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Détroit: résurrection?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Résilience américaine?______

_____ La ville partait à le dérive...
 L'ancienne et mythique capitale de l'automobile, coeur du rêve américain, se clochardisait peu à peu, sous le choc de la crise et  par manque d'adaptation à une concurrence féroce.
La cité de Ford, General Motors, Chrysler... régressait à vue d'oeil , touchée au coeur.
Cela semblait irréversible. La ville en déroute  perdait sa substance, jusqu'à devenir ville-fantôme.
Obama est arrivé en sauveur, injectant des capitaux qui devait sauver le marché automobile, symbole de l'american way of live...
La ville semble renaître, pas seulement son équipe de baseball

" 80 milliards de dollars injectés dans une industrie malade, incapable de vendre des modèles trop chers, trop gros et trop gourmands en carburant. Un peu comme si le gouvernement français prenait le contrôle de PSA… Un sauvetage risqué mais incontournable, Obama s’étant engagé à défendre coûte que coûte le « made in America ». Et, au final, sauvetage plutôt réussi !"
Une bonne nouvelle, au coeur d'une économie dévastée.
En attendant de nouvelles révolutions en matière d'industrie automobile...
Pas étonnant qu' Obama ait fait là-bas de bons scores.
______Pari néokeynésien réussi, malgré une dette fédérale qui s'alourdit encore, mais on n'est plus à quelques milliards près...
Pari fragile, quand on voit que la croissance américaine est largement  compromise par le politique de la Fed, les excès de la finance et les profondes inégalités engendrées les années passées.
Les firmes renouent avec les bénéfices, mais en modifiant complètement les conditions de travail, qui devient un système à deux vitesses:
« Depuis 2009, nous avons perdu pas mal de primes alors que le PDG de Ford, Alan Mulally, et certains de ses cadres ont empoché 35 millions de dollars de bonus. Et, aujourd’hui, à mon poste de travail, je suis tout seul, alors que nous étions deux auparavant. » Surtout, Jeff voit l’émergence rapide d’un monde qui le désole, l’explosion des contrats précaires, la généralisation d’un système qui met côte à côte, sur des postes quasi identiques, anciens et nouveaux venus payés moitié moins et privés des confortables garanties de retraite dont il va bénéficier : « Entre eux et nous, il y a une coupure, c’est clair. »
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Königin Angela, ohne Krone

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Naufrage européen de l'austérité...__
__________________________entend-on de plus en plus souvent en Allemagne.

__Il ne convient pas de crier  Haro sur l'Allemagne, car elle n'est pas aussi monolithique qu'on le croit et  sait qu'elle n'est plus à l'abri de la crise, même si les conservateurs semblent faire preuve de rigidité et parfois d'arrogance, se sentant sans doute vulnérables.
Non, elle bouge...

__Qu'Angela et les intérêts qu'elle représente subissent des critiques d'autres pays d'Europe, qu'elle soit mal reçue au Portugal ou en Grèce, qu'on s'inquiète en France de certaines de ses vélléités, voilà qui est compréhensible, mais qu'elle soit mise en question par les siens, est plus étonnant ou moins connu.
Le vieux Helmut Schmidt ne s'est pas privé de critiquer l'entêtement de la chancelière et son manque de vision, comme certains économistes européens et américains. Même son mentor ne la comprend plus...
 Le député écologiste Jürgen Trittin ne mâche pas ses mots : « Nous sommes dans une situation dramatique et madame Merkel, assise sur sa chaise,  se demande quand elle va sortir du placard ses chaussures du jogging ». Dans la même veine, le chef des députés du  SPD  Frank-Walter Steinmeier s’est exclamé: « la maison brule et madame Merkel a peur de se bruler les doigts ».
______Ulrich Beck critique son habileté machiavélique
"...En politique intérieure, la chancelière rassure les Allemands, qui ont peur pour leurs retraites, leur petit pavillon et leur miracle économique, et elle défend avec une rigueur toute protestante la politique du non - bien dosé -, tout en se profilant comme la maîtresse d'école seule capable de donner des leçons à l'Europe. En même temps, elle conçoit, dans les affaires extérieures, sa "responsabilité européenne", en intégrant les pays européens dans une politique du moindre mal. Son offre qui a aussi valeur d'appât se résume en cette formule : mieux vaut que l'euro soit allemand plutôt qu'il n'y ait pas d'euro du tout.
En ce sens, Mme Merkel continue à se révéler une très bonne élève de Machiavel. "Vaut-il mieux être aimé que craint ?" demande celui-ci dans Le Prince. "La réponse est qu'il faudrait l'un et l'autre, mais comme il est difficile d'accorder les deux, il est bien plus sûr d'être craint qu'aimé, si l'on devait se passer de l'un d'eux." La chancelière allemande recourt à ce principe de façon sélective : elle veut être crainte à l'étranger et aimée dans son pays - peut-être justement parce qu'elle a enseigné la crainte aux autres pays. Néolibéralisme brutal à l'extérieur, consensus teinté de social-démocratie à l'intérieur : telle est la formule qui a permis à Merkiavel de consolider sa position de force et celle de l'Europe allemande."
____________________En fait, le tissu social allemand se déchire. La misère de ses retraités, la condition d'une partie du salariat font problème et beaucoup commencent à prendre conscience des faiblesses souvent masquées du pays.
►____Ce que disait récemment Mélenchon à ce sujet ne manque pas de pertinence:
__"...Il suffit de faire le bilan social de la situation allemande pour comprendre qu'une politique de gauche n'a rien à voir avec ce qui a été entrepris là-bas quand bien même c’est le chancelier « social-démocrate » Gerhard Schröder qui l’a mise en place. En Allemagne, la situation des travailleurs et des chômeurs est pire qu'en France. Les réformes des sociaux-libéraux, poursuivies par les libéraux de Merkel ont précarisé l'ensemble des classes populaires. C'est ce que dit le Bureau international du travail. Dans ce rapport, le Bureau international du travail explique clairement les données du problème posé : « Le gouvernement Schröder a engagé une série de réformes du marché du travail à compter de 2003. [...] Cependant, la plupart des réformes ont principalement entraîné une déflation salariale dans les secteurs des services, où de nouveaux emplois, pour la plupart à bas salaires, sont apparus.  Ces politiques de déflation salariale ont non seulement eu des conséquences sur la consommation des ménages, qui est restée à la traîne par rapport aux autres pays de la zone euro [...] mais elles ont aussi provoqué une accentuation des inégalités de revenu, à un rythme jamais vu. Au niveau européen, les autres pays membres estiment de plus en plus que seules des politiques de déflation salariale encore plus strictes résoudront leur problème de compétitivité, ce qui est d’autant plus décourageant qu’on voit mal dans quelle mesure ces politiques de déflation salariale en Allemagne ont contribué à une hausse de l’emploi, qui était à peine plus élevé en 2006 qu’en 1991 ».
____Tel est, au-delà des mots d’allégresse et des recommandations des médiacrates, la réalité du modèle proposé en exemple et le bilan social de l’Allemagne. Pourquoi n’est-il jamais évoqué ? Si le témoignage du BIT peut être déclaré suspect dans la mesure où son nom pourrait suggérer une tendresse excessive pour les salariés, voyons chez les libéraux eux-mêmes. Il s’agit de la fondation IFRAP. Très libérale. Que dit-elle ? « En mars 2012, près de 7,29 millions de personnes bénéficiaient d’un contrat à salaire modéré (« mini-job »). Parmi eux, seuls 4,76 millions n’avaient pas d’autre salaire que ce mini-job. Près d’un million de jeunes vivent avec ce revenu, qui est généralement majoré de l’allocation « Hartz IV » de 375 euros. En Allemagne, la libéralisation du marché du travail s’est faite au détriment du bas salaire individuel et des parents isolés. En effet, les statistiques de l’Union européenne sur le revenu et le niveau de vie (EU-SILC) le montrent très clairement : le risque de pauvreté des travailleurs seuls allemands est de 14% et de près de 30% pour des parents isolés. Il l’est de 40% si on y inclut les chômeurs. Ces chiffres sont nettement inférieurs en France. » Je précise que sur les 5 millions de mini-jobbers, 3,5 millions sont des femmes. Evidemment.
_Au-delà du coût social, cette politique est un désastre économique. Le Bureau international du travail insiste aussi sur le fait que les "réformes" allemandes ne peuvent pas être généralisées à toute l'Europe. Il explique que l'Allemagne est même en grande partie responsable de la crise actuelle dans la zone euro ! « Comme les coûts unitaires de main-d’oeuvre en Allemagne ont baissé par rapport à ceux des concurrents durant la décennie écoulée, il en est résulté des pressions sur la croissance dans ces économies, avec des conséquences néfastes pour la viabilité des finances publiques. Et, surtout, les pays en crise ne pouvaient pas recourir aux exportations pour pallier l’insuffisance de la demande intérieure car leur secteur manufacturier ne pouvait pas bénéficier de la hausse de la demande globale en Allemagne ».
__La « stratégie allemande » arrive à sa limite. Ces dernières années, l'Allemagne s'est comportée comme le passager clandestin de l'Union européenne. Elle profitait de la demande de ses voisins pour exporter. Et pour leur faire la leçon. Mais pendant ce temps la contraction des salaires allemands empêchaient les autres pays de faire de même. La farce s’épuise. L’Allemagne s'est prise à son propre piège. A force de vouloir imposer l'austérité salariale et budgétaire à toute l'Europe, elle a scié la branche sur laquelle elle est assise. L'austérité généralisée plonge l'Europe dans la récession. L'austérité française, italienne, grecque, espagnole ou portugaise prive les entreprises allemandes de clients. Et comme les salaires allemands sont trop bas pour compenser, l'Allemagne s'enfonce à son tour dans le marasme économique. Le mois dernier, le chômage a progressé en Allemagne pour le septième mois consécutifs. La hausse du nombre de chômeurs a même été deux fois plus forte que ce qu'attendaient les principaux économistes. Quelqu’un a prévenu Ayrault ? Et Hollande ?
__Le mirage du modèle allemand commence à se disperser. Même dans le sacro-saint registre financier où parait-il rien n’est plus sûr et fiable que le coupon allemand ! Mais oui : ces derniers mois, l'Allemagne a aussi rencontré des difficultés sur les marchés financiers. Le 5 septembre dernier, l'Etat allemand a cherché à placer 5 milliards d'euros de titres de dette. A longue échéance : septembre 2022. Il n'a pas trouvé preneur pour la totalité. Il n'a reçu des offres qu'à hauteur de 3,93 milliards d'euros. Ainsi donc à horizon de dix ans, l'Allemagne inquiète les financiers ! C'est normal, elle vieillit et repose sur un modèle archaïque. Quelqu’un prévient Hollande et Ayrault que la ligne Maginot et la ligne Siegfried sont dépassées ?"__________________
-Entêtement   - Le problème Merkel

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Poutine or not poutine?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

  Diaboliser Poutine?                                                             [Eléments d'interprétation]

                                             C'est le pire que l'on puisse faire.

         On ne négocie pas avec ses amis ou avec ses proches...Couper les liens avec la Russie ou la clouer au pilori serait contre-performant, lourd de risques.

     Il a raison Vladimir Fédorovski : Il ne faut surtout pas humilier la Russie.

    Quoi qu'on pense de lui et de ses choix politiques ou ce que l'on croit en connaître, à travers une information souvent partielle ou partisane, discutable.

        Poutine est ce qu'il est.

    Personnage controversé, certes, mais on ne peut se contenter de gloser jusqu'au roman sur ce que l'on sait de l'homme et de ses motivations, mais il importe de recadrer la politique russe du moment, qui ne se ramène pas à de la psychologie de bazar, à une imageries people, dans l'histoire récente et les rapports géostratégique du moment.

             L’anti-poutinisme de principe, qui en est encore aux fantasmes de la Guerre froide, est absurde.

      C'est Henry Kissinger, qui n'est pas un enfant de choeur, qui le dit, comme d'autres Américains un peu lucides: il a expliqué à de nombreuses reprises ces derniers mois que « l’anti-Poutinisme » hystérique des Etats-Unis et de la presse américaine, ne constituait nullement une politique mais était en réalité une réponse à l’absence de politique. Il n’y a rien de plus exact. Il le dit dans une interview qu’il a donnée à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel le 13 novembre. Le niveau de délire de la presse américaine a été bien analysé par Robert Parry, l’un des plus grands journalistes indépendants des Etats-Unis. Il est aujourd’hui tragique de voir que ce discours, qui est une véritable propagande de guerre, envahit les médias en France et en Grande-Bretagne.

        Celui que l'on nomme à tort le nouveau tsar est, dans une large mesure, la produit de l'ère post-gorbatchevienne-eltsinienne et de ses dérives, de son effondrement économique évitable du pays mis en pièces, en coupes réglées, largement encouragée par certaines forces états-uniennes, comme le reconnaît J.Stiglitz, alors à la direction de la banque mondiale, du retournement qui s'en suivit ainsi que la réaction nationale prévisible. Dans le cadre d'une démocratie encore à construire...ON ne peut reprocher à Vladimir P. de n'avoir pas procédé à un certain endiguement de la corruption et d'avoir sorti le pays du marasme des premiers temps.

(On n'oubliera pas que les acquis de la Révolution Française a mis un siècle à se stabiliser tant bien que mal, avec les régressions autocratiques que l'on connaît..).

       Il n'est pas facile de comprendre vraiment le véritable jeu du Kremlin en Syrie, la vérité étant la première victime de la guerre, au coeur de ses intérêts géostratégiques.. Et que savons-nous, dans le brouillard ( ou brouillage) médiatique et des légitimations officielles, de tous les tenants et aboutissants de ce conflit? Une révolution fomentée en partie de l'extérieur. De toutes façons, dans ce terrible affrontement évitable à multiples bandes, personne n'est innocent, surtout pas les puissances occidentales, surtout pas ceux qui ont, par la destruction de l'Irak, mis délibérément  le désordre dans cette région, qui, au, nom d'un chaos créateur à la Dick Chesney, ont procédé aux démantèlements qui a fait fructifier tous les fondamentalismes, quand ils n'ont pas été instrumentalisés.

    Rien n'est aussi simple que ce qui est diffusé sur nos  antennes pressées et formatées.

Les USA, via  l'Otan, continue leur jeu d'encerclement, dans le sillage de la guerre froide, qui ne peut qu'irriter la Russie déjà amputée. (*)

      Face à l'hypocrisie et le double jeu occidental, Poutine suit sa logique propre où la mémoire joue son rôle.   " Quand il arrive au pouvoir, présenté par ses promoteurs les oligarques, Berezovsky, Abramovitch et consorts, comme un pantin manipulable, V. Poutine trouve un pays économiquement en ruines. La crise de 1998, provoquée par une insertion trop brutale dans le marché mondial, a été catastrophique pour la Russie. Il a donc hérité d’une situation très compliquée avec une corruption galopante qui perdure d’ailleurs aujourd’hui. Le premier succès de V. Poutine, celui sur lequel il capitalise toujours en réalité, a été de sortir le pays de la crise en reprenant en main les actifs gaziers et pétroliers des oligarques pour les placer sous tutelle de l’Etat, inaugurant une nouvelle période de prospérité. Les Russes lui sont toujours reconnaissants de cela ce qui explique en grande partie sa popularité. D’un autre côté il faut également comprendre que le contrat social russe se fonde sur une délégation de pouvoir absolu contre la prospérité et une certaine forme de grandeur du pays ; c’est en ce sens que V. Poutine peut être vu comme l’héritier tant des tsars que des dirigeants soviétiques. Il se place ainsi dans la droite ligne de ses grands prédécesseurs vus comme les bâtisseurs de la Russie et d’une certaine façon à contre-courant de B. Eltsine, même si c’est lui qui l’a amené au pouvoir."

   Un héritage et une situation complexes  où nous comptons si peu, ccomme le dit Védrine.

           Le sénateur McGovern met en garde son pays contre toute tentative de mésinterprétation et de diabolisation à l'encontre d'une Russie supposées encore agressive, comme au temps de Reagan, qui avait temps besoin de cet ennemi.

          La Russie est bien que plus proche de nous culturellement qu'on ne dit.  La réduction simplificatrice et la diabolisation de nos si proches voisins revient périodiquement en force. Comme il est dit:  il y a eu peu de discussions intelligentes à propos de ces risques dans les grands médias américains ou même, apparemment, dans les salles du pouvoir à Washington. On dirait un somnambule marchant vers un abîme."

  Le pire serait de se couper d'un peuple si proche, en attendant des jours meilleurs, des institutions plus conformes à nos traditions héritées de 89.

       Mais les hydrocarbures sont, encore une fois, l'enjeu masqué de l'affrontement. _________________

      ____________ (*)  Comme le dit Stephen Cohen:

1)  La décision d’étendre l’OTAN jusqu’à la frontière même de la Russie:  ça n’a aucun sens de dire que Poutine a violé l’ordre de l’après-Guerre-Froide en Europe. La Russie a été exclue de l’ordre de l’après-Guerre-Froide en Europe du fait de l’expansion de l’OTAN. La Russie a été repoussée « quelque part au-delà » (au-delà d’une zone de sécurité). La Russie insistait: « Procédons à un arrangement de Sécurité Pan-Européenne comme Gorbatchev et Reagan le proposaient. » Les expansionnistes de l’OTAN dirent : « Ceci n’a rien de militaire, c’est une question de démocratie et de libre échange, ce sera bon pour la Russie, avalez le poison et souriez ! » Et quand les Russes n’avaient pas le choix, dans les années 1990, ils l’ont fait; mais lorsqu’ils sont redevenus plus forts et se sont retrouvés dans la possibilité de choisir, ils ont cessé de subir en silence.

  La Russie commença à se défendre, comme l’aurait fait tout dirigeant russe qui aurait été sobre et qui avait le soutien de son pays. Je ne dis pas ça pour rire. A la fin, Eltsine pouvait à peine marcher. Il a été poussé hors de la présidence, il n’a pas démissionné volontairement. Mais le fait est que n’importe qui aurait pu prédire cette situation dans les années 1990 – et certains d’entre nous l’ont fait, souvent et aussi fort qu’il nous était permis.

  2)  Le refus de la part des Etats-Unis de négocier au sujet des missiles de défense: les missiles de défense sont maintenant un projet de l’OTAN. Ceci veut dire que les installations de missiles de défense, sur terre ou sur mer (celles sur mer étant les plus dangereuses) font maintenant partie de l’expansion de l’OTAN et de son encerclement de la Russie. La défense anti-missiles fait partie de ce système de défense. Les Russes sont absolument certains que ce sont leurs capacités de représailles nucléaires qui sont visées. Nous disons : « Oh, non, cela concerne l’Iran, cela ne vous concerne pas. » Mais allez donc vous entretenir avec Ted Postel à l’MIT [Massachussetts Institute of Technology]. Il explique que les missiles de défense des dernières générations sont des armes offensives qui peuvent frapper les installations russes. Entre-temps, nous accusons la Russie de développer à nouveau des missiles de croisière; et ils ont recommencé à le faire parce que nous sommes retournés à une course aux armements « œil-pour-œil, dent-pour-dent, » pour la première fois depuis nombre d’années.

  3)  Le fait de nous mêler des affaires intérieures de la Russie au nom de la promotion de la démocratie:  en plus de financer les programmes d’ « opposition politique » du National Endowment for Democracy partout en Russie et en Ukraine––êtes-vous conscients du fait que lorsque Medvedev était Président de Russie et que Mme Clinton et Michael McFaul procédèrent à leur merveilleuse « réinitialisation, » (c’était un jeu diplomatique truqué, si vous en regardez les conditions), le Vice-Président  Biden se rendit à l’Université d’Etat de Moscou et déclara que Poutine ne devait pas retourner à la Présidence. Il le lui répéta ensuite à la figure. Imaginez Poutine venant ici dans les semaines à venir et disant à Rubio ou à Clinton d’abandonner la course pour la Présidence!

  Reste-t-il encore des lignes rouges quand il est question de notre attitude envers la Russie ? Avons-nous le droit de dire et de faire tout ce que nous voulons ? Ceci s’étend à tous les domaines, et certainement à la politique. La Maison Blanche ne peut simplement pas se taire, harcelée comme elle l’est par les lobbies anti-russes accrédités et les médias dominants. Nous croyons tous en la démocratie, mais que cela nous plaise ou non, nous ne pourrons pas imposer la démocratie à la Russie; et si nous pouvions le faire, nous ne serions peut-être pas contents des résultats produits.

  Alors posez-vous la question, y-a-t-il une position sur la Russie qui devrait être prudemment repensée, dans l’après-Paris? Et la Russie aurait-elle à tout le moins quelques intérêts légitimes dans le monde ? Et si oui, lesquels ? Qu’en est-il de leurs frontières? Ont-ils des intérêts légitimes en Syrie?

  4)  Mon dernier point est un espoir prescriptif (avant Paris, je ne pensais pas qu’il y avait d’espoir du tout). Maintenant il y existe encore une chance de réaliser le partenariat perdu avec la Russie...

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USA: aspects de l'enseignement

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 
Modeste diagnostic d'un système

_"L'éducation de masse, qui se promettait de démocratiser la culture, jadis réservée aux classes privilégiées, a fini par abrutir les privilégiés eux-mêmes. La société moderne, qui a réussi à créer un niveau sans précédent d'éducation normale, a également produit de nouvelles formes d'ignorance. Il devient de plus en plus difficile aux gens de manier leur langue avec aisance et précision, de se rappeler les faits fondamentaux de l'histoire de leur pays, de faire des déductions logiques, de comprendre des textes écrits autres que rudimentaires..." (Christopher Lasch)

________Malgré sa diversité et certaines réussites, le système d'enseignement aux USA n'est pas en excellente santé (c'est un euphémisme) et connaît, comme le reste, des dérives liées au libéralisme ambiant et des restrictions sévères, conséquences du désengagement progressif des institutions fédérales ou étatiques.
Récemment, les enseignants étaient  dans l'action à Chicago, protestant contre la  privatisation programmée du service public  et plus précisément contre la dégradation des conditions d'enseignement.
 Chicago, ville symbole, qui ne sort pas du marasme comme Détroit, mais qui renoue avec l'ultraviolence, dans un contexte très dégradé, où le maire semble impuissant devant la criminalité montante, où s'appliquent de sévères plans d'austérité, comme en Californie.
"Des milliers d'écoles publiques non "performantes" ont été fermées (ou vont l'être à brève échéance) et leur personnel licencié ou en passe de l'être.
Et, évidemment, ces écoles "non performantes" sont situées dans les ghettos et autres quartiers pauvres. Les "charter schools" (appelées "écoles du choix", c'est dire le cynisme) absorbent les meilleurs élèves et les autres n'ont qu'une alternative: soit abandonner l'école, soit s'entasser dans les classes des écoles publiques restantes, qui, en conséquence, deviennent encore plus sinistrées, cela d'autant plus que le financement de ces écoles repose sur les résultats aux tests des élèves.
Et la "réforme" de l'éducation d'Obama ne fait qu'accélérer le processus déjà entamé par Bush: livrer les services marchands du secteur de l'Education aux prédateurs du secteur privé.
L'égalité des chances, l'éducation pour tous ne sont plus une priorité -même factice - pour les pouvoirs publics. C'est l'éducation de classe, la sélection par l'argent et la ségrégation sociale qui triomphent après une période un peu plus faste."

_____________Selon Mme Ravitch, qui fut vice-ministre de l'enseignement sous le gouvernement Bush et qui en critique aujourd'hui les orientations et les résultats, l’évaluation et le libre-choix, devenus la norme à l'école, sapent l’éducation. 
Elle pointe les dysfonctionnements de fond, contre ceux qui n'accordent aucune part aux déterminismes sociaux dans l'échec scolaire: ("...If every child arrived in school well-nourished, healthy and ready to learn, from a family with a stable home and a steady income, many of our educational problems would be solved. And that would be a miracle.") 
Le « Race to the Top » de type managarial a produit bien des effets pervers... Le mot d'ordre No Child Left Behind n'a pas donné les résultats escomptés
Le système demande une sérieuse révision__"Selon l'enquête d'éducation Pisa 2006 de l'OCDE, les Etats-Unis ne sont qu'au 21e rang en matière de culture scientifique chez les jeunes de 15 ans et au 25e rang pour les mathématiques."Il faut s'assurer que le futur des enfants ne soit pas dicté par une boule de loterie", conclut Michelle Rhee, superintendante des écoles publiques de Washington."
La privatisation va bon train, dans le sens d'une plus grande rentabilité de l'institution, souvent orientée par les exigences de fonds privés.
L'université américaine, qui reste encore de qualité pour les plus réputées, attirant les meilleures cerveaux de la planète, est de plus en plus vampirisée par les marchants, qui orientent les recherches.
Les meilleures ne sont pas à la portée de tous 
(40 000$ (29 000 euros) par an pour aller suivre un master à Harvard ou au MIT (Massachusetts Institute of Technology). Public, Berkeley est nettement moins cher avec 26 000 dollars en master (18 500 euros). Mais cela peut aller encore bien plus loin et il faudra compter 108 000 $ (79 000 euros) pour suivre un MBA (master of business administration) à Harvard.) 
Les étudiants vivent de plus en plus  à crédit, créant une nouvelle sélection et un risque futur de bulle majeure. Les deux tiers des étudiants diplômés sont endettés.
Même Harvard ne fait plus rêver.
   ____Les Etats-Unis, qui ont su développer un complexe militaro-industriel, s'acheminent-ils irréversiblement vers un complexe edu-industriel ?
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Tout le monde sait ça

Publié le par Jean-Etienne ZEN

C'est bien connu:


*   Mieux vaut être footballeur que prix Nobel


*  Qui n'a pas une Opel est un raté
             Qui n'a pas une Rolex a manqué sa vie

*  On est sauvé! On a une bonne note.
           Mais, il y a un mais...et puis...
 
Les migrants de Calais: une affaire bien gérée


*   Israël a toujours respecté les résolutions de l'ONU
                  Critiquer la politique israëlienne, qui n'a pas de lobbies, c'est être antisémite...
                              Comme critiquer la politique américaine, c'est être antiaméricain...

*   Les profs ne travaillent pas assez

*   Barroso est le seul en conflit d'intérêts au sein de la Commission

*  La Deutsche Bank est en pleine forme

*  Les statines sont indispensables
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Ennuyeuses, les maths?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 
Les maths sont un roman..._________________

 _"Autant artistes que scientifiques, les mathématiciens sont en proie à leurs passions, leurs interrogations, leurs doutes, leurs tourments, leurs angoisses, et la hantise de la beauté. « Nul ne peut être mathématicien s’il n’a une âme de poète », disait Sophie Kowalevskaia. Les mathématiciens doivent faire preuve de rigueur et de ténacité, mais surtout d’inventivité. Maudissant chaque jour leur impuissance à faire reculer les frontières du savoir, ils s’émerveillent pourtant, regardant derrière eux, de l’ampleur du chemin parcouru."
[__Cédric Villani, médaille Fields 2010]

_______ 

____IL est jeune, sympathique, brillant mais modeste. Il croit plus au travail qu'au "génie".  Un peu dandy, mais sans ostentation ni prétention. Attachant.
 Il a décroché la distinction la plus prestigieuse dans sa discipline.
 Il aurait pu partir à Harvard ou être super-trader chez  JP Morgan et devenir riche en 10 ans. Non, il a choisi l'enseignement et la recherche, qu'il décrit comme source de plaisir.
Il donne envie de se remettre aux mathématiques ou fait regretter d'en avoir fait si peu, si tard ou si mal .. Il en parle avec passion.
_______________Les mathématiques en sont pas pour Cédric une activité désincarnée, abstraite, rebutante, déséchante.
La rigueur s'associe au travail de l'imagination, qui parfois la stimule et la féconde
Einstein et Gödel
Une alchimie secrète et mystérieuse marie la littérature, la musique et le raisonnement mathématique.
_Théorème vivant n'est pas un exposé mathématique, ni un roman ordinaire, mais un mixte des deux, le libre récit de la genèse d'une avancée mathématique où intuition et hasard ont une place majeure, comme dans une enquête policière...
_Les maths, qu'elles soient considérées comme simple langage logique ou reflétant des structures réelles, sont à la recherche de l'invisible, de la logique cachée qui rend compte du désordre apparent des choses. Ceux qui se sont adonnés à cette quête étaient loin d'être des individus parfaitement rationnels.
 L'excentricité, parfois une certaine folie ne sont pas absentes de la recherche de haut niveau, comme dans le cas limite de Gödel._(1)
_La musique et les mathématiques ne sont pas sans rapport. Le vieux Pythagore l'a thématisé, Platon l'a exploité, même si le mythe y est encore présent.
Il existe comme une symphonie des nombres premiers et de la "magie" dans les maths.
_Il est des aspects des maths, qui, plus que d'autres, fascinent., comme le monde infini, enchanteur mais rigoureux des fractales.
D'une manière générale, le plaisir esthétique accompagne l'activité du mathématicien passionné.
_______C'est le cas pour notre médaillé Fieds, qui nous invite à reconsidérer les préjugés et les rigidités installées en nous depuis longtemps, plus  culturelles que  naturelles, à retrouver la jeunesse et la créativité d'esprit, l'intérêt pour la beauté et la fécondité des mathématiques. 
 Mais l'auteur ne reste pas confiné dans les sphères éthérées des mathématiques pures, il lui arrive de descendre dans l'arène...
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  ___Le danger réel n'est pas que les ordinateurs commencent à penser comme les humains, mais que les humains commencent à penser comme des ordinateurs.
[Sydney Harris]
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L'enfant et la pomme

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 
Des fruits rouges, le temps est passé...

 

                  Voici le temps de la pomme                                                  [photo personnelles- cliquez]
     Voici le temps de la pomm   
      Il y en a à vendre,..des rouges et des banches...♫♪
         Pas besoin d'être chevalier pour croquer une pomme
                     Pas la grosse, pas toujours recommandable.
        Mais la petite, naturelle, riche en symboles de vie. 
              Le fruit par excellence.
            Des vraies pommes (sans pesticides)
.     Elles sont excellentes pour la santé, dit mon docteur.
            Quoique... leur consommation peut parfois s'avérer dangereuse.
   A qui se fier? 
      La pomme du paradis n' a pas bonne presse.
           Demandez à Eve...
     Il paraîtrait tout de même qu' elle va rapporter à l'Europe..
             Non, c'est une blague.
__________________________
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Gaz de schistes (suite)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 Phase 3: renaissance?
____________________Le débat rebondit régulièrement, les positions se durcissent, sur fond de désinformation et de délire industriel.
_____En France, contrairement aux USA ou en Pologne , la résistance à la fracturation hydraulique s'est organisée et le refus est devenu pour l'instant position officielle d'Etat (« Dans l’état actuel de nos connaissances, personne ne peut affirmer que l’exploitation des gaz et huiles de schiste par fracturation hydraulique, seule technique aujourd’hui connue, est exempte de risques lourds pour la santé et l’environnement » F.Hollande) Les inconvénients des techniques utilisées jusqu'ici sont enfin pris en compte.
__Mais certains intérêts privés ne démobilisent pas, le lobbying continue, relayé par certains journalistes, et la supposée "nouvelle frontière" énergétique continue de faire rêver à un eldorado industriel, malgré résistances et désillusions en Europe et ailleurs.
On n'y coupera pas, selon certains, ce n'est qu'une question de temps, les enjeux économiques seraient trop forts, la France suivra l'exemple de l'Oncle Sam et  certains "experts", qui, " bien évidemment prêchent pour leur paroisse, (y) font valoir que grâce à l' « indépendance énergétique » procurée aux Etats-Unis par les gaz de schistes, tout un plan de la géopolitique du monde va changer. L'Amérique n'aura plus besoin des pétroles du Moyen-Orient et pourra se désinvestir, y compris militairement, de cette partie du monde où elle accumule les ennemis. Selon l'expression de Raymond Cartier, les sultans arabes n'auront plus qu'à transformer leur pétrole en shampoings. Ne parlons pas de la Russie et de l'Algérie, qui perdront une bonne partie des acheteurs de leur gaz. Par ailleurs, diminuant sa consommation de charbon dont elle est riche, l'Amérique pourra revendre celui-ci à la Chine dont la soif d'énergie est inextinguible et qui se montrera ainsi plus docile. Le Canada bénéficiera des mêmes avantages."
     Dès 2020, les USA deviendraient à nouveau les rois du pétrole.
La renaissance industrielle serait à nos portes, il suffit de forer, et encore forer. 
On fantasme sur un potentiel mal connu, en escamotant les effets induits, qui apparaissent au fur et à mesure
Il serait temps d'en finir avec la désinformation.
Vous avez dit Truthland?_______________________
- Les gaz de schiste ou la fausse bonne idée
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Il Papa, la pizza et the MacDo

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Une sainte colère gronde, place St Pierre.
      De ce projet,  la Curie n'a cure.
          Vade retro!  McDo  ne passera pas. Il faut chasser les marchands du temple.     Quoique...ça peut rapporter.
  La tentation est grande...
    Dans l'enceint sacrée, les cardinaux  voient rouge.
     François, lui, aimerait de temps en temps sortir, avec les copains, sans chichi et sans soutane, pour manger une bonne pizza.
 Il sait en donner autour de lui, surtout aux pauvres. Un vrai papa pizza!
    Lui préfère la napolitaine.
             Mais l'Argentin ne cracherait pas sur un Big Mac.
   L'envie lui vient souvent de faire le mur, se murmure-t-il,  pour en déguster un. Habemus McDo!
     Ce pape nous étonnera toujours. Il ne fait rien comme les autres (papes).
  C'est un pape-à-part.
Pour faire le ménage dans la maison, il lui faut manger, et du bon.
     Il fut un temps où François (mieux connu comme Pancho le fouteux, fan de San Lorenzo, condamnant le foot-business, et le capîtalisme- du bout de ses lèvres pies-) était un fervent des stades et croqueur de fugazzetas.
                                       Libérez François du Vatican! Amen...
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Le pantalon, problème politique

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Conquête d'une liberté
____________________Le pantalon est aujourd'hui la pièce de vêtement la mieux partagée, une des des plus banales en apparence, mais qui a déjà une longue histoire.
Ce n'est pas seulement un élément d'habillement, mais un objet culturel, un marqueur social, expression d'un clivage ancien entre hommes et femmes.
Un symbole de pouvoir masculin auquel la femme a eu des difficultés à accéder partiellement.
Il n'est pas si loin le temps où il était interdit dans les églises ou à l'Assemblée nationale pour le sexe dit faible. Ils restent encore bien présents les préjugés selon lesquels la robe ou la jupe seraient naturellement féminines, le pantalon représentant comme une usurpation de pouvoir, une transgression, une inversion dans l'ordre des choses, parfois une revendication indécente.
 _______Le pantalon est sans doute lié au début à la domestication et donc à la pratique du cheval, il devint courant pour les hommes au début du 19°s comme tenue urbaine.
" Le port du pantalon était d’usage chez les peuples cavaliers  nomades telles que les Scythes iranienset leAchémides . Les Celtes et les Romains adoptèrent cette tenue appelée communément braies. Les Perses, quant à eux, portaient sous leur robe un pantalon, signe de leur rang social élevé. 
En Chine  antique, le pantalon n’était porté que par la cavalerie. D’après la tradition, il a été introduit par le roi Wu de Zhao en 375 av. JC, copiant la coutume de cavaliers turco-mongols de la frontière nordique de la Chine.
Le pantalon a été introduit en Europe occidentale à plusieurs reprises au cours de l’Histoire, notamment par les Hongrois et les Turcottomans, mais il est devenu courant seulement à partir du XVIe siècle", si l'on en croit Wiki
_________Il a fallu du temps pour que le pantalon pour femmes soit accepté socialement, que son port devienne légal. 
En 1830, il leur faut encore une autorisation préfectorale pour l'adopter 
"Deux circulaires de 1892 et 1909 autorisent le port féminin du pantalon... si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d'un cheval ! 
En fin d'année 2003, le député UMP de l'Indre Jean-Yves Hugon a demandé au gouvernement français, par le biais d'une lettre envoyée à la ministre déléguée à la Parité et l'Egalité professionnelle, Nicole Ameline, de revenir sur cette loi datant du début du XIXe siècle qui interdit toujours aux femmes le port du pantalon. 

En 2004, à l'occasion du bicentenaire de l'écrivain George Sand, "qui avait dû se soumettre à cette autorisation pour porter le pantalon auprès de la Préfecture de l'Indre", le député suggère "de mettre en conformité notre droit avec une pratique incontestée et incontestable des femmes"....

_____Il est intéressant de suivre l'histoire politique du pantalon

Dans son livre, Catherine Bard " montre.., avec un grand luxe de sources, que l'interdit, au XIXe siècle, doit se comprendre et s'inscrire dans une prohibition plus générale du travestissement. La femme qui s'habille en homme, c'est un trouble à l'ordre public, mais un homme qui s'habille en femme, ce n'est pas plus supportable. On découvre encore que la lutte pour le "droit au pantalon" pour tous n'a pas toujours fait l'unanimité dans les rangs des militantes féministes. Nombreuses sont celles qui redouteront de voir leur combat pour l'égalité des droits compliqué par les manières provocantes des "garçonnes" sans parler même des audaces des sulfureuses lesbiennes. Féminisme et féminité, droits égaux dans la différenciation des sexes, accès au symbole de l'autorité masculine ou simplement droit au confort d'un vêtement pratique, la conquête du pantalon par les femmes aura posé assez de problèmes pour que son histoire ne se résume pas à un manifeste de "Chiennes de garde". 
En outre, que la revendication actuelle puisse exiger le droit de ne pas porter le pantalon et qu'il faille oser des "journées de la jupe" devrait nous vacciner contre les facilités d'un féminisme sommaire.
__________Est-ce la fin de  l'apartheid vestimentaire, avec la tendance à l'égalisation des conditions et à l'homogénéisation des pratiques vestimentaires?____________________ 

**** "...Mais, quelques jours plus tard, volte-face, Jeanne revient sur son abjuration et reprend ses habits d’homme, une manifestation d’insoumission intolérable aux yeux de l’Eglise.
Selon un témoin, elle aurait décidé de reprendre ses vêtements d’homme parce qu’elle a été malmenée dans la prison, un lord anglais tentant même de la violer.
Mais ce n’est pas la réponse qu’elle donne à Cauchon et à ceux qui l’interrogent le 28 mai. Elle déclare qu’elle a pris cet habit parce qu’elle se trouve parmi des hommes. Elle l’a fait « de sa volonté, sans nulle contrainte ». Elle indique même qu’elle « aime mieux l’habit d’homme que celui de femme ».
Les juges peuvent enfin s’appuyer sur un texte pour condamner Jeanne. Porter des habits d’homme est en effet, sauf cas de nécessité, interdit par le Deutéronome 22-5.
« Une femme ne portera point un habillement d’homme, et un homme ne mettra point des vêtements de femme ; car quiconque fait ces choses est en abomination à l’Éternel, ton Dieu. »_________________
-Le jeans, de Lévi Strauss à Calvin Klein (1)
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