges socialement conditionnés en mérites ou en “ dons ” personnels.(Les héritiers)
_____Les concours privilégient toujours les privilégiés et "alors que 29% des élèves de ces écoles étaient d'origine populaire au début des années 50, ils ne seront plus que 9% quarante ans plus tard" (sénateur Y Bodin-2007-). 1,7% seulement des admis des Ponts et Chaussées est issu de famille modestes, indique l'ancien directeur Pierre Veltz dans "Faut-il sauver les grandes écoles?, pointant un "circuit social presque entièrement étanche...
Le poids de l'origine sociale des élèves est près de deux fois plus fort en France qu'en Islande, en Finlande ou en corée du Sud (L'élitisme républicain) (source Telerama)
______________-"A mesure que l’on s’élève dans les études, la proportion d’élèves des couches sociales les moins favorisées diminue. Alors que les enfants d’ouvriers, d’inactifs et d’employés représentent la majorité des élèves de sixième (56 % pour les deux catégories cumulées), ils ne constituent qu’une faible part (16 %) des élèves de classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). A l’inverse, les enfants, dont les parents sont cadres ou exercent une profession libérale, ne représentent que 16 % des élèves de sixième, tandis qu’ils constituent plus de la moitié (55 %) des élèves de classes préparatoires.Si les inégalités sont présentes dès l’école maternelle, elles s’accentuent au fur et à mesure que le niveau d’études augmente, du fait d’une moins bonne réussite des enfants issus de milieux défavorisés ou, tout simplement, de choix d’orientation influencés par le milieu social. Mais le "handicap" du milieu social n’est pas insurmontable : même s’ils sont peu nombreux, et même s’ils doivent redoubler d’efforts, des enfants d’ouvriers et d’employés sont présents dans les filières de prestige....

"(Observatoire des inégalités)______________________________
-Observatoire des inégalités: grandes écoles pour enfants fortunés
___Les inégalités sociales d'accès aux grandes écoles
-Observatoire des inégalités: causes sociales des inégalités à l'école
-«L'élitisme républicain»...
-Ecole : "La France est le pays où l'origine sociale pèse le plus"
"...Dès la maternelle, des inégalités sociales sont visibles, particulièrement marquées dans le domaine de la logique verbale : à 4-5 ans, l’écart entre enfants de cadres (supérieurs et moyens) et enfants d’ouvriers non qualifiés est de 1,2 écart-type ; mais les écarts sociaux sont également significatifs et compris entre 0,8 et 0,6 écart-type dans les autres dimensions cognitives (aisance graphique, structuration spatiale, organisation temporelle). Même si d’autres facteurs (tels que la nationalité d’origine) sont également importants, c’est la profession du père de l’enfant, en ce qu’elle résume un ensemble de caractéristiques du milieu familial, qui explique le mieux les performances des élèves (à hauteur de 14% du score global). La fréquentation de la maternelle ne réduit pas ces écarts sociaux ; ils s’accroissent au contraire légèrement, ce qui suggère que certains enfants "profitent" plus que d’autres des pédagogies à l’oeuvre à ce niveau d’enseignement.
______Ensuite, au fil de la scolarité, les apprentissages scolaires revêtent un caractère cumulatif : ce qu’on a acquis l’année antérieure constitue le meilleur prédicteur des acquis manifestés en fin d’année. Comme ces acquis antérieurs ne sont pas sans rapport avec les caractéristiques sociales de l’enfant, ces dernières se trouvent en partie "retranscrites" sous forme d’acquis scolaires. A l’échelle d’une année (dans des modèles expliquant les progressions scolaires), l’effet spécifique de l’origine sociale s’avère relativement limité, mais il est systématique, et est incorporé au niveau scolaire, qui sera l’ingrédient principal de la progression au niveau ultérieur. En d’autres termes, les inégalités sociales qui se sont mises en place à un niveau vont avoir un effet pérenne, par l’intermédiaire du niveau scolaire atteint à l’entrée dans l’année suivante.
____Au total, sur l’ensemble de la scolarité primaire, l’avantage initial dont bénéficient les enfants de milieu favorisé dès leur entrée en maternelle n’est pas entamé. Même si les écarts sociaux ne se creusent que discrètement, année après année, à l’école maternelle et à l’école primaire, une logique d’accumulation est bien en place.
_____2. Des inégalités dans les choix scolaires :Les élèves entrent donc en 6ème avec un niveau fort inégal : en mathématiques comme en Français, les 10% d’élèves les plus forts réalisent des performances environ trois fois supérieures aux 10% les plus faibles, sachant que le milieu social est associé à cette disparité des niveaux scolaires, tout en étant loin de l’expliquer entièrement. De plus, pendant les deux premières années, ce sont les élèves initialement les plus forts qui progressent le plus. Dans la mesure où les élèves de milieu populaire abordent le collège avec un niveau plus faible, les inégalités s’en trouvent creusées, sans compter les nouvelles inégalités sociales attachées spécifiquement aux progressions à ce niveau. Dans les années 80, on a estimé que le collège "produisait" en deux ans plus d’inégalités sociales de résultats que toute la scolarité antérieure.
___A ces inégalités de réussite, viennent s’ajouter, à partir du collège, des inégalités tenant spécifiquement aux choix scolaires. Ces choix d’options ou d’établissements ne sont jamais sans rapport avec le milieu familial de l’enfant. S’il s’avère (nous y reviendrons ci-après) que l’on progresse plus dans les "bonnes" classes, ou dans certains collèges, alors ces choix participent à la genèse des inégalités sociales de carrières scolaires. Au-delà des inégalités sociales de progression et de choix d’options, les choix d’orientation concourrent à l’accroissement des inégalités sociales au collège. En effet, dans notre pays, l’orientation est conçue comme une réponse aux demandes familiales. Or celles-ci sont variables selon le niveau économique et culturel : on croit d’autant plus à l’utilité des diplômes et on en désire d’autant plus pour son enfant qu’on est soi même instruit et/ou de milieu social élevé. De plus, les demandes sont marquées par une auto-sélection inégale selon les milieux sociaux : quand l’élève est très bon, ou très faible, les voeux des familles sont uniformément ambitieux, ou au contraire modestes ; mais une forte diversité caractérise les voeux des élèves plus moyens, structurée avant tout par l’origine sociale. Mis en évidence dans les années 80, ces phénomènes s’avèrent très stables : en fin de 3ème, une étude récente du Ministère de l’Education Nationale montre qu’avec moins de 9 de moyenne au contrôle continu du Brevet, 66% des familles de cadres, contre 18% des familles ouvrières, demandent une orientation en second cycle long. A l’inverse, on remarque l’uniformité des demandes chez les bons élèves, quel que soit le milieu social...."
______-Observatoire des inégalités: ségrégation sociale, vecteur d'inégalités scolaires
-«Les grandes écoles ont une responsabilité dans la diversité sociale»
-Les inégalités sociales dans l’enseignement supérieur:
"...Les inégalités sociales observées dans le supérieur s’originent pour une bonne part dans secondaire, et même dans le primaire. Si l’on s’en tient au collège, on voit par exemple que les enfants d’ouvriers, employés et non actifs représentent 84% des élèves en difficultés rassemblés dans les classes dites SEGPA (c’est-à-dire les sections d’enseignement général et professionnel adaptées), alors qu’ils forment la moitié des élèves suivant un enseignement général. Inversement les enfants d’enseignants, comme de cadres supérieurs, sont dix fois moins représentés parmi les élèves en difficultés que leur part dans l’enseignement général. Ainsi dès le collège -mais la remarque serait valable aussi dès le primaire - la grande machine trieuse nommée Education nationale fonctionne à plein régime. Ce qui s’objective par exemple dans les taux d’accès au Baccalauréat des enfants issus des différentes catégories socioprofessionnelles..".
-Quotas grandes ecoles - Google Actualités
___-Ecole, état, le retour de l'ancien régime
- Le gouvernement encourage la privatisation de l’enseignement_____________________
- Ecole publique : danger !
-Ecole ,néolibéralisme et décervelage
-Où va l'école ?
- Libre marché scolaire?
-L'école entreprise ?

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La Sécu, c'est réglé...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

La Sécu, c'est réglé...

Enfin presque...

SI...on s'en donne les moyens.

On peut tenter toutes les réformes que l'on veut, si les recettes font défection dans ce système complexe de solidarité, si la volonté politique est absente, on laissera inexorablement se dégrader cette belle conquête datant de 70 ans., qu'on pouvait à juste titre nous envier.

Une conquête que est en train de glisser dangereusement vers une médecine à trois vitesses et de plus en plus privatisée.

La santé sera-t-elle bientôt un luxe?

Il faudrait regarder de près la réalité des comptes.

Dans certains pays, les dépenses de santé sont supérieures.

Il y a certes des économies à faire, mais pas seulement. Il y a surtout des choix à faire et des dérives à éviter pour résister à la marchandisation et à la néolibéralisation d'un service qui se dégrade en se "modernisant".

Revoir les dépenses pharmaceutiques et la pression des labos n'est pas la seule tâche prioritaire.

Le fameux trou de la sécu est en partie un mythe.

Les recettes ne poseraient plus problème si on voulait se donner les moyens de sévir contre les petits et les gros fraudeurs (*)

L' évasion fiscale n'arrange rien, à très grande où à moyenne échelle

Ce n'est pas rien et c'est maintenant connu, après les enquêtes approfondies de Antoine Peillon. C'est 600 milliards qui manquent dans les caisses de Bercy...

___________________.

(*) Il existe un moyen pour résorber le déficit de la Sécurité sociale, sans rogner sur les remboursements de soins, les retraites ou les indemnités chômage : combattre réellement les fraudes patronales aux cotisations sociales. Celles-ci dépassent les 16 milliards d’euros. Des employeurs des secteurs du BTP, de la restauration ou de la sécurité privée en sont les principaux responsables. Sur le papier, ils encourent de lourdes sanctions. Mais en pratique, elles sont rarement et faiblement appliquées. Et seule une petite part des montants fraudés est recouvrée...

La fraude aux cotisations sociales constitue un manque à gagner important pour notre système de solidarité nationale. Ces fraudes prennent différentes formes : travail dissimulé (au noir), heures supplémentaires non déclarées, travail détaché illégal, déclarations erronées... Selon la Cour des comptes, en 2012, elles représentent entre 16,8 milliards et 20,8 milliards d’euros ! Ce montant correspond à celui du déficit des régimes obligatoires de base et du fonds de solidarité vieillesse, soit 19,1 milliards. En clair, si la fraude était réduite à néant – hypothèse utopique s’il en est – la dette cesserait de se creuser, sans avoir à fournir d’effort supplémentaire..

.A l’échelle nationale, selon le rapport de la Cour des comptes, le taux de recouvrement des redressements pour travail dissimulé représente de 10 à 15 %. Ce qui signifie que pour 400 millions de redressement pour travail dissimulé… seuls 40 à 60 millions sont finalement récupérés. Le reste ? Évaporé dans la nature. Sur 1,6 milliard de fraudes pour travail dissimulé constatée depuis 2008, moins de 240 millions sont effectivement récupérés...

Il manque des moyens pour remédier. Souci économique mal placé ou laisser aller coupable?

...Aucun nouveau moyen n’a été affecté récemment à la lutte contre la fraude : « Nous sommes à effectifs constants. Pour être plus efficaces, nous avons dédié à temps plein environ 200 de nos 1500 inspecteurs à la lutte contre le travail dissimulé », précise Jean-Marie Guerra, directeur de la réglementation, du recouvrement et du service de l’Acoss. En bref, l’équipe doit faire mieux avec autant. « Or, il faudrait 1 500 recrutements d’inspecteurs pour obtenir un rythme de contrôle tous les trois ans, au lieu de tous les 10 à 14 ans actuellement », s’insurge Pierre-Yves Chanu, le vice-président CGT de l’Acoss. Un rythme insuffisant qui a de quoi éloigner la peur du gendarme...

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Danger!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Danger!

La nouvelle heure m'a tuer...

L'année prochaine, Je resterai au lit..

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Deux mots sur les cons

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Deux mots sur les cons

Comment s'en débarrasser?
Vaste programme!...



.Deux mots n'y suffiro
nt pas.
Il y a tant à dire et à faire..
Ils ont leur site.
Non contents de l'être (cons), ils volent en escadrille.
Contrairement à ce que croient certains spécialistes en conologie, les efforts pour les dé-conner.seraient vains.

_____Faut être c** pour passer son temps à en parler, quand on sait que Le temps ne fait rien à l'affaire.... ♪♫♪
Enfin, il exagère peut-être un peu, Georges...
Chacun est (se croit) une exception.

Deux mots sur les cons
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Lancinant problème turc

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Lancinant problème turc

L'unité introuvable

Périodiquement, les Kurdes, ces descendants des Mèdes, font parler d'eux.

Tantôt en Irak, moins en Iran,depuis plus longtemps en Turquie, où ils sont les plus nombreux et souvent les plus contestés par les régimes successifs.

Ils ont connu une histoire compliquée.

Divisés depuis 1635, ce peuple indo-européen, malgré ses fractures internes, connaît régulièrement de fortes aspirations à l'unification et à l'indépendance.

Mais n'a-t-on pas affaire là, dans la phase actuelle de l'histoire moyen-orientale, à un mythe? L'unité est plutôt culturelle.

C'est à partir de le fin de l'empire ottoman que les problèmes surgissent, avec la montée du nationalisme kurde.

C'est à la conférence de paix de Paris (1919) que se décida le sort des Kurdes. En 1920, le traité de Sèvres prévoit la division de l'Empire ottoman et évoque notamment la possible autonomie des provinces kurdes avec à terme la création d'un État kurde indépendant. Cependant en 1923, le traité de Lausanne, signé après le refus du précédent traité par Mustafa Kemal, revient sur cette autonomie

A cheval entre la Syrie, l'Iran et la Turquie, les Kurdes semblent en avoir fait leur deuil, ce qui n'interdit pas certains échanges transfrontaliers (*)

La société kurde aborda la Première Guerre Mondiale divisée, décapitée, sans projet collectif pour son avenir. En 1915,, les accords franco-britanniques dits de Sykes-Picot (*)prévoyaient le démembrement de leur pays. Cependant les Kurdes étaient en conflit sur le devenir de leur nation. Les uns, très perméables à l'idéologie "pan-islamiste" du sultan-calife, voyaient le salut du peuple kurde dans un statut d'autonomie culturelle et administrative dans le cadre de l'Empire ottoman. D'autres, se réclamant du principe des nationalités, des idéaux de la Révolution française et du président Wilson des Etats-Unis, combattaient pour l'indépendance totale du Kurdistan.

Le clivage s'est accentué au lendemain de la défaite ottomane face aux Puissances Alliées, en 1918. Les indépendantistes formèrent une délégation dépéchée à la Conférence de Versailles pour présenter "les revendications de la nation kurde".

Le Kurdistan reste donc de l'ordre de l'imaginaire.

Le monde kurde reste fragmenté et toujours soumis à un éclatement problématique.

Le double jeu de Erdogan, après des négociations fragiles,dans un contexte de méfiance et de peur, a de nouveau conflictualisé l'opposition en Turquie.

Une stratégie qui ne trompe personne. Le 12 octobre 2015 : l'attentat meurtrier à Ankara suite à la rupture de la trêve entre les Turcs et les Kurdes relance le conflit. Conflit qui remonte à la naissance de la Turquie, accouchée au forceps par Moustafa Kémal.

La turcisation forcée d'après guerre, après l'alliance contre le peuple arménien, témoigne d'un double jeu déjà ancien.

Les Kurdes doivent désormais compter aussi avec la duplicité du président turc Erdogan qui fait mine de combattre les djihadistes sur le territoire syrien, mais frappe avant tout les Kurdes, en Turquie comme en Irak et en Syrie

____________________________

(*) ____Jusqu'à sa victoire définitive sur les Grecs en 1922, Mustafa Kemal n'a cessé de promettre la création d'un Etat musulman des Turcs et des Kurdes. Il était ouvertement soutenu par les Soviétiques, et plus discrètement par les Français et les Italiens mécontents des appétits excessifs du colonialisme britannique dans la région. Après la victoire, à la Conférence de paix réunie à Lausanne, les délégués turcs affirmeront parler au nom des nations soeurs kurde et turque. Le 24 juillet 1923, un nouveau traité fut signé dans ce contexte entre le gouvernement kémaliste d'Ankara et les puissances alliées. Il rendait caduc le Traité de Sèvres et sans apporter aucune garantie en ce qui concerne le respect des droits des Kurdes consacrait l'annexion de la majeure partie du Kurdistan au nouvel Etat turc. Auparavant, par l'accord franco -turc du 20 octobre 1921 la France avait annexé à la Syrie placée sous son mandat les provinces kurdes de la Djezireh et de Kurd-Dagh. Le Kurdistan iranien dont une bonne partie était contrôlée par le chef kurde Simko vivait en état de quasi-dissidence par rapport au pouvoir central persan.

Restait encore en suspens le sort de la province kurde de Mossoul très riche en pétrole. Turcs et Britanniques la revendiquaient tandis que sa population au cours d'une consultation organisée par la Société des Nations, s'était prononcée dans une proportion de 7/8 en faveur d'un Etat kurde indépendant. Arguant que l'Etat irakien ne saurait survivre sans les richesses agricoles et pétrolières de cette province, la Grande-Bretagne finit par obtenir le 16 décembre 1925 du Conseil de la S.D.N. l'annexion de ces territoires kurdes à l'Irak placé sous son mandat. Elle promettait néanmoins la mise sur pied d'un gouvernement kurde autonome, promesse jamais tenue ni par les Britanniques, ni par le régime irakien qui a pris la succession de l'administration britannique en 1932.

Ainsi fin 1925, le pays des Kurdes, connu depuis le XIIème siècle sous le nom de "Kurdistan", se trouvait partagé entre 4 Etats: Turquie, Iran, Irak et Syrie. Et pour la première fois de sa longue histoire, il allait être privé même de son autonomie culturelle....

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Taxijungle

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Taxijungle

Uber alles?

Nein!

Il ne passera pas par le cité phocéenne.

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Fast food ou slow food?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Fast food ou slow food?

-S'alimenter avec plaisir et raison ou s'adonner à la malbouffe?

-Manger: une fonction vitale , mais aussi culturelle, marquée de traditions parfois séculaires, variables selon les lieux et les époques, les catégories sociales et les moyens dont elles disposent, l'éducation au goût qu'elles ont reçue.
-Une fonction organique et symbolique, créant du lien social, festive parfois, ponctuant les grands événements de la vie individuelle, familiale,collective
-Des habitudes qui se perdent, des traditions qui s'évanouissent , mais surtout une nourriture qui change rapidement de nature (en contenu et en saveur) , des modes de vie qui accélèrent les rythmes quotidiens et donc le temps réservé aux repas, qui perd parfois même son sens Outre-Atlantique, sous le signe du non-goût et de l'individualisme.Une certaine prise de conscience commence cependant à se manifester.
-Modèle du junk-food , qui gagne la planète,des USA à l'Europe et à d'autres pays (la France n'est pas épargnée), sous la pression des puissants intérêts des professionnels de la bouffe-en-kit et des grands groupes des industriels de la bidoche
("Des lobbys agricoles surpuissants, l'État qui favorise l'économie plutôt que la santé des citoyens. La société américaine souffrirait-elle de distorsions?C'est évident. La meilleure preuve en est que l'éducation sur la nutrition ne relève pas du ministère de la Santé, mais plutôt de l'Agriculture, avant tout responsable de protéger les droits et les intérêts du secteur agroalimentaire. Ça donne un pays qui subventionne les producteurs de sucre et de viande, alors que 60 % des gens font de l'embonpoint. Ça donne aussi des enfants de sept ans atteints de diabète de type 2, qu'on appelait autrefois diabète de l'adulte. C'est extrêmement grave et ça va coûter une fortune à moyen terme."(L.Gendron)

-L'OMS lance un cri d'alarme
-Comment retrouver l'art du bien manger lentement, pour ne pas compromettre sa santé, ne pas être asservi aux intérêts de Macdo and C°?
-Dis-moi ce que tu manges...
-Le plaisir, mais aussi le danger est dans l'assiette

________Vers une Macdonaldisation de la société ?

[Une origine douteuse....!]___________________________________

Point de vue:____________-Les secrets du Big Mac - AgoraVox:

"....Un burger Mc Do ne moisit jamais. Il n’a jamais eu rien de vivant. C’est de la nourriture androïde. Gardez-le dans votre tiroir ou au fond de votre poche pendant des années. Il restera tel quel. Indestructible. Hors-champ. L’air et le Temps n’ont pas d’impact sur cette matière-là. Les bactéries n’en veulent pas. Le dernier des microbes, le plus petit des champignons taille la route en le découvrant. Il n’y a que des humains pour s’avaler pareille ignominie. Que devient ce genre de plat au fond du corps humain ? Où s’accumulent les matières chimiques engrangées au fil des jours ? Allez savoir…

Le plus terrible n’est pas que cette chose existe et soit même mangée. Libre aux androïdes qui colonisent maintenant l’espèce humaine d’avaler ce genre de plats mutants. Le plus terrible est que l’on puisse encore appeler cette chose « pain » car ce n’est pas du pain mais une usurpation de pain. Un simulacre. Un mensonge. Tout comme un épi de maïs génétiquement modifié ne devrait plus pouvoir s’appeler « Maïs », du pain de laboratoire comme celui des Mc Donalds ne devrait plus avoir droit au nom de pain..."____________________________

___________Le monde selon MacDo est très pensé et est une formidable machine mise en place pour gagner de l’argent et ce n’est pas que la formule des des produits vendus qui est à décortiquée...Pour commencer par la formule des "produits" elle a été mise en place, puis améliorée et est testée en permanence. Elle doit correspondre à plusieurs critères économiques et de marketing qui peuvent se résumer ainsi :
D’abord au niveau des produits :
__1) le produit vendu doit avoir le même goût et être strictement identique où qu’il soit vendu dans le monde. Ce concept fort de "marketing" est inspiré paradoxalement du livre de cuisine bolchevique des années 20 qui pour cimenter la révolution précisait comment élaborer et servir un plat pour qu’il soit identique où qu’il soit servi et quel que soit le consommateur...__2) les ingrédients le composant doivent revenir le moins cher possible.__3) des adjuvants sont ajoutés dans le but de faire saliver (d’où les odeurs "travaillées" à l’intérieur du restaurant) et de créer un besoin de "consommer".
Il y a aux USA à l’intérieur du groupe" une "université ou école de la restauration" qui travaille tous les produits en permanence et forme une partie du personnel.__4) tout a été chronométré et à tous les stades.__5) un contrôle qualité MacDo a été mis en place
Puis au niveau du système du franchisé, qui lui peut aussi se résumer en 3 points :_____1) TOUT appartient à MacDo : du fonds de commerce et à petite cuillère en plastique. MacDo avait essuyé les "plâtres" en franchisant en France avec la famille DAYAN dans les années 50, ce qui c’est terminé par un procès et une transaction dans les années 70.__2) Le risque commercial est entièrement sur la tête du franchisé qui assume tout les risques financiers et donc les crédits d’investissements (bien sur MacDO a fait les études de "faisabilité")__3) Le franchisé est rémunéré sur la marge nettePuis au niveau de la logistique.
Elle est faramineuse d’efficacité :__1) au niveau distribution, approvisionnement et contrôle financier avec une informatique de premier ordre.__2) au niveau "humain". Le système américain du "self made man" fait que l’employé du bas de l’échelle peut "grimper" tout les échelons et avoir l’opportunité de devenir "franchisé"
Puis l’évolution du marketing, MacDO l’a parfaitement adapté à ces objectifs :
__1) au début et aux US MacDo est un resto de pauvres, assez sale et très peu cher.__2)l’implantation a été testée en Europe dans le monde anglo-saxon et en Allemagne. Mac Do a implanté son premier resto en France à Strasbourg. Le challenge se faire une place dans la tradition "culinaire de beaucoup de pays". Le concept qui en est sorti :- positionner MacDO dans une image de haut de gamme de "Take away" en profitant de la TVA restauration réduite (pour la France)- cibler la clientèle des enfants : clientèle idéale le père divorcé qui a la garde de ses enfants...
Le résultat économique est là. Des bénéfices faramineux. Le premier MacDo a été ouvert à Strasbourg en 1980.... la France en est maintenant couverte.A l’époque, je ne croyais pas à cette réussite, je l’ai écrit : je pensais que la tradition culinaire française basée sur des produits frais ne pourrait pas être si vite balayée par un marketing orienté sur la nouvelle façon de vivre des bourgeois. Dès 1982/5, ce fut le succès des ouvertures parisiennes, des marges nettes dégagées à faire pâlir ’des gérants se faisant des francs en unité de millions" .__Les banques se sont précipitées pour financer les ouvertures de MacDo..(Bo)___________________________

-La malbouffe - Dossier -Mac do la malbouffe, l’obésité -Comment McDo a conquis la France

-Salon de la malbouffe -La malbouffe de nos ancêtres -Histoire de l'alimentation -Sociologie de la malbouffe________________

-Food, Inc. : dessous de l’agro-business américain

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Civilisation oubliée

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Civilisation oubliée

La huitième merveille du monde : les grandes pyramides du Mississippi

De nouvelles fouilles révèlent peu à peu les secrets de Cahokia, une immense ville construite au XIIe siècle par les Amérindiens.
_______-On connaissait la splendeur le la civilisation aztèque, celle des Mayas, l'impressionnant empire des Incas, un peu moins les grandes civilisations agricoles d'Amazonie
Mais peu ou pas le site de Cahokia, découvert récemment
Un site parmi d'autres, traces d'organisations humaines complexes et développées en Amérique du Nord, rapidement détruites par la col
onisation

«Les Etats-Unis sont parvenus à exterminer la race indienne sans violer un seul principe de morale aux yeux du monde.», Alexis de Tocqueville, 1850.
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"...Depuis l’arrivée des premiers Européens en Amérique du Nord, qui eurent la surprise de s’apercevoir que d’autres peu­ples y vivaient déjà, la question du passé des autochtones s’est posée, question à la fois complexe et épineuse sur le plan politique. Des années durant, la vie des Indiens d’Amérique a été considérée à travers les prismes mêlés du racisme et du romantisme, ce qui permettait d’idéaliser les sociétés indiennes d’avant la colonisation tout en justifiant leur destruction. On pouvait imaginer cette réalité précolombienne comme une ère de ténèbres sauvage et brutale ou comme un éden respectueux de l’écologie, où l’homme vivait en parfaite harmonie avec la nature. Mais ce monde semblait exister en dehors de l’Histoire, comme si les peuples de ce continent avaient été immunisés, pour une raison quelconque, contre la cupidité, la cruauté, la guerre et autres traits presque universels de la société humaine.

Comme l’explique clairement le fascinant nouveau livre de l’archéologue Timothy Pauketat_____: Cahokia: Ancient America's Great City on the Mississippi (Cahokia, une grande ville de l’Amérique antique sur le Mississippi), Cahokia, la plus grande ville amérindienne au nord de Mexico, appartient bel et bien à l’histoire humaine. (Elle n’est cependant pas “historique” au sens étroit du terme, car les Cahokiens n’ont laissé aucune trace écrite.) A son apogée, au XIIe siècle, ce centre urbain implanté dans les plaines alluviales du Mississippi, dans l’ouest de l’Illinois, à quelques kilomètres à l’est de la moderne Saint Louis, était probablement plus grand que le Londres de l’époque. Son influence économique, culturelle et religieuse s’étendait sur une grande partie du centre des Etats-Unis. Il était doté d’une place centrale de 25 hectares et abritait la troisième plus grande pyramide du Nouveau Monde (ou “colline des Moines”, de plus de 30 mètres de haut). Cahokia comptait au moins 20 000 habitants. Cela peut paraître insignifiant du point de vue du XXIe siècle, mais il faudra attendre près de six cents ans pour qu’une autre ville, Philadelphie, at­teigne la même taille sur le territoire des Etats-Unis.
Il ne reste qu’environ 80 des quel­que 120 tumulus et/ou temples du site. Quant aux cités vassales sises là où se trouvent aujourd’hui Saint Louis et East Saint Louis, et qui comportaient toutes deux de grandes pyramides ­centrales, elles ont été complètement rasées par les colons aux XIXe et XXe siècles. Cahokia a fait l’objet de fouilles rapides et brouil­lonnes, avant que ne se ruent les bulldozers des promoteurs impatients d’y dresser des motels ou d’y tracer des autoroutes. Dans les années 1940, un lotissement de banlieue fut construit au beau milieu du site, qui couvre près de 8 900 hectares. Dans les années 1960 encore, un propriétaire se creusa une piscine sur la place cérémonielle de la cité antique. (Le lotissement et la piscine ont depuis été détruits.)
Et même, voilà à peine une génération de cela, beaucoup d’archéologues et d’anthropologues auraient trouvé l’expression “ville indigène” (Native American city) curieuse et contradictoire. La vision universitaire du passé n’était finalement pas si éloignée que cela de l’idée que s’en faisait la culture populaire : les Indiens d’Amé­rique vivaient sans surexploiter la terre, organisés en sociétés de chasseurs-cueilleurs que complétait une agriculture de subsistance. Peut-être avaient-ils des “centres cérémoniels”, ainsi que des villages saisonniers et des camps de pêche et de chasse, mais ils n’habitaient pas sur des sites permanents, et encore moins de grandes dimensions. Aux yeux de Pauketat, ce canon universitaire est la version aseptisée, politiquement correcte, des préjugés durables à l’encontre des capacités des Amérindiens. Car si Cahokia est de loin le plus grand de ces sites, ce n’est certainement pas le premier. Dans le Grand Sud, on trouve plusieurs complexes à tertres antérieurs à l’ère chrétienne. En Louisiane, l’un d’entre eux a été daté de 3400 av. J.-C., longtemps avant l’érection des pyramides égyptiennes ou mayas.
Bien que les premiers explorateurs, comme Hernando de Soto, aient personnellement rencontré des tribus urbanisées au XVIe siècle, la plupart des sites avaient été abandonnés quand les colons arrivèrent (sans doute parce que leurs microbes avaient précédé les Européens eux-mêmes). Par ailleurs, Cahokia a été bâtie il y a plus de neuf siècles avec les matériaux disponibles dans la vallée du Mississippi : la terre, le bois, le chaume. Puis elle a été abandonnée aux éléments, à la décomposition et à l’érosion pendant quatre siècles ans avant que les Américains ne commencent à prendre conscience de son existence. Une fois qu’elles furent retrouvées, il fut impossible d’ignorer les monumentales cités de pierre des Aztèques ou des Mayas, alors que Cahokia, pour des yeux modernes, n’était qu’un assortiment certes étrange, mais somme toute peu impressionnant, de hauteurs, de coteaux et de crêtes envahis par la végétation.
Pour être honnête, il faut signaler que le juriste Henry Brackenridge, qui passa à Cahokia en 1811, la décrivit comme un “monument d’une stupéfiante antiquité”, autrefois le site d’“une ville fort peuplée”. Il avait compris qu’elle était sans aucun doute d’origine indienne. (Cahokia est un nom qui vient de la tribu des Illinis, qui occupaient la région à l’époque historique. Personne ne sait comment les Cahokiens eux-mêmes appelaient leur ville.) Les réflexions de Brackenridge tombèrent dans un oubli si complet qu’un siècle plus tard bien des universitaires, qui avaient tiré un trait sur toute une série de délires parlant de bâtisseurs grecs ou hébreux de l’Antiquité, affirmaient désormais que Cahokia n’était qu’un assemblage d’anomalies géologiques et n’avait donc jamais été édifiée par l’homme.
Cette théorie vola en éclats en 1921, quand l’archéologue Warren King Moorehead creusa une tranchée sur le site dit de Rattlesnake Mound, où il mit au jour d’énormes entassements d’ossements humains.
A la suite d’une succession de dé­couvertes sinistres, réalisées à partir de la fin des années 1950, plus aucun doute n’est possible : à l’apogée de Cahokia – qui commença par un “big bang” inexpliqué quand, vers 1050, un village plus modeste fut soudain rasé pour être remplacé par une ville beaucoup grande qui se développa encore pendant cent cinquante ans –, la caste dirigeante pratiquait les “meurtres rituels et les enterrements cérémoniels”. En 1967-1970, quand Melvin Fowler, Al Meyer et Jerome Rose entreprirent de fouiller le tertre 72, site d’un ancien édifice au sommet d’une crête tout ce qu’il y avait de plus banal, une surprise spectaculaire les attendait, comme l’archéologie en offre rarement.
Le tertre abritait la sépulture de deux hommes de haut rang, presque identiques. L’un d’entre eux était enveloppé dans une cape ou un manteau orné de perles en forme d’oiseau-tonnerre, antique symbole mystique des Amérindiens. Entourant cette “sépulture à perles”, les archéologues mirent peu à peu au jour d’autres cadavres, mélange, semblait-il, d’enterrements honorifiques et de sacrifices humains, le tout manifestement lié aux deux personnalités enfouies là. En tout, le tertre 72 contenait les restes de plus de 250 personnes. Pour Pauketat, ce tertre 72 et d’autres fouilles effectuées à Cahokia mènent à une conclusion incontournable : ils sont la preuve d’une société indienne urbaine “caractérisée par ­l’inégalité, les luttes de pouvoir et la complexité des relations sociales”. Ces gens n’étaient ni des sauvages à demi animaux, ni de paisibles villageois dans un éden écologique : ils avaient vécu et étaient morts dans une société violente, élaborée, qui disposait de sa propre vision bien définie de l’univers. Mais c’est en se livrant à une nouvelle analyse de fouilles obscures menées dans les années 1960 par Charles Bareis que Pauketat réalise un coup de maître.
A l’époque, Bareis avait re­trouvé un formidable gisement de déchets cahokiens vieux de 900 ans, enterré si profondément que son contenu dégageait encore une puanteur abominable. Etudiant les strates de matières putrescentes, Pauketat conclut que les terrifiants “rituels mortuaires” de Cahokia avaient peut-être un côté positif. Selon lui, il s’agissait sans doute de cérémonies publiques destinées à honorer la famille régnante ou à introniser un nouveau souverain. Le gisement de déchets contient les restes de gigantesques festivités, dont près de 3 900 cervidés, 7 900 poteries et d’énormes quantités de citrouilles, de maïs, de bouillie, de noix et de baies. Il y avait là assez de nourriture pour alimenter toute la population et assez de ce vigoureux tabac local – un million de graines calcinées à la fois – pour que toute la ville en ait le tournis grâce à sa nicotine quasi hallucinogène. On ne peut évidemment pas savoir avec certitude si ces fiestas qui devaient durer plusieurs jours dans toute la ville avaient lieu en même temps que les sacrifices humains, mais c’est tout à fait plausible, et ils faisaient en tout cas assurément partie du même système social. (Dans le gisement de déchets, Pauketat a également retrouvé des traces de ce qu’il décrit comme “une pompe et un apparat spectaculaires”.) Pour la cité, ces rituels permettaient de consolider le sentiment d’appartenance à une communauté, un sentiment où religion et Etat fusionnaient, et les Cahokiens “toléraient les excès de leurs dirigeants” – comme nous le faisons presque tous – tant que durait la fête." (Courrier International)
-Site historique d'Etat des Cahokia Mounds - UNESCO
-Terra preta
-Ouvrages sur l'Amérique précolombienne classés par thème

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