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Le système poutine

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Le système poutine

Le mystère Poutine?

L'actualité géopolitique projette au premier plan celui qu'une certaine presse occidentale présente souvent sous les traits d'une nouveau despote au pouvoir hypertrophié,menaçant parfois les intérêts de ceux qui furent les alliés, qui entretiennent encore des relations étroites ou distendues avec l'Otan.

Qui peut répondre simplement, sans tomber dans le moralisme facile, la caricature grossière, le journalisme de pacotille, l'approche au ras de l'écume des jours reflétés presque quotidiennement jusque dans la presse people, avide de sensationnalisme?

Nos regards d'observateurs épisodiques et mal informés, distants et hors contexte historique et géopolitique ne perçoivent que des éléments fragmentaires, conditionnés pas le brouillard manichéen alimenté par l'affaire ukrainienne, moins claire que ce qu'on nous en dit.

La complexité du système Poutine , comme la situation réelle en Russie, pas seulement à Moscou, nous échappe dans une large mesure.

Tantôt, le leader post-eltsinien apparaît comme un despote plus ou moins éclairé et cynique, tantôt comme l'utile redresseur d'une Russie exsangue et humiliée après la gestation post-gorbatechvienne, traumatisante pour beaucoup de Russes moyens et modestes.

Les tensions avec Washington se sont accentuées, surtout depuis Clinton, malgré les réactions d' un petit nombre de diplomates et d'intellctuels américains, comme Mac Govern qui s'efforcent de donner une image moins caricaturale d'un Président souvent diabolisé dans leur pays,. et qui s'interrogent: comment reconstruire la confiance entre Obam (et ses successeurs) et Poutine?

Là-bas aussi, l'antipoutinisme primaire se donne souvent libre cours et pollue l'analyse.

__________ On peut trouver ici une approche, qui, sans être suffisante, donne une idée assez pertinente sur ce que certains considèrent comme l'énigme du Poutinisme.

L'auteur analyse la nature du pouvoir, les formes d'opposition, leur nature et leurs limites et s'interroge sur les racines de l'adhésion actuelle d'une grande majorité russe:

"... Le soutien que la majorité des Russes accordent à Poutine est largement lié à une peur panique du chaos et de la déstabilisation, symbolisés par les années 90, celles du premier président de la Russie post-soviétique, Boris Eltsine. Celles-ci sont perçues par la majorité de la population comme des années noires où la priorité était de survivre, alors que le pays se désintégrait, les usines fermaient, les salaires n’étaient pas payés, l’inflation allait en galopant. Or dans ces mêmes années 90, les médias, les hommes politiques et les intellectuels prêchaient la victoire de la démocratie et des droits de l’homme. Comment ne pas voir là l’une des sources importantes de la délégitimation de ces valeurs, de la remise en cause d’une démocratie injuste et méprisante envers le « peuple » ?

Dans les années 90, les parents et les grands-parents trimaient pour nourrir leurs enfants, tout en voyant, à la télévision ou autour d’eux, des individus sans scrupules faire fortune grâce à de petites ou grandes escroqueries. Et, alors que la majorité des gens paupérisés se contentaient d’essayer de faire leur travail et de vivre, ils étaient souvent brocardés dans les médias comme étant les « perdants » des réformes, les « inadaptés », voire les « nostalgiques d’un communisme révolu ». Ce mépris pour les « masses », le « peuple » ou les « petites gens », je l’ai moi-même ressenti lors de mes premières recherches en Russie, en 1994-1999. Des « petites gens » laborieux, consciencieux, citoyens soviétiques ni trop critiques ni trop zélés, qui ont perdu en un instant patrie, repères idéologiques, valeurs sûres, revenus et épargne. Comment ces gens ne se retrouveraient-ils pas dans le discours populiste initié par Poutine qui leur confère importance et respect et qui prend acte de leur demande d’un Etat plus social, au lieu de dénigrer leur prétendu paternalisme d’assistés ? Pourquoi n’adhèreraient-ils pas au discours patriotique qui leur fournit enfin une raison d’être fiers de leur pays, défendu par leurs aïeux, mais qu’ils ont laissé se disloquer ?

On ne prend pas toujours suffisamment en compte la dimension traumatique de la dissolution brutale de l’Union soviétique, lorsque des familles se sont retrouvées soudainement éparpillées dans des pays différents, alors que l’un des ressorts les plus populaires de l’idéologie officielle était la puissance militaire, technologique, spatiale, culturelle et sportive de cet immense et imposant pays des Soviets, qui s’est retrouvé humilié par les « diktats » des organisations internationales ou l’« aide » occidentale. On ne prend pas non plus toujours la mesure de ce que peut signifier au regard des Russes ordinaires l’expérimentation au quotidienne d’une « démocratie » rimant avec pauvreté et oligarchie, ou de droits de l’homme avec le non-paiement des salaires et des retraites. Et qu’en est-il même de cette liberté de parole considérée dans les cercles intellectuels russes et occidentaux comme ayant connu son âge d’or dans les années 90, alors que les voix des ouvriers et autres catégories paupérisées n’étaient presque jamais présentes dans les débats publics ou sinon sous forme de dénigrement ou de mépris ?

Ces interrogations, je ne les ai pas retrouvées telles quelles dans les entretiens que j’ai pu effectuer au cours des années 2000, mais elles peuvent se lire en filigrane dans la plupart de mes enquêtes auprès des groupes n’appartenant pas aux élites politiques, économiques, intellectuelles ou culturelles. Aussi le soutien massif apporté à Poutine ne me paraît ni incongru, ni irrationnel, ni signe d’une tendance « russe » à l’autoritarisme. Il me paraît au contraire découler logiquement du désarroi social et de l’ostracisme politique dont ont été victimes la majorité des Russes dans les années 90. Que cela soit ou non lié à sa seule personne importe peu. Vladimir Poutine est associé au retour de la croissance économique, du paiement des salaires et des retraites. Grâce à lui, la Crimée est rattachée à la Fédération de Russie, la fierté de plusieurs générations blessée par la dislocation de l’Union soviétique est restaurée. Grâce à lui, les « citoyens de base » ou le « peuple qui travaille » et « aime la Russie » (dixit Poutine lors de son intervention au meeting du 23 févier 2012 à Poklony Gory, à Moscou, contre le mouvement « Pour des élections honnêtes ») retrouvent un semblant d’existence sociale et politique. Ce discours retire l’herbe sous les pieds des nationalistes, qui ont du mal à surenchérir. La gauche de la gauche (le Parti communiste de la Fédération de Russie n’a plus guère de communiste que le nom), déjà très marginalisée au sein d’une « opposition » largement libérale et anticommuniste, se voit également concurrencée par le Kremlin sur le terrain des valeurs égalitaires et sociales.

Au total, la popularité de Poutine repose sur ce désenchantement de la démocratie allié à un profond désarroi social. De telles conditions, comme l’indique Pierre Rosanvallon, donnent naissance à une demande de populisme qui est l’assise du « poutinisme »...

_______________ Comme le décrit avec tant de talent et d'émotion le prix Nobel de littérature S. Alexievitch, la douleur secrète et le désenchantement encore très présents dans le coeur de l'homo sovieticus, de l'homme rouge, ainsi qu'un redressement économique incontestable seraient le ressort essentiel de l'adhésion actuelle au maître du Kremlin.

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Citytropismes

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Citytropismes

Londres: une cité si attrayante...

On blanchit beaucoup au bord de la Tamise...

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Hommage à Django

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Hommage à Django
(C'était hier)

Django Reinhardt: de la roulotte à la Philarmonic
- Django Reinhardt aurait eu 100 ans
Avec Chopin....au paradis des musiciens
"Django est un musicien extraordinaire, un improvisateur de génie, un virtuose incomparable." (Jean Cocteau)
____________________Sa musique, qui plaît à tous, est comme un rayon de soleil tombant sur la grisaille des jours
-30ème FESTIVAL DJANGO REINHARDT-
____- Django Reinhardt, un siècle de jazz manouche:les manifestations

-"La France raffole des célébrations. Les commémorations et les anniversaires ponctuent le calendrier culturel avec une belle régularité. L'année 2010 marque ainsi le 100e anniversaire de la naissance de Django Reinhardt. Le génial musicien n'a pas attendu cette date pour entrer au Panthéon. De son vivant, déjà, celui-ci était célébré pour son audace et sa créativité. Les Américains, inventeurs du jazz, n'ont jamais manqué de saluer l'apport décisif du guitariste à l'idiome lui-même presque centenaire.
Pourtant, la France semble avoir réduit depuis longtemps Django à quelques images d'Épinal : celles du Quintette du Hot Club de France, avec Grappelli, la virtuosité, la culture gitane… Plus grave, elle a fini par réduire le musicien à sa seule dimension de guitariste manouche. ____Comme Jimi Hendrix, Django ne serait certainement pas aussi présent dans nos mémoires s'il n'avait été «que» ce guitariste étincelant. Sans doute ne l'écouterions-nous plus aujourd'hui si son seul talent avait résidé dans cette dextérité rendue encore plus admirable par l'accident de roulotte qui lui laissa deux doigts handicapés à la main gauche…
___Ce qui a fait toute la modernité de l'artiste, c'est son art de la composition et sa curiosité jamais prise en défaut pour l'évolution du jazz. Des big bands au be-bop, Django a suivi avec intérêt les développements de la musique, loin de se cantonner au strict cadre du jazz manouche auquel on ne cesse de le réduire. Ses dizaines d'exégètes ont fait fructifier la part la plus visible de son héritage, ce jeu de guitare éblouissant, sans jamais rendre suffisamment hommage à son génie de compositeur. Ces dernières années, la guitare manouche a fait un retour en force, en particulier dans la chanson."(O.Nuc)

____-Django Reinhardt, concerto pour une main gauche | Mediapart:
"Reinhardt a disparu le 16 mai 1953, emporté par une congestion cérébrale alors qu'il était attablé à la terrasse d'un bistrot de Samois (Seine-et-Marne) où il attendait son café au lait (ou un anis). Revenait-il d'une partie de pêche ou de Bois-le-Roi par la forêt? Il avait l'air fatigué, dit-on. Le temps était à l'orage. Des éclairs pour accompagner la fin d'un génie. Congestion cérébrale. Le plus grand guitariste de l'histoire du jazz venait de mourir.
Place à la légende et à la littérature. Marc-Edouard Nabe, écrivain, dessinateur, guitariste, fils de saxophoniste, dit: «Django Reinhardt est un nuage. Il est passé au-dessus du monde. Bien ouaté, tout en vapeur d'amour, il flotte dans le ciel inquiet, pour toujours.»"_____...le 23 janvier, il s'agit de fêter les 100 ans que Django Reinhardt n'aura jamais. On jouera de la guitare à Samois, où il est mort, à Paris, où il est devenu si grand, à Liberchies (Hainaut, Belgique), où il est né. Comme il est venu au monde dans une caravane, lui le manouche, on n'a pas trouvé de mur pour sceller la stèle rappelant l'événement alors on l'a fixée sur un pieu fiché dans la prairie wallonne. Un panneau indicateur pour mémoire et un gros bloc de granit pour monument: «A Django. 1910-53. Liberchies». Un peu court? Après tout peu importe, les Reinhardt n'étaient que de passage, toujours ailleurs. Les Ardennes. Porte de Choisy (Paris, XIIIe). L'Italie. L'Algérie. Porte d'Italie (Paris, XIIIe). Etc., etc., etc.
Il aura manqué 57 ans à Django Reinhardt pour devenir centenaire. Il lui en aura fallu beaucoup moins pour devenir immortel. Mais d'abord, roder le métier. Quelques années passées à taquiner un banjo de fortune sur les flancs de la Montagne Sainte-Geneviève (Paris, Ve) ou dans les abords de La Villette (Paris, XIXe) pour le plus grand profit des accordéonistes bougnats — café, bois, charbon et valse musette. Derrière eux, il assure la pompe. Chez les guitaristes, on dit «ramoner». Pas sûr qu'on l'entende. Pas sûr qu'on le voit. Pas sûr que tout ça lui plaise. De fait, ça ne lui plaît pas. Il aime les beaux costumes, les Borsalino, les applaudissements et la lumière. Il veut jouer mais seul devant les autres.______Ça lui prendra plus de temps que prévu. La faute à une bougie renversée sur un énorme bouquet de roses rouges de celluloïd posé là dans sa caravane. Incendie. Deux ans sans toucher la gratte. La main gauche qui ne guérit pas et qu'un docteur de l'hôpital Saint-Louis (Paris, Xe) doit brûler au nitrate d'argent pour éviter la gangrène. Cicatrice hideuse. Trois doigts paralysés. La fin d'une carrière? Le début d'un mythe! Django Reinhardt rempoigne l'instrument. Travail, travail, travail. Le jazz s'en mêle et puis le destin. A Toulon (Var), où il échoue, des imprésarios flairant le phénomène lui proposent de devenir une vedette. Il a 21 ans. Nous sommes en 1931. Maurice Ravel vient de composer le Concerto pour la main gauche.

[La main gauche de Django Reinhardt.© photo DR]

La vie de Django Reinhardt, ce n'est pas solitude, doubles croches, whisky et petites pépées, c'est aussi l'histoire de très jolies rencontres. Une guitare d'abord, la guitare Selmer. Etrange instrument mis au point dans les années 1930 par un musicien classique presque aussi caractériel qu'il est italien (Mario Maccaferri) pour un luthier français (la maison Selmer, donc) qui ne s'intéressait vraiment qu'aux saxophones. Moins de mille exemplaires. Deux versions — grande bouche avec résonateur intérieur ou petite bouche en forme d'œuf. Cordes métalliques. Ventre plat. Manche étroit. Douze puis quatorze cases hors caisse. Une curiosité devenue pièce de collection. Est-ce une bonne guitare au moins? Va savoir... Mais comme Django Reinhardt ne pouvait pas s'en passer..." (M.Dalloni)

Hommage à Django
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Eurobéatitude

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Eurobéatitude

Recul ou résurrection?

Les discours lénifiants sur le projet d'union, que présentaient les accords souvent opaques de Massatricht-Lisbonne, se font de plus en plus rares. La foi, quasi-religieuse, s'est éteinte, même si pour certains, les démentis ne l'entament pas.

Et pour cause. Le bateau tangue par ces gros temps qui mettent à nu les défauts de solidarité et de projet, de remise en question , de rénovation.

Toujours plus d'Europe!: l'incantation tombe dans le vide.

Nous sommes devant une croisée des chemins décisive

Car il va falloir changer de logique pour que les idéaux proclamés prennent un sens un jour, comme le souligne l'économiste Lordon:

... Il fallait (donc) d’abord déborder les souverainetés nationales, ces lieux ignobles de l’arraisonnement politique des excès privés du capital. Sous couleur de la Terre plate et du monde enfin un, l’abattement des frontières s’en est chargé. Et en effet : quand le financement des déficits est entièrement abandonné aux investisseurs internationaux, quand ceux-ci ont entièrement barre sur les orientations fondamentales des politiques économiques (et commandent la rigueur sans fin), quand les gouvernements se targuent de réformer les retraites au nom du triple-A à maintenir, quand les entreprises peuvent utiliser l’argument aussi ignoble que bien fondé des actionnaires à satisfaire pour justifier les plans sociaux, quand la « liberté d’établissement » promue par le Traité européen autorise tous les chantages à la délocalisation sans que les gouvernements locaux ne puissent mot dire, quand les riches pratiquent l’évasion fiscale à grande échelle sans qu’on puisse les rattraper, en effet la souveraineté n’est plus qu’un souvenir puisque les peuples ne maîtrisent rigoureusement plus rien des éléments fondamentaux de leur destinée....

Retrouver une plus grande marge de souveraineté, dans la concertation et des accords sur des bases qui ne soient plus néolibérales, conformes aux voeux des sociétés transnationales..

En revenant sur certaines paroles qui valent Delors...qui semble (ou qui feint de) ne plus reconnaître son bébé:

"Je refuse une Europe qui ne serait qu'un marché, une zone de libre-échange sans âme, sans conscience, sans volonté politique, sans dimension sociale. Si c'est vers ça qu'on va, je lance un cri d'alarme... Le modèle économique européen doit se fonder sur trois principes : la concurrence qui stimule, la coopération qui renforce et la solidarité qui unit.".

Le père fondateur prend ses distances avec la politique du bord du gouffre, mais sans rien proposer de concret..

Le ver était dans le fruit dès le début, adossé à un euro rigidement fixé, instrument de la domination allemande, qui se refuse à l'union jusqu'au bout de sa logique.

La foi a remplacé la lucidité et la raison, face à cette malfaçon.

Dans une Europe en mode libéral, concurrentiel et financiarisé, la sacro-sainte convergence ne peut s'opérer, bien au contraire. L'harmonisation n'est plus qu'une incantation, ou ne se réduit qu'à des normes juridiques et réglementaires.

Dire que la zone euro marche sur la tête n'est pas dénué de sens.

La politique de l'autruche continue, surtout après la tempête de la dette grecque, révélatrice de failles profondes.

En pilotage automatique, on peut prévoir une évolution qui peut, à certaines conditions, être un échec salvateur...

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Rasoir!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Rasoir!

Il est des débats à l'auguste Assemblée qui suscitent les passions...

Comme sur la fragilité des tuyaux de pipe ou la flexibilité des queues de vache...

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Voyageurisme

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Voyageurisme

Voyager, voir...

______________Le monde n'est pas un spectacle

Voir quoi, comment, dans quelles conditions ?
A partir de quand le regard , le désir de voir (et de photographier) devient discutable, équivoque,malsain,marqué parfois par une jouissance perverse inavouée ?
__Pour une autre forme de tourisme?

-"L'industrie touristique emprunte les autoroutes, sans considération éthique, préoccupée par la maximalisation des profits. La concentration des opérateurs en quelques multinationales dans un processus de mondialisation néolibérale leur permet d'imposer des prix planchers aux travailleurs du secteur et un marketing agressif dissimulé sous un vocabulaire idyllique. Le tourisme autrement prend, quant à lui, des chemins de traverse, joue avec le temps, contemple la nature, rencontre les autres hommes, les autres femmes et respecte leurs systèmes symboliques. Le tourisme autrement porte en lui les germes d'une modification du comportement touristique. Tout en offrant un produit de haute qualité, il pense globalement le développement en agissant localement et se révèle un puissant facteur de cohésion sociale. Il apporte une réponse positive à l'urbanisation croissante en offrant des perspectives de vie qui maintiennent la population rurale sur sa terre. Il responsabilise autant le consommateur que tous les participants de la chaîne du tourisme et favorise l'estime de soi des populations. Enfin, par sa prise en considération de la fragilité de certaines zones et des problèmes environnementaux, il participe à la sauvegarde de la Planète."_________________

-Tourisme de la pauvreté : solidarité ou voyeurisme:

"Rio, son carnaval, ses plages, son soleil et... ses pauvres. Pendant que certains touristes se prélassent sur le sable chaud, d'autres ont choisi une façon bien différente de profiter de leur séjour : ils visitent des favelas, autrement dit les bidonvilles brésiliens.Depuis une dizaine d'années, le tourisme de la pauvreté, rebaptisé «poorism», est en plein essor. «Chaque année, le nombre de nos clients augmente de 15%» assure Marcelo Armstrong, fondateur de l'agence Favela Tour, qui organise des après-midis dans les bidonvilles. «Ce sont majoritairement des Anglais, des Américains et des Scandinaves. Beaucoup de Français aussi. Et malgré la crise, cette année sera positive pour nous».
Ce type d'entreprise fleurit aux quatre coins du monde. En Afrique du Sud, elles proposent de se promener à Soweto, une des régions les plus démunies du pays. En Inde, on peut passer quelques heures avec les enfants des rues de New-Delhi."La guide était tendue"«Le tourisme, depuis toujours, n'est pas seulement une histoire de géographie, mais de distance sociale» explique Rachid Amirou, sociologue du tourisme, auteur de «l'Imaginaire du tourisme culturel» (1). «On a souvent été voir des populations qu'on définissait comme 'authentiques', ce qui veut généralement dire 'pauvres'. Cela permet, inconsciemment, de vérifier sa situation de domination économique. La nouveauté aujourd'hui, c'est que c'est mis en marché.»Se faire de l'argent sur le dos de la pauvreté, c'est bien ce qui dérange. «Indécent», «voyeuriste», sont quelques uns des qualificatifs employés par les détracteurs du «poorism». Sur les forums internet, le débat fait rage. On parle de «curiosité malsaine», on reproche aux touristes de se comporter comme au zoo, de rechercher le frisson du danger, de pouvoir dire, en rentrant au pays, «je l'ai fait !». Le tout sans réelle considération des personnes rencontrées, pauvres et qui le resteront, malgré les miettes redistribuées par les agences....
Le sociologue Rachid Amirou, quant à lui, se montre plus réservé. «L'agence est une caution morale : 'vous n'avez pas à vous poser de questions éthiques, on s'en occupe !' C'est une façon habile de déculpabiliser et de déresponsabiliser les gens.» Et ça marche. «Les touristes partent avec le sentiment vague qu'ils font une bonne action. Mais quand on décortique, il n'y a rien derrière. Or, si ce tourisme n'est pas accompagné d'une réflexion, c'est du voyeurisme.»...

______________-Le tourisme est un sport de combat:

"...En l'espace d'une dizaine d'années, les agences de voyages proposant ces formes de tourisme ont tout bonnement trouvé un fantastique filon. L'occidental a désormais adopté en matière de voyage les mêmes codes qui régissent sa consommation matérielle. La logique de frime consistant à être parmi les premiers à posséder une console dernier cri (ou un iPhone, ou Harry Potter...) que tout le monde finira par avoir — dans un monde de plus en plus standardisé — s'applique également à la visite des lieux les plus surprenants de la planète. En ce sens, l'explosion du tourisme choc traduit parfaitement la tendance. D'autant que les prix pas nécessairement prohibitifs — entre 200 et 400 euros pour une journée à Tchernobyl, souvent moins de cent euros pour la visite d'une favela ou d'un bidonville — encouragent fortement le voy(age)eurisme.____Dans le même état d'esprit, certaines agences russes proposent ainsi à ses clients de vivre une forme de dépassement de soi en passant deux journées harassantes physiquement et psychologiquement dans un camp militaire à suivre les méthodes d'entraînement des services spéciaux (soit se faire gueuler et tirer dessus pour une centaine de dollars). Les territoires en guerre jouissent aussi d'une grosse côte dans le catalogue. Au cours du World Travel Market qui se tenait mi-novembre à Londres, les professionnels du tourisme ont ainsi pu constater que des pays réputés dangereux et en guerre comme le Pakistan, l'Afghanistan ou l'Irak attirent de plus en plus de touristes en recherche de «dépaysement».

_______-Le tourisme macabre à La Nouvelle-Orléans après Katrina

-Rencontres chez les Papous:

"...depuis 1998, les voyageurs se font plus rares, mais le tourisme international continue de représenter une aubaine pour les autorités et les militaires indonésiens pour mieux contrôler les Papous, et dissuader une bonne partie d'entre eux d'aller rejoindre les rangs de la guérilla… Une situation qui est à l'origine chez de nombreux Papous d'une hésitation entre ouverture et fermeture aux étrangers, entre les possibles recettes liées au tourisme et les inquiétudes quant aux menaces qui pèsent sur l'avenir de leur identité culturelle… et politique .."

-Tourisme en Sowetoland:
"...Lieu mythique de la résistance noire contre l'oppression de l'apartheid, South West Township fascine
l'imaginaire blanc et étranger. Les autorités du pays l'ont vite compris, et l'immense cité dortoir de plus de
trois millions d'habitants devient au fil des années une destination incontournable pour les tour opérateurs et
autre guides touristiques. Chaque jour, ce sont mille visiteurs qui traversent, le plus souvent dans des
minibus ou des autocars de compagnies touristiques, cette banlieue de Johannesburg étendue sur 140
kilomètres carrés....
Sans réticence, Irena confie que l'intérêt historique n'est pas le seul aspect prétexte à une visite de la ville. "
Franchement, en Europe, il n'y a pas de tel ghetto. Ici, en plus, la visite est apparemment sécurisée malgré
tout". L'ancienne demeure de Nelson et Winnie Mandela, les sites des émeutes de 1976 et différents autres
lieux symboles de la lutte des Noirs sont bien sûr prévus dans tous les circuits. Mais c'est finalement dans la contemplation de la pauvreté et dans le spectacle de la délinquance que bien des touristes viennent glaner leur dose d'émotion..."
_______- Tourisme De Guerre/Voyeurisme
>Gaza: Des Israéliens s'adonnent au "tourisme catastrophe"

-Haïti: croisière de luxe à quelques kilomètres du centre du séisme

-Voyeurisme journalistique

___>Traitement journalistique du séisme haïtien par les médias américains.

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Dormir, dit-il...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Dormir, dit-il...

Temps perdu?

...Etre, ou ne pas être, c'est là la question. Y a-t-il plus de
noblesse d'âme à subir la fronde et les flèches de la fortune
outrageante, ou bien à s'armer contre une mer de douleurs et à l'arrêter
par une révolte ?. Mourir... dormir, rien de plus ;... et dire que par ce
sommeil nous mettons fin aux maux du coeur et aux mille tortures
naturelles qui sont le legs de la chair : c'est là un dénouement qu'on doit
souhaiter avec ferveur. Mourir... dormir, dormir ! peut-être rêver ! Oui, là
est l'embarras. Car quels rêves peut-il nous venir dans ce sommeil de la
mort, quand nous sommes débarrassés de l'étreinte de cette vie ?. Voilà
qui doit nous a
rrêter...

Le sommeil: cette petite mort, cet effacement temporaire mais peuplé de vie fantasmatique: souhaité et parfois redouté, mais si impérieusement vital.

Le petit enfant se construit dans et par le sommeil

Priver l'homme de sommeil est une forme de torture et mène vite à la mort.

Que de temps perdu! sommes-nous parfois tenté de dire

Vain regret!

Et pourtant, les rythmes industriels ont colonisé le repos nocturne et la recherche s'active pour rendre l'homme pour un temps indépendant du sommeil, pour gagner notamment en vigilance dans l'activité militaire, jugée plus efficace si elle ne s'interrompt pas.

Ne plus dormir: un rêve fou qui traverse nos sociétés et nos consciences, dans la maîtrise de pouvoir prométhéen.

Dormir moins pour travailler et consommer plus?

Un cauchemar mortel plutôt...

Et notre droit aux songes?

Dans notre monde de plus en plus hyperconnecté, aux sollicitations de plus en plus nombreuses et pressantes, qui bousculent nos consciences et anesthésient notre sens critique, ce monde de trading haute fréquence où la nuit, temps mort, finit pas devoir s'effacer, il est urgent de résister.

...Pour le capitalisme d’aujourd’hui, le sommeil est conçu, « à l’instar de beaucoup d’autres choses, comme une fonction variable qu’il s’agit de gérer, et qui ne se définit plus que de façon instrumentale et physiologique ». Aussi s’efforce-t-on de le « domestiquer », de l’harnacher, de telle sorte que la part qu’on lui consacre soit de plus en plus réduite. Crary rappelle ainsi, au tout début de son essai, les recherches menées par l’armée américaine pour faire en sorte qu’un soldat puisse rester, privé de sommeil, pendant plusieurs jours consécutifs.
Le capitalisme parviendra-t-il un jour à coloniser entièrement le sommeil, à le transformer en une marchandise semblable à toutes les autres ? Sans se cacher la réalité, Crary se montre à cet égard plutôt optimiste. Pour l’instant. Pour lui, cela paraît peu probable, comme il le précise dans une entrevue au sujet de son livre : « Toutes nos aspirations vitales - la faim, la soif, le désir sexuel et, plus récemment, notre besoin d'amis - sont désormais matérialisées et font l'objet d'un commerce lucratif. À l'inverse, le repos est peut-être le seul besoin humain qui ne peut être vendu ou branché à la grosse machine de la rentabilité. Absolument rien de valeur ne peut en être extrait. » (Le Poin
t)

Cette ultime forteresse de la liberté qu'est le sommeil, saurons-nous la défendre, sans nous laisser gagner par la dérovation du rendement sans fin et la dictature des désirs et des images imposés, sans nous laisser glisser somnanbuliquement vers l'anesthésie de la servitude volontaire.

Résister, jusque dans la sieste réparatrice...

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Maître du vol

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Maître du vol

Ryanair se porte bien...et pour cause

Un modèle pour Air France?

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Une crise aussi civilisationnelle

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Une crise aussi civilisationnelle

Il n'y a pas que l'économie

_________-La crise économique dans laquelle nous sommes embarqués a été qualifiée de "crise globale": ses aspects ne sont pas seulement techniques (flux financiers) et gestionnaires (dérégulation généralisée)
C'est un phénomène "social total" (Mauss), qui touche les rouages économiques et leur lubrifiant monétaire, mais aussi chaque individu en tant qu'il est producteur, consommateur, épargnant.Le mode de consommation américain, moteur et effet de la production, par exemple, les stimulations d'achat sans cesse générées par un système banquaire déresponsabilisé et dérégulé, jouant sur les désirs humains conditionnés par une publicité efficace, est au coeur du système. Il est à la fois cause et effet.
L'appel à la jouissance et la frustration entretenue, sans cesse relancée, est la clé qui permet à la machine de fonctionner et de durer...jusqu'au blocage.Le crédit sans fin ni contrôle révèle vite ses limites.
Changer le système sera aussi changer notre rapport à nous-mêmes, aux autres (solidarité ou concurrence?), en retrouvant collectivement la maîtrise de nos besoins, de notre style de vie, de notre pouvoir sur les mécanismes et les institutions qui régulent notre vie en commun. Modifier notre rapport à l'argent et le fétichisme qu'il engendre ainsi que notre regard sur l'avenir de toute l'humanité, pour quitter les oeillères que donne l'excessif désir de consommation et l'individualisme qui en découle...Projet hautement politique au sens noble du terme.

-"Castoriadis caractérisait « la société capitaliste (comme) une société qui court à l’abîme, à tout point de vue, car elle ne sait pas s’autolimiter ». Et d’enchaîner, « Or une société vraiment libre, une société autonome doit savoir s’autolimiter, savoir qu’il y a des choses qu’on ne peut pas faire ou qu’on ne doit pas faire ou qu’il ne faut même pas essayer de faire ou qu’il ne faut pas désirer »_____________________

-Pourquoi l'économie mondiale ne s'est pas effondrée en 2009 ? - AgoraVox:
" ...l’année 2009 a été exceptionnelle sur le plan de la compréhension de notre système économique. En effet, le fonctionnement réel de la bourse qui était obscur même pour la plupart des analystes s’est révélé au grand jour, un fonctionnement que l’on peut assimiler à celui d’un casino, une escroquerie planétaire.
Il faut bien comprendre que la bourse n’a qu’une seule utilité sociale, celle de fournir des capitaux aux entreprises. Or, c’est l’inverse qui se produit actuellement et c’est l’ensemble de la société qui est prise en otage et se dépouille de ses richesses au profit de quelques-uns. Les Etats-nations n’y survivront pas et se retrouveront ruinés eux aussi.
Tout d’abord, il faut savoir que 40 % de la création de "richesse" aux USA provient de la finance. Comment en est-on arrivé là ?Philippe Béchade et François Leclerc, spécialistes de la finance, ont réalisé des analyses remarquables qui nous permettent d’y voir clair aujourd’hui.Philippe Béchade (chronique Agora) explique ainsi :"Pour ceux qui nourrissaient encore quelques doutes, le comportement robotique du marché prouve de façon éclatante qu’il n’existe plus aucun contre-pouvoir réel face aux machines. Les programmes de trading automatisés règlent avec une précision de géomètre l’angle de progression du canal ascendant. Une fois verrouillé le rythme de la hausse du sous-jacent (actions, indices, matières premières), un champ d’opportunités infinies s’ouvre aux opérateurs. Ils peuvent arbitrer en temps réel sur l’ensemble des catégories de dérivés : options, warrants, CFD, contrats sur indices."
François Leclerc (blog de Paul Jorion) pousse l’analyse encore plus loin :"Ce débat, qui va rebondir, et les informations qu’il permet de recueillir, contribue à l’acquisition d’une vue d’ensemble, sous tous ses aspects, de la finance moderne. Celle-ci exerce désormais son activité de manière très sophistiquée et, de fait, souvent hors de tout contrôle possible des régulateurs, notamment en raison de son extrême complexité, de sa rapidité, et de ses interactions. Sauf à ce que des interdictions très strictes soient promulguées à la base même de son activité et qu’une surveillance sans complaisance ni relâche soit effectuée. Une démarche totalement à l’opposé de celle qui a été adoptée.Le high frequency trading n’est à cet égard que l’une des petites pièces du grand puzzle, pas encore totalement reconstitué mais qui prend déjà forme, du capitalisme financier d’aujourd’hui. L’image qui se dessine est celle d’une activité qui prétend n’obéir qu’à ses propres lois, s’affranchir de toutes les tutelles, s’imposer sans se soucier de ses conséquences dévastatrices et ne profiter au final qu’à une toute petite minorité, prenant sous sa coupe et en otage tous les autres. Prétendant exercer une forme d’asservissement moderne (au sens propre de la servitude), dont l’objectif est de régner en utilisant tous les leviers d’un contrôle social de plus en entêtant, omniprésent et sophistiqué. Non sans parvenir à une incontestable intériorisation de sa domination, la crise sociale montante étant l’occasion d’en mesurer l’intensité."
Pour faire simple, la finance, à l’aide des mathématiques financières a transformé la bourse en gigantesque casino. Plus grave encore, quelques-uns en sont devenus les maîtres.Il faut savoir que ces algorithmes financiers extrêmement complexes sont détenus par peu d’acteurs. Ils permettent de tout savoir quelques secondes, voire dixièmes de seconde avant tout le monde et donc de gagner à tous les coups.Le système peut s’effondrer, ils feront donc toujours de l’argent en pariant à la baisse ou à la hausse avant tout le monde, jusqu’à ce que le système s’effondre totalement, ce qui aura lieu bientôt.Certains s’en sont rendus compte et se réfugient en achetant de l’or, pourtant, ce marché est lui aussi une vaste escroquerie car le monde de la finance est un milieu de requin qui n’hésite pas à parier contre ses propres clients, comme la banque HSBC gardienne des dépôts physiques du fonds d’investissement SPDR Gold Shares (GLD) et qui prend des options baissière sur l’or alors qu’elle revend des contrats investis sur ces fonds à ses clients. Ubuesque !J’ai d’ailleurs réalisé une étude complète sur ce sujet intitulée « L’or, nouvelle arnaque planétaire ? » que vous pouvez lire dans le magazine Nexus de janvier-février 2010.Le petit milieu de la grande finance fait donc ce qu’il veut, sans contrôles.
La reféodalisation du monde_Le marché des produits dérivés continue de croître mais, de plus, est presque totalement verrouillé par 5 banques (JP Morgan Chase, Goldman Sachs, Bank Of America, Citibank, Wells Fargo) pour un montant dépassant les 200 000 milliards de dollars (on parle en trillions), c’est à dire près de 4 fois le PIB mondial.Vous pouvez trouver toutes les preuves (sources, graphiques) sur mon blog page 7, « Crise systémique : mythe et réalité ».La soi-disant théorie du jeu de l’offre et de la demande est donc une escroquerie intellectuelle comme l’ensemble de notre systémique économique qui repose sur un seul pilier : la loi du plus fort.
J. K. Galbraith économiste Canadien et conseiller des présidents Roosevelt et Kennedy avait d’ailleurs déclaré dans une interview publiée dans le Nouvel Observateur le 04 novembre 2005 que « L’économie de marché est volontiers décrite comme un héritage ancien. En l’occurrence, c’est une escroquerie."D’ailleurs, les 20 personnes les plus riches du monde ont une fortune personnelle estimée en 2009 à 415 milliards de dollars soit un peu moins que le PIB de la Suisse (500 milliards de dollars) ! Source : Liste des milliardaires du monde en 2009.Les 1% les plus riches représentaient 10% du PIB en 1979 et 23% aujourd’hui. 53 % en 2039 ?
Albert Einstein, en mai 1949, dans un article paru dans la Monthly Review expliquait à l’époque : « Le résultat de ces développements est une oligarchie de capital privé dont le pouvoir exorbitant ne peut effectivement pas être contrôlé même par une société dont le système politique est démocratique. »
J’ai d’ailleurs démontré que notre système économique était structurellement irrécupérable à la page 8 de mon blog (Un système économique structurellement irrécupérable I). La volonté de liberté, l’anarco-capitalisme, a poussé à l’extrême l’idéal de liberté et c’est un échec car, comme l’affirme Alexandre Minkowski " La liberté, ce n’est pas la liberté de faire n’importe quoi, c’est le refus de faire ce qui est nuisible."Nous sommes ainsi face à une situation inédite car nous avons 2 systèmes économiques qui nous conduisent tous in fine vers la dictature.Communisme et capitalisme sont en effet renvoyés dos à dos et il nous faut bâtir un nouveau modèle. Cependant, le problème est plus profond.Toutes les organisations sociales dépendent d’une loi mathématique fondamentale, la loi de Pareto ou plutôt, la loi de puissance qui prouve que dans n’importe quel système organisé, un petit nombre s’empare toujours de la quasi totalité des richesses au détriment des autres.La base de la domination est là et ceux qui contrôlent le monde connaissent parfaitement cette loi fondamentale dont ils usent et abusent.Le net, au fil des jours, lève le voile sur le fonctionnement de cette domination dont la clé est notre système de captation des richesses par un petit groupe, un fonctionnement économique moralement et mathématiquement condamné.
En effet, ce système conduit à tout transformer en exponentielle car la loi de Pareto (loi de puissance) est elle-même une exponentielle.La loi universelle de l’équilibre et de l’harmonie (étudiée par tous les courants spirituels et par la science) résulte de l’analogie des contraires, le principe dialogique d’Edgar Morin qui a beaucoup emprunté à Eliphas Lévi et à la kabbale.Face à une exponentielle de capital accumulé dans les mains de quelques-uns, nous nous retrouvons donc (le principe d’équilibre) avec une exponentielle de dettes liée à une exponentielle de consommation et donc de destruction de la planète, de nous-mêmes.Cette loi de puissance est directement issue de notre cerveau primitif car au final, l’enseignement des fractales que l’on retrouve dans le principe « hologrammatique » d’Edgar Morin, démontre que la partie est dans le tout, mais le tout est dans la partie et que tout est inter relié. Nos systèmes économiques ne sont donc que les reflets de ce que nous sommes.
Vouloir bâtir un système plus juste et redistributif s’oppose donc à l’animal qui est en nous, car au final, nous sommes en guerre contre nous-mêmes. La solution face à la destruction de notre civilisation ne peut donc passer que par un changement individuel radical, une prise de conscience planétaire.La réponse ne sera pas qu’économique donc, mais avant tout philosophique, spirituelle.
"Nous devons devenir le changement que nous souhaitons voir dans le monde__."Mohandas Karamchand Gandhi __( Gilles Bonafi)

-Philippe Béchade » La Chronique Agora

-François Leclerc - Actualité
> L’actualité de la crise: la crise de société américaine:

"...La crise, en effet, n’est pas seulement économique et sociale, faite de saisies immobilières qui se poursuivent et d’un chômage qui s’installe, de la poursuite des faillites des banques régionales et des difficultés rencontrées par les PME pour obtenir des crédits, ou bien de la situation financière très tendue de grands Etats et de grandes métropoles. Aboutissant à une situation inédite : le pouvoir d’achat des classes moyennes, pris globalement, est durablement menacé, son financement par le crédit n’étant plus assuré, les déséquilibrant sans rémission.
La crise qui les atteint est aussi idéologique, mettant en cause ce qu’il était convenu de considérer être leurs valeurs, leur ciment, leur endoctrinement et croyance dans les vertus inégalables de la libre entreprise, de la concurrence et du libre exercice du marché, de la suprématie américaine. Une situation qui n’a eu comme précédent récent, mais moins dévastateur, que la contestation profonde de la guerre menée au Viet-Nam qui avait traversé la société toute entière, et qui pourrait même reléguer au second plan le grand traumatisme du 11 septembre, avec tout ce qu’il a déclenché et permis de changements profonds au sein de la société américaine.
___D’autant que des contradictions se développent au sein de l’administration, qui vont également jouer leur rôle, aux luttes d’influence se succédant des luttes de succession. Celle de Ben Bernanke pourrait donc se révéler ouverte, de même que celle de Tim Geithner, secrétaire au Trésor, qui va avoir beaucoup de mal à sortir du piège dans lequel il est tombé à propos du sauvetage de mégabanques via le renflouement d’AIG. Elisabeth Warren a certes peu de chances de prendre la direction de la future agence de protection des consommateurs, la création de celle-ci risquant de faire les frais d’un accord global avec les ténors du Sénat. Mais Sheila Bair, présidente du FDIC continue de faire campagne et se verrait toujours bien prendre la succession de Tim Geithner.
___Il est par ailleurs inévitable que des révélations sortent, à la faveur de telle ou telle audition devant les différentes commissions qui les multiplient, ou bien d’enquêtes journalistiques en cours, contribuant à déstabiliser les acteurs du sauvetage des mégabanques et de ses conditions scabreuses, alors que la situation économique et sociale pèse lourdement et que les mégabanques paradent, faisant preuve d’un étonnant manque de sens politique pour qui ne comprend pas le monde ferné dans lequel ses cadres vivent. Cette situation, à elle seule, est difficilement tenable si le sort des victimes de la crise ne s’améliore pas substantiellement, or cela n’en prend pas le chemin.."

-De la crise financière à la crise de civilisation:

"...L'organisation économique capitaliste pouvait à la rigueur se justifier (pour peu que n'entrent pas ici en considération les préoccupations de justice sociale) lorsque la machine industrielle avait à produire les biens et services vitaux pour les populations. Elle avait encore une raison d'être quand il se fut agi d'offrir un minimum de confort à ceux qui devenaient des consommateurs.
____Mais les choses devinrent beaucoup plus critiques quand nous passâmes à la production du superflu, dans le seul but d'alimenter une machine qui ne souffrait pas de pause dans son mouvement vers l'avant. Un superflu si négatif qu'il assécha les ressources énergétiques de la planète et mit en péril nos conditions de vie.____Enfin, ces dernières années, cette course insensée franchit un pas décisif dans la folie. Le capitalisme, devenu désormais « financier », ne se préoccupait même plus de produire des biens et des services (pour la plupart devenus superflus comme on l'a vu), il fabriquait juste de l'argent.
___Lors des précédentes alertes, le capitalisme dut son salut à quelques guerres « opportunes » (1914, 1939). Toutes les infrastructures matérielles et même humaines (la Shoah) étant en ruines, il y avait tout à reconstruire.
____Nous avons dépassé les limites admissibles de ce développement_Et puis nous n'avions pas alors atteint encore le stade ultime de notre développement. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. La formidable accélération des innovations technologiques nous a largement permis de franchir, et même de dangereusement excéder, les limites admissibles de ce développement. Sauf à disparaître, nous allons nécessairement devoir passer à un stade de gestion, de régulation de ce développement._____Dès lors, toute la raison d'être de l'organisation capitaliste, la croissance exponentielle, disparaît. Et une nouvelle guerre à l'échelle planétaire aboutirait plus sûrement à mettre en péril la survie de cette planète, qu'à fixer les bases dramatiques d'un nouveau départ.
____Quid des pays dits émergents et de tous ceux qui ont un si impérieux besoin de développement ? Les exemples de la Chine et de l'Inde montre comment le modèle capitaliste peut se révéler insupportablement désastreux en termes d'écologie et d'épuisement des ressources énergétiques. Si l'on ajoute que le développement de ces pays dépend étroitement de leurs exportations vers les pays occidentaux, on mesure l'impasse dans lequel ceux-ci vont rapidement se retrouver, et la nécessité d'inventer avec eux de nouveaux modèles de développement.____Voilà pourquoi, j'ai la conviction que nous assistons aujourd'hui au début d'un bouleversement comme il n'en existe pas un par siècle, une révolution majeure de civilisation qui restera plus tard dans l'histoire de l'humanité. Dans les mois qui viennent, ma machine économique capitaliste va s'enrayer et caler.
____De gré ou de force, nous devrons revoir nos modes de fonctionnement_De gré ou de force, nous allons devoir faire face à une situation de chaos à laquelle nous devons d'ors et déjà nous préparer à faire face. De gré ou de force, nous allons être contraints de revoir tous nos modes de fonctionnement, toute notre organisation, de remettre en cause toute notre grille de compréhension du monde et ce qui faisait nos valeurs (comme le travail, par exemple).Nul ne sait par quelles péripéties douloureuses ou heureuses nous allons devoir désormais passer, ni combien de temps cette difficile période transitoire va durer, ni ce sur quoi nous allons déboucher (la propension naturelle des êtres humains à la dominance trouvera probablement encore à s'exprimer). Mais il semble tout à fait clair que notre monde capitaliste a vécu. L'effondrement financier en cours n'en est qu'un symptôme..."

-Crise écologique, énergétique et crise de civilisation sont étroitement liées
-L’irrationalité du capitalisme au cœur de la crise de civilisation planétaire
-Crise Economique Sociale Politique_-Castoriadis

-Sigmund Freud - malaise dans la civilisation

-Malaise dans la civilisation.

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Au fil du net

Publié le par Jean-Etienne ZEN

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