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Académisme politique

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Académisme politique

Les bons conseils d'un puriste

L ancien locataire de l'Elysée prèche la maîtrise du vocabulaire

Plus de "Casse-toi, pauvre c**", par exemple

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Privatisation EDF: le courant ne passe plus

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Privatisation EDF: le courant ne passe plus

EDF péterait-il les plombs ?

____________Marcel Boiteux, président d’honneur d’EDF, s’exprimait récemment sur le processus de privatisation de l’entreprise qu’il dirigeait autrefois : "Il ne s’agit plus d’ouvrir la concurrence pour faire baisser les prix, mais d’élever les prix pour permettre la concurrence." (Revue Futuribles de juin 2007) (1)

Ce paradoxe apparent nous met face à un des problèmes majeurs que soulève la question de la privatisation de cette entreprise pas comme les autres, qui connaît aujourd’hui son ouverture officielle.

____Le problème a été déjà analysé sur Agoravox, notamment par Forest Ent, mais il serait bon aujourd’hui d’y revenir un peu, le processus de privatisation étant enclenché. Mon but est limité, m’exprimant comme citoyen de base, consommateur d’énergie, et non comme expert... Je veux seulement souligner les grands points qui me paraissent faire problème, qui sont au cœur des débats d’aujourd’hui et qui n’ont pas fini de hanter ceux de demain :

__- Si on fait un bilan de l’ouverture de la concurrence, on constate que, quel que soit le pays, les prix du marché se sont envolés : 39 % en Espagne ; 49 % en Allemagne, 67 % en Finlande, 77 % en Suède, 81 % au Royaume-Uni, 92 % au Danemark... En France, les entreprises qui ont choisi de sortir du marché public ont subi une augmentation moyenne de 76 %, les tarifs EDF restant relativement stables. Situation pour le moins paradoxale : l’ouverture au privé devait faire baisser les prix...

-_________________ L’ouverture à la concurrence pousse au sous-investissement. Investir dans les services en réseaux coûte cher. Il faut le faire là où le retour sur investissement prend du temps, beaucoup de temps... Cela n’est pas compatible avec la logique des marchés financiers, qui n’opèrent qu’à court terme. Ce qu’analysent lucidement Marcel Boiteux, ainsi que l’économiste Fitoussi. La volatilité des prix sur le marché de l’électricité et l’absence de visibilité sur leur évolution renforcent cette tendance au sous-investissement qui produit inévitablement des risques grandissants de ruptures d’approvisionnement des usagers

- De plus, l’électricité ne peut se stocker. L’ajustement constant de l’offre à la demande est un équilibre qui est déjà difficile à assurer pour un seul opérateur. Si on multiplie les intervenants, surtout avec leurs objectifs de rentabilité immédiate, on peut se demander comment cela pourra être gèrable (voir l’exemple californien).

____________-Le transport de l’électricité ne se fait pas sans pertes importantes. Quel sens cela a-t-il de produire de l’électricité dans un pays pour aller le revendre très loin de là ? N’est-il pas surréaliste de parler d’un "grand marché européen de l’électricité" ? Et plus les réseaux sont interconnectés, plus les risques de dysfonctionnement peuvent augmenter (voir les pannes géantes de novembre 2006 en Europe).

- Au moment où les problèmes du réchauffement climatique nous obligent à des choix fondamentaux en matière énergétique, à des orientations nouvelles, la concurrence n’est certainement pas le meilleur moyen de prendre les bonnes décisions pour l’avenir. La sobriété énergétique s’impose. Or la libéralisation n’est pas compatible avec des choix judicieux dans ce domaine. Aucune entreprise, rivée sur son chiffre d’affaires, n’a intérêt à ce que la consommation diminue. Elle incite donc au gaspillage.

- ___Des problèmes de sécurité risquent de se poser, car les marchés vont avoir tendance à prolonger au-delà du raisonnable la durée de vie des centrales nucléaires (au-delà de 2050 pour les plus récentes). On peut redouter aussi une réduction des frais de maintenance, au nom de la réduction des coûts, la masse salariale servant de variable d’ajustement.

__________Il apparait donc que l’électricité est un domaine qui semble échapper à la théorie libérale, car la concurrence n’y est pas totale. Il n’y a qu’un seul réseau de transport pour plusieurs producteurs. RTT doit gérer l’ensemble en ajustant en permanence l’offre et la demande d’un produit qui a la particularité d’être non stockable. Comme dit Marcel Boiteux « l’électricité est un cas extrême, pour ne pas dire un cas d’école, des exceptions à la théorie libérale. ». De plus, les nouveaux défis qui nous attendent en matière d’investissement exigent une stratégie industrielle cohérente, des choix politiques à long terme ne sont pas compatibles avec une vision étroitement libérale.

______L’ouverture européenne a défavorisé les consommateurs français. Le consommateur allemand bénéficie du nucléaire français, mais le consommateur français paie le prix plus élevé de l’électricité produite par les centrales allemandes au charbon, plus onéreuses. Les prix risquent de monter encore rapidement, « certains producteurs trouvent un intérêt stratégique à demeurer en sous-capacité chronique : les prix monteront sur le marché et ils seront en quelque sorte récompensés de ne pas avoir investi » remarquent
des spécialistes de RTE, dans un ouvrage : "Les Réseaux électriques au cœur de la civilisation industrielle ".

______Certes l’Etat doit garder au moins 70 % du capital d’EDF. Mais la partie cessible vaut aujourd’hui 23 milliards d’euros Comment l’Etat résistera -t-il à ne pas céder de nouveaux actifs ? N.Sarkozy ne l’avait pas exclu pendant sa campagne électorale...

(1)http://www.faitpasser.org/spip.php?article62 (ouvrir le dossier PDF)

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/09/45/99/ceco-henry.pdf

http://www.ofce.sciences-po.fr/fitoussi/presse/obs_24-10-05.html

http://www.reseau-ipam.org/aitec/colloque/documents/jeanmarcelmoulin.pdf

http://forum.alta.bz/kikoi2007/Programme-de-Francois-Bayrou/edf-gdf-sujet_31_1.htm

http://www.appeldes200.net/imprimer.php3?id_article=1156

http://www.dossiersdunet.com/spip.php?article645

http://www.dossiersdunet.com/rubrique63.html

http://sudenergieedf.free.fr/sections/EDF/CR/ex%E9g%E8se.htm

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Record

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Record

Un pays en guerre contre lui-même.

Avec la complicité ou le laisser-faire des élites, versant des larmes de crocodiles.

Pour le plus grand profit d'un business bien organisé.

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Ruée vers l'Ouest

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Ruée vers l'Ouest

Quand la Roumanie fait appel aux ouvriers chinois...

Dans un précédent article, j’avais essayé de mettre en évidence un phénomène européen que certains économistes ont baptisé "la ruée vers l’Ouest". Du fait de la faiblesse des salaires de leurs pays, des travailleurs de certains pays d’Europe orientale sont amenés à se déplacer, légalement ou non, vers d’autres pays plus à l’Ouest pour y chercher des conditions d’emploi et de rémunération plus acceptables. C’est l’appel d’air bien connu, qui fait que, après les débats sur le "plombier polonais", l’ouvrier ukrainien vient combler le déficit de la main-d’oeuvre de la Pologne, qui maintenant manque de bras dans certains domaines, comme le bâtiment.

Aujourd’hui, il est question d’ouvriers chinois qui sont sollicités par les autorités roumaines pour pallier au manque de main-d’oeuvre dans des secteurs comme le textile, le bâtiment, l’agriculture même... alors que beaucoup de Roumains vont chercher en UK ou en Espagne des salaires plus attractifs. Il y en aurait environ trois millions travaillant sans visa en hors de leurs frontières. Par exemple environ 200 000 maçons travaillent à l’étranger ; or, il en faudrait 50 000 pour assurer le développement de l’immobilier en Roumanie, dans les années qui viennent. Les salaires de ce pays sont parmi les plus bas d’Europe orientale. Dans certaines branches, on trouve encore des rémunérations à 1 euro l’heure.Certains secteurs deviennent désertés : des institutrices, des infirmières partent en Espagne et en Italie, créant ainsi des situations difficilement gérables, abandonnant parfois pour plusieurs années leurs jeunes enfants à la famille proche...

Pour l’instant, environ 3 000 Chinois travaillent légalement en Roumanie, mais on en attend beaucoup d’autres, car l’économie de ce pays connaît un développement assez soutenu , une croissance d’environ 8 % depuis quelques années (développement des infrastructures, implantations d’entreprises délocalisées de l’Ouest). Attirées par les conditions salariales exceptionnelles, beaucoup d’entreprises investissent actuellement en Roumanie, comme les groupes français Renault, Carrefour,Veolia, Michelin. Il faut savoir que les ouvriers chinois sont payés en moyenne 100 euros, alors que le salaire roumain tourne autour de 300 ; par exemple, les jeunes chinoises qui travaillent dans le textile à Bacau, chez Wear Company.

On comprend que le mouvement n’est pas près de s’arrêter, car le vivier chinois est quasiment inépuisable et que les patrons roumains sont très demandeurs. Maria Grappini, présidente de la Fédération patronale de l’industrie textile déclarait : "Cette année, le marché du travail a été libéralisé et la main-d’oeuvre roumaine est partie à l’étranger. Nous allons donc devoir faire face à une véritable crise d’ouvriers" (Le Monde).

Mais ces ouvriers ne se montrent pas aussi dociles qu’espéré. Il y a déjà eu des mouvements de grève à Bacau. Des ouvrières chinoises réclamaient des augmentations de salaire. Avec le temps, elles prennent conscience de leur véritable statut par simple comparaison avec la main-d’œuvre d’origine locale, même si au début elles jugeaient leur sort enviable par rapport à leurs conditions initiales en Chine.

Comment les choses vont-elles évoluer, quand la paysannerie roumaine, encore très archaïque, va se moderniser et libérer de nouveaux bras disponibles pour l’industrie et les services ? Le taux officiel de 5/6 % de chômage masque une situation qui pourrait bien se modifier rapidement avec la modernisation des campagnes à marche forcée et entraîner une remise en question de la présence des ouvriers chinois sur le sol roumain...

Documentation :Mirel Bran : Le Monde (21 juin 2007)

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Charmant

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Charmant

On peut s'extasier sur les performances chinoises.

Mais la vie peut y être dangereuse.

Surtout pour les cyclistes...

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RDC: génocide oublié

Publié le par Jean-Etienne ZEN

RDC: génocide oublié

Une presse silencieuse
Une opinion ignorante.
On parle beaucoup du drame que vivent les populations syriennes, mais moins d'une tragédie qui dure au Nord-est du Congo. Depuis des années un drame quotidien s'y joue, particulièrement dans la région du Kivu, dans la plus grande indifférence.

Une malédiction? Pas vraiment. Dans ce pays riche en matière premières premières, mais à la vie politique totalement désorganisée depuis la fin de l'ère Mobutu, le chaos s'est généralisé presque partout.
Des puissances extérieures tirent les marrons du feu sans aucun contrôle et se livrent indirectement à un pillage des ressources du sous-sol renfermant des richesses stratégiques.
. Surtout depuis 1996, des compagnies minières profitent de la situation et attisent les conflits de groupes locaux, le plus souvent armés par des intérêts privés.Il est plus facile de prospérer dans le chaos...
La conjonction du conflit avec le Rwanda et des luttes de clans autour de ces richesses crée une situation dangereuse pour des populations locales prises en otage.
On peut parler d'un génocide silencieux
L'ONU finit par le reconnaître.
La main basse sur le Congo continue.
C'est loin, c'est peu couvert médiatiquement, ce sont des noirs....
Le cher coltan intéresse tant de puissances!...
Le drame de la RDC, c'est la richesse de son sous-sol couplée à la désorganisation et à la balkanisation de l'Etat et aux conflits avec des puissances voisines des Grands Lacs.
L'avidité et les intérêts internationaux concernant les terres rares entretiennent des massacres qui s'éternisent..

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RDC: génocide oublié
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Une guerre privatisée

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Une guerre privatisée

(C'était hier...)

_________En franchissant le seuil de son bureau tous les matins, le boss de la compagnie multinationale Blackwater a toutes les raisons d’être satisfait :

les affaires sont prospères, les actionnaires comblés, l’avenir est prometteur, car le bourbier irakien a de l’avenir. Voir l’article sur AgoraVox.

Son Job : "Global security consulting", sa reference : "... the most comprehensive professional military, law enforcement, security, peacekeeping, and stability operations company in the world". Un professionnel de la paix, donc, en langage orwellien. Son objectif est on ne peut plus humaniste : " To support security, peace, freedom, and democracy everywhere." Il peut donc dormir en toute bonne conscience... Son lieu principal d’activité : l’Irak. Le travail ne manque pas, depuis que son ami Georges a fait appel à lui pour quelques menus services, rendant l’ascenseur à une institution qui l’a bien aidé lors de son élection. Entre amis, l’échange de bons procédés est la règle, question de civilité...

Mais quels services ? Fournir des hommes pour des tâches diverses sur le terrain, tâches d’appoint ou d’engagement direct dans les combats. La Libre Belgique, habituellement modérée, a parlé de "mercenaires".

____... Il s’agit (seulement) de soutenir l’armée fédérale dans ses tâches difficiles, mais légitimes aux yeux de ceux qui ont encore la foi à la Maison-Blanche et au Pentagone... L’ objectif de Blackwater est de fournir à l’armée américaine des militaires bien entraînés, bien payés, de toutes origines, d’anciens militaires US, mais aussi des Chiliens, des Philippins, des Fidjiens... Pour lutter contre l’Axe du Mal, l’engagement n’a pas de frontières.On recrute dans trente nationalités différentes.

Cette entreprise a eu son premier contrat avec la CIA en Afghanistan et sur bien d’autres terrains... Depuis, ses hommes sont nombreux sur le champ des opérations irakiennes. Ils peuvent même parfois intervenir sur des objectifs civils, comme à la Nouvelle-Orléans, lors de la catastrophe Katrina. Le chiffre d’affaires tourne autour de quelques milliards de dollars. Elle possède le centre d’entraînement militaire le plus grand du monde. Siègent au CA quelques anciens du clan Bush.

____Entreprise de sous-traitance, donc, très utile, car comme dit Michael Ratner, président du Centre pour les droits constitutionnels : "Le recours croissant aux sous-traitants privés... rend les guerres plus faciles à déclencher et à mener ; ça ne prend que de l’argent et pas de citoyens". Cela permet aussi d’éviter les résistances, les protestations des citoyens, qui se sentent moins directement concernés par les combats et les morts, même si ces hommes, mal contrôlés, peuvent provoquer certains « dommages collatéraux »(Falloudja)... Le recours aux sociétés privées amortit donc le coût politique du conflit.

Selon ACG, « avant le conflit, les sociétés privées ont largement participé aux préparatifs : approvisionnement, entraînement, et même exercices de simulation et planification des combats dans le désert koweïtien. L’énorme complexe militaire américain de Camp Doha, d’où a été lancée l’invasion, était construit, géré et gardé par un groupe privé. Leur spécialité : préparatifs, approvisionnement,alimentation , logement des troupes, entretien d’armements... »

Il y a bien d’autres "entreprises" de ce type, plusieurs dizaines. Par exemple, Halliburton est spécialisée dans la restauration, le convoyage de carburant, la réparation des secteurs pétroliers. ErInys, force paramilitaire, se charge de la sécurité des personnalités, des convois, de la formation des gardes nationaux. Vinnel, MPRI, NourUSA... forment et équipent la nouvelle armée irakienne. On estime qu’une personne sur dix engagées fait partie de ces nouvelles sociétés privées. Mais il est difficile d’avoir des chiffres fiables. Les pertes d’hommes sont aussi mal connues, restant à la discrétion des employeurs.

____Ces sociétés prospèrent donc, aux frais du contribuable américain et le personnel recruté semble ne pas se plaindre, car il y trouve son compte. "L’Irak, actuellement, est une mine d’or. La marge bénéficiaire est incroyablement élevée, bien plus que le facteur risque", relève Duncan Bullivant, le chef de la société britannique Henderson Risks. Les soldats des PMF gagnent deux à dix fois plus que leurs collègues des forces régulières, les mieux payés étant ceux qui ont eu une formation d’élite. L’échelle des salaires reflète aussi la mondialisation : en Irak, un ancien béret vert américain peut gagner jusqu’à 1 000 dollars par jour là où un ancien gurkha népalais fera 1 000 dollars par mois...

__Business as usual..

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Faille...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Faille...

Les trous de mémoire peuvent arriver à tout le monde.

Même aux meilleurs.

Même à un Président.

Mais là, c'est plutôt gênant, diplomatiquement parlant...

Un trou ou un déni?

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La bière comme art de vivre

Publié le par Jean-Etienne ZEN

La bière comme art de vivre

_____________Il m’a fallu le hasard d’une mutation dans le Nord de la France pour découvrir un monde jusque-là ignoré, celui de la bière, ou plutôt des bières. Car on ne parle de la bière qu’au pluriel.

___Imbu des préjugés de buveur occasionnel de vin, j’avais la pire image des buveurs de bière : ceux qui en consomment par packs entiers pour tuer le temps, pour s’étourdir dans les stades, ceux qui ne savent pas s’attarder avec délice sur « la première gorgée de bière » (1) et pour qui la quantité prime sur la qualité, bref, je ne connaissais que la « petite bière », la bibine.

___Il m’arrivait de boire de la bière, comme tout un chacun, essentiellement pour étancher ma soif , en période estivale.Une Kro faisait l’affaire. Mais jamais je n’avais dégusté UNE bière, n’avais fait l’expérience de la diversité des bières, de leurs qualités propres. Jamais je n’avais appris à boire avec ferveur un breuvage qui vous envoie des messages si divers et si subtils. Si je savais faire la différence entre un beaujolais et un pomerol, je n’avais aucune idée que l’on pû être réceptif à la fine différence entre une Goudale et une Janlain, une Trois-Monts et une Grain d’Orge. Les crus sont innombrables, pour ne parler que du Nord de la France, et beaucoup de bières anciennes renaissent. D’autres s’inventent régulièrement, avec l’expérience de brasseurs innovants. Si on sort de ce périmètre, le panorama des bières est impressionnant (2).

_____Peu à peu, par le biais des déplacements, des contacts, du bouche-à-oreille, mon épicurisme naturel s’est éveillé à cette « culture » si particulière, si développée en particulier dans la voisine Belgique, pays des mille bières (3), aussi variées que délicieuses (4).

________________Déguster une bière s’éduque, s’approfondit. Apprendre la lenteur, comme le fumeur de pipe. S’attarder sur les premiers arômes, les garder en bouche pour les différencier, apprécier leur palette, goûter l’instant sublime d’une bière d’exception. Les bières de fermentation haute, d’un volume d’alcool pouvant atteindre les 10 %, sont des bières que l’on déguste très lentement, en en appréciant toute la richesse. Ma préférence va aux bières ambrées, profondes et capiteuses, longues en bouche. Difficile de bien parler de la bière...

____Les bières trappistes belges sont les plus recherchées, elles sont fabriquées et vendues par les moines de l’ordre de Saint-Benoît. Les plus réputées sont la Chimay, l’Orval, la Rochefort, la Westmalle... Les bières d’abbaye sont exploitées par des brasseurs privés utilisant les recettes ancestrales et reversant des royalties aux communautés monastiques : Leffe, Grimbergen, Maredsous, Floreffe... Ces dernières ont tendance à perdre leur spécificité originale, à se banaliser, conséquence d’une commercialisation un peu débridée.

___Sans pouvoir affirmer que je suis maintenant expert en biérologie, loin de là, je peux maintenant faire la distinction entre une Leffe radieuse une Chimay rouge, les yeux fermés. Je ne suis pourtant qu’un explorateur débutant et curieux. Entre une bière de base, à faible teneur en bouche, et une bière de dégustation, il y a un monde. Il est des bières rares, à diffusion parfois presque confidentielle, que l’on découvre sur le tard et qui laissent des souvenirs gustatifs puissants, comme la Carolus Triple, par exemple.

__Une petite initiation au vocabulaire du monde complexe de la bière n’est pas inutile, pour éviter de se perdre dans la forêt des variétés et les appellations, pour donner quelques repères essentiels (5). Un petit survol historique et technique peut aider à mieux cerner les différents aspects du divin breuvage (6).

_Car la bière a une longue histoire. On en trouve des traces à Sumer (7). En Egypte, la zythum est appréciée (8) et, bien sûr, chez les Celtes, elle a une place de choix. C’était pour eux une boisson nationale. Il n’existait pas de brasserie, comme en Mésopotamie ou en Egypte. La bière était préparée par les femmes, dans l’espace domestique, et on la trouvait dans tous les foyers. La Cervoise (nom dérivée de la déesse Cérès) était obtenue à partir d’une infusion entre les grains d’orge germés, mélangés avec du blé germé, du seigle et de l’avoine.

_____________Les anciens avaient remarqué que la bière avait des effets heureux sur la santé. Aujourd’hui, certains médecins et nutritionnistes reconnaissent que, prise de manière modérée, elle apporte des bienfaits à l’organisme (9). La question est encore discutée...

On évoquera enfin le rôle qu’elle peut jouer dans la gastronomie. Par exemple, en se référant ici (10).

C’est la fin de cette petite halte épicurienne sur un sujet léger et savoureux. Mais la somme des plaisirs minuscules ne contribue-t-elle pas à ensoleiller quelque peu l’existence ?... Qui mieux que le regretté Ronny Coutteure, artiste et biérologue confirmé, a pu célébrer ce divin breuvage ? (11)

A consommer avec modération...

Avant ma mise en bière, s’il vous plaît, une petite bière.

(1) Philippe Delerm : La Première Gorgée de bière

"C’est la seule qui compte. Les autres, de plus en plus longues, de plus en plus anodines, ne donnent qu’un empâtement tiédasse, une abondance gâcheuse. La dernière, peut-être, retrouve avec la désillusion de finir un semblant de pouvoir...

Mais la première gorgée ! Gorgée ? Ça commence bien avant la gorge. Sur les lèvres déjà cet or mousseux, fraîcheur amplifiée par l’écume, puis lentement sur le palais bonheur tamisé d’amertume. Comme elle semble longue, la première gorgée ! On la boit tout de suite, avec une avidité faussement instinctive. En fait, tout est écrit : la quantité, ce ni trop ni trop peu qui fait l’amorce idéale ; le bien-être immédiat ponctué par un soupir, un claquement de langue, ou un silence qui les vaut ; la sensation trompeuse d’un plaisir qui s’ouvre à l’infini... En même temps, on sait déjà.

Tout le meilleur est pris. On repose son verre, et on l’éloigne même un peu sur le petit carré buvardeux. On savoure la couleur, faux miel, soleil froid. Par tout un rituel de sagesse et d’attente, on voudrait maîtriser le miracle qui vient à la fois de se produire et de s’échapper. On lit avec satisfaction sur la paroi du verre le nom précis de la bière que l’on avait commandée. Mais contenant et contenu peuvent s’interroger, se répondre en abîme, rien ne se multipliera plus. On aimerait garder le secret de l’or pur, et l’enfermer dans des formules. Mais devant sa petite table blanche éclaboussée de soleil, l’alchimiste déçu ne sauve que les apparences, et boit de plus en plus de bière avec de moins en moins de joie. C’est un bonheur amer : on boit pour oublier la première gorgée."

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Blanc c'est blanc

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Blanc c'est blanc

Question de couleurs

... Armstrong, la vie, quelle histoire ?
C'est pas très marrant.
Qu'on l'écrive blanc sur noir,
Ou bien noir sur blanc.
On voit surtout du rouge, du rouge.
Sang, sang, sans trêve ni repos,
Qu'on soit, ma foi,
Noir ou blanc de peau.
Armstrong, un jour, tôt ou tard,
On n'est que des os.
Est-ce que les tiens seront noirs ?
Ce serait rigolo.
Allez Louis, alléluia !
Au-delà de nos oripeaux,
Noir et blanc sont ressemblants
Comme
deux gouttes d'eau.
Oh yeay !

[Claude Nougaro]

La question de la couleur de peau a longtemps hanté les esprits et les institutions, avec des résurgences périodiques. Parfois avec violence.

Une femme politique revient démagogiquement sur cette thématique éculée, en vue d'une instrumentalisation que l'on croyait dépassée et qui réveille de si pénibles souvenirs..

Les vieux schémas de l'époque coloniale et ses pseudo-classifications ne tiennent pas une seconde quand on fait un peu de génétique et d'histoire et qu'on apprend que si peu de gènes interviennent dans le phénomène de la pigmentation de l'enveloppe corporelle et qu' une différence physique n'a aucun rapport avec une caractéristique culturelle et morale.

Le melting pot américain n'est pas toujours ce que l'on croit.

Relisons Montesquieu et sa critique de l'idéologie de son époque, d'une différence/inégalité supposée, qui faisait bien les affaires des marchands d'esclaves et même, plus part, des missionnaires qui avaient besoin de convertir les "ames noires"...( ...Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes, parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens...)

Il faut encore le répéter: la race blanche n'existe pas et la notion de race elle-même, sans consistance, a été amplement critiquée, surtout depuis Levi-Strauss.

On croyait que le fantasme de la race, justifiant hiérarchisation et pouvoir, avait fini de créer confusions et polémiques.

Ce n'est apparemment pas le cas...

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