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Une école (encore) républicaine?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
      En survie?
                      Depuis un certain nombre d'années, l'école est soumise à des adaptations successives et brouillonnes, qui mettent en péril ses missions premières.
   Sous la pression des évolutions économiques et culturelles, elle est sommée de se moderniser, de "s'adapter" à des publics nouveaux, de s'ouvrir au monde, d'épouser son temps, jusqu'à finir par perdre de vue ses fondamentaux républicains.
   La modernisation est une notion équivoque. Elle a souvent servi d'alibi à tous les abandons, toutes les dérives.  L'Etat a fini par perdre de vue le sens de ses missions et c'est peu dire que l'école est en crise, à tous les niveaux, et se trouve soumise à toutes sortes de glissements, idéologiques et mercantiles.
    L'influence anglo-saxonne ne cesse de se faire sentir et l'école républicaine subit  des offensives répétées avec une résistance de moins en moins forte. L'éducation, ci-devant républicaine subit de multiples réformes assauts, souvent convergents,  Ceux-ci entrent dans le cadre d'une réduction des efforts de l'Etat, de l'allègement des dépenses, dans le cadre du recul des investissement publics, dans une logique toute libérale. Bref, l'Education nationale n'est plus une priorité. La privatisation gagne du terrain et les investisseurs sont à l'affût. Le marché de l'éducation est en route.
       ...Le système libéral anglo-saxon des compétences débouchant sur les curricula est arrivé en France sous le ministère de François Fillon. Il a été poursuivi et amplifié par les hauts fonctionnaires sous les ministres qui lui ont succédé, qu’ils soient de gauche ou de droite. Parce que ces réformes réduisent le coût de la scolarité. Parce que, faisant fuir les classes moyennes dans le privé, elles réduisent les besoins en investissement de l’État. Xavier Timbeau, directeur à l’Observatoire français des conjonctures économiques, écrit dans le numéro d’avril 2017 d’Alternatives économiques que l’analyse des chiffres sur l’éducation montre que notre pays semble avoir fait le « choix délibéré de dépenser moins pour éduquer moins. » C’est ce que l’enseignement des compétences permet. Il n’y a qu’à voir les filières proposées et cette volonté de casser les orientations vers des voies industrielles d’excellence. C’est qu’un lycée professionnel offrant des filières tertiaires peu qualifiantes (secrétariat, accueil…) coûte quatre fois moins cher qu’un lycée professionnel industriel qui a de plus l’avantage d’absorber une plus grande masse d’élèves. Ils sortiront diplômés, mais leur diplôme n’aura aucune valeur.
......La mise en série fait sens : c’est une offensive globale dont il nous faut appréhender le périmètre et la nature. C’est sous les ordres de l’UE et de l’OCDE que la France renonce de plus en plus à son modèle scolaire républicain, pour reprendre, avec trente années de retard, la voie du modèle anglo-saxon. Les inégalités socio-scolaires ne cesseront de s’aggraver. Basil Bernstein évoquait le problème du « gaspillage du potentiel éducatif de la classe ouvrière ». C’est en effet un gâchis et un sabotage orchestré par les pédagogistes et les hauts fonctionnaires. Et il n’a jamais été plus important que sous le ministère de Mme Vallaud-Belkacem...."
    La "nouvelle" école se met en place petit à petit, subrepticement, par glissements successifs, souvent inaperçus, l'enfant-roi étant devenu "le centre du système et le savoir relégué en périphérie."
  Pour certains observateurs critiques, l'école n'est plus vraiment ni nationale, ni républicaine.
   Les valeurs fondatrices s'estompent peu à peu, dans l'indifférence de parents consommateurs plus que citoyens.
    Le désenchantement est grand, surtout à la suite des réformes multiples et brouillonnes qui se succèdent.  Le quinquennat de François Hollande, placé sous le signe de Jules Ferry, s'est ouvert sur la promesse d'une «refondation de l'école. «États généraux», «loi d'orientation»: tout l'arsenal des grandes mises en scène en matière de politique publique fut mobilisé. Mais la mystique républicaine a fini en gestion technocratique ordinaire....
      Au mieux, le pragmatisme sans perspectives ni idéaux prévaut, au pire le marche pavoise .
   L'Europe libérale  subit les effets d'une marchandisation affectant tous les secteurs, de la santé à l'école. Déjà la stratégie  de Lisbonne avait programmé cette évolution, dans un véritable esprit thatcherien. La casse du Service public d’Éducation est bien envisagée depuis 1996 par l’OCDE. (*)
    Il n'y a pas que les profs dans leur majorité qui sont chagrins...
           A quels enfants allons-nous laisser le monde?
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_(*) __...Les conceptions de l’OCDE dans le domaine de l’éducation vont dans le sens d’une forte libéralisation du système éducatif. Dans Repenser l’enseignement. Des scénarios pour agir (dernier volume de la série « l’école de demain »), l’OCDE donne la parole à Jay Ogilvy, « grand pionnier de la réflexion prospective au sein des entreprises ». Celui-ci préconise une « décentralisation » et « une autonomie accrue des établissements scolaires, avec une influence plus forte des parties prenantes »1. Il fait l’éloge du projet anglais FutureSight, qui a consisté à renforcer le pouvoir des chefs d’établissement2. Il « préconise l’application des principes du marché contre l’excès de bureaucratie, qui risque d’étouffer l’innovation dans l’enseignement »3.
    Cet expert promeut l’idée d’un enseignement adapté à chaque élève. Il affirme : « À l’avenir nous disposerons d’outils d’apprentissage qui nous permettront de faire chez chaque élève un diagnostic personnalisé qui nous donnera la possibilité de mettre à sa disposition, à chaque heure de la journée, des outils d’enseignement et des préparations de leçons les mieux adaptés à ses besoins et à ses aptitudes »4. Il faut selon lui « traiter chaque école et chaque élève différemment et singulièrement en fonction de leurs besoins propres », et « individualiser [l’] enseignement. » « Pour atteindre l’équité devant l’éducation à l’ère de l’information, nous devons rompre avec le vieux modèle de production de masse d’élèves bien socialisés et identiques de l’ère industrielle. Nous devons recueillir des informations sur chaque circonscription, chaque école, chaque élève, et les utiliser pour moduler les quantités de “nutriments” – qu’il s’agisse de dollars, d’enseignants, de manuels ou d’ordinateurs – en fonction des besoins de chaque école et de chaque élève »5. Ces idées sont entièrement au diapason de celles de notre gouvernement de droite, qui veut en finir avec le collège unique, créer des collèges de haut niveau dans les centres-villes et des collèges où l’enseignement se réduirait au minimum, au « socle commun », dans les banlieues défavorisées. Les 7 piliers du socle commun de connaissances sont d’ailleurs inspirés par l’OCDE. Ce que prône l’OCDE, c’est de renoncer à l’objectif ambitieux d’une école, d’un collège et d’un lycée pour tous, et trier dès le plus jeune âge les élèves en fonction de leurs résultats ; ce qui revient en fait à les trier en fonction de leur niveau social, donc à accentuer les inégalités. Ces préconisations vont à l’encontre du caractère démocratique et universel du système éducatif.
    Dans ce long rapport pétri de langue de bois, l’OCDE préconise aussi que l’enseignement public soit désormais « concerné par les mécanismes du marché ». L’organisation déplore que « les conseils d’établissement et l’administration centrale de la circonscription fonctionnent comme des monopoles d’État. Parents et élèves n’ont pas le choix du fournisseur, comme ce serait le cas sur un marché libre ». Elle fait valoir que « dans la plupart des entreprises, un directeur peut opérer des changements pour répondre aux différents besoins d’une clientèle diverse », et conclut : « Nous devons commencer par dégripper ce mécanisme ». Elle propose en outre de « donner aux élèves et aux parents la possibilité de choisir l’école et les enseignants qui correspondent le mieux à leurs besoins. Le financement ira dans le sens du choix des élèves » ; ainsi « les forces du marché récompenseront les résultats »6. L’assouplissement de la carte scolaire, l’autonomie des établissements, l’idée de payer les enseignants « au mérite », le recrutement massif d’enseignants contractuels tandis que les places aux concours sont drastiquement réduites et que des milliers de postes d’enseignants titulaires sont supprimés chaque année, toutes ces initiatives du gouvernement trouvent leur source dans les préconisations de l’OCDE qui est aujourd’hui véritablement le fer de lance de la libéralisation des systèmes éducatifs. Il est temps de démystifier l’OCDE, de se démarquer de cette influence ultra-libérale, et d’entreprendre une politique éducative ambitieuse et démocratique, visant à la réussite de tous les élèves...
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Les medias et les banlieues

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 Faits divers
                     Pas question de contester que certaines banlieues posent problème et que les formes de délinquance nouvelles qui s'y développent interrogent tout le monde, les décideurs politiques en premier lieu.
Il y aurait beaucoup à dire sur ces espaces variés laissés en déshérence, parfois de quasi non-droit, et sur les responsabilités politiques de ces non sens architecturaux et sociaux,  instaurés dans l'urgence dés les années 70, sur les  politiques d'immigration menées sans responsabilité, sur le développement du chômage de masse affectant en priorité ces espaces où la formation n'a jamais été une priorité.
 Au 19°siècle déjà, les banlieues étaient redoutées comme domaines des classes dangereuses
Les problèmes des banlieues françaises, particulièrement parisiennes, et des quartiers dits sensibles posent des questions spécifiques (1), surtout en période de crise économique. Mais pas seulement en France.
            Ce qui pose ici problème est la perception qu'on en a à travers les médias qui en parlent régulièrement et de plus en plus. Ce que l'on peut discuter, c'est la manière dont la presse en général se nourrit et rend compte dans une toujours plus grande rubrique des faits divers. Le nombre des faits divers dans les JT a augmenté de 73 %, aux dépens des problèmes de fond bâclés, qui n'ont droit généralement qu'à quelques allusions.
Les faits divers, souvent hyper-dramatisés, ont souvent fait les choux gras d'une certaine presse, comme pendant longtemps dans le Petit Journal, dont raffolait la bourgeoisie.
La mise en scène  médiatique du moindre dérapage et son éclairage "sauvage", sans analyse de fond et de mise en contexte, permet à une certaine presse en difficulté de sauver les meubles en jouant sur le voyeurisme, la peur ambiante et la demande sécuritaire, en détournant l'attention des problèmes essentiels, dont beaucoup sont à la source des maux dénoncés.  « Le fait-divers fait diversion », disait Pierre Bourdieu
On observe une place croissante accordée à la médiatisation des « déviances » des quartiers populairesen banlieue
Le métier de journaliste s'est transformé en même temps que la presse changeait de nature.
« Depuis les années 80, les faits divers ont fait un retour en force par le biais de la télévision. » à la question : Quel type de prisme les faits divers offrent-ils pour saisir la société, en particulier la criminalité ?..« Un prisme totalement déformant, c’est bien le problème ! Il est normal que le débat public s’interroge sur les faits qui sortent de l’ordinaire. L’avion s’est écrasé, pourquoi ce terrible accident alors même que 99,9 % des avions décollent et atterrissent normalement ? Mais certains sujets comme le crime occasionnent beaucoup plus que cela. Loin de passer pour un accident de la vie quotidienne, l’érection du fait divers criminel en priorité de l’information le transforme en un fait de société. Il est promu au rang de symptôme des dérèglements de la vie sociale. Et lorsqu’il rencontre une ambiance générale de morosité et d’inquiétude sur l’avenir, il devient le révélateur d’une décadence. Ainsi le fait divers criminel n’occasionne pas simplement un discours sur la violence qui est insupportable, mais aussi sur la violence qui augmente, qui rajeunit...  " (L.M.) 
L' émotion prime sur l'analyse, au risque de dérapages multiples et d'instrumentalisations.
Le niveau de réflexion est la première victime de cette tendance (*)
L'info sans info semble de plus en plus devenir la règle.
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(1) Marseille, ville la plus criminogène de France?
Faudrait voir à voir...
Comme dit un internaute, " Comme le souligne très justement Jérôme Gavaudan, le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Marseille - (voir http://presumeinnocent.com/objectio...) A priori, je ne crois pas que Marseille soit une ville plus criminogène que les autres. On a la même situation dans des départements autour de Paris ».
Une affirmation plutôt fondée. Prenons l’exemple de la ville de Paris, entre janvier et décembre 2012, il y eut 35 483 atteintes volontaires à l’intégrité physique dans la capitale contre 30 387 sur la même période dans les Bouches du Rhône, selon les chiffres de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. http://www.inhesj.fr/sites/default/...
Dans Histoire de L’Evché, Alain Tourre, ancien patron de la PJ de Marseille, expose que la réputation sulfureuse de la ville ne date que depuis 1860. Alors que 24 personnes ont été tuées à la suite de règlements de comptes dans la région de Marseille en 2012, le criminologue Alain Bauer considère que « le nombre de règlements de compte s’est stabilisé depuis un demi-siècle, il n’y en a pas plus que les autres années ». La différence tient plus à la nature des crimes commis qu’à leur nombre, favorisé par la situation de ville portuaire : « Marseille est une ville qui a internationalisé, globalisé, professionnalisé les crimes liés aux trafics d’hommes et de stupéfiants ». Même son de cloche du côté de Thierry Colombié, spécialiste du grand banditisme en France, qui estime que Marseille n’est pas une zone de non-droit mais « ce qui est nouveau, c’est l’utilisation d’armes de guerre et en filigrane une recomposition locale et internationale des trafics de drogue ».

__-Marseille:  la vérité des chiffres, loin des clichés
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Elections: pour qui, pourquoi?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Simples jalons.
                        Un tournant s'annonce, souvent excessivement dramatisé, dans un contexte particulier, celui de la continuation, sous d'autres formes, de ce qu'il est convenu d'appeler une crise, tout à la fois économique, politique et culturelle, au sein d'une Europe incertaine où les fractures sont profondes et multiformes.
    L'isoloir nous attend.   Dans un climat de crise institutionnelle d'un type nouveau.. Le système de gouvernement, hérité du gaullisme, demande une profonde réforme. Les clivages traditionnels sont dans un état de dégradation avancée, comme le souligne cet auteur de la Tribune.
     Un vieux monde s'en va, usé par ses propres pratiques, par une évolution sociologique évidente et par ses connivences avec les forces dissolvantes d'un marché mondial, qui brouille les repères traditionnels et semble  rendre obsolètes les valeurs républicaines et l'action régulatrice de l'Etat.
     Ce qui risque de durer encore longtemps, si aucune réforme de fond n'est pas mise en oeuvre sur des bases rénovées, renouant avec l'esprit de l'après-guerre et non plus le consensus de Washington, et si l'Europe n'est pas profondément repensée, dont certains disent, en Allemagne même, qu'elle s'enfonce dans l'impuissance, dans de multiples dysfonctionnements et dans des impasses certaines.
      Un monde en décomposition? C'est souvent l'impression que donne la situation actuelle, dans le contexte de quasi-crise de nerfs  et de l'exacerbation des sentiments que nous vivons, attendant assez passivement que le cours des choses redeviennent normal, alors que la conscience et la vigilance citoyennes s'éclipsent entre deux campagnes électorales.
    Une nécessaire recomposition se fera, comme toujours en histoire, mais dans un sens que nous ne pouvons guère entrevoir pour l'instant. Notre voix individuelle a moins de poids que nous le croyons parfois, mais elle a plus d'incidences que ce que pouvons imaginer.
   Il n'y a guère de candidats pour nous proposer des pistes crédibles, ou du moins des directions pensables et supportables. Mis il faut choisir. Non pas l'idéal, mais le moins pire. Pour renouer avec une solidarité sans exclusion. Sans s'en tenir aux promesses d'une campagne, en tenant compte de l'expérience passée et des conséquences envisageables sur le long terme si tant est que nous pouvons en dessiner les contours souhaitables.
  Voter utilement, certes, mais pas dans le sens généralement sous-entendu par l'expression, en faisant avancer et fructifier notre héritage grec. et celui de Condorcet.
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Chemin de Damas

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(C'était en 2013...)

 
Un chemin semé d'embûches                                        __[Quelques questions]_
                                              Est-il possible de faire le point sur la tragédie syrienne, une situation volcanique, qu'on a laissé devenir inextricable, par indifférence ou par intérêt?
Après avoir longtemps tergiversé, la révolution brouillée aboutit à une situation qui apparaît à court terme sans issue militaire. Quelle place peut-il rester pour la diplomatie, la seule solution qui vaille? 
Y aller ou pas? commence-t-on à se demander dans les chancelleries. Oui, peut-être, on verra, attendons...
 L'indignation ne peut tenir lieu de politique étrangère. La France a tout à perdre à se lancer dans une aventure hasardeuse à la remorque des États-Unis. 
Punir ou changer la donne? Une réponse forte, c'est à dire rien du tout...
Il n'y a que de mauvaises réponse par rapport à une situation où les Syriens sont abandonnés à leur sort depuis deux ans. 
Un casse-tête géopolitique et un bourbier médiatique
    « La première victime d’une guerre, c’est la vérité » (Kipling)   « En temps de guerre, la vérité est si précieuse qu’elle doit être protégée par un bouclier de mensonges » (Winston Churchill.)
                La propagande est une donnée qu'il faut prendre en compte, comme dans tout conflit
Les mensonges d'Etat, on connaît, surtout depuis la guerre d'Irak, qui, au lieu de régler les problèmes, n'a fait que créer le chaos. Le désordre créateur, disait-on à Washington.... L'exemple libyen est à méditer....
Certaines sources syriennes d'opposition remettent en question la responsabilité de l'utilisation de gaz de combat.
L' émotionnel est exploité au détriment de l'analyse..
Quels sont les objectifs inavoués?
           A-t-on exploité toutes les possibilités de négociations en temps voulu?
"... C’est Kofi Annan, l’envoyé de l’ONU pour la Syrie (« Sur la Syrie, à l’évidence, nous n’avons pas réussi », LeMonde.fr, 7 juillet 2012), qui le déclarait : aucune des deux parties n’a vraiment essayé, en avril 2012, lors de l’envoi d’observateurs internationaux, de mettre fin aux combats. Et si l’appui de l’Iran, de la Russie et de la Chine à Damas a durci la position du président Bachar Al-Assad, le refus des Occidentaux, Français compris, d’appeler l’opposition à respecter un cessez-le-feu a aussi mis de l’huile sur le feu. A aucun moment ni les Occidentaux, ni Paris n’ont cru en la mission Annan et n’ont fait le moindre effort pour qu’elle réussisse.
Pourquoi ? Parce que l’objectif prioritaire de nombreux protagonistes (Occidentaux, pays du Golfe) est de faire tomber le régime dans le but d’atteindre l’Iran. Leur stratégie s’inscrit dans une jeu géopolitique dangereux, dont les droits humains ne sont qu’une dimension. La Russie et la Chine, favorables à des pressions sur Téhéran mais hostiles à une aventure militaire, s’opposent, bien évidemment, à cette stratégie. « Tout cela est un jeu géopolitique joué avec le sang syrien, m’expliquait, ulcéré, un intellectuel de Damas. Poutine et Obama devraient rendre des comptes devant la justice internationale... »
    Frapper la Syrie serait une aventure hasardeuse.
 La BHLisation des esprits atteind même le journal de référence (1
Notre Président sait-il où il va?(2)
Et les Droits de l'Homme dans tout ça?  Les donneurs de leçon ont parfois la mémoire courte.
        La paix est-elle encore envisageable dans un espace où l'on a contribué à réveiller de vieux démons, pour satisfaire des intérêts?
The Nation

"...Il n'y a pas d'endroit où la stratégie de guerre permanente a échoué plus misérablement qu'au Moyen-Orient. A long terme, le renversement de Mossadegh en Iran, l'aventure du canal de Suez, les nombreuses guerres israéliennes, les deux guerres du Golfe, les menaces et sanctions d'abord contre l'Irak, ensuite contre l'Iran, n'ont rien accompli d'autre qu'augmenter le  sang versé, la haine et le chaos. La Syrie ne peut être qu'un nouvel échec occidental sans un changement radical de politique.
Le véritable courage ne consiste pas à envoyer des missiles de croisière pour exhiber une puissance militaire qui devient de plus en plus inefficace. Le véritable courage consiste à rompre radicalement avec cette logique mortifère: obliger Israel à négocier de bonne foi avec les Palestiniens, convoquer la conférence Genève II sur la Syrie, et discuter avec les Iraniens de leur programme nucléaire, en prenant honnêtement en compte les intérêts légitimes de l'Iran en matière de sécurité et d'économie..".__________________
La Syrie est-elle un piège ?-Le jour d'aprèsLa rébellion gangrenée par les islamistes
Noam Chomsky: La Syrie va droit au suicide -Enjeux gaziers

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Point du jour

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
__ Cela s'appelle tomber sous le sens... commun.

__  La Cour des comptes est-elle toujours sous contrôle?

__ A l'hôpital public, les choses ne s'arrangent pas.

__ Comment juger  le niveau réel des élèves?

__ Où en est le dopage au Tour de France?

__  Du nouveau au réacteur 2 de Fukushima Daiichi.

__ Géopolitique de l'Union européenne.

__ Que se passe-t-il dans l’antre de Netflix?

__ Monsanto : la firme américaine reconnue coupable , après de nombreuses critiques, venues de tous pays.


 
 
Au Tribunal Monsanto, à La Haye (Pays-Bas), en octobre 2016, cinq juges internationaux écoutent les témoins venus du monde entier.
Au Tribunal Monsanto, à La Haye (Pays-Bas), en octobre 2016, cinq juges internationaux écoutent les témoins venus du monde entier. 
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Allemagne: élections en vue

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(C'était il y trois ans)

 
Quel avenir pour la  Deutschlands Königin?
                                                                           Les élections allemandes approchent.
Elles nous concernent aussi indirectement. 
Il y a trois ans, la chancelière, ou plutôt la coalition et les intérêts qu'elle représente, était en difficulté.
Son manque de vision, une gestion erratique des affaires et les contre-coups de la crise grecque semblaient compromettre son succès, notamment  au Bundesrat.
Mais sa capacité à repousser à plus tard les réformes nécessaires (surtout en matière de pauvreté), à éviter les sujets qui fâchent, à balayer la poussière sous le tapis, ainsi que les succès à l'exportation et la faiblesse des forces d'opposition semblent  jouer en sa faveur, face à une opinion publique plutôt apathique. 
     Va-t-on cette fois-ci vers le “match nul”?
Elle peut gagner, vu la faiblesse et le manque de projets de l'opposition, au sein d'un électorat abstentionniste, résigné ou peu conscient des problèmes de fond et des questions d'avenir. Mais rien n'est joué. 
De nouvelles forces gagnent du terrain. 
   En ce qui concerne les promesses, rien de nouveau... Les éditocrates français s'alarment...
Malgré ses performances industrielles du moment, issues d'une longue tradition industrielle et d'une mercantilisme dynamique (aux dépens de ses partenaires européens), surfant sur un euro qui dope ses exportations, les rapports de force du moment semblent en sa faveur.
 Malgré ce succès probable, contrairement aux mythes colportés, tout ne va pas si bien en Allemagne
 Elle dissimule une dette colossale. Le Handelsblatt lui-même le reconnaît. Le pays n'est pas une île de prospérité. Elle a tendance à oublier aussi son passé en matière de dettes, dans son intransigeance à l' égard des pays du Club Med.
Sa politique objectivement déflationniste ne risque pas de continuer à favoriser les affaires de ses voisins.
 La question de l'euro continue à tarauder certaines forces de l'opposition et quelques têtes pensantes, comme Kai A. Konrad
L'attitude de notre partenaire est ambigüe, dans une Europe de la dé-solidarité et du dumping sous toutes ses formes.  
Mais quel serait son intérêt à faire cavalier seul?
...Des incertitudes qui planent sur une campagne très conventionnelle, même sila Grèce la perturbe
        Le sauvetage de l’euro s’invite dans la campagne. Le parti eurosceptique AfD en profite.
« Nous parlons d’argent que, si ça tourne mal, la génération de nos enfants devra payer pendant trente ans », s’est ému Walter Kohl, qui n’est autre que le fils de l’ancien chancelier chrétien-démocrate (CDU) Helmut Kohl. Il trouve « irresponsable » la politique d’Angela Merkel, que son père surnommait « la fille ». Sa position, à moins d’un mois des élections, fait partie d’un bruit de fond potentiellement dangereux pour la chancelière, dont la campagne devait être un long fleuve tranquille. 
Ce plan a basculé la semaine dernière, lorsque le ministre des Finances a reconnu qu’Athènes aurait besoin d’une rallonge financière. Un cauchemar pour les contribuables allemands, qui se perçoivent comme les victimes de la crise. « Il devra y avoir un nouveau programme d’aide à la Grèce », a déclaré Wolfgang Schäuble. 
Depuis, le sujet qui devait rester tabou fait la une des journaux, qui rappellent avec délectation les promesses non tenues du gouvernement sur le coût des mesures d’aide aux pays en crise. « Sauvetage de l’euro : l’addition s’il vous plaît ! », a titré le quotidien économique « Handelsblatt » avec une caricature d’Angela Merkel en Pinocchio.
« Jusqu’ici, la CDU était parvenue à ce que la Grèce ne soit pas un sujet dans la campagne et il menace maintenant de se transformer potentiellement en avalanche », estime Tilman Mayer, professeur de sciences politiques à l’université de Bonn. (BA)
Dette publique de l’Allemagne : 81,2 % du PIB, soit 2150 milliards d’euros...
L’Union Européenne, c’est des pays surendettés qui se surendettent encore plus, pour pouvoir prêter de l’argent à des pays en faillite qui ne les rembourseront jamais...
Il serait temps d'en tirer les conclusions...
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                             Où sont passées les belles promesses au moment du référendum sur le traité de Maastricht ?
-  « Si le traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, 30 juillet 1992, RTL)
-  « L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde ; sur une monnaie unique, la plus forte du monde ; sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois. » (Michel Sapin, 2 août 1992, Le Journal du Dimanche)
-  « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)
-  « Les droits sociaux resteront les mêmes – on conservera la Sécurité sociale –, l’Europe va tirer le progrès vers le haut. » (Pierre Bérégovoy, 30 août 1992, Antenne 2)
-  « Pour la France, l’Union Economique et Monétaire, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage. » (Michel Sapin, 11 septembre 1992, France Inter)
-  « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, discours à Béthune)
-  « Si aujourd’hui la banque centrale européenne existait, il est clair que les taux d’intérêt seraient moins élevés en Europe et donc que le chômage y serait moins grave. » (Jean Boissonnat, 15 septembre 1992, La Croix)______________________
Insaisissable Allemagne
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La prison, cette oubliée

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Notre honte nationale.       
                           Dans certains domaines, nous sommes parfois très bons.
        On nous envie souvent la valeur de certaines de nos technologies de pointe, en matière aéronautique, par exemple, notre système de santé, etc...
    Mais sur la qualité de notre politique pénale, nous ne pouvons pas pavoiser.
      Comme sur les moyens alloués à notre système judiciaire, où nous sommes dans le peloton de queue en Europe.
    Oui, pour les prisons, qui a déjà toute une histoire depuis quelques siècles,il nous reste un grand bout de chemin à parcourir pour atteindre en ce domaine une situation "normale", digne, seulement humaine, car comme disait Camus, une société se juge à la qualité de son système carcéral.
    En matière de suicides dans des cellules le plus souvent surpeuplées, nous sommes dans une situation peu glorieuse. Ce qui est un signe, un symptôme révélateur.
      Nous avons d'énormes progrès à faire, comme on le reconnaît officiellement, le plus souvent quand explose le système, ici ou là ou quand le personnele pénitentiaire s'exprime bruyamment.
      Rien ne s'arrangeLa vérité est cruelleLa situation, malgré quelques récentes avancées, empire
"Cinq ans après deux rapports déjà accablants, le Conseil de l’Europe vient de classer les prisons françaises parmi les pires de l’Union"
         Une honte nationale. Heureusement, nous faisons mieux que la Moldavie...
  C'est peu dire que des réformes et seulement des moyens manquent, ce qui fait défaut, c'est une volonté politique à partir d'une réflexion de fond.
      Et si la solution était ailleurs que dans le tout carcéral? (*)
  Il serait temps d'y penser tout à fait officiellement, au grand jour et dans notre intérêt, pour quel'insertion devienne l'objectif prioritaire. Punir pour punir, dans les pires conditions, est non seulement inhumain, mais contre-productif.
      Il y a urgence.
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      (*)   La prison est à la fois une évidence et un non-dit au sein de la classe politique : la prison, telle qu’elle est conçue, ne mène nulle part sinon dans le mur, voire dans les murs. Mais nos voisins à l’étranger ont-ils trouvé d’autres manières de faire ?
 

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Un tueur très présentable

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Une arme magique
                                 France 5 a présenté récemment un document sur les conséquences à long terme desarmes à uranium appauvri. 
Appauvri, mais riche en éléments toxiques à long terme... 
   Le sujet revient assez régulièrement, depuis la première guerre d'Irak et les opérations au Kosovo(syndrome des Balkans). Puis on n'en parle plus...
        La  loi du silence semble de rigueur en plus haut lieu.
Les armes ont de multiples visages et les armées, toujours avides d'innovations, s'adaptent aux progrès scientifiques et techniques.
    L'uranium appauvri , très utile pour perforer efficacement les blindages, apparaît comme un tueur économique,efficace et  très présentable 
 Les armes à l’UA furent d’abord testées en laboratoire dans les années soixante-dix au à LOS ALAMOS (USA), avant de l’être en grandeur nature en Iraq en 1991. En l’absence de réactions de la communauté internationale, leur emploi s’est banalisé et elles sont utilisées lors de toutes les nouvelles guerres menées par les pays occidentaux, sous des formes de plus en plus sophistiquées et puissantes, à des doses croissantes de radioactivité: en Yougoslavie (en Bosnie en 1994-1995, au Kosovo en 1999), de nouveau en Iraq, en 1998 lors de l’opération « Renard du désert » et depuis l’invasion de 2003, en Afghanistan depuis 2001, et enfin, par Israël, au Liban en 2006, et lors de l’opération « plomb durci » à Gaza en 2009. Le PR ROKKE affirme que l'utilisation d'UA par Israël remonterait à la guerre de 1973.
        L'uranium appauvri permet une guerre propre et plus performante. Mais les conséquences sont perverses et insidieuses pour la santé des populations sur le terrain.
"Chimiquement toxique  les projectiles fabriqués ainsi se brisent, se volatilisent et/ou s’enflamment au moment de l’impact, ce qui entraîne la dispersion dans l’atmosphère, parfois sous forme d’aérosol, de fines poussières de ce métal et de ses oxydes. Ces particules, en retombant, recouvrent les objets et le sol. Après remise en suspension aérienne (airborne) fortuite, elles peuvent être inhalées ou dégluties, des jours, des semaines voire des mois et des années plus tard. Il n’est donc pas nécessaire de se trouver à l’intérieur ni à proximité d’un char au moment où il est atteint pour risquer d’absorber ces matières dangereuses. 
A ce sujet, le Merck Index. une des « bibles » mondiales de la chimie, mentionnait dans sa neuvième édition (1976) : « Attention, l’uranium et ses sels sont extrêmement toxiques. Une dermatite, des lésions rénales, une nécrose artérielle aiguë peuvent provoquer la mort »....
     20 ans après, le silence de l'OMS reste de rigueur. L'instance internationale ne publie pas son rapport sur l’Irak.
   Le scandale continue 
 "En mars 2013, un représentant du ministère irakien de la Santé interviewé par la BBC, déclarait que « toutes les études publiées jusque-là par l’Irak apportaient la preuve d’une augmentation des malformations congénitales et de cancers chez l’enfant ». Le rapport caché montre, quant à lui, que ce problème de santé publique consécutif à l’utilisation d’armement toxique par les forces alliées, constitue un fléau majeur à venir pour les générations futures. Les gouvernorats de Ninive, Anbar, Bassorah et Najaf sont particulièrement touchés. Ce qui correspond aux régions où les munitions à l’uranium ont été massivement utilisées. D’autres études, évidemment rejetées par les États responsables, États-Unis, France et Grande-Bretagne en tête, ont montré des taux anormalement élevés de stérilité, de fausses couches ou de mortinatalité.
Face à l’attitude de l’OMS, 58 scientifiques, professionnels de santé et avocats des droits de l’Homme ont écrit à l’OMS et au ministère irakien de la Santé pour leur demander la publication immédiate du rapport.
           Ils n’ont reçu aucune réponse..."
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Irak : après les feux de la guerre, les cancers 
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Transition énergétique

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Quelle transition?
                           Nécessité et contradictions.
      La transirion énergétique est une question-clé pour le proche avenir, dont l'urgence se fait sentir chaque jour un peu plus.
          Mais elle divise les candidats à la présidentielle.
      Certains défendent cette cause par conviction, d'autres plus ou moins par convention.
  La France est à la traîne
         Une petite révolution à marche forcée devrait être menée dans les toutes prochaines années. Les enjeux sont pressants.
     Mais l'Etat et son lobby nucléaire ainsi que la majorité des citoyens sont plus ou moins schizophrénes sur ce sujet, réticents à franchir des pas décisifs.
    Nos voisins allemands ont pris un virage anti-nuclaire, quoique problématique.
          Le Danemark fait des pas de géants.
              La Suède est sur le bon chemin dans le décarboné.
     Certains pays donnent l'exemple: Ainsiu Costa-Rica, les énergies fossiles n’ont représenté que 1,9 % de la production électrique en 2016. L’électricité du pays tire sa source principalement des installations hydroélectriques, des centrales géothermiques et des éoliennes. En Amérique du Sud, c’est l’Uruguay qui montre l’exemple : 95 % de l’électricité du pays est issue des énergies renouvelables. L’éolien, la biomasse, le solaire et l’hydroélectrique représentent ainsi 55 % de l’enveloppe énergétique du pays sud-américain, contre 12 % seulement pour le monde entier.
En Europe, chacun des pays membres de l’Union européenne (UE) s’est fixé son propre objectif pour augmenter la part du renouvelable dans son mix énergétique d’ici 2020. « Ces objectifs tiennent compte des différences dans les situations de départ ainsi que des potentiels d'énergies renouvelables et des performances économiques propres aux États membres ». Ainsi, parmi les 28 Etats membres, des pays comme la Bulgarie, l’Estonie ou encore la Roumanie se démarquent : chacun d’entre eux a ainsi déjà atteint le niveau requis pour réaliser ses objectifs nationaux 2020. A l’inverse, la situation de l’Hexagone laisse perplexe…
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Evasion fiscale: suite (sans fin?)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Les nouveaux braqueurs_____________

                                                        A l'heure où la précarité et la pauvreté touchent une partie de la population de plus en plus grande en Europe, il n'est jamais inutile de revenir sur des pratiques trop souvent tues, parce que non visibles.
  A l'heure où l'on nous dit que les caisses sont vides, que l'Etat est sans moyens, qu'il va falloir se serrer la ceinture en menant des réformes douloureuses et dégraisser les finances publiques, aux dépens de l'éducation et la santé, un rappel est nécessaire sur l'importance des finances qui n'entrent pas dans les caisses de l'Etat.
    On ne parlera jamais assez de cette forme soft mais bien réelle dedélinquance.
 Selon l'Expansion, les sommes échappant aux fiscalités de Etats représenteraient 16 000 à 25 000 milliards d'euros, soit le PIB des Etats-Unis plus celui du Japon, ou 10 fois celui de la France. Soit un tiers des ressources financières mondiales. Le scandale ne fait que commencer.
   Hier soir, une excellente émission sur Arte a mis à nu le scandale de l'évasion fiscale, souvent dénoncé, montré du doigt par certains chefs d'Etat, mais qui continue ses pratiques ruineuses, à l'abri de l'anonymat et de pays d'accueil très complaisants.
  Si on veut percer l'opacité en quelques années (ce qui ne peut se faire sans collaboration internationale étroite), on pourrait en France résorber le déficit.
Des mesures efficaces pourraient rapporter  30 à 50 milliards d'euros.

Antoine Peillon

Mais les vélléités politiques ne sont ni fortes, ni  constantes ni convergentes.     
    Le chemin va être long. Malgré les recommandations récentes de l'OCDE et quelques déclarations tonitruantes...( "Nous savons bien qu'avec la mondialisation, aucun pays n'est en mesure, par lui-même, de s'attaquer effectivement à l'évasion fiscale et aux techniques d'évitement les plus agressives. Mais puisque nous formons un groupe de huit économies majeures, nous avons l'occasion de galvaniser des interventions collectives à l'échelle internationale. Chacun de nous a intérêt à pouvoir dire à ses contribuables respectifs, qui travaillent dur et paient la part d'impôts qui leur revient, que nous allons nous assurer que tous les autres en font autant."  (D.Cameron)...les résistances sont nombreuses et les hypocrisies immenses: L'Etat de Delawareaux USA, la City à Londres, le Luxembourg, la Suisse... semblent ne pas exister...
     En France, "le sport national de nos élites et de nos grosses entreprises n’est plus le tennis, dépassé, ni le golf en cours de démocratisation mais l’optimisation fiscale. Ce « Hold-up du siècle » explique « pourquoi les familles »  moyennes « vont payer »...
En récupérant les sommes détournées, on pourrait en théorie combler les déficits nés de la crise. 
C’est le cas pour la France. D’un côté, une  évasion fiscale dont le «coût minimum» établi par le Sénaten 2012 se situerait entre 30 et 36 milliards d’euros, voire 50 en intégrant toute une série d’effets collatéraux. De l’autre, une dette publique (1.833 milliards d’euros à la fin 2012, représentant 90,2% du produit intérieur brut) générant une charge de 46,4 milliards d’euros l’an dernier. Et qui en 2013, d’après la loi de finances, devrait atteindre 56 milliards d’euros..."
      Mais tant qu'il y aura dumping fiscal, libre circulation mondiales des capitaux, sans règles ni convergence politique globale, le problème risque de n'être réglé qu'à une marge insignifiante, purement symbolique. Et les paroles conjuratrices ne suffiront pas: 
«Des trous noirs comme les centres offshore ne doivent plus exister, et leur disparition doit préluder à une refondation du système financier international»(F.Fillon)
"Les paradis fiscaux, c'est fini!.." (N.Sarkozy)
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Mille milliards!..
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