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Mallettes et tablettes

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(C'était il y a trois ans...)
 Chocolat amer
 _____________Il est  chocolat!
 ___La Suisse produit sans doute le meilleur chocolat du monde.
Une vieille tradition, grâce à Mr Lindt, et un sens de l'accueil exceptionnel.
Il n'y a pas que du chocolat dans les mallettes

Elle est aussi d'une propreté pointilleuse, habile en lessivage
Ne parlons pas du paisible Helvète moyen, qui ne sait pas tout, mais de certaines officines qui prospèrent comme jonquilles au bord des lacs, comme UBS.
Des couteaux multiservices... 
Certes, elle n'a pas le seul pays paradisiaque, mais elle tient son rang discrètement, à côté de l'orgueilleuse City.
Elle a admis en son sein notre ci-devant capitaine des pompiers, pourtant pyromane.
Il a fallu qu'un journal trop curieux aille mettre son nez là où il ne fallait pas..
C'est de sa faute si le capitaine, dont on peut se demander  ce qu'il faisait là où il était, a craqué, est passé au confessionnal avec des accents clintoniens à déchirer les âmes sensibles:
Confiteor... "L’argent pourrit jusqu’à la conscience des hommes...Amen! 
Un cas parmi d'autres,  du menu fretin.
Il y a plus grave... 
 Les experts cités par « The Guardian » estiment que l’argent placé dans ces paradis fiscaux et qui échappe donc de cette façon au fisc est l’équivalent du Produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis et du Japon réunis !
En France, six fois le trou de la Sécu... 
Et on s'étonnera que les caisses soient vides!
Une routine... "...quiconque fraude le fisc à travers les paradis fiscaux ou les places offshore ne planque pas simplement ses capitaux mais participe à la spirale de la dette et de ses bénéfices… " Optimisons!
_____________C'est pour quand la fin de la  République des mallettes, au-delà du Ca-huzac?
"C'est fini!" disait l'autre au G20.
En 20... 
___________________
-Les petites françaises ne sont pas mal non plus 
-Des caïmans voraces 
Le vrai visage de l'évasion fiscale
La révolte des riches
Ces autres Chypre qui menacent l'Europe
-De Genève à Singapour 
-Industrie financière clandestine 
-Rapport du Sénat

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Donald, Angela et les autres

Publié le par Jean-Etienne ZEN


                                         Sans être grand clerc, en tenant compte des déclarations lapidaires du nouveau Président des USA, on peut affirmer que quelque chose va changer en Europe, si les paroles sont réellement suivies d'effets.

        Si America first à un sens, même forcément limité, ce n'est pas seulement pour Washington, mais aussi pour ses partenaires privilégiés, de l'autre côté de l'Atlantique. 
  Ce n'est pas seulement importer moins ou de manière plus draconienne, c'est aussi couper lecordon ombilical établi depuis la seconde guerre mondiale, c'est cesser de soutenir le projet européen dont les services américains  furent les fervents soutiens, c'est favoriser la dislocation d'une Union fragile, en soutenant le Brexit et d'autres formes de retrait.
   C'est un  défi colossal pour l’Allemagne et l’Europe, qui vont forcément devoir redéfinir leurs rapports, face à la nouvelle doctrine européenne de D.Trump.
      Notamment,"du côté du libre-échange, Trump a dit tout le mal qu’il pensait des accords commerciaux multilatéraux. Son élection constitue donc un sacré boulet pour le Tafta, auquel Angela Merkel tenait tant. Rappelons là encore que l’Allemagne est le seul grand pays européen exportateur net, donc bénéficiaire du libre échange. La signature du traité constituait donc un enjeu important pour Merkel....
    Avec l’arrivée de Trump, les termes même du commerce international pourraient connaître une profonde mutation. Dans la durée, la situation pourrait donc devenir très compliquée pour l’Allemagne."
    Cela inaugure-t-il un nouvel ordre américain en Europe?
        Entre l'Allemagne et le France, tout pourrait devenir plus compliqué, malgré certains démentisofficiels.
    Les caricutures de Trump, qui ne prend pas de gants, ignorant la géographie, l'histoire et la diplomatie, n'arrangeront pas les choses, en cognant fort, avec son habituel sens des formules à l'emporte-pièces
    Kerry a beau protester, il n'a plus de pouvoir.
         Les mesures de rétorsion commencent.
                  Dans le village des ancêtres de Trump, on se fait petit.
    Jusqu'où cette nouvelle logique conduira? Difficile à dire pour l'instant, mais nul doute qu'elle connaîtra assez vite ses limites, dans l'intérêt des USA eux-mêmes et que les effets ne seront pas tous négatifs, si l'Union Européenne, par nécessité, se décide enfin à se redéfinir.
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Dexia: de la solidarité à la décrépitude

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 Dérives d'un banque
____________________Il était une fois un établissement public administratif, dont la vocation première était de répondre aux besoins des collectivités locales, en France et en Belgique. 
Qui a été amenée à une aventure bancaire insenséeoù l'Etat a déserté son rôle de modérateur et de contrôle, cédant aux  pressions spéculatives. 
Faute d'une gouvernance cohérente et compétente, la frénésie conquérante n'a pas connu de limites pendant une longue période, jusqu'à la toxicité.
Les folles dérives de la finance mondiale ont touché nos communes, nos hôpitaux et nos HLMDexia, l'ex-Crédit local de France, leur a vendu des milliers d'emprunts structurés, devenus toxiques, dont les taux d'intérêt explosent : aujourd'hui, la banque est à l'agonie et ne doit sa survie qu'au soutien des États belges et français. Qui va payer la facture (estimée, au minimum, à 10 milliards d'euros) ? Que ce soit l'État ou les collectivités locales, ce seront bien les contribuables qui, in fine, devront assumer les dégâts de ce véritable scandale financier. Comment Dexia, en qui les acteurs locaux avaient toute confiance, a-t-elle pu les entraîner dans les pires travers de la spéculation financière ? Pour répondre à cette question, ce livre propose une plongée dans les coulisses d'une banque aux ambitions démesurées, dont les dirigeants, poussés par l'appât du gain, ont sacrifié l'intérêt de leurs clients. L'enquête des auteurs est étayée par des documents inédits et par de nombreux témoignages exclusifs d'anciens salariés de chez Dexia, de hauts fonctionnaires et des concepteurs de ces produits toxiques. Nicolas Gori et Catherine Le Gall racontent ainsi comment le premier "emprunt structuré" a été imaginé dans les salles de marchés de la banque américaine JP Morgan. Ils montrent comment Dexia est devenu dépendante des profits dégagés par ces produits financiers hautement spéculatifs et comment elle a construit une "machine de guerre" pour conquérir les élus et leur vendre ces prêts venimeux. Ils décryptent comment les concurrents de Dexia (Caisses d'épargne, Crédit agricole…) ont amplifié le mouvement et transformé le marché des emprunts locaux en véritable folie. Enfin, ils révèlent que l'État a bien été alerté du danger représenté par ces emprunts, mais qu'il n'a rien fait pour empêcher leur propagation.]
 
Une affaire où l'irresponsabilité était à tous les niveaux, Pierre Richard ayant joué un rôle majeur d'aventurier de la finance folle, qui va coûter très cher à l'Etat, aux collectivités locales, aux hopitaux...
Un scandales, où  plus grave, que le Crédit Lyonnais, qui va coûter très cher au contribuable...
Comme finissait par l'avouer un ex-ministre pointant aujourd'hui à Pôle-Emploi: "L'argent pourrit jusqu'à la conscience des hommes..."
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Je cherche un homme

Publié le par Jean-Etienne ZEN

En avant, en marche...dans le brouillard.
                                          Déçu, comme prévu, par le débat d'hier soir (mais était-ce un débat?), ce matin, comme Diogène,je me suis mis à chercher un homme.
        Non pas un être parfait, le meilleur homme politique qui soit, par les temps qui courent.
    Non, seulement le moins pire. Comme Platon, à Syracuse, j'ai cessé de rêver au dirigeant parfait. On ne crée pas l'idéal ex nihilo.
  Celui qui mettrait un peu d'ordre et de justice dans le chaos ambiant, capable de prendre sérieusement et courageusement la barre au milieu des remous, de la tourmente politique et financière, de montrer le cap dans le b..... mondial.

                             Et je suis tombé sur cette page...►
        Pas de doute, j' ai encore mal cherché.
                    On m'a dit qu'il y aurait bien quelqu'un de neuf, jeune et beau,qui avait pris son bâton de pèlerin, pour une marche prometteuse, sur des sentiers inédits.
     Encensé par la presse anglo-saxonne,  tout ça...
        J'ai regardé de près et j'ai sombré dans le brouillard
  Voilà un homme qui part à l'aventure: par delà la rhétorique de circonstance, j'ai cherché en vain l'itinéraire, le programme, l'originalité.
     Marcher, c'est bien, mais pour aller où?...
       Bon, je continue à chercher...comme le Grand Jacques.
                   On ne sait jamais...
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Moralisation, démoralisation

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 Nettoyage de printemps
___________________L'autorité, ça se mérite 
 _____________________ « Il faut étudier la société par les hommes, et les hommes par la société : ceux qui voudront traiter séparément la politique et la morale n'entendront jamais rien à aucune des deux. » (Rousseau_Emile, IV)

__Moral en berne pour tout le monde..
Le temps, le contexte économique renforcent la démoralisation. 
Le chasseur est lui même chassé, le gendarme de la finance est pris à son propre jeu.
Le petit Jérôme a été pris le doigt dans le pot de confiture (ou de Nutella)
 L'affaire suisse et l'argent trop facile de l'industrie pharmaceutique l'ont amené au piquet, rejeté par les siens. Ce pelé, ce galeux...
On en oublierait les autres affaires des deux côtés, récentes ou anciennes.
Le sens de l'intérêt général en a pris un coup.
Mais là, on a fanchi un seuil nouveau.
____La nausée....devant  le sentiment d'impunité d'une certaine caste politique
__Maintenant on assiste à une course ridicule et dérisoire à la probité: plus propre que moi, tu meurs... 
On ne peut se contenter d'une réponse morale, cette sorte de manteau de Noë.
Un referendum sur la moralisation ne mange pas de pain, sera détourné et ne changera rien. Juste pour donner bonne conscience.
La course à la moralisation dans ce domaine est d'ailleurs largement une chimère et le désir detransparence  totale peut être dangereux. 
Les déclarations de patrimoine sont une fausse-bonne solution, reconnaît Bayrou lui-même. 
Il faudrait distinguer entre la morale privée et l'éthique politique, qui s'inscrit dans le cadre d'un mandat, d'une confiance déléguée nécessitant un minimum de probité et de rigueur, le sens du service, dans le cadre d'un Contrat social, de règles communément acceptées. Sortir de l'état de nature est un long combat.
___Ce n'est donc  pas seulement un homme qui est en question. N'accablons pas un homme, pour ne pas manquer l'essentiel. Non, pas tous pourris...
  La «moralisation» de la vie publique, qui nous paraît si nécessaire aujourd’hui, ne signifie pas qu’il faut donner à la politique le «supplément d’âme» qui lui fait défaut. Ce qui est en cause, c’est l’idée du bien commun. Quelle est la véritable nature des exigences démocratiques ? Comment leur redonner la place qui leur revient ? A quoi tient la responsabilité civique ? Comment donner aux nouvelles générations la capacité d’entrer dans un monde commun ?
__Repenser un cadre institutionnel empêchant les élus de sortir des clous. Il est illusoire de vouloir changer les hommes, mais les comportements politiques peuvent être plus efficacement encadrés.
Contrôler le pouvoir, renforcer les contre-pouvoirs, réduire la durée des mandats électifs...repenser une constitution plus équilibrée.
 S'attaquer aux paradis fiscaux est une priorité. 
Prendre une nouvelle fois la Bastille
Les nouveaux outils de François suffiront-ils, s'ils sont réellement mis en action?
___________________________________Les aventures extraordinaires de la «moralisation de la vie politique»
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Climats

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
C'est pire?
              Le climat n'a de sens que pour l'homme qui le subit et/ou s'y adapte.
                    Il n'existe qu'au cours d'une histoire dépassant l'échelle humaine.
        Tout jugement sur le climat à un moment donné de l'histoire, à un endroit donné, ne peut être que relativisé, comme est relative chaque épisode que nous nommons conventionnellement saison.
    Aujourd'hui, on entend répéter qu'il n' y a plus de saison, qu'il fait froid (après avoir fait trop doux, l'année précédente); mais ça ne date pas d'hier !
     L'illusion, du moins en parole, est toujours la même, à moins de prendre du recul et de relativiser.
                                       « Il y eut cette année un hiver extraordinairement glacial et neigeux, à tel point que les communications des routes et la navigation du Tibre furent suspendues; cependant des approvisionnements considérables, ménagés d'avance, permirent de ne point hausser le prix des vivres ». Ainsi l'historien Tite-Live, mort en 17 de notre ère, décrit-il l'hiver particulièrement rigoureux qui aurait sévi en 399 avant notre ère, avec les conséquences habituelles : disette et cherté des vivres.
      Les grandes froidures ne provoquent pas seulement une spéculation sur les céréales. Elles peuvent aussi entraîner des famines meurtrières. Ce fut souvent le cas du haut Moyen Âge au siècle des Lumières, le XVIIIe siècle.
     Elles ont aussi parfois des conséquences géopolitiques inattendues. C'est ainsi que le 31 décembre 406, les Vandales, accompagnés des Alains et Suèves, passent en Gaule en traversant le Rhin qui avait exceptionnellement gelé cette année-là. Depuis plusieurs années, ces peuples germaniques, poussés par l'avance des Huns à l'est de l'Europe, tentaient de pénétrer dans l'Empire romain. Jusque là, ils avaient été repoussés, en particulier par les Francs alliés à Rome, qui leur avaient causé des lourdes pertes à proximité du Danube. On les retrouve en cette fin décembre 406 bien plus au nord puisqu'ils passent le Rhin en face de Mayence, qu'ils mettent ensuite à sac.
   Les troupes impériales, accaparées par les luttes intestines et les menaces d'autres peuples, au premier rang desquels les Goths, se montrent incapables, et même peu désireuses, de réagir. Dans les mois et années qui suivent, elles laissent les assaillants s'en prendre aux villes de la région (Reims, Trêves), puis se répandre dans toute la Gaule, avant de passer en Espagne en 409.
    Les chroniques nous fournissent au début du Moyen Âge une liste d'hivers particulièrement froids et rigoureux, comme 763-764, 859-860, 1076-1077... Rappelons au passage que les grands froids ne sont pas les seules causes de famine : des épisodes pluvieux intenses, pendant l'été, peuvent aussi avoir des conséquences dramatiques en faisant pourrir les blés. Le moine Raoul Glaber raconte ainsi une famine dans les années 1030 en Bourgogne : « Des pluies continuelles avaient imbibé la terre entière au point que pendant trois ans on ne put creuser de sillons capables de recevoir la semence. Au temps de la moisson, les mauvaises herbes et la triste ivraie avaient recouvert toute la surface des champs ».
     Lorsque le froid s'y met, les horreurs dépassent l'imaginable : « Hélas ! chose rarement entendue au cours des âges, une faim enragée poussa les hommes à dévorer de la chair humaine. Des voyageurs étaient enlevés par de plus robustes qu'eux, leurs membres découpés, cuits au feu et dévorés. Bien des gens qui se rendaient d'un lieu à un autre pour fuir la famine, et avaient trouvé en chemin l'hospitalité, furent pendant la nuit égorgés, et servirent de nourriture à ceux qui les avaient accueillis. Beaucoup, en montrant un fruit ou un oeuf à des enfants, les attiraient dans des lieux écartés, les massacraient et les dévoraient. Les corps des morts furent en bien des endroits arrachés à la terre et servirent également à apaiser la faim... ».
   Après trois siècles de relative douceur, durant lesquels les récoltes se font plus abondantes et la population européenne triple en nombre, les hivers reviennent en force au XVe siècle et plus spécialement à partir des années 1550 et jusque vers 1860, durant ce que l'on a appelé le « petit âge glaciaire », avec une baisse de la température moyenne d'un peu moins d'un degré Celsius.
   L'hiver 1407-1408 est particulièrement froid et long, marqué par deux longs épisodes de gel, de la mi-novembre à la fin janvier, puis de la mi-février au début avril. Les fleuves sont gelés ou charrient des glaçons.
    Le ravitaillement par voie fluviale, essentiel au Moyen Âge, devient problématique et les moulins ne peuvent plus fonctionner, or ils représentent alors une source d'énergie essentielle pour de nombreuses activités.
   Le vin comme l'encre gèlent dans leurs récipients et le bois de chauffage se fait rare.
   Curieusement, c'est sans doute sous le règne du Roi-Soleil, Louis XIV, que les hivers apparaissent comme les plus rigoureux, les plus meurtriers aussi.
    Le début des années 1690 voit une alternance de grands froids et de canicules, ce qui entraîne l'une des pires famines connues : tous les registres paroissiaux enregistrent pour les années 1693-1694 une multiplication par trois ou quatre du nombre des décès, une baisse sensible du nombre des mariages et une diminution plus importante encore du nombre de baptêmes (par suite d'aménorrhées ou de dénutrition).
   L'historien du climat Emmanuel Leroy-Ladurie évalue à 1 300 000 le surplus de décès de ces années-là en France, sur une population d'environ 20 millions d'habitants.
    En 1708-1709, le pays, déjà épuisé par la guerre de la Succession d'Espagne, connaît un hiver exceptionnel, le « Grand Hyver » [orthographe de l'époque]. Le prix du blé est multiplié par plus de dix et ce n'est pas tout... On lit dans un registre paroissial de Tours : « Le pain était à peine sorti du four qu'il gelait, et le vin gelait visiblement en le versant dans le verre. On ne buvait qu'à la glace. On ne pouvait s'échauffer qu'avec le meilleur feu. On ne pouvait dans les rues distinguer les vieux et les jeunes parce qu'on avait pareillement la barbe et les cheveux blancs ». Le surplus de décès est évalué cette année-là à 600 000.
  Des émeutes éclatent au sein d'une population dont les registres paroissiaux disent l'exaspération et l'angoisse.
   Thierry Sabot (Contexte) cite le registre du curé de Vougy (Loire) : « Le soir du six janvier, il commença à faire froid, et ce froid fut si extraordinaire et si violent pendant cinq à six jours qu'on disait n'en avoir jamais vu un semblable. Le temps se radoucit et il fit quelques pluies et neiges, qui rétablirent en apparence tout ce que la rigueur du froid avait beaucoup mortifié. Mais il survint un second froid vers le vingt janvier, qui fut plus violent et plus aigu que le premier qui fit beaucoup de mal, puisqu'il tua et fit mourir beaucoup de pauvres, qui, s'étant couchés se portant assez bien, on les trouvait le lendemain matin morts par la rigueur du froid (...). La famine a été si grande qu'on ne peut concevoir la quantité de personnes mortes de faim dans les chemins en allant demander l'aumône. Il y en eut beaucoup de dévorées par les chiens et les loups ; enfin il est mort pour le moins la moitié des habitants de cette paroisse. Il est resté très peu d'enfants. De quatre cent dix communiants que j'avais en 1708, il ne m'en est resté que 240  ».
   Les années 1780 ont aussi été marquées par plusieurs phénomènes climatiques exceptionnels. L'éruption d'un volcan islandais, le Laki, en juin 1783, obscurcit l'atmosphère terrestre pendant les mois suivants, jusqu'à entraîner une baisse des températures. Également cité par Thierry Sabot, le curé du village d'Azolette, dans le haut Beaujolais, note dans son journal : « L'hiver de 1785 sera longtemps mémorable par la grande abondance de ses neiges. La campagne en fut couverte durant six mois, à peu près, c'est à dire depuis le mois de décembre 1784 jusque vers la fin d'avril 1785. Comme il en était beaucoup tombé durant l'hiver 1784, on n'eut jamais imaginé que le suivant en donnerait encore en plus grande quantité. On fut trompé. Il en tomba à deux ou trois reprises jusqu'à 13 ou 14 pouces... Il s'en fit partout en rase campagne, comme dans nos montagnes, des amas considérables, ces amas furent surtout occasionnés par une bise violente qui s'éleva le dimanche de la Passion 13 mars  ».
   L'hiver rigoureux de 1788-1789, précédé d'un été pourri, est à l'origine d'une tension sur le prix des céréales. Il n'est pas sans lien avec les événements précurseurs de la Révolution française et avec la place centrale du prix du blé dans son déroulement.
   Plus près de nous, le 1er février 1954, l'abbé Pierre, créateur du mouvement Emmaüs, lance son fameux appel à la radio en faveur des sans-abri : « Mes amis, au secours ! Une femme vient de mourir gelée, cette nuit, à 3 heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l'avait expulsée...». Les Français se mobilisent. C'est le début d'un immense mouvement charitable. En pleine période de reconstruction, la question du logement est posée et reparaît dès lors à chaque hiver suivant, plus encore lors des hivers très froids, comme celui de 1956-57.
Sans abri sur une grille d'aération du métro parisien (DR)Les années 1960-1970 connaissent une embellie relative, exception faite du très rigoureux hiver 1962-1963. Le froid provoque une gigantesque panne d'électricité le matin du lundi 19 décembre 1978, la plus grande qu'ait jamais connue la France. Mais les rigueurs de cet hiver ne suscitent pas de grand émoi autour des sans-logis. Le problème du logement revient à l'ordre du jour et de façon de plus en plus cruciale jusqu'à nos jours du fait de l'arrêt progressif de l'effort de construction (300 000 logements neufs en 2010 au lieu de 500 000 par an dans les années 1960) et de la montée croissante de la pauvreté.___Le réchauffement climatique n'exclut pas quelques hivers froids. Celui de 2010-2011 apparaît en Europe occidentale d'une précocité inhabituelle du fait, paraît-il, d'un phénomène météorologique cyclique propre à l'Europe : l'Oscillation nord-atlantique (sigle anglais : NAO). Mais au niveau mondial, en 2009, le mois de novembre est d'après la NASA comme le plus chaud depuis les débuts de l'ère industrielle...
     Les deux plus célèbres désastres militaires dus au froid sont sans doute la retraite de Russie en 1812 - il semble que les troupes napoléoniennes aient été victimes d'un des plus froids hivers du siècle dans la région - et le revers subi par l'armée allemande à Stalingrad durant la Seconde Guerre mondiale. Cependant, l'histoire fournit aussi d'autres exemples de campagnes militaires rendues particulièrement pénibles ou, selon le point de vue qu'on adopte, facilitées par le froid....
(Merci à Hérodote)
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Euro: le mieux est-il à venir?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
L'euro continue à battre de l'aile.
__________________________La question est récurrente. 
Ce qui était présenté comme un outil d'unification deviendra-t-il un instrument de division?
Depuis la crise chypriote en particulier, tout se passe comme si l'eurozone fonctionnait de fait avec deux régimes de monnaie. 
Sortir de la monnaie unique en gardant une monnaie commune? 
Une solution tentante, mais problématique, que l'approfondissement de la crise obligera peut-être à adopter.
 ["...La fin de l’euro pourra difficilement se passer en douceur, même si des scénarios alternatifs commencent à être préparés dans certains milieux financiers. Elle risque de s’imposer brutalement à nous tous, sans demander l’avis de personne, avec, c’est bien évident, un coût très élevé. Notamment un coût patrimonial pour tous les détenteurs d’actifs relevant de pays dont les nouvelles monnaies nationales seront dévaluées...Mais en regard de ce coût énorme qui nous sera imposé, il faut mettre le coût énorme du maintien de l’euro : sa contribution à la désindustrialisation, la régression issue de la politique d’austérité centralisée, et surtout le coût encore plus énorme de la perte de la démocratie..."] 
________Selon Daniel Altma, plutôt pessimiste, l'euro entraîne l’Europe à sa perte
Selon lui,  "l’euro était censé rapprocher les pays de l’Union européenne, en facilitant le commerce et en synchronisant leurs décisions économiques. Mais parce que l’euro a également allongé et aggravé les crises économiques, il a créé une opportunité pour ceux qui sont opposés aux principes fondateurs d’égalitarisme et de respect mutuel de l’Union de faire entendre leur voix..."
Les causes de cette crise apparaissent mieux maintenant 
_____Selon André Gjrebine de l'OFCE, elles se ramènent à quatre:
1. Elle réunit des économies qui étaient en 1999, et sont restées, hétérogènes. Dès le début de la zone euro, certains pays ont eu des excédents commerciaux qui se sont soldés par des flux de capitaux importants des pays du Nord vers les pays déficitaires du Sud. La crise financière internationale qui s'est développée à partir de 2008 a frappé ces derniers, qui avaient des situations différentes des financespubliques, mais se caractérisaient tous par des déficits courants de leur balance des paiements.
2. Cette diversité aurait pu être surmontée par un véritable budget fédéral permettant des transferts de revenus entre pays, ce qui aurait permis de lisser les chocs asymétriques. En réalité, le budget de l'UE représente à peine 1,5 % de son PIB contre, par exemple, près d'un tiers pour le budget fédéral américain par rapport au PIB des Etats-Unis. C'est dire que sa marge de manoeuvre est inexistante.
3. Un pays excédentaire, comme l'Allemagne, peut soit relancer sa demande domestique de manière à réduire les déséquilibres avec ses partenaires, soit investir dans les pays déficitaires et favoriser ainsi leur développement. S'il ne choisit aucune de ces deux options, il est amené à accumuler des créances, au risque qu'un endettement du pays déficitaire jugé excessif par les marchés entraîne un défaut de paiement et donc une perte des crédits consentis à ce pays.
4. Enfin, la création de l'euro a fait perdre aux banques centrales nationales leur autonomie, sans que la Banque centrale européenne (BCE) les remplace. Quel que soit leur déficit budgétaire, le Japon, leRoyaume-Uni et à plus forte raison les Etats-Unis ne peuvent se trouver en défaut de paiement. Leur banque centrale dispose, en effet, d'une capacité illimitée d'émettre de la monnaie pour leur venir en aide.
___________________On pourrait en sortir si on tenait l’euro à bout de bras en essayant de créer de l’homogénéité par une sévère coordination économique, financière, budgétaire
C’est la politique actuelle de l’Europe. Elle est impossible à soutenir dans le temps car il faudrait des instruments beaucoup plus forts que l’Union n’en possède – à la limite des instruments dictatoriaux – pour s’opposer aux tendances naturelles de la zone à diverger. 
De plus, la divergence majeure vient de la désindustrialisation dont les États essaient d’effacer les effets négatifs par des budgets en déficits. Or vouloir réduire ces déficits pour aligner les pays sur la « règle d’or » budgétaire, c’est livrer les sociétés aux ravages de la concurrence internationale inéquitable sans rien leur donner en échange pour alléger leurs souffrances. En même temps, on dresse les peuples les uns contre les autres. C’est une politique suicidaire pour l’Union Européenne."

 _La course à la compétitivité n'arrange rien, au contraire
La réforme financière est nécessaire, mais elle a été rédigée sous la dictée des grands banquiers. 
Et il y a d'autres  Chypre qui menacent l'Europe...
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Barack s'en va

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Obama Departure
 

      Barack s'en va... Florilège

              Les valises sont prêtes

                                           Ça va aller...

                                                          Malgré la russophobie aigüe 
 
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De l'Allemagne

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Je t'aime, moi non plus...
 ______________________Nous n'avons plus le regard neuf sur l'Allemagne que pouvait avoir Mme de Staël à son époque, car les histoires des deux pays, malgré une origine commune, se sont depuis souvent croisées, souvent tragiquement.
Le rapprochement d'après guerre, dans une Europe en voie de reconstruction et d'unification, a vu s'instaurer des relations privilégiées entre les deux voisins.
Depuis la réunification, le point de vue allemand sur notre pays, plus décomplexéavec son nouveau statut international, plus orienté vers l'Est, semble avoir changé. Nous sommes vu désormais comme un pays comme les autres.
Son poids économique la tourne plus vers le monde entier, dans un nouvelactivisme tous azimuts et la langue française n'a plus la cote chez les jeunes
Un désamour, malgré la langue de bois officielle? Mais n'y a t-il eu jamais que communauté d'intérêts, comme le reconnaissait De Gaulle.  Les rapprochements culturels sont évidents, mais déséquilibrés et non exempts d'ambigüités.
Les relations économiques et politques deviennent difficiles. 
La communauté de destins s'effiloche, comme l'union européenne, et la logique rigide imposée par Berlinet le modèle allemand sont souvent critiqués chez nous, comme dans une partie de l'opposition allemande.
La brutalité de la politique économie menée par A.Merkel et la droite allemande est remise en question, parfois avec excès, mais des voix s'élèvent Outre-Rhin pour en dénoncer les risques:
"... Ainsi, en avril 2010, le philosophe Ulrich Beck a estimé que Merkel « à l'instar du président américain George W. Bush, qui utilisa la logique du risque pour dicter au reste du monde son unilatéralisme par une déclaration de guerre au terrorisme, (…) a utilisé le risque financier en Europe pour imposer au reste de l'UE la politique allemande de stabilité ». L’écologiste Joschka Fischer, ancien ministre des Affaires étrangères (98-05), a, lui aussi, tiré la sonnette d’alarme en juin 2012 :« nous, Allemands, comprenons-nous notre responsabilité paneuropéenne ? Cela ne semble vraiment pas être le cas. En fait, l’Allemagne a rarement été aussi isolée qu’aujourd’hui. Quasiment personne ne comprend notre politique d’austérité dogmatique, qui va à l’encontre des expériences passées, et nous sommes considérés comme faisant fausse route ou comme étant franchement à contre-courant »
D'autant plus que la précarité monte, dans le cadre de ce que nous persistons à appeler miracle allemand, effet d'une politique délibérée depuis Schröder, certes efficace, mais périlleuse du point de vue social et européen.
Les injustices qu'il secrète sont problématiques à terme.
Selon J.Sapir, " L’Allemagne est prise dans la contradiction suivante : elle profite largement de la zone Euro, qui empêche les autres pays de réajuster leur compétitivité par rapport à elle, mais elle ne veut pas faire les sacrifices qu’imposerait un réel fédéralisme budgétaire au niveau de la zone Euro. Le coût de ce fédéralisme a été calculé. Pour assurer la simple survie des quatre pays de l’Europe du Sud, et permettre à leurs économies de se mettre au niveau de l’Allemagne, il faudrait dépenser 257,7 milliards d’Euros par an. L’Allemagne supporterait, quant à elle, très probablement 90% du financement de cette somme, soit entre 220 et 232 milliards d’euros par an soit entre 8% et 9% de son PIB. Elle devrait maintenir cette contribution pour une période d’au moins 8 à 10 ans. D’autres estimations font apparaître des montants qui sont même plus élevés. On comprend, alors, le refus intransigeant des dirigeants allemands d’accepter quoi qui pourrait engager leur pays dans la voie d’une union de transferts. Et ce refus est d’ailleurs justifié. Du fait de sa démographie, l’Allemagne ne peut pas se permettre une telle ponction sur sa richesse. Ces faits sont connus, qu’il s’agisse de ce que tire l’Allemagne de la zone Euro ou de ce qu’elle devrait contribuer pour la faire fonctionner... La position de l’Allemagne est donc de chercher à conserver les avantages que la zone Euro a pour elle mais en n’en payant pas le prix. On appelle cela en théorie des jeux et en économie une stratégie de « passager clandestin ».
_____Crise du couple franco-allemand ou crise du projet de l'eurozone?
Les deux, mon général... 

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Perfide Albion

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Vers une dérive insulaire?
                                         Option pour le grand large, vers les côtes trumpiennes.
     Il faut dire que les amarres européennes étaient ténues et de circonstances. Londres va où est son intérêt (bien ou mal compris).

  May be ou Calamity May sort les grandes orgues et manie le chaud et le froid.
    Sans doute surtout à usage interne pour éviter un ébranlement du royaume.
      
   Pour l'instant, les boussoles ne sont pas réglées et le chantage  se donne libre cours à Londres, qui redoute maintenant l'aventure et la démarche impulsive.
      
   Des orientations peu claires, pour le meilleur ou pour le pire....
           Mère Thérésa dirige une barque bien fragile pour l'instant. Il faut d'abord colmater les brèches...
                                                    Thank You England!
             
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