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Garde à vue à la française

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Garde à vue à la française

-Les gardes à vue en accusation

Trop de gardes à vue, pour des raisons parfois trop légères, dans des conditions souvent trop indignes

Présumé coupable ou innocent?

-La garde à vue chez nous s’inscrit dans une culture de l’aveu
Dans la plupart des autres pays, prévaut la culture de la preuve
L’assistance d’un avocat dès la première heure n’est pas la règle
Pas étonnant que règne l’arbitraire...
-Elle est cependant régie par des règles précises
Le prévenu a des droits . Il doit avoir des garanties. Il doit bénéficier de la présence d'un avocat et doit être traité avec un minimum de respect.

-"A la notion légale de la preuve de la faute, la France sarkozyenne ; policière et autocratique a substitué la notion de la preuve à faire de l’innocence ; le petit Ubu lui-même se permettant de déclarer "coupables" des faits non encore jugés.Politique du chiffre, érection des faits divers en faits de société, promulgation de nouvelles lois pour chaque délit, glorification de la victimisation, justice dévoyée et aux ordres d’un système de plus en plus répressif (suppression du juge d’instruction, parquet à la botte), dépénalisation du droit des affaires, justice de plus en plus appelée à exercer une "vengeance" au lieu d’appliquer le droit ; effectivement, comme dit par ailleurs, de nauséeux fumets qui rappellent de bien sombres heures.Selon que vous serez puissant ou misérable...." (Sisyphe)

Engagements ou promesses sans lendemain?:"...Une de ces exigences, a poursuivi Fillon, c'est que «ces pouvoirs exceptionnels (de placer un suspect en garde à vue) ne tombent jamais dans la banalité, qu'ils ne soient envisagés par personne comme des éléments de routine, qu'ils restent des actes graves pour ceux qui les décident parce qu'ils sont graves pour ceux qui les subissent».
Le Premier ministre, accompagné de la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie pour inaugurer la maison d'arrêt du Mans-Les Croisettes, a également fustigé ces situations «exceptionnelles mais choquantes» de «gardes à vue non indispensables, de détentions provisoires trop longues, de jugements qui interviennent trop tardivement».
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-Garde à vue: un syndicat de police dénonce la politique du chiffre
-La garde à vue de trop - AgoraVox:
"Sœur Anne ne vois-tu pas venir la police ? Elle pourrait être votre fille, votre sœur ou votre petite fille. Anne, une adolescente parisienne de 14 ans a été interpellée au domicile de ses parents et emmenée en pyjama au commissariat pour une garde à vue de onze heures. Il lui est reproché de s’être interposée dernièrement dans une bagarre survenue devant son collège. Ce genre d’affaire devient hélas banal. Des enfants, des personnes âgées, rien n’arrête plus les policiers. Si les procédures sont souvent conformes à la législation, elles attestent d’une dérive inquiétante des forces de l’ordre qui ne se soucient plus de faire preuve de discernement dans l’application des procédures..."
-Polémique autour de la garde à vue de mineurs à Paris -
-A droite comme à gauche, une réforme de la garde à vue est réclamée
-L'opposition veut réformer la garde à vue
-Les conditions de garde à vue vont évoluer:
"...Le droit français autorise certes une courte visite de l’avocat, d'une demi-heure, pour vérifier que son client n'a pas subi de mauvais traitements. Mais le magistrat n’a pas accès au dossier de son client.
Le bâtonnier de Paris estime donc que les gardes à vue à la française sont, au regard du droit européen, tout simplement illégales. «Des avocats se sont déjà constitués en association pour faire annuler les procédures», indique France Info. L’une de ces associations vient d'être créée sous le nom «Je ne parlerai qu’en présence de mon avocat».
Pierre-Olivier Sur, l'un des fondateurs de l'association se félicite de l'appel à la mobilisation lancé par le bâtonnier de Paris. «La France et la Belgique sont les dernières démocraties occidentales à ne pas appliquer les règles», explique-t-il à 20minutes.fr. L'avocat attend maintenant qu'un magistrat se saissise des conclusions qu'il a rédigées et circularisées et prononce l'annulation des procèdures.."
-En garde à vue, «il n'y a pas davantage de protection pour les mineurs»
-Le projet de loi Loppsi II passé au crible
-Garde à vue abusive: "...cette banalisation inquiétante est le résultat d’un double mouvement, étroitement lié au tournant sécuritaire de 2001, qui s’est nettement accéléré avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur en 2002 et qui n’a pas cessé depuis: l’accumulation de textes aveuglément répressifs d’une part et la soumission de l’activité policière à la pression statistique de la 'politique du chiffre' d’autre part. Lorsqu’on crée sans cesse de nouvelles incriminations de plus en plus floues, lorsqu’on supprime la notification du droit au silence en garde à vue, lorsqu’on augmente la durée de cette mesure (ex: 96 heures en matière de stupéfiants, jusqu’à 144 heures en matière de terrorisme), lorsqu’on diffère l’intervention de l’avocat, lorsqu’on refuse de généraliser l’enregistrement audiovisuel des auditions, lorsqu’on fait de la garde à vue un 'indicateur de performance' du travail policier, peut-on encore sincèrement s’étonner de la transformation de cette mesure privative de liberté en 'instrument banal de procédure'? Ce dévoiement n’est pas le produit du hasard, il est le fruit d’une volonté politique, qui est aussi celle de François Fillon. Récemment encore, son gouvernement a d’ailleurs vivement soutenu la proposition de loi de Christian Estrosi visant à créer un délit d’appartenance à une 'bande', tellement vague qu’il permettra de placer des personnes en garde à vue sur une simple suspicion d’intention.
Ce que ne dit pas non plus M. Fillon, c’est que la réalité des gardes à vue françaises est également souvent éloignée de la dernière prescription de l’article préliminaire du Code de procédure pénale: 'ne pas porter atteinte à la dignité de la personne humaine'. Ainsi, selon le rapport du Contrôleur général des lieux privatifs de liberté pour l’année 2008, dont on attend toujours la traduction politique, 'la plupart des lieux de garde à vue restent dans un état indigne pour les personnes qui y séjournent' et 'ce sont, en l’état actuel, les lieux de privation de liberté dans lesquels est la plus malmenée l’intimité des personnes qui y passent '.
Ce qu’oublie enfin de préciser M. Fillon, c’est que les personnes gardées à vue sont systématiquement fichées, sans aucune garantie d’effacement en cas de mise hors de cause. Son gouvernement est d’ailleurs l’auteur d’un récent projet de 'loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure ' (dite LOPPSI 2) qui permet notamment de maintenir dans les fichiers dits 'd’antécédents' des personnes qui, en réalité, n’en ont pas, puisqu’elles ont bénéficié de décisions d’acquittement, de relaxe, de non-lieu ou de classement sans suite pour infraction insuffisamment caractérisée."
-Manuel des Droits en Garde à vue
-Les sources de la Garde à vue - AgoraVox
-10 propositions pour réformer la garde à vue

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Les jours d'après (suite)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Les jours d'après (suite)

_________Quelques pistes pour s'y retrouver dans le puzzle syrien.
Pour aller plus loin et autrement dans ce jeu meurtrier à multiples bandes.
Qui déroute et amène les observateurs eux-mêmes à balbutier ou à souvent diverger.
Dans ce guêpier tragique, d'où ne nous proviennent que des échos.brouillés, des informations parcellaires, une vision tronquée et depuis longtemps biaisée, instrumentalisée.
Juste quelques liens à exploiter et à confronter:
___ Une histoire et des opérations d'une grande complexité
___ Un jeu d'alliances enchevétrées
___ Un grand jeu des puissances régionales
___ Un conflit confessionnel, social et politique dès le début
___ Un témoignage intéressant
___ Au sujet de la rébellion dite modérée
___ Les propos du chef du renseignement US, le général Flynn, qui déplore la façon dont est gérée l'affaire et l'action de la CIA, qui mène son propre jeu plus ou mons secrètement.
___ La brume opaque et entretenue qui entoure cette guerre ne favorise pas le débat démocratique, rendant difficile l'établissemet de la vérité.
___ Nous payons les inconséquences de la politique française au Moyen-Orient.

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Iran, ira pas?...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Iran, ira pas?...

Incident diplomatique

D'une gravité exceptionnelle!

Il refuse de boire du vin

Il y a bien du Vittel dans les caves de Matigon

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La Grèce, l'euro et les spéculateurs

Publié le par Jean-Etienne ZEN

La Grèce, l'euro et les spéculateurs

On achève bien un pays

___-La Grèce, victime des hedge funds

-Les prédateurs s'en prennent au maillon faible

La Grèce s'en sortira (elle a bien défait les Perses...), mais à quel prix?

_________-"Si c’est aujourd’hui la Grèce et au-delà les pays faibles de l’eurozone qui tiennent le devant de la scène, leur cas n’est qu’une illustration parmi d’autres des difficultés partagées par l’ensemble des pays dits développés.
Les finances des USA, du Japon, de la Grande Bretagne sont dans une situation à peine moins déplorable et la Grèce ne doit son triste privilège qu’au fait qu’elle est la proie la plus facile dans un troupeau d’éclopés.
La masse de capitaux flottants censée représenter la richesse du monde cherche avant tout à se protéger en ces temps troublés, mais les réflexes prédateurs sont toujours là. Au moindre signe de faiblesse, excités par l’odeur du sang (c’est le vocabulaire en usage dans les salles de marché), les traders parient à la baisse et amplifient les désordres du monde, en une spirale destructrice. L’Europe n’est pas absoute pour autant, loin s’en faut.
Depuis trop longtemps, elle vit dans un état de somnambulisme, entre incantations incessantes à ses principes fondateurs, sa vocation universaliste, et un déni de réalité. Pourvue des attributs d’une institution politique rassemblant les peuples, elle n’en assume aucune responsabilité sur le plan social ou économique, nos dirigeants ayant choisi en une coupable facilité de s’en remettre à l’intervention de la main invisible.."(CI)
_____-"Les difficultés que connaît la Grèce pour sauver l'Union confirment un constat vertigineux: les marchés financiers, sauvés grâce à l'aide des Etats et banques centrales à partir de l'automne 2008, se sont retournés contre ces mêmes Etats un an plus tard. Lesquels se trouvent très mal armés, aujourd'hui, pour répondre à l'offensive. Les gouvernements paient en fait leur pusillanimité à l'égard d'un monde financier qu'ils n'ont pas osé réformer. Les Etats se sont-ils fait avoir par la crise? Sont-ils en train de tirer les leçons de leur échec, pour en finir avec la spéculation?..." (Mediapart)___________________________________
-_________ Pourquoi la Grèce inquiète l'Europe
"J'exclus totalement une banqueroute de l'État grec". Jean-Claude Juncker ne veut pas y croire. Pourtant, le président de l'Eurogroupe peine à cacher son inquiétude. "La situation budgétaire de la Grèce est très tendue, c'est le moins qu'on puisse dire", a-t-il déclaré jeudi avant de s'engouffrer dans le congrès du Parti populaire européen, à Bonn.
Même inquiétude du côté de la présidence tournante de l'Union européenne. La situation en Grèce est "très grave", a jugé jeudi la ministre des Affaires européennes suédoise Cecilia Malmström.
Des messages d'alerte qui semblent avoir été entendus à Athènes. Jeudi, le chef du gouvernement grec Georges Papandréou a annoncé une table ronde inédite entre tous les chefs de partis. Objectif : envoyer "un puissant message à l'étranger" montrant la volonté de la Grèce de "nettoyer" son économie. La réunion se tiendra la semaine prochaine sous l'égide du chef de l'État, Carolos Papoulias. La veille, le Premier ministre avait même prévenu que "pour la première fois" depuis le retour de la démocratie en 1974 " l'impasse financière du pays menaç[ait] la souveraineté nationale " grecque.
-À l'origine de cette mobilisation sans précédent, la décision de plusieurs agences de notation de sanctionner la Grèce pour l'ampleur de son déficit budgétaire. L'une de ces notes a été placée sous surveillance négative par Standard and Poor's lundi, puis la note de sa dette à long terme dégradée par Fitch mardi. Des ajustements qui ont eu pour conséquence de faire plonger l'euro et d'ébranler les bourses européennes. Tout cela pour des raisons bien précises : en 2009, le déficit grec est prévu à 12,7 % du produit intérieur brut. Tandis que la dette publique est attendue à 113 % du PIB (soit 300 milliards d'euros !) pour la fin de l'année et 120 % en 2010... Une situation pour le moins préoccupante, puisque c'est l'ensemble de la solidité de l'économie européenne qui est potentiellement menacée par les difficultés de la Grèce. Problème, les règles de l'UE interdisent que l'Union ou qu'un État membre vole directement au secours d'un État de l'Eurozone en difficulté. Alors que cela est possible pour les pays de l'UE non-membres de la zone euro. C'est ainsi que la Hongrie, la Lettonie et la Roumanie ont déjà pu recevoir des aides importantes de l'UE pour faire face à la crise..."

_______-Les spéculateurs attisent l'affolement des marchés:

"Les "spéculateurs" peuvent-ils faire chuter la Grèce ? L'entraîner vers la faillite, à la façon de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers, tombée à l'automne 2008 ? Les inquiétudes des investisseurs, liées aux déficits record de certains pays de la zone euro – la Grèce, mais aussi l'Espagne et le Portugal –, entraînent de fortes secousses sur les marchés européens. Mais les autorités politiques et les régulateurs observent aussi d'importants mouvements spéculatifs, à même de faire vaciller la zone euro.
L'Espagne a dénoncé, lundi 8 février, des "manœuvres troubles" émanant de "ceux qui sont à l'origine de cette crise, les spéculateurs financiers internationaux".
______"DEPUIS LES ANNÉES 1990, RIEN N'A VRAIMENT CHANGÉ"_Cet avis est partagé par un certain nombre d'experts, qui accusent les fonds spéculatifs – les hedges funds – de profiter de l'effet d'aubaine offert par la crise de la dette grecque pour s'enrichir. Au risque d'aggraver la situation.___"C'est auto-réalisateur : les spéculateurs parient sur la perte de l'autre et le pari même provoque la perte", analyse l'économiste Paul Jorion. "On a le sentiment que depuis les années 1990, rien n'a vraiment changé", renchérit l'économiste Daniel Cohen.En 1992, le milliardaire américano-hongrois George Soros avait mené une intense spéculation sur le marché des changes. Ce patron de hedge fund était parvenu à faire sortir la livre sterling du système monétaire européen. Il avait empoché un peu plus de 1 milliard de dollars, devenant "l'homme qui a fait sauter la Banque d'Angleterre".
Cette fois-ci, les spéculateurs misent sur l'éviction de la Grèce de la zone euro et attaquent la monnaie. Selon le Financial Times du mardi 9 février, les traders ont accumulé plus de 40 000 contrats (7,6 milliards de dollars) pariant sur la chute de l'euro.
Mais leur arme privilégiée reste le marché opaque des CDS, pour "credit default swap", ces contrats d'assurance censés prémunir l'acheteur d'un emprunt d'Etat (ou d'une entreprise) contre le risque de non-remboursement. Plus le risque de défaut est élevé, plus l'assurance coûte cher.___Certains hedge funds tentent de gagner beaucoup d'argent en pariant sur une explosion du prix des CDS grecs. Autrement dit, ils jouent sur la faillite de la Grèce. Le CDS du pays a bondi de 120 points de base en octobre à 419 mardi. Ce qui signifie que le marché évalue à 29 % la probabilité que la Grèce fasse défaut dans les cinq ans à venir, calcule la banque Natixis.A titre de comparaison, avec des finances publiques pourtant dégradées, le Roumanie affiche un CDS de "seulement" 265. "Tout ceci n'est que de la spéculation, commente René Defossez, stratège chez Natixis. Au regard des fondamentaux économiques, la situation de la Grèce n'est pas pire que celle du Royaume-Uni !"..."

____- -Eurozone : anatomie d’un gâchis : Une monnaie unique sans gouvernement ?:

"Les tensions sur les marchés financiers s'accroissent aussi au Portugal et en Espagne, déjà sous pression, comme l'Irlande, depuis 2009. Ces quatre pays, rebaptisés les "PIGS" ("cochons", S pour Spain), devraient rester en récession en 2010 alors que le chômage explose. Une politique de rigueur leur permettra-t-elle de sortir de l'ornière ? Certains experts mettent en garde contre le risque de dépression sévère, comme en Irlande. Pour l'économiste Michel Santi, "les mesures d'austérité en Grèce y provoqueront vraisemblablement une spirale déflationniste".
___Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a d'ailleurs suggéré aux pays de la zone euro, jeudi 4 février, "d'aider d'une façon ou d'une autre" la Grèce. Et il a offert l'assistance du FMI.La crise grecque est ainsi déjà celle de la zone euro, soulignant ses limites institutionnelles et politiques et les failles de ses règles ou de sa politique monétaire.Cette crise comprend aussi des dimensions géopolitiques. De même que l'éclatement de la bulle financière et immobilière a révélé les fragilités de l'Irlande ou de l'Italie, le krach des matières premières a mis fin à l'afflux de capitaux d'origine russe - liés à l'envol antérieur du prix du pétrole - dont disposait la Grèce, au titre de la solidarité "orthodoxe" dans la région, comme Chypre ou la Bulgarie.
La mauvaise gestion grecque est souvent mise en avant comme une bonne raison de la "punir""L'Allemagne était sans doute initialement démangée par l'idée de punir le mauvais élève. Mais elle doit faire attention au risque de contagion. A mesure que la crise grecque se prolonge et s'accentue, d'autres pays se trouvent attaqués à leur tour : le Portugal aujourd'hui, demain l'Espagne et l'Irlande. Après-demain, ce peut même être le tour de l'Italie", prévoit l'économiste Antoine Brunet, président d'AB Marchés. Pour M. Santi, l'Espagne est "le prochain gros domino, car une "configuration astrale" très défavorable s'y met en place, avec un déficit budgétaire de 11,4 % du PIB, un endettement global public et privé de 300 % du PIB - nettement plus grave qu'en Grèce, un chômage également plus important, à 20 % (4,5 millions de chômeurs) et, surtout, un système bancaire excessivement fragilisé !"
___"Les analystes tendent à enfermer la Grèce dans une alternativ
e", souligne M. Brunet. Ou bien respecter ses engagements et "faire du thatchérisme""à des taux d'intérêt durablement extrêmes et à une crise financière patente. Mais une troisième option risque en réalité de tenter les autorités grecques : sortir de la zone euro et rétablir une drachme très sous-évaluée contre l'euro et contre les monnaies méditerranéennes. Cela lui redonnerait de la compétitivité - en particulier dans le secteur du tourisme - et stimulerait donc sa croissance, même si la Grèce serait alors obligée de renégocier une dette extérieure qui, exprimée en drachmes, serait encore plus insupportable", analyse M. Brunet. Cette hypothèse est généralement écartée par les experts, qui la jugent impossible. Mais la crise argentine n'avait pas non plus prévenu : le lien fixe entre le peso argentin et le dollar a pourtant été bel et bien abandonné quand l'Argentine a estimé que "c'était encore la moins mauvaise solution pour elle", explique M. Brunet.
__Pour éviter une déflagration majeure et son extension rapide, les Européens pourraient donc avoir à intervenir, sauf à imaginer que le FMI ne sauve seul un Etat membre de l'Union !Ils pourraient par exemple garantir la dette des pays attaqués..." en la contraignant à une rigueur exemplaire. L'argument est savoureux, au moment où tous les grands Etats viennent massivement de voler au secours de leurs banques en difficulté. De surcroît, Athènes avait déjà dû reconnaître, en 2004, avoir embelli ses statistiques de déficit public pour entrer dans l'euro trois ans plus tard, sans que beaucoup de leçons en soient tirées par ses partenaires.
_____Les Européens ne peuvent pas perdre de vue qu'une faillite de la Grèce risquerait de faire vite tache d'huile : en s'exposant à l'explosion sociale. Ou bien échouer, voire renoncer, et prêter le flanc..."

____-Euro : la fin des calendes grecques - AgoraVox:

"Avec la Grèce, dans un premier temps, les marchés financiers ont trouvé une nouvelle proie à vampiriser. L’Euro qu’on présentait comme le bouclier de l’UE se révèle le modeste cache-sexe d’une Europe aux pieds d’argile. Une UE qui avait choisi la politique de l’autruche en abandonnant aux marchés le soin de mettre un terme aux dérives financières de certains de ses états membres. Le fond du problème c’est d’avoir remis aux calendes grecques la constitution d’une UE plus intégrée , forte de mécanismes de coordination et de coopération.
____Pour comprendre ce qui se passe, autant faire un petit détour par le blog de Jean Quatremer : Coulisses de Bruxelles. Dans un billet au titre explicite : Les marchés financiers américains attaquent l’euro “, le journaliste de Libération avance une explication. “Selon des informations fiables que j’ai obtenu vendredi, émanant à la fois d’autorités de marché et de banques, une grande banque d’investissement américaine (qui a bénéficié du plan de sauvetage des banques US) et deux très importants hedge funds seraient derrière les attaques contre la Grèce, le Portugal et l’Espagne. Leur but ? Gagner un maximum d’argent en créant une panique qui leur permet d’exiger de la Grèce des taux d’intérêt de plus en plus élevés tout en spéculant sur le marché des CDS, un marché non régulé et totalement opaque, afin là aussi de les vendre plus cher qu’ils ne les ont achetés“.
Jean Quatremer décortique dans le détail le mécanisme infernal et réclame l’affirmation rapide de la solidarité européenne à l’égard des états-membres en difficulté, rappelant en conclusion que, “les marchés ont une nouvelle fois fait la preuve qu’ils ne comprennent qu’un langage : celui du pouvoir, brutal de préférence“. De fait, la sortie de crise doit être collective, en s’appuyant sur la solidarité des autres.En l’occurrence, les marchés tirent de leur doux sommeil une UE qui pensait naviguer sur un long fleuve tranquille, dompté par la réalisation du barrage nommé Euro. La situation actuelle témoigne des limites d’une diversité de situations et de politiques économiques au sein de l’UE.
Ce qu’Eric Le Boucher résume à sa façon sur le site Slate.fr : “Croyez-vous encore en l’Europe ? C’est, au fond, la question que posent les marchés financiers aux gouvernements en créant des turbulences financières dans la zone euro, en Grèce, en Espagne, au Portugal. Ils ont raison, c’est la bonne question. La crise a démontré que l’union monétaire européenne était bancale (une monnaie commune mais toujours pas de politique économique commune)”.___Eric Le Boucher stigmatise l’absence de coordination, pour ne pas dire la cacophonie, des Etats de l’UE face à la crise actuelle : “Pour les marchés financiers, cette désunion, cet éparpillement du troupeau européen offrent la possibilité d’attaquer les plus faibles. Comme dans la jungle. Il y a beaucoup d’argent à gagner s’ils réussissent à faire craquer la Grèce, puis le Portugal, puis l’Espagne. Un peu comme ils avaient engrangé des milliards en poussant l’Italie et la Grande-Bretagne hors du Système monétaire européen lors de la crise du « serpent » en 1993. Pourquoi ne pas essayer à nouveau ? Ils n’ont rien à perdre en vérité : ils montent les taux que paie Athènes pour se refinancer et ils se couvrent en cas de défaillance de l’Etat grec. Qui règle la note ? Les citoyens grecs”..."
_________-Euro : Implosion ou sursaut ?:
-"En l’absence de politiques économiques coordonnées et du correctif automatique apporté par la variation des cours des devises, rien ne vient résorber les déséquilibres existant entre les pays membres de l’Union monétaire, et la crise actuelle agit comme un révélateur de ses faiblesses structurelles. --- Si la situation décrite par Krugman n’est guère contestable, il convient cependant de la remettre en perspective. Les anglo-saxons éprouvent une forme de lâche soulagement et se sentent moins seuls à la vue de difficultés de l’Europe continentale. Pour autant, si c’est aujourd’hui la Grèce et au-delà les pays faibles de l’eurozone qui tiennent le devant de la scène, leur cas n’est qu’une illustration parmi d’autres des difficultés partagées par l’ensemble des pays dits développés. Les finances des USA, du Japon, de la Grande Bretagne sont dans une situation à peine moins déplorable et la Grèce ne doit son triste privilège qu’au fait qu’elle est la proie la plus facile dans un troupeau d’éclopés.
La masse de capitaux flottants censée représenter la richesse du monde cherche avant tout à se protéger en ces temps troublés, mais les réflexes prédateurs sont toujours là. Au moindre signe de faiblesse, excités par l’odeur du sang (c’est le vocabulaire en usage dans les salles de marché), les traders parient à la baisse et amplifient les désordres du monde, en une spirale destructrice.
L’Europe n’est pas absoute pour autant, loin s’en faut. Depuis trop longtemps, elle vit dans un état de somnambulisme, entre incantations incessantes à ses principes fondateurs, sa vocation universaliste, et un déni de réalité. Pourvue des attributs d’une institution politique rassemblant les peuples, elle n’en assume aucune responsabilité sur le plan social ou économique, nos dirigeants ayant choisi en une coupable facilité de s’en remettre à l’intervention de la main invisible.
L’élargissement à l’Est fut exemplaire à ce titre. Décrété nécessité historique en raison des grands principes, aucun accompagnement budgétaire, aucune planification de convergence, aucune réelle solidarité ne furent mises en œuvre. Ce faisant, ces pays ne pouvaient choisir d’autre voie que celle de l’endettement et du moins disant social et fiscal. Et lorsque le sauvetage est devenu inévitable, l’Europe s’en est remise au FMI. Que cette crise s’aggrave, et l’Europe révèlera sa réalité : celle d’un grand corps malade, trop vite cousu de membres épars, et dépourvu d’un système nerveux à la taille de son organisme. "(Contre Info)

- Une monnaie unique sans gouvernement ?

-Daniel Cohen et la faillite des Etats ou la faillite des économistes ?

-Crise de l'euro : panique, contradictions et divisions

-L’Europe risque une nouvelle récession

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La nature est-elle capital(e)?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

La nature est-elle capital(e)?

A la veille de la COP 21...qui ne débouchera sans doute sur rien de contraignant...

Où il sera beaucoup question de nature, du point de vue climatique.

On évitera d'évoquer le business dont elle fait l'objet de plus en plus, sous prétexte de protection.

Comme le rappelle opportunément Arte,

On se trouve confronté à des tendances économiques lourdes qui vont à contre courant de l'esprit de la manifestation parisienne à prétention hautement écologique.

A l'heure où les terres s'appauvrissent du fait du développement de l'agrobusiness, l'accès à l'eau se restreint pour beaucoup, des espèces disparaissent à jamais ...La nature prend de plus en plus une valeur marchande.

On le sait, on le voit, la finance peut envahir tous les secteurs de la vie et même...de la mort!

On peut spéculer sur tout, même sur la couleur du futur chapeau de la reine d'Angleterre ou sur l'éventualité d'un tsunami sur les côtes chiliennes...

Ce qui n'a pas de prix en soi devient monétisés, avec les meilleurs sentiments:

Encore embryonnaire il y a quelques années, ce marché est aujourd'hui l'un des plus prometteurs en terme de profit. Son mode de fonctionnement est simple. De plus en plus de sociétés financières ou d'assurances, parfois précédées par les économistes, attribuent un coût à la nature. Combien vaut la forêt d'Amazonie ? Quelle est la valeur marchande de l'incessant labeur de pollinisation accompli par les abeilles ? Jusqu'ici, l'"invisibilité économique" de la nature ne jouait pas en sa faveur : les marchés n'aiment ni l'abondance ni la gratuité. Mais avec la raréfaction des ressources et la disparition programmée de certaines espèces, l'équation a changé. La loi de l'offre et de la demande peut maintenant s'appliquer aux richesses naturelles. Ainsi, des banques et des fonds d'investissements, pourtant responsables de la dernière crise financière en date, achètent d'immenses zones naturelles riches en espèces animales et végétales menacées. Monétarisées et financiarisées, ces réserves sont ensuite transformées en produits boursiers possiblement spéculatifs. On peut donc acheter des actions "mouche", "orang-outan" ou "saumon". En investissant dans ces titres, les entreprises polluantes obtiennent des "certificats de bonne conduite" qui les dispensent de suspendre leurs activités les plus néfastes...

L'enquête dresse un vaste panorama des intérêts en jeu et des lobbies en action autour de ce "nouveau" capital naturel, se demandant au final quelles valeurs défendent réellement ceux qui attribuent un coût à la nature. Une nouvelle crise financière pourrait en effet résulter de la spéculation et de l'effondrement de ces nouveaux marchés...« Ecosystememarketplace » siégeant à Washington, prédit que « la nouvelle vague des profits viendra de ces marchés environnementaux ».

L'avenir est radieux pour une nouvelle vague de profit, au nom du développement durable...

. Bank of America-Merrill Lynch, JP Morgan, Citigroup...tout les grands groupes sont présents

Mais, le vernis environnemental dont se parent les entreprises qui investissent ce nouveau créneau a déjà commencé à craquer. Au Brésil, le cas du géant minier Vale est édifiant. Il se targue de lutter contre la déforestation de l’Amazonie, mais ne plante qu’un seul type d’arbre, l’eucalyptus. Appauvrissante pour la terre, cette variété est en revanche susceptible d’être revendue pour la production de biocarburants. En attendant, coté en Bourse à l’index du développement durable, Vale est rémunéré chaque année par les marchés financiers pour ce prétendu « investissement vert ».

Pourtant on nage en pleine absurdité en considérant la nature comme un capital:

L'ensemble de la nature devient une marchandise cotée. La nature est un sous-système du système financier, un « capital » qui génère des « flux de services » évalués par des organismes de notation. Ecologues et climatologues sont recrutés pour orienter les cat bonds, ces « obligations catastrophe » qui émergent comme les nouveaux fleurons de l’écoblanchiment. Désormais, les acteurs financiers peuvent spéculer sur la dégradation des écosystèmes...

On croit rêver, mais les banquiers et assureurs en parlent avec le plus grand sérieux, le sérieux qui sied à des investisseurs friands de tout.

Un dévoiement de la notion de valeur, une perversion de sens, de la notion de gratuité.

La nature est-elle capital(e)?
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Bon anniversaire, Darwin

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Bon anniversaire, Darwin

__C'était hier__

____Bon anniversaire Darwin!

-Pourquoi le créationnisme renaît-il sous de nouvelles formes?

Crises de civilisation, de la pensée et des valeurs?...

-D'où vient le besoin de croire ?

La révolution darwinienne n'est pas terminée

La théorie darwinienne de l’évolution dérange toujours les créationnismes:
"Le monde d’hier, bien qu’animé des mêmes lois physiques et chimiques que celles d’aujourd’hui, était différent dans ses formes, qu’il s’agisse des continents ou des espèces.
Ce n’est pas parce que nos sens nous montrent un monde stable que celui-ci ne change pas. Sa vitesse de changement peut tout simplement nous être imperceptible. « De mémoire de rose, il n’y a qu’un jardinier au monde », nous écrivit un jour malicieusement Fontenelle (1657-1757). De mémoire de rose on n’a jamais vu mourir un jardinier, nous rappelait Diderot (1713-1784).
L’évolution biologique est contre-intuitive d’abord parce qu’elle constitue un fait d’une ampleur et d’une portée hors de nos sens, et sur des durées pour nous inconcevables. À quelques exceptions près, la règle générale est qu’à petit changement, petite durée ; grand changement, grande durée. Soit le changement d’une espèce dans un temps qui nous est concevable est imperceptible à nos sens, soit des changements peuvent paraître spectaculaires à nos yeux entre une forme ancienne et une forme descendante récente mais alors ces formes sont séparées par des durées inconcevables. Et malheureusement, ceux des êtres vivants qui évoluent vite, produisant de grands changements dans de petites durées, échappent à nos capacités visuelles…
Lorsqu’un virus, une bactérie ou un insecte ravageur s’adapte en quelques années aux contraintes que nous leur imposons, il s’agit d’êtres que nous ne pouvons voir de nos yeux ou bien d’êtres que nous ne croisons pas dans la vie courante. Et même si nous pouvions les voir… il faudrait avoir de la constance dans l’observation. Car l’évolution biologique est un phénomène populationnel. Il ne faut pas s’attendre à voir de ses yeux un individu muter spontanément à un moment donné de sa vie. Son constat est une affaire de fréquences dans des populations.
L’évolution biologique reste donc, le plus souvent, imperceptible à nos pauvres sens humains et c’est peut-être ce qui permet si facilement à tant de forces sociales extra-scientifiques de la nier. Cependant, cette explication est loin d’épuiser tous les déterminants de ces négations, nous y reviendrons. La dimension populationnelle du phénomène évolutif, son imperceptibilité, les efforts d’abstraction qu’il requiert, la place prépondérante du hasard, son incompatibilité avec notre essentialisme (nous serions par essence différents des autres espèces), notre anthropocentrisme, notre notion de destinée, si spontanés, sont autant d’obstacles à sa compréhension. Plus il y a d’obstacles culturels et plus il est nécessaire de traiter d’épistémologie, c’est-à-dire de mécanique de la démarche scientifique, lorsque l’on combat les récupérations idéologiques et religieuses des sciences....
Quelle que soit l’ampleur des changements et quelle que soit l’intensité des contraintes architecturales et fonctionnelles internes, la multitude de facteurs intriqués en jeu est telle qu’il est impossible, sur le plan théorique, de donner une priorité absolue aux forces stabilisatrices. En d’autres termes, le milieu, lui-même imprévisible sur le long terme, rend, via la sélection naturelle, le devenir d’une espèce imprévisible et rend du même coup caduque toute notion de « destinée ».
Rien n’est écrit dans le marbre et l’on a coutume de dire, après S.J. Gould (1941-2002), que si nous revenions à un point antérieur quelconque du film de la vie, la probabilité pour que la série d’événements se déroulant sous nos yeux à partir de ce point soit exactement la même est infiniment faible. La notion même de destinée est incompatible avec tout processus historique, processus évolutif compris.
C’est l’une des difficultés psychologiques les plus difficiles à surmonter lorsque l’on tente de faire comprendre le processus évolutif à un public qui confond encore le discours sur les faits naturels et le discours sur les valeurs. En effet, tandis que l’absence de « but » et de « destinée » dans l’explication scientifique d’un phénomène naturel ne relève que de l’amoralité de la démarche scientifique et de sa neutralité métaphysique, le discours scientifique injustement transposé comme discours moral et/ou métaphysique rend pour nos semblables ces absences de but et de destinée désespérantes, intolérables, immorales.
Bien entendu, ce n’est pas la théorie de l’évolution qu’il faut récuser dans ce cas mais la confusion entre le discours scientifique sur les faits, méthodologiquement défini et limité, et le discours sur les valeurs qui relève de processus d’élaboration très différents. Il faut expliquer alors qu’il ne faut pas projeter nos réflexes psychologiques (buts, actions intentionnées) et nos espoirs (destinée) dans une explication scientifique de l’origine des espèces. La théorie de l’évolution n’incorpore ni transcendance, ni but, ni destinée, n’a pas à donner de « sens » à notre vie, ne défend ni ne préconise aucune valeur, aucune morale : ce n’est simplement pas le rôle d’une théorie scientifique...
____La volonté politique la plus manifeste est représentée par le mouvement américain de l’Intelligent Design. Suite aux revers juridiques des créationnistes « scientifiques » de la seconde moitié des années 1980, ceux-ci doivent à nouveau changer de stratégie. Dès le début des années 1990, P. Johnson, juriste, élabore la notion d’« Intelligent Design » (ID) à partir de la vieille analogie du théologien anglican William Paley et la présente comme théorie scientifique. La stratégie consiste à utiliser l’étiquette « science » pour atteindre des objectifs politiques et spirituels, objectifs clairement énoncés dans leur « Wedge Document » ... L’un de ces objectifs principaux est de faire passer une conception théologique pour de la science afin que celle-ci soit enseignée dans les écoles. Selon le « Discovery Institute » qui structure le mouvement, « la théorie du dessein intelligent affirme que certaines caractéristiques de l’univers et des êtres vivants sont expliquées au mieux par une cause intelligente, et non par un processus non dirigé telle la sélection naturelle ».
Le mouvement du « dessein intelligent » s’emploie donc à critiquer tout ce qui peut l’être dans la théorie darwinienne de l’évolution, et surtout ses ennemis de toujours : le matérialisme méthodologique inhérent à une approche seulement scientifique des origines du monde naturel, et le rôle de la contingence des facteurs de transformation des espèces au cours du temps. Pour tout schéma argumentatif, il ne s’agit que de la répétition, sous une forme retravaillée, de l’analogie finaliste du théologien anglican William Paley (1743-1805). Arguant que tout objet/artefact est intentionnellement façonné pour remplir une fonction, Paley et ses imitateurs d’aujourd’hui transposent ce principe dans la nature pour faire intervenir une intelligence conceptrice à l’origine de l’adéquation entre formes et fonctions naturelles et donc une intelligence à l’origine des êtres vivants. C’est la vieille analogie de la montre. Dans une montre, l’adéquation « parfaite » de la forme de chacune des pièces à la fonction qu’elle remplit et son agencement harmonieux avec les autres pièces remportent l’admiration et appellent à supposer que l’ensemble provient de la volonté d’un horloger présumé.
Dans la nature, le rayon de courbure du cristallin est tel que les rayons lumineux se focalisent précisément en un point de la rétine ; et la merveilleuse adéquation entre forme et fonction ne peut être, dans ce raisonnement analogique, plus efficacement expliquée que par l’hypothèse d’une intelligence conceptrice dès son origine. Les promoteurs modernes du dessein intelligent pensent que la science rénovée, incorporant les causes surnaturelles, doit chercher et dicter ce qui constituera une « éthique naturelle », une « morale naturelle », et que cette science-là sera en mesure de découvrir quels comportements transgressent les buts sous-jacents au dessein intelligent à l’origine de l’espèce humaine.
Ce serait donc à cette science de découvrir lesquels de nos comportements, nos mœurs, notre morale, sont voulus par Dieu. La fonction de Think Tank conservateur prend alors toute sa signification : l’avortement et l’homosexualité transgressent l’Intelligent Design de Dieu, notamment par dévoiement des fonctions pour lesquelles nos formes avaient été initialement créées. En donnant une assise prétendument scientifique au « Bien » et au « Mal », le courant du « dessein intelligent » débouche donc sur une sorte de scientisme religieux et théocratique incompatible avec la laïcité. En décembre 2005, l’ID est clairement identifié au « procès de Dover » comme religion déguisée et non comme science, et son enseignement est déclaré anti-constitutionnel.
__S’il arrive à des scientifiques d’écrire contre les créationnismes, c’est que ces derniers tentent de s’introduire dans la démarche scientifique, miment les sciences, ou encore font dire aux sciences ce qu’elles n’ont pas à dire. Ces scientifiques ne font alors que leur devoir de citoyens."

-Theorie de l'evolution : j'accuse les creationnistes...
-L'armée créationniste de la nuit
-Evolution et créationnismes
-Cosmogonies et création dans diverses cultures_________________________

-Bon anniversaire Darwin!

-Créationnisme : offensive européenne
-Créationnisme : inquiétant retour
-(Petite?) révolution dans l'évolution

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Paris: le jour d'après

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Paris: le jour d'après

Analyse et hypothèses

Il n'y a pas de génération spontanée.

Après l' horreur et les larmes, il est fondamental de ne pas rester au stade de l'émotion, souvent mauvaise conseillère, mais de s'efforcer d'entrer enfin dans la phase de l'analyse rationnelle et de l'action courageuse, même si les problèmes sont devenus très compliqués, à force d'attentisme, de désinformation, d'intérêts et de double jeu.

Tocqueville avait raison: ce qui se passe sous nos yeux est le plus difficile à comprendre.

Comprendre au moins partiellement, avec les informations dont nous disposons, rares et souvent biaisées, en sortant de l'émotion, de l'immédiateté paralysante.

Le drame parisien n'a pas surpris les spécialistes et a même été anticipé et redouté par beaucoup d'observateurs, qui s'attendent à des répliques plus importantes.

Quand on est en guerre ( et on est en guerre!), comme le dit aussi Pierre Conesa, les conséquences ne peuvent nous surprendre, même si elles nous désolent.

Une guerre, oui, il ne faut pas avoir peur des mots. Mais une guerre d'un type particulier, qui n'a rien de religieux, qui va être longue à mener, car on a laissé trop longtemps, par intérêt ou inertie, pourrir la situation.

Comment sortir de l'imbroglio, du bourbier apparemment inextricable, de notre relative impuissance, du lourd héritage pas si lointain de la politique impériale des néoconservateurs américains au MO et du chaos qu'ils ont contribué à créer (*), du double jeu des pays occidentaux et de celui de certaines puissances locales, notamment de la Turquie?

“Au cours des cinq dernières années au moins, l’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis, la Jordanie et la Turquie ont tous apporté un soutien financier et militaire considérable à des réseaux militants islamistes liés à al-Qaïda qui ont engendré l’« État islamique » que nous connaissons aujourd’hui. Ce soutien a été apporté dans le cadre d’une campagne anti-Assad de plus en plus intense dirigée par les États-Unis.” [Nafeez Ahmed, journaliste britannique à The Guardian et à la BBC]

Le problème est qu'on ne fait pas la guerre aux terroristes comme on la fait dans une guerre normale et il y a tout lieu de croire que l'on n'est qu'au début d'un processus qui peut être long.

Même si, comme on le dit, les jihadistes de Daesh perdent du terrain en Irak et en Syrie, l'état islamique occupe un vide qui ne cesse de grandir, avec des moyens financiers considérables, sur la base de nombreux trafics, pétroliers notamment.

Les loups sont entrés dans Paris...comme le chante Reggiani

Les larmes de crocodiles des soutiens de Daesh ne leurrent que les ignorants. Les Etats occidentaux ne peuvent combattre le jihadisme en soutenant ses parrains, les pétromonarchies.

Un chef du renseignement US, le général Flynn déplore la façon dont est gérée l'affaire.

La CIA mène son propre jeu secrètement. La mondialisation a accentué les périls.

La brume opaque qui entoure cette guerre ne favorise pas le débat démocratique.

La première victime d'une guerre, on l'a souvent répété,c'est la vérité.

L'Europe en souffrira, c'est sûr, mais il n'est rien de pire que le déni.

Le problème est que ce sont des guerres qui ne disent pas leur nom et qui demeurent entourées d’une brume opaque. Où sont les communications quotidiennes des généraux sur le nombre de sorties de l’aviation, le bilan des frappes ? Où est le rappel régulier du nombre de soldats morts ? (Il est sur Wikipédia pour ceux que cela intéresse, mais il est impossible à trouver de manière rècapitulative sur le site du ministère de la défense.) Où sont les réflexions stratégiques des think tanks militaires sur les sorties de conflit ? Et, peut-être plus important, où sont les débats parlementaires autres que purement formels, l’information régulière des élus, les commissions d’enquête

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(*) Nous avons créé et financé Al-Qaïda, a déclaré Hilary Clinton

Zbigniew Brzeziński à Poutine : « Arrêtez de frapper NOTRE Al-Qaïda, ou bien c’est la troisième guerre mondiale »

... Toutes ces guerres au proche et moyen orient sont initiées par une politique du "Chaos contrôle", Chaos contrôlé par les les États-Unis et Israël (projet de balkanisation du proche et moyen orient: démantèlement des états par des guerres, des attentats, la division des états en ethnies religieuses les affaiblissent ainsi). Toutes ces guerres au proche et moyen orient sont également soutenues par des pays vassaux des Etats Unis ....La France avait agressé en 2011 un pays souverain, la Libye en le bombardant (quand N. Sarkozy été président). C’est sans être mandaté par personne que BHL s’est attribué un rôle diplomatique officiel !

...Certains gouvernements ne semblent pas avoir intégré cette vérité et persistent à commettre les mêmes fautes sur la base des mêmes calculs erronés s’attendant, à chaque fois, à des résultats différents.;Il est prouvé que l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures des États ne mène qu’à leur destruction, engendrant opportunément les crises humanitaires et le chaos, les transformant en usines de fabrication d’extrémistes et de terroristes..."

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FBI et coups tordus

Publié le par Jean-Etienne ZEN

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Braves voisins

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Braves voisins

Les voisins veillent

Oui, mals...

Surveiller et moraliser?...

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Pérou: fragile démocratie

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Pérou: fragile démocratie
Pérou déchiré

___________Une violence souvent masquée
"L'Amazonie péruvienne est la plus riche en biodiversité et toute déforestation y est presque irrémédiable. Au Pérou, on dénombre 40 conflits par mois liés à la contamination des milieux naturels.Dans ce contexte, ce mouvement de protestation est une sorte de « Ya basta ! » des communautés, qui trouve un écho favorable à tous les niveaux de la société péruvienne.D'autant plus que l'exécutif multiplie les maladresses. L'arrivée providentielle de la grippe A, il y a deux mois, avait permis de passer sous silence le mouvement. Les dirigeants de la principale association indigène de l'Amazonie (Aidesep) n'ont été reçus qu'après plus d'un mois de lutte. "(C.Gaillard)
_______"Ce qui se passe au Pérou est une illustration dramatique d'un problème devenu crucial dans l'ensemble de l'Amérique latine : l'exploitation du sous-sol et la dévastation de l'environnement au détriment des populations autochtones et de la biodiversité." (Yle B)_______________________________
-Massacres, disparitions: la face noire de la démocratie au Pérou:
"...Au Pérou, 13 000 disparus, dix fois plus que dans le Chili de Pinochet
On estime aujourd'hui que le nombre de disparus dépasse les 13 000 -soit dix fois plus que dans le Chili de Pinochet. Mais qui a jamais entendu parler d'eux ? Et pourtant, durant vingt ans, la population indienne de l'Altiplano, déjà victime d'un racisme ancestral, a été littéralement prise entre deux feux -entre deux barbaries- et a vu se multiplier en toute impunité les pires atrocités : tortures, viols, assassinats, disparitions…Tout cela, sous l'autorité de gouvernements démocratiques -ou du moins démocratiquement élus- et dans l'indifférence de la majeure partie de la population péruvienne et de la communauté internationale.Mais si la condamnation de Fujimori demeure historique, elle reste insuffisante. Sur plus de 1 200 militaires et policiers actuellement mis en cause pour violations des droits de l'homme, une quinzaine seulement ont été condamnés à des peines de prison ferme.Ces deux dernières années, sur 31 jugements rendus, 29 ont conduit à un acquittement, 2 à des condamnations - dont une a été annulée par la Cour suprême..."
-Violences du 5 juin au Pérou

  • AuPérou lourd bilan pour le mouvement des Indiens
  • La course au pétrole tue en Amazonie péruvienne
  • Tous nos articles sur les Indiens d'Amazonie
  • -Drogue et violence politique au Pérou.
  • Valencia Chamba F., Rios Alvaredo J., Piketty M.G., Tourrand J.F.. 2003. Autrepart
  • Après la Colombie et avant la Bolivie, le piémont andin péruvien a été façonné par l'alliance entre le narcotrafic et le terrorisme. L'histoire du Alto Huallaga montre comment l'agriculture familiale a basculé à la fin des années soixante-dix dans la production massive de coca, et comment s'est constituée une filière organisant les migrations de paysans depuis la Sierra et de la Costa vers l'Amazonie, pour y être planteurs de coca, exportant vers le premier monde le produit fini. Cela fut aussi favorisé par la transformation de la guérilla du Sentier lumineux en mouvement terroriste à la solde du narcotrafic et par la forte implication dans le système mafieux de leaders politiques comme du système bancaire national et international. Puis, dans les années quatre-vingt-dix, l'État s'est lancé dans une guerre impitoyable contre le narcotrafic, détruisant plus de 80 % des surfaces de coca. La violence des affrontements a été telle qu'aujourd'hui chaque famille compte des morts, tandis que l'espace est en grande partie déforesté et les terres très dégradées. Pourtant, rien n'est joué, et d'autres cultures illicites ne demandent qu'à remplacer la coca, utilisant des filières similaires.

-L’exploitation de l’Amazonie provoque des violences au Pérou
-Les Indiens péruviens font plier Alan Garcia
-Alan Garcia : coup de reins du néolibéralisme
-Amazonie : les députés réviseront les décrets
>CIDH condena violencia y llama a promover el diálogo y el respeto a los Derechos Humanos__________________________- Choses vues au Pérou__-Perou d'hier et d'aujourd'hui

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