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Retour sur le "modèle allemand"

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
L'actualité  oblige à revenir une fois de plus sur la politique économique de la droite libérale allemande.
___________L'Allemagne semble avoir les clés du désarmementdu point de vue fiscal notamment, dans le cadre de la  tension larvée ou ouverte qui l'oppose aux pays européens qui souffrent de sa suprématie exportatrice et de l'usage qu'elle fait d'un euro taillé à sa mesure.
_L'Allemagne (comme l'Angleterre) "a joué sa partie dans la compétition fiscale et sociale. Elle ne laisse ainsi aux pays périphériques d'autre option que celle de jouer la partition de la concurrence fiscale et sociale. Si l'on veut sortir l'Europe du marasme, c'est à l'Allemagne de cesser cette absurde compétition fiscale et de sonner l'heure de la désescalade : elle doit remonter son impôt sur les sociétés."
___La personne d'Angela  Merkel (au parcours complexe), d'ailleurs prise entre deux feux dans son pays, n'est pas le problème, même si elle est représentative d'une rigidité contestée, d'une irrationnelle et dangereuse fixation sur des positions antiinflationnistes de principe.  Le problème est la ligne de la politique économique allemande suivie depuis Schröder et les défaillances des instances européennes, vouées aux dogmes ultralibéraux, qui ont laissé faire ou encouragé le dumping fiscal et social, les dérives de l'euro.
L'Allemagne n'est pas ce que l'on croit.
L'Allemagne n'est pas ce que l'on dit.
Elle compte plus de pauvres que la France, par exemple.
Les salariés low cost se multiplient.  
Le précariat y est banalisé.
Elle ne joue pas le jeu d'une solidarité minimale, mais suit la logique propre de ses intérêts à courte vue, depuis Schröder, plus tournée vers l'Est que vers ses partenaires traditionnels.
___ Le succès des Allemands n'a rien à voir avec leurs efforts, pourtant vantés par les éditocrates.
  L’Allemagne est une championne inatteignable,  estime même die Welt. 
C'est comme si ce pays était « off shore »,  selon l'expression de JL Gréau, comme dans une bulle artificielle, dont la fragilité est pourtant manifeste, bénéficiant de surcroît d'une nouvelle immigration intraeuropéenne.
 _________Oskar Lafontaine, ex-ministre des finances, qui voit où est le problème, apportant un peu de bon sens économique, prône un nouveau système monétaire européen, avec dévaluation de l'euro, car il ne s'agit pas d'accabler l'Allemagne, mais de l'amener à voir où est son véritable intérêt. J.Sapir considère cette position comme un changement significatif,pour sortir d'inerties dangereuses.
Il serait tragique de s'obstiner dans l'erreur...
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Le docteur Védrine...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
...Se penche sur l'Europe malade
                                           Généralement discret sur ces questions, l'ancien ministre de F. Mitterand se livre sur la situation d'une Europe qu'il estime très affaiblie, désorientée, voire en péril grave, et se met à penser à une possible refondation;
                             : « L’Europe, ou plus exactement l’Union européenne, est dans un état grave de déréliction ou tout au moins d’hébétude… La fragilité de l’Union européenne est profonde ». Rien d’original, direz-vous ! Au-delà des maux institutionnels qu’il juge secondaires, Hubert Védrine nous livre la raison principale de cette situation : « le fossé entre élites européistes et populations s’est ainsi creusé au fil des années. Il est devenu le problème numéro un. Le plus dangereux ». Alors que les signaux de ce désamour entre les peuples et l’Europe étaient nombreux, il faudra attendre le coup de tonnerre du « Brexit » pour que les dirigeants politiques prennent la véritable mesure de ce décrochage."
                        L’imposition d’une indispensable pause. A un moment où le véhicule européen est de plus en plus poussif, doit passer au moins une fois par mois chez le garagiste (tant le moteur a des ratés) et aussi fréquemment chez le carrossier (tant les embardées sont légions), la moins mauvaise solution ne consisterait-elle pas à le mettre au repos prolongé ? C’est la solution innovante que propose Hubert Védrine à titre de mesure conservatoire en faisant en sorte que cette pause brève soit « ni honteuse ni masquée » et qu’elle soit précédée par une « Adresse aux peuples » dans les termes les plus clairs pour renouer avec les sceptiques. Il propose d’opérer une distinction claire entre questions urgentes comme la question des migrations (exclues du champ de la pause) et questions centrales sur lesquelles de nécessaires clarifications s’imposent (inclues impérativement dans le champ de la pause). L’objectif essentiel serait d’agir dans la plus grande clarté.   
       La réunion d’une conférence refondatrice. « On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment » a-t-on coutume de dire en reprenant, la plupart du temps, cette formule du cardinal de Retz dans ses mémoires ! Hubert Védrine propose de mettre sur la table toutes les questions les plus délicates qui seraient traitées lors d’une conférence de haut niveau politique : subsidiarité, sécurité, Europe puissance, défense européenne, harmonisation fiscale, préservation du mode de vie européen. Après un bilan du fonctionnement, de ses méthodes et de ses décisions, viendrait celui des clarifications, en particulier du rôle de la commission européenne et des définitions limitatives des domaines d’action de l’Union (ceux où elle possède une véritable valeur ajoutée). L’objectif, clairement affiché par son auteur, serait de servir un grand projet politique mobilisateur susceptible de réconcilier les élites et leurs populations.
       La recherche d’une véritable refondation. Enfin, dernier volet du triptyque, le résultat de la conférence de refondation (aussi longue que nécessaire), selon les termes mêmes d’Hubert Védrine, « ferait l’objet d’un texte politique de conclusions qui recentrerait l’Union sur l’essentiel et qui, après une intense campagne d’explication, pourrait être soumis à référendum le même jour dans chaque État membre y ayant participé et ayant endossé ses résultats ».
     Il s’agirait d’une sorte de feuille de route lisible et transparente pour le futur endossée par les citoyens et non adoptée à leur insu. Hubert Védrine insiste par ailleurs sur l’importance des concepts de fédération d’États-Nations, d’Europe sociale et de pivot franco-allemand. Sur ce dernier point, la tâche est ardue tant le décrochage de Paris par rapport à Berlin est grand et suppose des réformes importantes pour envisager un rattrapage permettant de rééquilibrer le couple. L’objectif de notre ex-ministre des Affaires étrangères est ambitieux. 
    « Dans tous les cas, le statu quo n’est plus tenable » résume Hubert Védrine
                     Le constat est sévère et le projet est louable. Reconquérir les peuples semble une nécessité impérieuse, mais cela supposerait un radical changement de fonctionnement, rapidement négocié..
         Le bon docteur semble bien loin de faire l'analyse des maux qui taraudent l'UE, surtout depuis que la crise, qui a servi de révélatrice à un vice de fonctionnement politico-économique et à une gestion purement libérale qui en est venue à contredire les idéaux à la base du projet, notamment toute solidarité,à l'heure où les intérêts particuliers des Etats se renforcent aus dépens des autres, à l'heure où les lobbies ont une telle puissance dissolvante à Bruxelles.
     Que l'UE, telle qu'elle fonctionne réellement, loin des vues des fondateurs, tue l'Europe  n'est pas un paradoxe et que la notion de "peuple européen" soit purement fictive n'est pas une révélation, la question allemande venant de plus en plus au centre des débats critiques, au coeur des remous économiques dans lesquels nous sommes emportés. Comme le disait récemment Wolfgang Streek, «l'Allemagne en est arrivée à tenir l'Union européenne pour une extension d'elle-même, où ce qui est bon pour l'Allemagne est par définition bon pour les autres (…) Proches en cela des États-Unis,les élites allemandes projettent ce qu'elles estiment évident, naturel et raisonnable sur leur monde extérieur, et s'étonnent que l'on puisse voir le monde autrement qu'elles».
     Le fédéralisme n'est pas pour demain. Seule une monnaie commune et non plus unique, bridant la production et les exportations des plus faibles, pourrait constituer une première solution.
      Encore un effort, docteur, pour pousser plus loin votre diagnostic.
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Bangladesh: pour 40 dollars par mois

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Cher textile!
  _______________Un pays parmi les plus pauvres et les plus exposés aux catastrophes naturelles,
Où la vie, au travail comme ailleurs, n'a qu'une valeur relative.
Où l'on trouve les ouvrier(e)s du textile les plus mal payé(e)s de toute l'Asie, enfants compris, qui travaillent dans des conditions qui n'empêchent pas de dormir les fabricants et leurs donneurs d'ordre.
Même la Chine y a délocalisé une partie de sa production. Les frontières de la mondialisation se déplacent toujours...
Une ouvrière du textile meurt tous les deux jours, et ce ne sont pas de simples accidents. 
"... le Bangladesh propose l’une des mains d’œuvre les moins chères du monde. 30 euros par mois contre 150 ou 200 en Chine. Une optimisation sociale alléchante pour les grandes marques, qui peuvent ainsi baisser leur prix sur le marché occidental, tout en empochant de substantiels bénéfices. Ceux de l’espagnol Mango sont passés de un à deux milliards d’euros entre 2004 et 2012. Carrefour a triplé son bénéfice net en 2012, pour atteindre 1,23 milliard d’euros. Et chez Primark, le groupe d’habillement le moins cher outre-Manche, les profits ont été multiplié par cinq en dix ans. Un grand merci aux ouvrières bangladaises... et aux autorités du pays. 
Car c’est dans les années 70 que le secteur du textile commence à s’implanter au Bangladesh. Avec la mise en place de zones franches, dans lesquelles les entreprises bénéficient de conditions fiscales très avantageuses. Le boom de l’habillement, dans les années 90, signe l’envolée de l’industrie locale, qui représente aujourd’hui 15% du PIB du pays, et 80% de ses exportations. Très souvent,10 à 12 heures de travail par jour, sept jours sur sept..." 
 ___Une vie humaine ne compte pas beaucoup pour les marques qui s'enrichissent sur le dos d'une main d'oeuvre sous-payée: 38 dollars par mois, des  conditions de travail désastreuses. 
Benetton, Primark, Mango, etc...font leurs choux gras. Quelques marques, montrées du doigt, par intérêt avant tout, finissent par s’engager... Business as usal!
 20 milliards de dollars valent-ils plus que 1000 vies ?
___Zola décrivait la mortalité ouvrière au 19°s.! Peu de choses ont changé là-bas, sauf que maintenant tout le monde le sait...
Victor Hugo se penchait sur la condition des enfants-esclaves:
 « Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement.
Dans la même prison le même mouvement.
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Ô Dieu ! qu'il soit maudit au nom du travail même,
 Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
 Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux ! »
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Le moins-disant salarial en accusation__Made in Bangladesh

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Réforme territoriale: en route...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Une réforme pour qui?
                                      Bonne question....
                                                       Les nouvelles régions, c'est maintenant!
      Se serait-on moqué du citoyen, qui n'a pas eu son mot à dire et qui n'a pas compris grand chose dans ce jeu souvent opaque et à rebondissements de déconstruction/reconstruction administrative?
   C'est ce que pense un ancien cadre territorial, qui voit derrière ce projet assez chaotique une opération bénéficiant surtout aux élus:
       ... Le transfert de compétences d’une collectivité à l’autre complexifiera un peu plus la lecture de ceux qui avaient réussi à assimiler le système précédent. Les transports scolaires et interurbains passent du Département à la Région, la gestion de la voirie passe du Département aux Métropoles (là où il y en a) à l’intérieur de leur aire, le Département gardant la gestion du reste du territoire.     Quelques compétences, notamment dans le social, la prévention ou bien la gestion des collèges sont susceptibles de passer également du Département aux Métropoles (mais cela peut varier d’une Métropole à une autre…) et le Département perd ses compétences économiques et en matière de gestion des déchets qui sont confiées également à la Région. 
   Ce sont désormais les Métropoles et les intercommunalités qui exerceront en lieu et place des communes qui les composent la gestion de la compétence urbanisme.
    On l’aura compris, les communes perdront une partie de leur autonomie au profit des intercommunalités, mais le grand perdant de la réforme, c’est le Département qui sort laminé de cette réforme au point que la question de son utilité est fortement posée.
    Petite sucette pour consoler le Département : l’élaboration d’un schéma départemental d’amélioration de l’accessibilité des services publics (en coresponsabilité avec l’Etat, pour éviter les dérapages…). Cela nous promet de bien belles réunions.
     Au final, toujours quatre échelons administratifs, toujours des compétences partagées et sans doute encore des financements croisés et une collectivité croupion (le Département) essentiellement axée sur le social....
              Un rapport du Conseil de l’Europe, qui a pourtant été à l'origine de l'initiative, ne manque pas de critiques sur cette  réforme.
      Elle a déjà fait couler beaucoup d'encre et s'est faite dans la précipitation, sans que les vrais enjeuxsoient vraiment discutés, aboutissant finalement à une synthèse boiteuse.
     Une occasion de clarification et de simplification a été manquée 
         Ce qu'on a pu appeler  le casse-tête du millefeuille   n'a pas tenu ses promesses de réforme réfléchie et cohérente.
             La copie serait à revoir, de manière démocratique. 
                                                                Mais, quand la machine est lancée.....
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Drôles de drones

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Guerre à distance  
__________________Les drones, ces nouvelles technologies volantes, produits de l'aéronautique et de l'informatique,  peuvent rendre de multiples services civils, être très utiles pour des géographes, pour surveiller un territoire en cas d'accidents majeurs, etc..."Leurs applications civiles incluent les contrôles sur le trafic, la surveillance maritime, les opérations de recherches aériennes et de sauvetage, la récolte de données pour la prévision météorologique ou en environnement difficile (en zone de risque NRBC ; nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique par exemple), le relais d'informations, la prise de photographies aériennes…" (Wiki)
Les drones civils sont promis à un rapide développements.
___Une technologie neutre en elle-même, comme toutes les innovations, mais qui peut être utilisée à des fins destructrices et changer la nature de la guerre et de la perception de la violence. Le développement des drones militaires tactiques, pré-stratégiques ou armés semble tenter beaucoup de pays, pour des raisons d'économie et de coût humain. Paris achète aussi des drones américains 
ou israëliens, pour rattraper son retard._Mais pour quel usage
Les premiers drones ont été " élaborés pendant la guerre du Viêtnam, puis délaissés à la fin des années 1970, les drones ont poursuivi leur développement en Israël, avant de faire retour vers les États-Unis. Jusqu’au début des années 2000, ils n’étaient que des engins de renseignement, surveillance et reconnaissance. La métamorphose s’est opérée entre la guerre au Kosovo et celle d’Afghanistan. Au Kosovo, le désormais fameux Predator, mis au point par la firme General Atomics, se bornait à filmer et à illuminer des cibles au laser, afin de les désigner aux frappes des avions F16." (Mediapart)
Le président Obama en a fait un moyen personnel d'intervention antiterroriste...entretenant un fol amour pour les drones, une drone-mania très contestée, jugée comme un abus de pouvoir, dans un grand flou juridique.
« Il a promis de fermer Guantanamo, de mettre fin aux interrogatoires coercitifs et aux tribunaux militaires, et de restaurer les principes américains de la justice; pourtant, au cours de son premier mandat, il a fait marche arrière sur chacune de ces promesses, fait monter en puissance la guerre secrète des attaques de drones et les opérations clandestines. En coulisses, les débats déchirants entre « faucons » et « colombes » - ceux qui tueraient par rapport à ceux qui captureraient - a été un test pour le noyau même de l'identité du président. »
__Les drones à usage militaire ont de l'avenir . Ils sont "propres", ne font pas de prisonniers, ne traumatisent pas le tueur à distance, derrière sa console...Déjà, le pilote d'un bombardier US larguant sa cargaison de mort ne voyait jamais le visage d'un Vietnamien...Ici, la guerre devient encore plus abstraite, désincarnée, sans contact physique, sans émotions, une sorte de télétravail à distance...L'ordinateur rendrait la guerre presque clean...Un pas de plus vers la robotisation de la guerre.
Allons-nous vers des types de guerres déshumanisées, si tant est que la guerre puisse être humaine?.. 
C'est la philosophie de la guerre qui en est modifiée, comme le signale G.Chamayou: 
"... Les forces armées américaines disposent de plus de 6 000 drones qui se déploient partout dans le monde, y compris dans des pays qui ne sont pas en guerre. Mais cette « dronisation » d’une part grandissante des forces armées ne constitue pas seulement un bouleversement technologique.
Cet « objet violent non identifié » affecte en effet des notions aussi élémentaires que « celles de zone ou de lieu (catégories géographiques et ontologiques), de vertu ou de bravoure (catégories éthiques), de guerre ou de conflit (catégories à la fois stratégiques et juridico-politiques) », explique Grégoire Chamayou dans son dernier livre...La dronisation de la guerre porte en elle une mutation de la manière de tuer, et des justifications pour le faire, qui ne fait pas seulement trembler le droit international. En permettant à la guerre, d’asymétrique qu’elle pouvait être, de se faire unilatérale et en brouillant la distinction entre combattants et non-combattants, le développement des drones cèle des conséquences vertigineuses, à la fois éthiques, juridiques et anthropologiques. « Plutôt que de se demander si la fin justifie les moyens », le philosophe doit donc se demander « ce que le choix de ces moyens, par lui-même, tend à imposer. »
Outre les bavures signalées sur le terrain, notamment en Afghanistan, la relative imprécision des drones, on peut aussi souligner la complexité et les risques de leur gestion dus notamment à la masse des données numériques à gérer, la surcharge des informations qu'ils induisent.
__"...Outre les frappes de personnalités inscrites sur une kill list approuvée en personne, et oralement, par le président des États-Unis, la majorité des cas où les drones opèrent sont constitués par des « frappes de signatures » : « Signatures pris ici au sens de traces, d’indices ou de caractéristiques définitionnelles. Celles-ci sont dirigées sur des individus dont l’identité demeure inconnue, mais dont le comportement laisse supposer, signale ou signe une appartenance à une “organisation terroriste”. » 
Mais, souligne Grégoire Chamayou, « on frappe alors en ce cas sans connaître précisément l’identité des individus ciblés, sur cette seule base que leurs agissements, vus du ciel, dérogent à des normes et des habitudes que les États-Unis associent à un comportement suspect ». Et ce, bien que les formes demeurent imprécises et que l’on cible plutôt des téléphones que des noms, « alors même qu’un nombre croissant de numéros de téléphone de civils non combattants se met à apparaître sur la carte du réseau des insurgés ».
___"Sur le plan juridique, le drone ne rentre ni dans le cadre du droit de la guerre, ni dans celui du law enforcement exercé par les forces de l’ordre. D’un côté, « cette arme, parce qu’elle supprime tout rapport de combat, parce qu’elle transforme la guerre, d’asymétrique qu’elle pouvait être, en rapport unilatéral de mise à mort, privant structurellement l’ennemi de toute possibilité de combattre, glisse subrepticement hors du cadre normatif initialement prévu pour des conflits armés », d’autant que « le droit international ne reconnaît pas le droit de tuer avec des armes de guerre hors d’un conflit armé effectif ».
Pour Grégoire Chamayou, cette « violence armée à sens unique persiste pourtant à se dire “guerre” alors qu’elle a mis la guerre hors de combat. Elle prétend pouvoir continuer à appliquer à des situations d’exécutions ou d’abattage des catégories antérieurement forgées pour des situations de conflits. » Pour le philosophe, « la guerre n’est plus la guerre : elle se transforme en une sorte d’opération de police hors cadre ».
Mais il devient alors nécessaire de saisir ce qui sépare, dans l’usage de la force létale, « les prérogatives d’un soldat sur un champ de bataille de celles d’un officier de police en patrouille. Alors que le premier peut impunément “tirer pour tuer” sur toute cible militaire légitime, le second ne peut faire feu qu’en dernier recours, seulement à titre de réponse proportionnée à une menace imminente ».
"La guerre devenant fantôme et téléguidée, et les citoyens ni les soldats n’y risquant plus leur vie, le peuple n’aurait, à la limite, plus son mot à dire sur les actes de guerre. Ainsi, « la dronisation des forces armées altère, comme tout procédé d’externalisation des risques, les conditions de la décision guerrière. Le seuil du recours à la violence armée s’abaissant drastiquement, celle-ci tend à se présenter comme une option par défaut pour la politique étrangère », écrit le philosophe. Les drones opèrent en effet unetriple réduction des coûts (politiques, économiques et réputationnels) et le fait de pouvoir agir sans prendre de risques, ni assumer de coûts trop importants, conduit à déresponsabiliser les agents des effets de leur décision...." (Mediapart)
______Il est temps que le droit international encadre l'usage croissant des drones.
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-France 5:  Drones tueurs et guerres secrètes.
Les drones ont tué au moins 400 civils au Pakistan depuis 2004
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(D)étonnant

Publié le par Jean-Etienne ZEN

_ Pour l’ex-patron de Volkswagen,  rien ne va plus.
                                                 Le fier slogan Das AUTO ist weg.
           Ach! die deutsche Tugend!

__ Sur le châtelain de Beaucé, on ne nous dit pas tout... 
                                                  Et Penelope s'ennuie.

__ Manuel ne veut plus de Brigitte dans ses pas électoraux.
                  Trop risqué!                   C'est Closer qui le dit...

__L' interdit de la fessée  contestée en plus haut lieu.
                                     Il y a des fessées qui se perdent...
                                             En Russie, on est moins regardant...

__ Suspense insoutenable pour François Hollande Bayrou  ira, ira pas?...
                                                     Un terrible dilemme!.

__ Le médica-ment souvent selon .Prescrire.:


__ Les incultes fertiles cerveaux de la Silicon Valley se préparent à l' "apocalypse
             Ça doit sans douter les aider à vivre... 
                           IL faudrait y songer, on ne sait jamais...
 


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La reine bicyclette

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Le vélo: meilleur ami de l'homme...après le cheval
_________________________________Quand il se laisse aller aux confidences, il nous apprend beaucoup sur nous-mêmes, surtout si on est un familier de ce morceau de ferraille ( ou de carbone) monté sur roues, reposant toujours sur les mêmes principes de base, malgré les variantes et quelques mutations.
Sur l'histoire récente aussi.
Depuis le fin de XIX° siècle, les Français ont entretenu une relation particulière avec la petite reine.
Il s'est intégré peu à peu dans leur vie de loisirs, de travail, de luttesaussi (pendant la guerre, le vélo avait une valeur militante, combattante...), d'émancipation des femmes.
" Depuis sa naissance à Paris, le vélo a parcouru toutes les évolutions de notre pays, jusqu’à devenir aujourd'hui le porte-drapeau de l’écologie. Le vélo, la bicyclette, le biclou, c'est l'histoire d'un mythe populaire, nourri par nos souvenirs personnels et par des luttes politiques et sociales...le vélo est un symbole qui incarne des évolutions économiques, environnementales et politiques, pour nos arrières grands-parents comme pour nos enfants. Le vélo n’est pas un véhicule comme les autres : véritable prolongement de notre corps, il nous rend sensibles aux autres et à l’environnement."
Elle est devenue reine...
Une histoire bien française
Sa préhistoire remonte à 1817: du vélocipède à la bicyclette
Peugeot a très tôt imposé son hégémonie dans le PVF (Paysage vélocipédique français)
_________Il y a mille et une raisons de faire du vélo
Même si on commence sur le tard.
Il ne suffit pas d'en parler.
Tous à vélo! Mais pas tous les vélos!
Vive le vélo!
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Le retour de Orwell

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Une nouvelle race de faits
                                     Trump a gagné.
                                                Mais Orwell est en passe de le faire aussi.
        On se l'arrache, surtout sur la côte Est.
   A son corps défendant, le nouveau Président lui a donné une nouvelle actualité.
Et contribue à faire la fortune d'Amazon.
      Surtout avec avec sa conception si particulière de la vérité des faits, dits alternatifs, et sa novlangue en voie d'élaboration.
   Ce n'est pas nouveau, mais cela méritait d'être noté.
       Notre présidentiable de la Sarthe serait-il lui aussi gagné par le même virus?

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Le tournant de l'An II

Publié le par Jean-Etienne ZEN

( C'était il y a trois ans...une éternité!)

 
Le Président au carrefour
______________________ "Je me situe entre l’immobilisme et l’incantation(F.Hollande) 
On attendait le cap...
Une année d'attentisme, d'hésitations...révélatrice d'une grande impréparation.
La perplexité, voire la déception, est aussi à gauche
 Faute d'être Roosevelt, notre Président serait-il en passe de faire duSchröder?..
...L'homme qui, engagé chez Gazprom, murmure à l'oreille de François.
  « Le progrès, c'est aussi de faire dans les moments difficiles des choix courageux pour préserver l'emploi, pour anticiper les mutations industrielles et c'est ce qu'a fait Gerhard Schröder ici en Allemagne et qui permet à votre pays d'être en avance sur d'autres » a déclaré F.H. au congrès du SPD, dans une ode remarquée. Peut-on être plus clair?
Malgré l'irritation merkelienne et les menaces de la CDU.
Mais l'Allemagne actuelle est-elle la mieux placée pour donner des leçons?
Le "changement" n'ayant pas jusqu'ici tenu ses promesses, le "mouvement" sera-t-il en mesure de le faire?
 Le PS se contentera-t-il de continuer à jouer à la droite complexée?
____François Hollande s'incline devant les dogmes de l'Europe -
 La Commission européenne obéit toujours au même logiciel néolibéral. « Il n’y a pas d’inflexion. Nous sommes toujours dans les mêmes objectifs arbitraires sans lien avec la situation économiqueLà où il faudrait des programmes de relance, on poursuit l’austérité par d’autres moyens », insiste Henri Sterdyniak. Des réformes, il en voit de nombreuses qui s’imposent, mais pas celles préconisées par la commission. « Limiter la domination de la finance, faire une vraie séparation bancaire entre les banques de dépôts et d’investissement, en finir avec la concurrence fiscale… Cela devrait être des réformes impératives. On oublie les origines de la crise. Elle n’a pas été causée par les allocs et les retraites, mais la faillite du modèle néolibéral financier. On utilise la crise pour faire avancer les réformes néolibérales...
« La commission reste dans le dogme néolibéral. Mais il est des biens collectifs, des situations de monopole naturel, comme typiquement l’énergie ou le ferroviaire, où le public est moins cher que le privé, pour le profit de tous, et pour une simple raison : il n’a pas le même coût du capital que le privé, il n’est pas obligé de rémunérer ses actionnaires », rappelle Christophe Ramaux. Mais là encore, cette leçon d’économie a été volontairement oubliée.
« Si la France accepte sans discuter la vision néolibérale de Bruxelles, ce n’est pas seulement par tactique ou par faiblesse. Le mal est plus profond que cela. Toute une partie des élites, notamment à Bercy, est persuadée que ces réformes structurelles sont exactement ce qu’il faut faire. On est en train de payer des années de régression intellectuelle, d'absence de débat théorique », dit Christophe Ramaux. Cette carence risque de se payer au prix fort..."
___Dans son langage abrupt, Emmanuel Todd, qui avait beaucoup espéré en l'action du nouveau Président, en fait un bilan sans complaisance...
Vers quoi ira le mouvement de l' An II?..
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Trump et l'isolationnisme

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Ça va, ça vient...             
                       Au cours de l'histoire moderne, les relations marchandes dans le monde vont et viennent.
      Les frontières s'ouvrent ou se ferment, s'entrouvrent le plus souvent.
 Le protectionnisme est une arme à double tranchant
       Il peut et doit doit s'imposer dans certains cas, quand il met en péril l'indépendance nationale et l' autonomie économique.
  Mais il ne peut être que limité, surtout à l'heure où la globalisation a explosé depuis les années 70, même s'il n'aurait pas pu produire tous ses effets pervers, si l' idéologie de OMC et la dérégulation financière encouragée n'avaient pas atteint les sommets que l'on connaît.  Jusqu'à l'abandon non justifié de pans entiers de l'économie productrice..
            Mais l'isolationnisme prôné par Trump est une chimère.
Même si les USA protégeait mieux que nous certains secteurs de sa vie économique.
   C'est le revers d'une impuissance:
                       Comme souvent, c'est un faisceau de causes qui a mené le milliardaire démagogue Donald Trump à la Maison Blanche le 8 novembre 2016. Mais, pour comprendre ce phénomène, il peut être utile de le replacer dans un contexte plus large. Ce contexte est celui du déclin de l'hégémonie des Etats-Unis sur l'économie mondiale. En 2013, deux économistes, Peter Temin, du MIT, et David Vines, de l'Université d'Oxford, ont publié un livre titré The Leaderless Economy* (« L'économie sans dirigeant »), dont la thèse faisait de la crise déclenchée en 2007 non pas une simple crise économique, mais une « crise de fin de régime », celle qui sanctionne la fin de la domination économique des Etats-Unis sur le monde. C'est dans ce contexte qu'il faut aussi comprendre l'ascension de Donald Trump et son programme..... La situation de 2016 est en tout cas très différente de celle des années 1865-1929. D'abord parce que le pays était alors porté par la conquête de terres quasi vierges et par une forte poussée démographique explicable par... l'immigration. Une immigration que refuse aujourd'hui Donald Trump. Ensuite, parce que l'économie mondiale disposait alors d'un « hégémon », le Royaume-Uni, qui imposait ses règles en imposant partout ses capitaux. Les capitaux britanniques ont ainsi joué un rôle important dans le développement des Etats-Unis.
   Or, comme le soulignent Vines et Temin, l'économie mondiale est sans tête et donc sans ressort. Certes, les Etats-Unis peuvent espérer combler par eux-mêmes une partie du déficit de demande mondiale, mais ils ne le peuvent pas seuls : ils ont besoin des capitaux étrangers et donc d'une certaine ouverture de l'économie, et ils ne disposent pas actuellement d'un potentiel productif suffisant pour répondre à cette demande. Sortir de la mondialisation prendra forcément du temps et nécessitera un ajustement du modèle de croissance des Etats-Unis, notamment par une réorientation de la finance vers l'économie réelle. Or, le milliardaire a renoncé à toute pression sur le système bancaire, bien au contraire il semble vouloir s'appuyer sur lui. Ses baisses d'impôts risquent donc de venir alimenter d'abord la demande de rendements financiers......Il ne restera plus alors du programme de Donald Trump que le refus d'assumer l'hégémonie sur l'économie mondiale, un refus qui sera en fait l'écho d'une impuissance incarnée par l'administration démocrate. En réalité, les deux partis étasuniens apparaissent comme les deux versants d'une même réalité : l'incapacité de trouver un nouveau modèle pour une économie mondiale qui n'a plus que les dépouilles du système d'avant 2007 pour croître. Ni Hillary Clinton, ni Donald Trump n'avaient en réalité les clés d'une situation qui semble échapper à tout le monde....
           C' est une opération impossible au sens strict et des intentions bourrées de contradictions, à usage interne surtout, qui montreront vite leurs limites, à cause notamment des conséquences sur les prix, donc sur le pouvoir d'achat et leurs conséquences internes..
           Trump a déploré la disparition de l’industrie américaine et des jobs d’ouvriers, sans faire la connexion avec ses propres pratiques d’homme d’affaires qui emploie des travailleurs étrangers de pays moins chers, délocalise dès qu’il peut et refuse de payer des impôts, ni avec ses nominations aux postes clés de son cabinet, comme le futur secrétaire au Trésor qui a « oublié » de divulguer qu’il dirigeait un fonds d’investissement basé dans un paradis fiscal. Il a camouflé la véritable question des inégalités dans le pays sous une rhétorique nationaliste.
       L'âge d'or du protectionnisme américain est terminé..
             Un retour à l'isolationnisme est un projet ancien, mais irréalisable..
   Les USA ont ont toujours oscillé entre ouverture et repli, L'isolationnisme relatif, depuis Thomas Jefferson, surtout entre les deux guerres, où le mouvement America first flirta même avec des tendances pro-fascistes.  Trop d'intérêts économiques mondiaux sont engagés, ne serait-ce qu'avec la Chine, pour que ces tendances isolationnistes aillent bien loin..."
    Une idée qui est soumise à de grandes variations historiques.
          Trump est condamné à faire dans le traditionnelet en partie dans le symboliqueon s'en apercevra vite....Le pouvoir réel est surtout aux mains des transnationales.
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