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Sale temps pour les économistes

Publié le par Jean-Etienne ZEN

L'économie au tournant
                                   Les débats sont plus vifs qu'ils n'ont jamais été au sujet de la compréhension de la connaissance économique et de ses présupposés.
     Les effets de la crise, qui a pris (presque) tout le monde au dépourvu,, y compris l'ancien directeur de la Fed, Alan Greebspan, y sont pour qielque chose.
     Certains découvrent enfin naïvement que l'économie n'est ni une science neutre, ni une science dure, ni une connaissance de type scientifique classique, mais qu'elle participe des sciences humaines, malgré certains de ses aspects économétriques, auxquels elle ne peut se ramener. La quantophrénie a régné trop longtemps, au détriment de la prise en compte de l'aspect qualitatif des phénomènes observés et de la critique des présupposés du moment.
     Les dogmes de l'économie néo-classique, à dominante mathématique, a amené ses adeptes à se fourvoyer, comme la crise l'a mis en évidence. (*)
    Sa capacité d'anticipation a été prise de cours et son optimisme de base sur l'exubérance des marchés a été mise en défaut. Mais ne c'était pas la première fois. La capacité d'oublier, le manque de prudence méthodologique lié à l'appât du gain financier se sont  une nouvelle fois manifestés.
    L'économie néo-classique s'est fourvoyée, en suivant des présupposés et des dogmes qui subissent aujourd'hui des démentis cinglants, notamment les croyances à l'existence d' individus rationnels et du marché spontanément autorégulé.
     La pensée de Hayek et de Friedman, imposée comme indépassable,,vulgarisée et appliquée par M. Thatcher et R.Reagan sont à l'origine du tournant néolibéral des années 70, de la financiarisation tous azimuts de l'économie devenue mondialisée, au détriment des pouvoirs régulateurs étatiques.
   Le capitalisme actionnarial, c'est-à-dire le primat de la rentabilité financière, n'est pas seulement injuste et inefficace. Il engendre la souffrance au travail, il tue des gens et détruit notre écosystème. L'analyse économique dominante n'est pas simplement discutable, elle est souvent absurde. Et les politiques anticrises aggravent les crises ! Tout cela est à la fois stupéfiant, incroyable, stupide...
   Il n'est donc pas étonnant que l'on parle de la faillite des économistes, que l'on évoque une.crise de la science économique et de son enseignement.
      Comme si le débat critique et la confrontation des idées ne devaient pas être la norme en ce domaine, qui touche de si près aux choix politiques majeurs, comme Keynes et la politique économique de Roosevelt l'ont si bien démontré en son temps.
      Les économistes classiques sont à la peine et beaucoup le reconnaissent, come Krugman et Stiglitz,, surtout depuis la déroute de 2008. Mais certains, accrochés aux dogmes pourtant déconsidérés, peinent à le reconnaître encore
     Les dits pris Nobel ne changent rien...
        L'économie est l'affaire de tout homme cultivé, qui peut en comprendre l'essentiel.
 :Une certaine imposture économique n'a pas fini de vouloir s'imposer 
     Les modèles mathématiques ,si en vogue, ne sauveront pas une discipline déconsidérée par ses pratiques récentes.qui étaient tout, sauf neutres.
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(*)  ... Thomas Philippon, auteur du Capitalisme d'héritiers (Ed. du Seuil, 2007), pointe du doigt la «trop forte segmentation de la recherche académique». Faute d'«économistes généralistes», personne, ou presque, n'a pu observer la propagation de la crise, surgie d'un coin obscur du droit immobilier américain (le contrat subprime) pour se propager à l'économie réelle, passant par les dernières innovations de la finance (les mécanismes de «titrisation» et de crédit dérivés). «Il aurait fallu plusieurs cerveaux dans la même tête pour voir venir les choses», résume Philippon.
   Gilles Raveaud, professeur d'économie à l'Institut d'études européennes de l'université Paris-8, reprend l'argument, pour le pousser un peu plus loin: «Depuis des années, on a assisté à un morcellement du savoir économique terrifiant, avec l'apparition de spécialistes très pointus, ici sur le travail, là sur le commerce international... On se retrouve à l'université avec des thésards très calés sur leur sujet, mais dénués de toute culture générale en économie!»
____Et Raveaud, qui connaît bien la recherche américaine pour avoir enseigné deux ans à Harvard, de s'inquiéter de ces manquements: «Un économiste peut traiter du chômage, sans rien connaître aux marchés boursiers ou aux banques... C'est conforme à la théorie de l'équilibre général, selon laquelle on peut analyser le fonctionnement d'un seul marché pris séparément, celui du travail par exemple, puisqu'on suppose que les autres sont naturellement à l'équilibre. Mais cela ne tient pas!»
___En fait, la macroéconomie des dix dernières années a subi de lourdes transformations. Vexés de ne pas pouvoir prétendre au statut de scientifiques purs et durs, la plupart des économistes ont versé dans un formalisme mathématique effréné, sur les conseils de Milton Friedman et ses collègues monétaristes. Profusion de courbes, modèles et équations, qui ont éloigné les chercheurs du monde «réel». Les maths sont devenues une fin en soi.
___Aveu de Thomas Philippon: «Nous étions devenus des enfants gâtés, puisque nous n'avions pas connu de vraie crise depuis longtemps. Sous la présidence Clinton, la politique monétaire était devenue répétitive. Notre intérêt pour le réel s'est donc logiquement atténué.»
___Une enquête étonnante, réalisée auprès des doctorants en économie des grandes facs américaines (téléchargeable ici), confirme ces propos. Plus de la moitié des personnes interrogées (51%) estiment que «connaître l'économie de façon approfondie» est «sans importance»... Et à peine 9% des thésards se disent convaincus du contraire («connaître le réel est très important») !...
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Israël: impasse

Publié le par Jean-Etienne ZEN

"Nous gagnons chaque bataille, mais nous perdons la guerre..."

_____Ce constat critique adressée aux gouvernements successifs d'Israël, surtout depuis l'époque Rabin, n'émane pas de quelque antisémite borné ou de quelque anti-israëlien notoire, ou même d'un journaliste de Haaretz, souvent critique à l'égard de la politique du Likoud et de ses alliances avec les sionistes les plus radicaux.

Non.Il émane d' un ancien haut représentant du Shin Beth, le pendant israëlien du FBI américain, aux méthodes discutées, qui, avec d'autres membres, plus que perplexes, s'en prend à la politique suicidaire menée par les différents gouvernements d'Israël, du Likoud en particulier, qui ont mené la politique du pire en prétendant défendre l'intérêt du pays, au mépris d'une démocratie pourtant revendiquée.
Un courageux plaidoyer pour la paix, un peu acide et parfois désespéré. La nostalgie de l'époque Rabin, assassiné pour ses efforts de paix, plane sur ces évocations, faisant allusion aux dégradations de la vie politique qui s'en suivit à l'égard du problème palestinien.
Le documentaire, diffusé par Arte, ravageur pour les dirigeants israéliens, ne manque pas de surprendre, étant donné la nature et l'activité passées des témoins. Six anciens chefs de service du service de sécuritéparlent et ce qu’ils disent est terrible pour Israël et la politique de ses dirigeants. Extraits : 

« Les premiers ministres d’Israël se sont succédés sans jamais prendre en considération le peuple palestinien, ni en deça des frontières de 1967, ni au-delà. » Avraham Shalom (patron du Shin Bet de 1980 à 1986)
« Nous rendons la vie de millions de gens insupportables. Leurs souffrances sont permanentes. Et nous laissons un soldat qui n’est à l’armée que depuis quelques mois décider de ce qui est admissible ou non. Dans le meilleur des cas, il a passé son bac l’année précédente. Il est là devant un père avec un bébé dans les bras et il doit décider s’il le fouille ou non, s’il le laisse passer ou non. Ça me rend malade. » Carmi Gillon (patron du Shin Bet de 1994 à 1996)
« Le futur est sombre. Noir est l’avenir. (…) Nous sommes devenus cruels envers nous-mêmes mais surtout envers la population que nous contrôlons sous prétexte de lutter contre le terrorisme. »Avraham Shalom 
« On ne fait pas la paix avec des méthodes militaires. La paix se construit sur la confiance. Moi qui connaît bien les Palestiniens, je pense que ça ne devrait pas être difficile d’instaurer avec eux une véritable relation de confiance. » Avi Dichter (patron du Shin Bet de 2000 à 2005)
« Je suis prêt à tous les interlocuteurs possibles. Il n’y a pas d’alternative au fait de se parler. Il faut parler avec tout le monde, ça inclut même Ahmadinejad, n’importe qui.» Avraham Shalom
« La tragédie du débat public sur la sécurité est que nous ne comprenons pas que nous sommes dans une situation frustrante où nous gagnons chaque bataille, mais nous perdons la guerre. » Ami Ayalon (patron du Shin Bet de 1996 à 2000).
_____________Le film  'Caméras brisées' (1) va dans le sens de ces témoignages. 
Les dernières mesures concernant les bus réservés aux Palestiniens confortent les propos, enfermant un peu plus la société israëlienne dans une sorte d'apartheid, cherchant à justifier des actions contre des situations créées par ses propres excès.
"Le sionisme ne peut se légitimer lui-même dans ses outrances que par l’entretien d’une paranoïa dans laquelle la menace de l’antisémitisme a une place centrale.Si nul ne peut nier l’abomination qu’a pu représenter ce péril dans le passé, ceux qui luttent contre sa résurgence ou son entretien,sont désarmés par le sionisme lui-même, ses crimes, sa mauvaise foi et l’impunité qu’il revendique autant que son mépris des lois internationales ou résolutions onusiennes.Le camp de la paix, le vrai, qui existe du coté palestinien et du côté israélien, doit se battre contre ses propres frères acquis à une logique haineuse de part et d’autre, qui ne peut que favoriser le camp le plus fort d’un conflit aussi asymétrique...."
  L’instrumentalisation de la Shoah, qui paralyse la diplomatie européenne, sommée d’aider les infrastructures palestiniennes, ce qui arrange le colonisateur, est régulièrement condamnée par des Juifs, israëliens ou non. Burg, Finkelstein (qui connaît des problèmes au sein de l’université US), entre autres, sont de ceux-là. 
Dans son livre, « La démocratie maintenant », le professeur Avi Shlaim de l’université d’Oxford, expert reconnu du conflit israélo-palestinien a déclaré que : «  Israël n’a pas d’immunité contre la critique, il n’a d’immunité morale contre la critique en raison de l’holocauste. Israël est une Etat-nation souverain, il devrait être jugé sur les mêmes critères que n’importe quel autre Etat. Norman Finkelstein est quelqu’un de très sérieux, quelqu’un de bien informé et un critique sévère des pratiques israéliennes d’occupation des territoires et de dépossession des Palestiniens »
Tant qu’Israël ne sera pas considéré comme un Etat comme un autre, soumis au droit commun international, le problème perdurera...
____Une spirale suicidaire est en marche, le fondamentalisme religieux gagnant droit de cité
 Pour sortir de cet enfermement mortifère, beaucoup d'Israëliens pensent qu'il est temps, dans leur propre intérêt, de passer à une autre stratégie.
 L'UE condamne la colonisation, mais reste soumise in fine aux volontés de Washington, malgré lescritiques dans ce pays et les trop nombreuses résolutions de l'ONU.
 Son aide humanitaire est l'argent du silence, qui donne objectivement carte blanche à Netanyahou
Le conflit israélo-palestinien n'est pas  dépassé et nous concerne aussi.
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Juncker, Président pas très zétique

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Après l'illustre Barroso, la relève devait être exemplaire.
                                On se tourna vers une personnalité hors de tout soupçon, de formation édifiante, issu d'un petit pays digne de confiance...(enfin, pas trop...)
   On lui avait confié la clé de la maison assez délabrée pour assurer au moins les réparations urgentes.
     Mais il est resté assis sur le chantier et a laissé filer les dégâts, laissant oeuvrer des voyous.
   C'est le Guardian qui met les pieds dans le plat:
        D’après des documents confidentiels cités par le Guardian, Jean-Claude Juncker, en tant que Premier ministre du Luxembourg de 1995 à 2013, a opposé son veto à la plupart des initiatives de l’Union européenne pour lutter contre l’évasion fiscale des multinationales. Malgré un affichage désormais plus volontariste, le pays resterait en coulisses un farouche résistant, d’après ces mêmes fuites.

  Les documents confidentiels en question sont des notes diplomatiques allemandes qui ont été transmises par le groupe de radio allemand NDR au journal britannique The Guardian et au Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).    Ces notes concernent les travaux du très secret groupe sur le code de conduite « Fiscalité des entreprises » (dit « groupe Primarolo »), créé en 1998 par le Conseil européen afin de lutter contre l’évasion fiscale croissante des multinationales.____Ces documents « révèlent comment une petite poignée de pays ont utilisé leurs sièges au comité pour faire avorter une action concertée de l’UE et protéger leur propre régime fiscal », écrit The Guardian. Les efforts pour lutter contre les stratégies d’optimisation fiscale agressive et de concurrence déloyale (les mêmes qui sont en cause dans le scandale LuxLeaks) auraient ainsi été « régulièrement retardés, dilués ou tronqués » par quelques-uns des plus petits pays de l’UE, « souvent conduits par le Luxembourg », souligne The Guardian, qui cite un ex-membre du groupe Primarolo confirmant ce constat, sous couvert d’anonymat.    Ces accusations ne sont pas nouvelles – Der Spiegel révélait déjà l’an dernier comment le Benelux avait manœuvré au sein de ce groupe – mais les informations du Guardian jettent à nouveau une lumière crue sur ces pratiques d’obstruction en coulisses....
                  Il n'a pas perdu que les clés, Mais aussi toute crédibilité. Il a contribué à compromettre un peu plus une institution que ne reconnaîtraient plus ses pères.
    Mais qu'en pense notre Moscovici national?

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Transformer les medias

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 La presse française va mal.

________________Depuis quelques années, elle est moribonde.
Pour diverses raisons, elle vit sous perfusion et semble incapable de se réformer seule
__De plus en plus soumise aux lois du marché, elle souffre deconcentrations et de dérives rédactionnelles, qui l'entraînent fatalement vers des mutations inédites ou vers une fin programmée.
Le traitement mimétique récent de certains points d'information dans certains hebdomadaires donne à penser qu' ils sont en train de se donner une balle dans le coeur, comme dit un certain humoriste...
Certains journalistes sont favorables à la mise en place d' un Conseil national des medias, qui aurait une fonction régulatrice, stabilisatrice, défendant une presse libre et promouvant un journalisme indépendant, déontologiquement irréprochable, véritablement sujet d'information au sens le plus exigeant. Car la formation du citoyen ne peut être laissée aux mains des marchands. Mais l'aide à la presse doit être revue, ne peut être seulement financière. Elle doit être soumise à conditions.
Les Etats Généraux de 2010 n'ont pas abouti.
"La conjugaison de la « révolution numérique » et de la dérégulation libérale bouleverse l’ensemble du paysage médiatique : elle favorise la création de nouveaux supports et redistribue la place et les rapports entre ceux qui existaient jusqu’alors ; elle accélère la concentration et la financiarisation des médias privés ; elle modifie les rapports de forces entre les différents acteurs technologiques et économiques ; elle affecte les droits des créateurs et transforme leur rôle ; elle ébranle le journalisme professionnel (les conditions d’emploi et les pratiques). Mais plus que jamais c’est la recherche du profit qui gouverne ces transformations... 
Les concentrations des médias privés sont à la fois transnationales (même si ses effets en France restent peu perceptibles), multimédias (et conglomérales puisqu’elles touchent des pans entiers de la culture et des loisirs) et financiarisées : entendons par là qu’elles ne visent pas être seulement rentables, mais profitables. Ces concentrations n’englobent plus seulement les médias devenus traditionnels. Elles font intervenir, dans les domaines de l’information, de la culture et du divertissement, de nouveaux et puissants acteurs. Les groupes médiatiques traditionnels (en France : Dassault, Lagardère, Bouygues, etc.), géants, hier encore, de la production et de la diffusion des contenus sont des nains sur le plan économique, comparés aux géants des télécommunications, de l’industrie électronique et d’Internet : la confrontation est d’ores et déjà à l’œuvre. La régulation, l’arbitrage ou le contrôle (comme on voudra…) de ces transformations par des pouvoirs publics garants de l’intérêt général sont dérisoires.
L’invention, à un rythme inédit, de nouveaux supports technologiques (Internet, téléphonie mobile, I-Pad, livre numérique, etc.) et la diversification, voire la fragmentation, de l’offre modifient les usages des divers supports et redistribuent leurs places respectives.."
____Régulation ne veut pas dire absence de pluralisme, au contraire. C'est la presse marchande qui tend à l'homogénéité, finissant par tenir les  même discours stéréotypés et formatés sur des sujets étroitement consensuels.
Une initiative européenne milite en ce sens.  

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Testament élyséen

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Il a déclaré forfait
        Une sagesse tardive et contrainte. On ne plus plus l'aider.
                Il n'y aura plus de virage.
    La finance a résisté aux admonestations élyséennes bien légères et verbales.          Les banques ont fait ce qui leur plaisait.
   Le mécène de François a mis sa fortune au Luxembourg :
        Patatras! Au lieu de la grande rénovation, ce fut la grande évasion.
      Ça avait commencé à Bercy et ses frasques cahuzaquiennes.
  Faute de résistance, ce fut le grand sabordage.
        Et pourtant la promesse était belle...
     Il aurait fallu entendre le gourou Attali, prédisant dès 1978 une dérive fatale! '« Le socialisme n’a aucun intérêt à ce que le capitalisme soit freiné ou bloqué. Il est le point d’aboutissement du capitalisme et non une façon de freiner son évolution. » (Jacques Attali, La Nouvelle Économie française, 1978.)
       La gauche dite gouvernementale, c’est-à-dire le Parti socialiste et ses alliés, a organisé son propre sabordage intellectuel et politique plutôt que de résister à la puissance de la droite néolibérale. C’est d’ailleurs toute la social-démocratie européenne qui, avec des nuances, a adopté dès les années 1980, au nom du « réalisme », une attitude passive et résignée devant le néolibéralisme avant d’enfourcher avec de plus en plus de zèle tous ses thèmes de bataille : baisse des coûts salariaux, reconstitution des profits, concurrence généralisée, démantèlement des protections juridiques du travail, apologie de l’entreprise, etc. Si, par la suite, les politiques d’austérité ont pu si facilement s’imposer en Europe, la social-démocratie en est la première responsable. Loin de constituer une contre-force, elle a en effet préféré faire alliance avec la droite sur ce terrain, mieux : elle a voulu prouver à quel point elle était encore plus radicale quand il s’agissait de faire peser le poids de la crise sur la population en augmentant les impôts, en réduisant les retraites, en gelant les traitements des fonctionnaires, en s’attaquant au code du travail.
     La situation française depuis l’élection de 2012 éclaire singulièrement cette formidable capacité d’autodestruction de la gauche. Un représentant de ce courant politique, élu sur ce qui se présentait comme un « projet » de réhabilitation de l’action politique face aux puissances économiques, en est venu à mettre ouvertement en œuvre le principe néolibéral de la « compétitivité », au point d’inscrire à son agenda l’ensemble des revendications et des aspirations du patronat et du pouvoir financier. Le même représentant a intégré tout aussi vite la contrainte austéritaire du Traité européen de stabilité, de coordination et de gouvernance (TSCG) sans chercher à l’amender le moins du monde, contrairement à l’engagement qu’il avait pris solennellement durant la compagne, et en dépit de ses conséquences négatives sur l’emploi et la croissance.
     Ne négligeons donc pas l’importance dans l’histoire politique de ce « moment Hollande » marqué par le ralliement assumé de la social-démocratie française, assez tardif d’ailleurs au regard d’autres pays, à la « troisième voie ".... Il est trivial de dire que le mandat de Hollande se présente comme une belle illustration de la politique professionnelle qui autorise les élus à faire le contraire de ce qu’ils avaient dû laisser entendre pour se faire élire, autrement dit à mentir effrontément sur leurs intentions réelles. Mais, plus profondément, il témoigne de l’effondrement de la gauche gouvernementale sous l’effet du système néolibéral dont elle a intériorisé la logique et qu’elle a contribué activement à mettre en place....
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Fukushima

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(C'était il y a trois ans;..)

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Deux ans après...______________Depuis un an, rien ne s'est passé qui puisse vraiment rassurer, après un désastre parfois oublié ou évacué de nos esprits. Il y en aura encore au moins  pour 40 ans avant que le démantèlement soit considéré comme terminé.
__Si tout se passe comme prévu...
Mais on sait ce que valent les paroles et les prévisions pour Tepco et l'administration nippone, malgré les mea culpa tardifs et opportunistes et une minoration de la radioactivité sur le site et dans un large rayon autour.
Le groupe lutte toujours contre les infiltrations d'eau dans les réacteurs, opération qui pourrait prendre encore 4 ans selon Tepco.__Une gestion des déchets bâclée, où la pègre a trouvé un marché juteux.
__Si aucun séisme important ne se produit dans ce délai, ce qui est hautement improbable. 
La radioactivité ne baisse pas sur le site et Tepco craint un manque de personnel. Sur les  21.000 ouvriers qui sont déjà passés sur le site de la centrale et où 3.000 travaillent en permanence, près de 200 travailleurs de la centrale ont subi une contamination supérieure ou égale à 100 mSv (En France, l'exposition maximale annuelle est limitée à 20 mSv pour les travailleurs du nucléaire)
__On ne peut s'habituer à la banalisation de la catastrophe et au déni, dans cette zône sanctuarisée, où s'obstine à (sur)vivre un dernier homme.
Les liquidateurs, devenus souvent intouchables exploités, vivent en silence des situations traumatisantes.
Le sentiment d'urgence semble ne pas effleurer les responsables.
La vie quotidienne a basculé.
Ceux qui ont visité la centrale ont eu l'impression d'un savant bricolage plein d'incertitudes. Le responsable de la centrale de Fukushima-Daiichi, Takeshi Takahashi (dans une courte conférence de presse) déclare: « D’abord, je voudrais exprimer mes sincères excuses au monde pour les soucis que nous avons causés », commence-t-il d’une voix basse. L’essentiel de sa présentation consistera à montrer - maquette à l’appui - comment il compte extraire les assemblages de combustibles usagers de la piscine du bâtiment réacteur 4. L’opération est compliquée mais « le plus difficile sera d’extraire de combustible endommagé (N.D.L.R. : fondu) des réacteurs 1 à 3 », prévient-il.)
Une perspective qui ne peut être rassurante, aboutissement d'un système qui a failli.
_________ 
__En France, la discrétion là-dessus est de rigueur, même au CNRS.
" ...Le désastre de Fukushima, c’est une diffusion de césium 137 dans l’atmosphère 500 fois plus importante qu’à Hiroshima, d’après le physicien artisan du nucléaire japonais Anzai Ikuro. C’est aussi, selon le Norwegian Institute of Air Research, la plus grande émission de gaz rare xénon 133 connue en dehors des essais nucléaires : plus de deux fois les émissions de ce gaz à Tchernobyl. C’est aujourd’hui, selon TEPCO, une activité de 10 millions de becquerels en provenance de la source Fukushima Daiichi relâchés à chaque heure.
C’est un tiers du département de Fukushima contaminé à un taux supérieur à 37 000 becquerels par mètre carré (pour le seul césium 137), et au moins treize départements contaminés, le tout représentant 8 à 10% du territoire japonais.
C’est 1 532 barres de combustible de 300 kg et de 4 mètres de long chacune, stockées dans la piscine du réacteur n°4, au cinquième étage d’un bâtiment qui menace, à la première secousse, de s’effondrer, suscitant ce commentaire laconique du Pr. Hiroaki Koide, spécialiste des réacteurs à l’université de Kyoto : « Ce serait la fin »...
____Le coût d'un accident nucléaire majeur, dont personne ne peut dire qu'il ne peut se produire, seraitastronomique et l'événement serait politiquement dévastateur
Fukushima oblige à imaginer l'inimaginable.
L'inenvisageable est devenu hyperréel dans la région de Fukushima. 
Peut-on encore s'aveugler à poursuivre une aventure à si hauts risques?
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-Archives Tepco 
-Constructions de nouvelles centrales en question 
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Guerre oubliée

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Emotion sélective
 
          Qui se soucie du drame yéménite?
     Ce conflit qui nous paraît si lointain et sans commune mesure avec le drame syrien, où sont braqués tous les feux médiatiques.
   Et pourtant? Si la presse fait souvent silence, la guerre qui s'y déroule est d'une grande intensité et dépasse souvent le niveau de destruction de la Syrie, qui capte toute notre attention.
        Dans ce pays à l'histoire  déjà longue et fascinante, l'aviation saoudienne  se livre à des destructions sans discernement.
  Certes, le passé de ce pays,fascinant, stratégiquement situé, n'est pas un long fleuve tranquille et l'opposition entre le Nord et le Sud ne date pas d'hier. Mais le conflit d'aujourd'hui est d'une autre nature.
   Dans cette partie du MO, que certains ont appelé le  triangle du diable,  il semble que la  paix soit impossible
   En tous cas, pour le spécialiste de ce pays compliqué qu'est L.Bonefoy, 2016 fut une, une année de guerre pour rien.
     Une guerre apparaissant comme un conflit  par procuration,  même si l'Iran sait se faire discret et les djiadistes plus présents.
             Sans le soutien et les  armes de l'Occident, le conflit n'aurait pas atteint ces sommets
     L’armée américaine fournit la majorité des armes utilisées par le royaume saoudien dans cette guerre, sans parler des nombreux conseillers militaires américains présents sur place pour assurer une partie de la logistique des opérations – et fournir de précieux renseignements, récoltés par la CIA et la NSA...        la France ? Pas de problème, notre pays continue de vendre allègrement des armes au royaume saoudien, malgré les rapports accablants qui lui parviennent de toute part. En 2015, nous avons exporté pour 141 millions d’euros d’armes vers l’Arabie saoudite, alors que les suspicions de crime de guerre étaient déjà largement répandues. Mieux, notre gouvernement n’a rien trouvé de mieux à faire que d’offrir la légion d’honneur au ministre de l’intérieur saoudien, Mohammed ben Nayef, pourtant à l’origine de l’offensive saoudienne sur le Yémen. Lui qui avait dit d’Adolf Hitler qu’on “aurait dû davantage l’écouter”. La France sait décidément choisir ses amis ...
                              Dans un « contexte alarmant, de blocus quasi total imposé par l’Arabie saoudite à un pays qui n’est pas auto-suffisant », Médecins du monde rappelle qu’il existe « tous les déterminants pour une crise majeure, avec un tiers des centres de santé détruits depuis le début du conflit, dans des bombardements de la coalition qui ont notamment détruit un hôpital de MSF ».    Jean-François Corty juge que la situation ne cesse de s’aggraver, même si la guerre s’enlise, car « les conditions d’intervention humanitaire sont de plus en plus difficiles, en raison des bombardements, des conditions sécuritaires et des difficultés administratives imposées notamment par la rébellion houthie qui est en difficulté financière et cherche par tous les moyens à récupérer de l’argent. Toutes les ONG encore présentes ont d’infinies difficultés à s’approvisionner et à faire intervenir leurs équipes sur le terrain...
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Burn out

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
.Comme une chandelle en fin de combustion...
___________________...Il arrive que des sujets s'épuisent, perdent leurs ressorts, n'ont plus d'énergie pour assumer leurs tâches, surtout quand elles semblent ne plus avoir de sens, dans un contexte d'hyperperformance et de compétition constante et parfois féroce, dans des rapports de travail dégradés.
Ce qui reste de volonté est désespérément mobilisé, mais l'esprit tendu craque de toutes parts et le corps ne suit plus.
"Les corps sont intelligents. Ils en savent parfois davantage sur nos besoins que nos psychismes bridés" . Le burn-out nous apprend qu’on ne peut pas faire l’impasse sur cette nécessité pour chacun d’avoir du temps pour soi." 
___Un phénomène global, aux facteurs multiples, bien étudié par Freudenberger,  qui consume parfoisl'homme au travail, dans certaines conditions

"Le burn-out... une conséquence de ces régimes effrénés. Ses symptômes de fatigue, d'anxiété, de stress ingérable, de dépersonnalisation et de sentiment d'incompétence dressent le portrait de personnes qui ont trop donné, sans recevoir ce dont elles avaient besoin. Elles se sont souvent oubliées, sans toujours avoir le choix de faire autrement..."
___L'épuisement professionnel est un phénomène récent, qui gagne du terrain, un effet de la  souffrance au travail, qui affectent les hommes insérés dans un système devenu un poids insupportable, comme cette infirmière épuisée déclarant: 
"Ma profession d'infirmière, je l'ai choisie, je l'ai voulue… Mais aujourd'hui, j’ai l'impression d'être vidée. Je dois aller d’un lit à l’autre. J’ai l’impression de n’avoir jamais le temps de faire correctement mon travail. Je supporte de moins en moins les plaintes, les angoisses des patients. Je me dis qu'être infirmière n'est pas aussi valorisant, gratifiant que cela… "
C'est l'effet d'un perfectionnisme non reconnu, toujours frustré par des contraintes toujours repoussées, des  objectifs jamais atteignables, dictés souvent implicitement par des règles presque impossibles à réaliser, enfermant l'homme dans une double contrainte générant impasse et souffrance. 
___Les nouvelles méthodes de management, souvent brutales, de constants changements dans les tâches assignées, dans des activités industrielles d'exécution ou de conception, ou publiques, comme dans celles des soins, engendrent baisse de l'estime de soi, culpabilisation, fatigue psychique spécifique, qui peut mener, faute de porte de sortie, de dérivatif, de soutien ou de révolte possibles, à l'effondrement du moi, parfois au fameux karoshi japonais. 
__Oui, il est des conditions de travail où on peut perdre son âme pour gagner sa vie.
Le culte de la performance, centre et moteur de nos sociétés capitalistes hyperconcurrentielles, génère des désordres où la fatigue d'être soiplombe parfois les meilleurs. L'individu ne peut être flexible à l'infini.Stabilité, temps disponible sont des conditions minimales pour une vie professionnelle relativement épanouissante.. 
Comme disait Wittgenstein : "Tout est devenu si compliqué que, pour s'y retrouver, il faut un esprit exceptionnel. Car il ne suffit plus de bien jouer le jeu ; la question suivante revient sans cesse : est-ce que tel jeu est jouable maintenant et quel est le bon jeu ?".
 "Quel que soit le domaine envisagé (entreprise, école, famille), le monde a changé de règles. Elles ne sont plus obéissance, discipline, conformité à la morale, mais flexibilité, changement, rapidité de réaction, etc. Maîtrise de soi, souplesse psychique et affective, capacités d'action font que chacun doit endurer la charge de s'adapter en permanence à un monde qui perd précisément sa permanence, un monde instable, provisoire, fait de flux et de trajectoires en dents de scie"
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Contamination

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Par l'argent sale
             L'argent, dit-on, n'a pas d'odeur.
                                Mais il a souvent une couleur.
    LCP a eu la bonne idée de rediffuser cette semaine un document sur un phénomène, accentué par la mondialisation, qui grangrène les systèmes financiers de presque tous les grands pays, tout en faisant le bonheur de ceux qui ont vocation à être d'excellents blanchisseurs, parfois ayant pignon sur rue
      On en soupçonne rarement l'existence et l'ampleur.
      Sans parler de l'évasion ficale proprement dite qui menace les finances de l'Etat, donc nos propres ressources. ( Ce sont des sommes énormes qui échappent au contrôle des Etats, parfois encouragé par eux, (60/70 milliards pas an en France, qui expliquent largement les difficultés du budget français), Une grande partie de l'argent de la criminalité organisée, elle, sous toutes ses formes, se réinvestit par des circuits connus mais difficile à suivre, dans l'économie réelle, pour une honorabilité de façade.
    La face obscure de la mondialisation se développe et renaît le cas échéant, avec la complicité et la complaisance d'un certain monde bancaire en mal de fonds et d'anonymat
     Comme dit Roberto Saviano, c'est parfois la finance criminelle qui sauve des banques de la faillite ou leur assure un surcroît de prospérité.. Elles ne sont pas forcément de seconde zône..
   Dans le BTP, à Londres ou ailleurs, dans le football ou d'autres activités licites, les techniciens du blanchiment rivalisent d'ingéniosité et de rapidité.
   Les sommes en jeu sont colossales, mais les Etats ne coopèrent guère, quand ils le font, et certains savent composer avec. (Les narcoétats, par exemple, à l'Est comme à l'Ouest, certaines institutions ditesrespectables...)
      Ce serait 1600 milliards de dollards de blanchiment, soit 2,7% du PIB mondial.  A peine 1% des flux financiers illicites mondiaux sont actuellement saisis et gelés, selon le rapport de l’ONUDC. Ils résultent en grande partie des trafics de drogues et d’autres crimes transnationaux organisés.
   Autant de sommes non affectées à la santé, à l'éducation; à l'aide sociale, au soutien à l'investissement productif..;..
        Et voilà pourquoi votre Etat est malade.
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La pluie et le beau temps

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Il neige
L'heure est grave!
Alerte! 

___Il y a bien un responsable... forcément, Madame Michu!
On a rarement vu autant de neige en hiver 
Mais que fait l'Etat?
 A qui la faute?
Les affaires allant mal, Le Président, pour détourner l'attention, doit bien être complice.
C'est Valérie, à la météo, qui le suggère.
Le complot, toujours le complot...

__En attendant, il faut surfer sur la neige et gérer la crise...
On invoque le fantôme de la crise de 2010

___Pour qui sonne le verglas, ose un blogueur, naufragé parmi les  naufragés, philosophe conscient de l'insignifiance des choses humaines face à certains phénomènes naturels que nous ne maîtrisons pas.
Un seul flocon de trop et tout est dépeuplé.
Sont gelés les Français, dirait un Norvégien ou un Canadien...

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