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CETA: c'est à (re)voir

Publié le par Jean-Etienne ZEN

On aime bien le Canada et son très selfie premier ministre, mais...
                                                                                      __________________Dans un traité comme celui-là, il y a bien des non dits, des risques, comme certains gouvernants eux-mêmes s'en rendent compte, en France, en Belgique ou en Allemagne...surtout dans une Europe déjà en souffrance.

 C'est déjà une assez vieille affaire 
                          __      Les multinationales ne désarment pas.
       ______  Comme le Tafta, même renégocié à la marge, elle n'est pas sans créer des soucis, sauf pour certains décideurs drogués à la mondialisation sans frein, au culte du marché auto-créateur, à la religion de l'OMC..
     __ Le libre échange, oui, mais à certaines conditions
_  Le CETA est un accord libre-échangiste peu acceptable, malgré les prétentions officielles, surtout dans les conditions, souvent obscures, où ce projet a été élaboré:
  __   "...À l'image de TAFTA, la situation de CETA démontre que les négociateurs n'ont pas su ou pu tirer les leçons du fiasco d'ACTA et entendre les demandes des citoyens. Plutôt que d'être négociées dans l'opacité, ces questions doivent faire l'objet de débats démocratiques et ouverts. Persister dans ces pratiques de contournement des procédures légitimes pour imposer des mesures répressives dans le cadre d'accords commerciaux ne peut que contribuer à nourrir la méfiance des citoyens à l'égard de leurs représentants et des institutions européennes...". 
___       Des lignes rouges ne sont pas respectées.
            Beaucoup ne sont pas sûrs que ce soit un traité gagnant-gagnant, comme le dit Manuel Valls.
 __    L'Europe n'a pas vraiment pas besoin du CETA
              ____ De manière essentielle, l’Accord UE-Canada va à l’encontre de ce que l’Europe, traumatisée par une augmentation sans précédent des inégalités et un retrait manifeste des services publics, a vraiment besoin. Le CETA encourage la libéralisation plutôt que la protection ; il privilégie la dérégulation à la re-régulation. Il fragilise également nos systèmes juridiques et la capacité de nos gouvernements à poursuivre des objectifs de politiques publiques. Quelques exemples : quand les agriculteurs européens demandent davantage de protections sur le marché intérieur, le CETA ouvre de nouveaux contingents d’importation pour le porc et le bœuf canadiens, pour un total de 140 000 tonnes par an. Alors que l’agenda de dérégulation de l’UE s’est révélé être un échec profond, le CETA ouvre à la concurrence tous les services, sauf ceux listés de manière explicite - et restrictive - dans l’accord...
    _Tout en maintenant que le CETA revêt un caractère dangereux pour nos démocraties, nos économies, nos normes et l’environnement, nous pensons également qu’il est possible de mieux réguler le commerce, notamment au niveau multilatéral. Nous soutenons les accords commerciaux s’ils contribuent à créer des bénéfices tangibles pour les travailleurs et les consommateurs, s’ils régulent la mondialisation, s’ils s’attaquent à la lutte contre le réchauffement climatique, tout en préservant nos modèles démocratiques. Tout autre type d’accord devra être combattu...
  ___    Pas de CETA chez nous !
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Noire finance

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Un document exceptionnel hier soir sur Arte, aussi pédagogique que possible, sur un sujet des plus techniques parfois, mais ô combien important pour comprendre ce que nous vivons, à la lumière d'un retour sur le passé proche et moins proche...
_____Comme quoi la télévision n'est pas toujours une "boîte à cons", mais peut occasionnellement se révéler être un pertinent relai et un puissant levier.

____Si l'histoire ne se répète pas, mais bégaie...les mêmes causes produisent les mêmes effets...
 Rien n'était de l'ordre de la fatalité dans l'engendrement et le développement des événements qui n'ont pas fini de nous emporter, pour le plus grand malheur des plus faibles, as usual... 
Certains, pour passer magiquement l'éponge, ont poussé le déni jusqu'à qualifier cela de crise sans causes.
___Un document qui mérite d'être vu et revu, à la lumière du livre de Eric Laurent , de ce long métrage, des analyses de Aglietta et de Jean de Maillard, en méditant sur les exploits d'une banque au dessus de toutes les autres, toujours écoutée à la Maison-Blanche et qui a bien tiré profit d'une crise qu'elle a elle-même puissamment contribué à engendrer. Ça se passe comme ça chez Goldman Sachs...
Vraiment, il vaut mieux être banquier que salarié ou guadeloupéen...comme disait quelqu'un.
Et pourtant, ils se plaignent
__Quand la pompe à phynance selon l'expression de Jarry, sera-t-elle désamorcée, pour laisser place à des systèmes financiers simplifiés et régulés et à des banques coopératives de développement, pour que l'argent n'aille plus à l'argent?
Hier soir, on s'est pris à rêver...

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Au fil du net

Publié le par Jean-Etienne ZEN


___ Allemagne: une transition énergètique discutée..
                                                                 Un défi problématique..
                                           Fin du charbon en 2040? c’est mal parti pour l’instant.

___, Hold-up légal sur nos comptes?
                                                             Pas impossible...

___ La vache et la puce...
                    A l'ère de l'agriculture  numérique.

__ Que vaut le prix Nobel d'Economie?
                                                      Comme Jean Tirole.
                           La finance est-elle irrationnelle ?:

 __  Mondialisations discrètes. 

__ Petite guerre du gaz à l'Est.

__  Monsanto jugé à La Haye:  forcément une " parodie"...

__ La sieste au travail… pour améliorer la productivité?
                     Pas du temps perdu 

__ Quand l'imprévisible Lenglet parle français.

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Touche pas à mon demi!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Touche pas à mon demi!

_Hausse des taxes sur la bière

En Allemagne aussi..Ach! Unglaublich schlimm..

L'Europe des taxes est en route et on prive les chômeurs de bière
( pas de bordeaux, de champagne ou de whisky, vous l’aurez noté !)

Abominable! clament en choeur les brasseurs sachant brasser

La cervoise est pourtant reconnue bonne pour la santé ☺

May be good for you...selon les britiches docteurs.


Avec modération, of course !

Pour financer la Sécu, qu'ils disent, et soigner les névroses cirrhoses...

Un art de vivre pourtant, pour un honnête épicurien

En attendant la mise en bière... ☻

Et la félicité éternelle avec les moines brasseurs, en dégustant et en chantant ♫♪♫

Amen! ____________

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Zemmourades

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Zemmourades

Autant en emporte...
____ Peut-on encore sauver le soldat Zemmour?
Il semble que cela relève de l'opération désespérée.
__ On peut rêver, attendre une conversion tardive...
__De quoi est-il le nom, ce phare de la pensée, qui a causé dans Causeur?
__ Pétage de plomb ou fumage de moquette?
Peut-être a-t-il trop côtoyé les barbares, notre français 110 %, notre Zorro médiatiquie.
Sabre plume au clair, il n'a cependant que respect pour les djihadistes.
_Allez comprendre...
__ En tout cas le succès est assuré. Pour un temps réduit. Des comètes comme celle-là, on n'en a déjà vu passer dans le ciel médiatique et entendu dans le buzz éditorial.
__Mais qui lui a tendu le micro si complaisamment?
__ A RTL, où il officie, on le garde, malgré la consternation (sic!), même si ses collègues ne sont pas d'accord, qui estiment que «une nouvelle étape a été franchie» et qu'il est «de son devoir de faire savoir son aversion» pour ces propos qui «portent atteinte à la mémoire des victimes du terrorisme et à la douleur des familles». Zemmout serait " enfermé dans une logique qui peut faire le jeu des tenants du terrorisme mené au nom de l'islam, qu'il prétend combattre.»
__ Elisabeth n'est pas trop choquée...
__Un naufrage? peut-être..mais on devient ce qu l'on est....

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La guerre des 3%

Publié le par Jean-Etienne ZEN

La guerre des 3%

Nouvelle ligne bleue des Vosges?...
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♦« C'est mon devoir. Je veux préserver la qualité de la signature de la France à l'égard des marchés financiers [...] » (F.Hollande_discours à la Cour de comptes LCP/Public Sénat - 07.09.2012)

♦« Les 3 % sont nécessaires, pour la crédibilité du pays, pour la qualité de la signature [...] »
( P. Moscovici - interview à Europe 1 - 28.09.2012)
___________________________


_ 3%: un nombre fétiche et symbolique sur lequel on ne transige pas à Bercy.

Même s'il y a des flottements...
" Le tabou se fissure. Et si la France ne revenait pas à un déficit de 3 % dès l’an prochain ? Après les économistes, ce sont désormais des responsables socialistes et même des conseillers de l’exécutif qui remettent en cause, publiquement ou à demi-mots, l’objectif imposé par les traités européens. Le gouvernement le proclame pourtant avec force alors qu'il présente ce vendredi son budget pour 2013 dont la vocation première est de revenir dans les clous de Maastricht.
« Concernant les perspectives des finances publiques de la France, nous tiendrons cet objectif de 3 % de déficit, parce que nous voulons maîtriser notre destin et préserver notre souveraineté » « Ce choix va demander des efforts, justes, mais qui ne cassent ni notre économie ni notre modèle social. Ce n’est ni l’Europe ni le traité qui nous l’impose, c'est notre volonté de ne pas nous laisser dicter notre politique par les marchés financiers », insistait-il. Un message répété jeudi soir sur France-2..."
_Mais un nombre arbitraire, création bien française.
__*Un verrou, qu'il faut faire sauter estiment certains:
" Pour revenir à 3% de déficit en 2013, il fallait que l’économie croisse à un rythme supérieur à 2% par an entre 2011 et 2013. Or la mise en œuvre de plans de rigueur dans toute l’Europe et le retournement de la conjoncture américaine rendaient déjà plus qu’hypothétique cet objectif..."
__*Un piège redoutable pour d'autres, dénonçant les talibans de l'austérité:

" Dès juillet, l’Office français de conjonctures économiques (OFCE) indiquait que les objectifs de réduction du déficit (3 % du PIB en 2013 et équilibre en 2017) et de retour à la croissance (1,3 % en 2012 et 2 % en moyenne pour le reste du quinquennat) n’étaient pas atteignables, sauf sous des hypothèses irréalistes. Et, aux yeux d’un nombre croissant d’économistes, il apparaît clairement que cette réduction des déficits publics à 3 % n’est pas tenable. Sauf à exposer le pays à une grave récession, entraînant une véritable saignée sur le front de l’activité et de l’emploi, déjà dévasté.
Le revendiquer alors n’était en aucun cas crédible. Cela ne l'est pas davantage aujourd'hui..."
__*Un échéancier bien risqué, même pour S&P. Il faudra choisir entre la corde de l'austérité imposée ou la chaise électrique des sanctions financières, qui ramèneront à la corde...
__*Un serrage de ceinture, pouvant produire des effets pervers.
__________________Sous la coupe des marchés, dont la dictature n'est pas remise en cause, les objectifs ne sont pas assurés. L' austérité, qui est une impasse et qui aggrave le mal, serait-elle notre seul avenir? La potion peut parfois être mortelle, quand nulle croissance ne se pointe à l'horizon.______________
- Le FMI découvre que l’austérité est bien plus nocive que prévu__-Appeler un chat un chat

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Une presse malade

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Une presse malade
Medias: concentration et dépendance [ Notes de lectures]

________ Après les errances de l'entre-deux guerres, le CNR avait envisagé la reconstruction d'un presse différente, attachée à une information de qualité, formatrice, citoyenne.
___ Avec des titres plus nombreux, une plus grande diversité des lignes éditoriales,une variété des points de vue et des analyses de qualité, qui ne pouvaient se développer que loin des pressions financières, de l'intérêt marchand. La presse ne devait pas être un produit comme un autre et surtout pas un outil de diffusion des intérêts des puissances dominantes.
__ Certains journaux se sont attachés à réaliser cet idéal, que l'Etat devait stimuler, comme Le Monde à ses débuts, avec Beuve-Méry, et plus tard, Libération, par exemple...avant de sombrer dans la logique marchande et idéologique des magnats de la presse.
__Contre l'homogénéisation actuelle de l'information et sa concentration croissante, certains organes, souvent marginaux, réagissent et font de la résistance, au non de la liberté d'écrire, tout simplement.
__ Que la presse soit malade n'étonnera personnes, sauf des esprits peu critiques ou des journalistes formatés.
__Thomas Jefferson écrivait : "Si l'on me donnait à choisir entre un gouvernement sans journaux ou des journaux sans gouvernement, je n'hésiterais pas un moment à choisir cette dernière formule."
_Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, jamais la liberté et le pluralisme de la presse n'ont à ce point été menacés. Pourtant, ce droit de savoir était au fondement de notre démocratie, garantie par l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Certainement serait-il bon de le rappeler, comme le note un journaliste.
_ La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi....était-il stipulé.
_ Que des fonds publics soutiennent un secteur toujours menacs, sans l'influencer, n'est pas illégitime. Le problème est qu'aujourd'hui l’Etat subventionne d’abord les milliardaires - (*)
__ Beaucoup de journalistes sont peu conscients du délabrement d'organes souvent interchangeables par leurs contenus, relais d'agences de presses, sans réel souci d'investigation, comme le souhaitait Albert Londres..
L'information est devenue trop souvent un enjeu de prestige, de défense idéologique, un produit aux enjeux d'abord commerciaux, avec toute la censure qui va avec. Les verrous médiatiques sont puissants.
_ Le pluralisme devrait être la valeur dominante dans ce secteur sensible. Il risque de se dégrader encore. Comme le courage de penser et d'écrire.
La transformation numérique ne règle rien pour les grands groupes, au contraire
__ L'information est une chose trop sérieuse, trop décisive démocratiquement, pour être laissée à quelques groupes industriels ou financiers.
_______ [Pour prolonger...]
___(*) Le scandale continue ! Les milliardaires qui ont fait main basse sur la plupart des titres de la presse quotidienne nationale (PQN) ou de la presse quotidienne régionale (PQR) empochent l’essentiel des aides directes que l’État verse, soi-disant pour venir en aide à la presse et défendre le pluralisme. C’est ce qui ressort des tableaux statistiques portant sur l’année 2015 que le ministère de la culture et de la communication a présentés en avant-première, le 3 octobre, aux éditeurs de presse, et que Mediapart est en mesure de révéler.
_Rompant avec une très longue tradition d’opacité, le ministère de la culture et de la communication publie depuis quatre ans le détail des aides directes que l’État accorde à la presse – qui viennent s’ajouter aux aides indirectes qui bénéficient à toute la presse. Ces statistiques pour 2015 seront donc bientôt publiées sur les sites internet du gouvernement : culture.gouv.fr et data.gouv.fr. Mais elles ont dès à présent été présentées en avant-première, le 3 octobre, aux éditeurs de presse, à l’occasion de la traditionnelle « conférence des éditeurs »...
_( voir les statistiques (que l’on peut télécharger ici), qui faisaient apparaître des aides pouvant dépasser la dizaine de millions d’euros pour certains titres.)...il y a une chose qui ne change pas : aux termes de critères de répartition absolument opaques, ce sont toujours les journaux qui sont la propriété (ou qui le sont devenus) des oligarques qui absorbent la plus grosse part du pactole.

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Que veut l'Allemagne?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Que veut l'Allemagne?
(C'était il y a quatre ans...)
Allemagne: Ostpolitik et délitement de l'UE

_______________________________________Angela regarde vers l'Est

____Au milieu de ses contradictions actuelles, de ses conflits, des critiques internes et externes, l'Allemagne sait-elle ce qu'elle veut et le savons-nous nous-mêmes clairement?
___A.Merkel, contestée dans sa politique européenne ambiguë, s'est trouvée fragilisée lors des dernières élections et prépare les prochaines dans des conditions peu favorables. Même son père politique, Helmut Kohl, critique la position européenne de la chancelière, qui va jusqu'à envisager l'hypothèse d'une Europe à deux vitesses. Avec les petits patrons, A Merkel est en train de perdre ses soutiens les plus fidèles.
L'Allemagne commence à souffrir de la crise en Europe et prend conscience de ses points faibles (il est le pays où les inégalités salariales s'accroissent le plus rapidement»), traversée par de fortes contradictions.
__ L'Allemagne, qui n'est pas si vertueuse, est à la croisée des chemins, dans une Europe qui a perdu ses repères.
_ En tout cas, elle semble sans boussolle politique, sans plan B.
__________Depuis la réunification et Schröder, les intétêts économiques de l'Allemagne se situent de plus en plus dans la Mitteleuropa.
Malgré son ancrage à l'Ouest, les intérêts allemands, qui ont misé sur le tout-export, s'éloignent de la zône d'influence américaine, depuis la chute du Mur et la douloureuse réunification. Un nouvelle Ostpolitik, initiée par W.Brandt au niveau surtout politique et culturel, est devenue surtout économique et commerciale...jusqu'à la Chine, un des principaux débouchés pour le technologie allemande. (Handel durch Annäherung)
____ "L’intérêt que porte l’Allemagne à l’Europe de l’Est, et en particulier à la Russie, ne
concerne pas uniquement sa politique énergétique ; il est aussi motivé par la perspective du commerce extérieur allemand. L’économie allemande repose pour une large part sur la production de biens industriels, et se trouve donc en très bonne position pour satisfaire le besoin urgent qu’ont l’Europe de l’Est et la Russie de construire des infrastructures modernes et de mettre en place des capacités de production efficaces. L’Allemagne bénéficie en outre de sa relative proximité pour les transports vers l’Europe de l’Est, et peut s’appuyer sur un réseau dense de contacts politiques et économiques. Le niveau relativement élevé d’engagement des entreprises allemandes en Europe de l’Est apparaît nettement lorsqu’on le compare à la présence des entreprises françaises..
."
___Berlin, de par sa position européenne centrale (Mittellage) se trouve dans la nécessité de nouer un nouveau partenariat avec Moscou.
________________________________Wolfgang Münchau, journaliste au Spiegel, très pessimiste sur l'avenir de l'Union européenne dans ces conditions, estime que "La réunification allemande est notre péché originel"
__"L'Allemagne ne se considère plus comme un membre de l'Union européenne mais comme une puissance autonome, traitant d'égale à égale avec les Américains, les Russes et les Chinois sans se préoccuper de petits importuns comme les Etats européens...
_ Au début des années 90, il était inconcevable que l'Allemagne se détache un jour du consensus proeuropéen. Ce glissement s'est en partie opéré avec l'arrivée de responsables politiques est-allemands, comme Angela Merkel, qui n'avaient pas de lien personnel avec le projet européen et se sont détournés de l'intégration européenne.
__La réintégration de l'ex-Allemagne de l'Est ne suffit toutefois pas à expliquer cette évolution. Dans les pays occidentaux aussi, les priorités ont changé. L'une des raisons est économique. A cause du poids de la réunification, l'Allemagne a adopté la monnaie unique avec un cours surévalué. Résultat, durant 10 ans, la politique économique de l'Allemagne a consisté à augmenter sa compétitivité au lieu d'essayer de renforcer la productivité de l'espace européen dans son ensemble. C'est là l'une des principales causes de la crise actuelle.
__La réunification de l'Allemagne et celle de l'Europe ne vont pas de pair, toutes deux ont économiquement mal tourné. Les futurs historiens porteront, à mon avis, un regard plus critique sur la réunification et les mérites du chancelier Kohl qu'à l'heure actuelle."

H.Schmidt:"Die Europäische Union kann scheitern"

______Selon le Céri, "les Allemands appréhendent le monde en des termes plus géoéconomiques que géostratégiques : il y a quelques années, Peter Struck, alors ministre de la Défense, avait déclaré que la défense de l’Allemagne commençait à l’Hindu Kusch. Celle de l’économie allemande débute à Shangaï et Guenzhou, pas à Paris ou à Londres.
__Le progressif délitement de la cohésion et de l’esprit européens, conséquence à la fois directe et indirecte de la réunification de l’Allemagne et de l’Europe, est en revanche une donnée nouvelle. Naguère, l’OTAN et la Communauté européenne ancraient la République de Bonn en Occident. Le concept d’Occident dissimule (mal) le rétrécissement du monde occidental, les tensions diffuses et centrifuges entre les Etats, le fossé transatlantique, le désenchantement européen et le désamour des Allemands pour l’Amérique comme pour l’Europe. L’extraordinaire parenthèse des relations germano-américaines, ouverte en 1949 avec la mise en place du pont aérien, s’est refermée à la fin des années 1970. Avec la disparition de la menace soviétique, l’Allemagne n’a plus eu à importer sa sécurité des Etats-Unis. Les erreurs et le discrédit de George W. Bush ont fait le reste. La République de Berlin n’avait plus de leçons à recevoir de personne, comme l’a rappelé Gerhard Schröder à la veille de la guerre contre le régime de Saddam Hussein.
Dans l’Union européenne, l’élargissement ne s’est pas accompagné d’un véritable approfondissement. L’élargissement n’a pas entraîné de dysfonctionnement institutionnel mais aucun gouvernement européen ne s’investit aujourd’hui dans les biens communs européens. Les Britanniques n’ont jamais caché leur intérêt limité dans l’Union (à l’exception du grand marché intérieur), les Français utilisent la cause européenne à des fins intérieures, les Hongrois ou les Italiens se sont désengagés de la cause européenne et les Allemands, élites et opinion publique confondues, ne croient plus à une embellie démocratique. Pour Berlin, les Vingt-sept sont au mieux un marché ou un régulateur du marché), la démocratie étant garantie par les institutions allemandes, comme l’a rappelé la Cour constitutionnelle de Karlsruhe à deux reprises, en 1994 et en 2009. Au pire, l’Europe est un gouffre financier dans lequel disparaissent les contributions allemandes, comme l’avait souligné de façon peu élégante Gerhard Schröder en 1999. Le sauvetage de la Grèce a ainsi fait l’objet de nombreuses critiques. Les Allemands estiment avoir beaucoup payé pour la réunification et, surtout, s’être vu imposer une union monétaire qui à aucun moment ne devait devenir une union de transfert redistributrice
..."_______________
-Vers un fédéralisme bismarkien?

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Point du jour

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Point du jour

__ Demain, tous bornés?

__ Tremblements dans l’Oklahoma

__ Il y a les petites économies.. et les grosses... bien relatives

__ Mariage agricole

__ Salafisme à nos portes

__ Du cireur au trader

__ Craquements en Allemagne

__ Diplômés sans-abri

__ ADN de demain?
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Américanomanie

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Américanomanie
Entre amécanolâtrie et américanophobie


________ Le rêve américain a la vie dure, même si les relations franco-américaines restent encore souvent équivoques, balançant d'un extrême à l'autre au gré des circonstances, de critiques souvent justifiées à des postures historiquement et culturellement marquées. Les USA servirait même parfois de bouc-émissaire, selon les conservateurs libéraux Revel ou Bruckner, admirateurs du modèle américain, autrefois exalté par JJ Servan Schreiber et, plus récemment et naïvement, par un ancien Président.
_Bien sûr, il a pris du plomb dans l'aile depuis la fin de la guerre froide, les engagements US au Vietnam, en Irak, en Afghanistan, depuis les aventures politiques de Bush et la crise, diffusée partout, grangrènant même les pays d'Europe . L'affaiblissement de l'Empire a écorné les idéaux qu'il véhiculait. L'Oncle Sam est en train de perdre son aura et la première place économique.Tant qu'il garde le dollar comme monnaie artificielle de référence et sa suprématie militaire, il pourra encore garder quelques beaux restes industriels, certaines zônes d'influence et une puissance militaire dominante, mais budgétivore. Il peut continuer quelque temps encore à vivre au-dessus de ses moyens.
___On ne rêve plus de l' Amérique comme au début du 20° siècle ou après la dernière guerre, mais les vieux mythes sur l'usine à rêve ont la vie dure
________John R. MacArthur, directeur de Harper’s Magazine, s'était déjà attaché à montrer les faiblesses de la démocratie de son pays dans Une caste américaine.
▬▬Dans une Lettre d'un Américain à la France, il se propose de nous ouvrir les yeux sur nos croyances naïves concernant le géant d'Outre-Atlantique, colosse aux pieds d'argile.
▬Dans Pour en finir avec la Françamérique, JP Immarigeon " comprend de moins en moins, malgré les évènements récents ayant marqué l'histoire du monde, la persistance de la dépendance de la France, dans toutes ses composantes, au mythe d'une civilisation commune avec les Etats-Unis, qui nous empêche de nous décider enfin à prendre en mains nous-mêmes notre destin.
____L'auteur, excellent connaisseur des Etats-Unis, où il exerce une partie de son activité professionnelle, ne comprend pas l'aveuglement des Français à vouloir dans tous les domaines s'abriter sous la référence américaine, au lieu de faire appel à leurs propres ressources. Même ceux qui sont obligés par la force des choses de confesser une perte de puissance américaine n'en tirent pas arguments pour enfin rompre le lien affectif qui les unit à une Amérique dont ils se donnent une image largement fantasmée et inexacte. Même ceux qui veulent rompre ce lien n'osent pas le faire pleinement. La peur d'être condamnés comme anti-américanistes sommaires les empêchent de voir et d'évoquer les raisons qui devraient nous obliger à devenir enfin indépendants... L'addiction à l'Amérique se limite-t-elle à la France? Ne faudrait-il pas envisager une « américanomanie européenne »[note du rédacteur] qui paralyserait toute l'Europe? Elle culminerait au niveau des institutions européennes mais aussi dans chacun des gouvernements de l'Union. Elle ne se limiterait pas aux cercles dirigeants mais elle toucherait l'ensemble de la population. Partout, la peur de rompre le cordon qui relie l'Europe à une Amérique présentée comme légitimement en charge des affaires du monde paralyse les velléités de saisir les opportunités qui s'offrent désormais à l'Europe, lui permettant de jouer enfin sa partie dans un monde devenu multipolaire. Les perspectives présentées par Franck Biancheri, directeur du Laboratoire Européen d'Anticipation Politique (LEAP) n'éveillent encore qu'un faible écho. Elles devraient pourtant dynamiser les énergies européennes, puisque celui-ci montre que, entre une Amérique déclinante et une montée en puissance du BRICS, un large créneau d'opportunité s'ouvre à l'Europe (et à l'euro) pour valoriser et développer des ressources qui restent considérables...
__ Mais si c'est l'Europe toute entière qui est frappée d'impuissance par son américanomanie, ne faut-il pas s'attacher à mettre en évidence les processus par lesquels depuis la seconde guerre mondiale les Etats-Unis se sont faits, sous les apparences, l'ennemi délibéré de la construction d'une Europe-puissance indépendante d'eux. Il faudrait à cet égard parler d'une véritable entreprise coloniale, par laquelle les nouveaux colons américains se sont attachés à déposséder de leur culture propre les Européens, comme ils l'avaient fait précédemment des Indiens d'Amérique._Or pourquoi les Européens se sont-ils soumis si facilement à la colonisation militaire, économique et culturelle américaine. La question a été souvent posée. Elle continue à l'être. La réponse la plus évidente paraît tenir au fait que les oligarchies financières, gouvernementales et médiatiques européennes trouvent beaucoup plus facile pour assurer leur pouvoir de se mettre sous la dépendance de leurs homologues américaines depuis longtemps dominantes plutôt que chercher leurs propres voies de développement. La dégradation lente de la puissance américaine n'est pas encore suffisamment affirmée pour qu'elles cherchent ailleurs des alliances de rechange...
"
________L' état actuel de l'économie américaine et l'état de déshérence de certains états et de certaines villes qui meurent devrait nous faire réfléchir sur les possibilités de résilience d'un puissance en déclin. Par exemple, plombée par la crise, une ville américaine vire tous ses policiers.
Des villes comme Détroit , Chicago, Stockton...et toutes les autres sont dans des situations que l'on imagine guère chez nous. La Californie est en faillitte. Le salariat est dans une précarité inédite, comme les ouvriers de Wal-Mart ,premier employeur privé aus USA. Pauvreté et inégalités ont explosé.
___On ne peut guère compter sur l'indépendance et le volontarisme du politique, Wall Street ayant phagocyté Obama et fabriqué une fausse reprise,comme le reconnaît Jean-Michel Quatrepoint.
___L'américanoréalisme, l'américanolucidité s'imposent...

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