Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Elections algériennes

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Remarques sur une triste fiction politique ...   
                                    (Revue de presse)
    ...Passée assez inaperçue mais révélatrices de l'état du pays.
    Pour la masse des Algériens, cette  nouvelle élection préfabriquée laisse, une nouvelle fois un goût amer.
    A en juger par le faible taux de participation, c'est l'indifférence qui a une nouvelle fois dominé, symptôme de l'impuissance à réformer des institutions sclérosées., un pouvoir monopolisé par une caste se reproduisant invariablement, un chef d'Etat qui n'est plus qu'un symbole malade.
    Que les Algériens boudent les élections n’est pas une nouveauté. Ils avaient été officiellement 43 % à se déplacer pour les législatives de 2012 et 35 % pour celles de 2007. « On a pris l’habitude de ne pas croire à ces chiffres gonflés, déplore le sociologue Nacer Djabi de l’université d’Alger. Mais cette fois-ci les autorités ont peur d’une désaffection massive. »  « L’abstention est une attitude politique face à la fiction politique qu’est l’assemblée populaire nationale, rien n’émane de cette chambre d’enregistrement du pouvoir », estime le politologue Hasni Abidi, directeur du centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam) à Genève.  « Ces élections sont une formalité politique mais le pouvoir qui souffre d’un déficit de légitimité démocratique a besoin de la vitrine d’une assemblée issue du suffrage direct, explique-t-il. Cette fois-ci il est inquiet. »
     Sans signification, ces élections formelles passent pour une mascarade aux yeux de nombreux Algériens désabusés.
      Jusqu'à quand durera cette défaite du pouvoir, qui retarde le plus possible les échéance inéluctables, notamment le tabou de la disparition d'un chef d'Etat "sous perfusion"?
   «Le discrédit jeté sur le pouvoir est énorme, estime le politologue Belkacem Benzenine. Il doit absolument entendre le message de cette élection, celui de cette autre Algérie, jeune et majoritaire, qui ne croit plus en lui.»
 "En dépit des nombreux appels au vote, la campagne électorale est restée morne. Non seulement l’Assemblée est considérée par beaucoup comme une simple chambre d’enregistrement, sans pouvoir réel, mais les privilèges, notamment financiers, associés au statut de représentant du peuple nourrissent un sentiment de défiance vis-à-vis des politiques.
    Interrogé fin avril dans le cadre de la campagne, un habitant d’Alger, chauffeur de taxi, expliquait : « le Parlement ne sert à rien. Les lois ne sont pas débattues. Ce ne sont pas les députés qui votent. On voit bien que certains se servent de ces fonctions pour s’enrichir. On n’est pas dupes. »
 Les jours précédant le vote, les appels à boycotter se sont multipliés sur Internet avec pour certaines vidéos de youtubeurs engagés plusieurs millions de vues cumulées. Leur audience a été suffisamment importante pour provoquer des réactions officielles.
Autre signe de la nervosité des autorités face à une éventuelle abstention massive : fin mars, dans une circulaire intitulée « Charte pour une couverture médiatique éthique et équitable des élections », le ministre de la communication, Hamid Grine, appelait sans ménagement les médias à ne pas donner la parole aux partisans du boycottage.
Dans quel contexte économique et social le scrutin se tient-il ?
Nombre d’Algériens estiment avoir des préoccupations plus urgentes. La chute des prix du pétrole, depuis juin 2014, a ébranlé les équilibres macroéconomiques du pays. En l’espace de deux ans, l’Algérie a perdu 70 % de ses revenus liés aux hydrocarbures, sa principale ressource.
L’Etat, qui n’a pas anticipé le chantier de la diversification économique, se voit contraint d’augmenter les taxes, de diminuer les importations, de couper dans les investissements publics et de commencer à réformer le système social.
      La politique en Algérie  n'a jamais été simple et elle est toujours difficile à comprendre, tant la transparence fait défaut.
                Tristes élections législatives en vérité, à l'ombre de l'obscurantisme, alors que ce pays jeune a de nombreux  atouts pour être dynamique et prospère.
    A force de cadenasser pouvoirs et privilèges,  les "responsables" préparent à coup sûr un avenir difficile.
__________________________
Partager cet article
Repost0

Shut-down or no?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
 Plus dure sera la (prochaine) shut-down...
                                                                         C'était prévisible...
    Enfin, presque. Rabibochage in extremis!
Ce n'était pas la première fois que les USA se trouvaient devant une impasse, un  mur...ou une falaise.
      Mais ce petit jeu grotesque (du genre "retenez-moi ou je fais un malheur!") et inquiétant, qui coûte déjà cher au contribuable américain et plus encore à beaucoup de fonctionnaires, a débouché sur un compromis de dernière heure, chacun ayant joué à se faire peur, en suivant sa partition partisane.
 Une caricature , qui met un peu plus à mal les institutions, même si on a sauvé les apparences.
      Un jeu pervers assez révélateur de l'état de ce pays, pas seulement des erreurs d'Obama ou de  l'ineptie de Tea Party.
                                  Ce n'était pas qu'un simple "défaut technique", quoique le sort du dollar ne soit pas encore menacé...pour cette fois.  On aurait pu connaître un scénario peu engageant
  Le problème de la démesure de la dette américaine reste entier ...Quand le pouvoir politique est aussi faible, il n’y a plus à se demander pourquoi la finance règne toujours en maître.
     Un compromis boiteux, absolument pas à la hauteur, qui ne fait que reporter le problème  à une échéance prochaine, un autre mur budgétaire. Mais, vu le délabrement politique, pouvait-on s'attendre à mieux?
                Pas grave, on peut encore compter sur la complaisance des marchés financiers et on relèvera le plafond légal de la dette...toujours réaugmentée, atteignant des sommets stratosphériques
  Un plafond sans limites...que le Congrès avait fixé à 16 394 milliards de dollars en août 2011. Une paille!...Le compteur tourne inéxorablement et il n'y a pas de plan B.
   Le grand avantage des Américains (impérial, mon cher Watson) c’est le dollar et le fait qu’ils peuvent très facilement refinancer leur dette auprès de partenaires commerciaux – pays asiatiques en tête – en émettant des obligations d’Etat. 
 Mais jusqu'à quand la confiance durera-t-elle? N'est-il pas trop tard?
Comme on pouvait le lire, dans le très libéral Financial Time du 02/10/2013, « le système actuel basé sur le dollar est intrinsèquement instable » .. 
Ça sent quand même la fin d'empire... comme le pensait Paul Kennedy, un empire fonctionnant à crédit.
"Heureusement" il y a les forces armées...qui alimentent aussi la dette. 
      La Chine sonnerait-elle le glas à venir?
La démocratie fut  prise en otage, comme le titrait  Courrier international.
Encore faudrait-il que la démocratie ait encore un sens Outre-Atlantique...
     On se demande parfois si Jean Yanne, assez shakespearien ici (*),  n'avait pas quelque don de voyance...« Le monde est peuplé d’imbéciles qui se battent contre des demeurés pour sauvegarder une société absurde ».
(*) " C'est un malheur du temps que les fous guident les aveugles " (Le roi Lear)
_________________
Questions/réponses sur l'économie américaine
________________
Partager cet article
Repost0

Sur la révolution numérique

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Points de vue et critiques
                               Elle nous séduit le plus souvent, ce qu'il est convenu d'appeler la révolution numérique, tant son développement si récent et profond s'étend à de plus en plus de sphères de la vie en général, de nos vies particulières en particulier.
Quelques extraits
   Le numérique et sa puissance de calcul a de quoi fasciner, et nous ne sommes qu'au début d'une ère, dont nous mesurons peu les prolongements et les transformations. Elle est aujourd'hui pilotée par des firmes dont la puissance dépasse aujourd'hui celle de certains Etats.
    Mais derrière l'efficacité, le fulgurant développement, le plus souvent non interrogé, se cachent bien des aspects que nous entrevoyons parfois, que nous ne soupçonnons pas le plus souvent, même en nous référant aux prétentions des géants, le plus souvent californiens, qui viennent s'inviter jusqu'au coeur de nos ordinateurs, pour des raisons déclarées a-politiques (nous libérer de la tutelle des Etats) et même parfois humanistes.
    Derrière les déclarations officielles des leaders californiens se voulant apatrides se cachent des aspects que nous devrions interroger, collectivement, et que les Etats devraient examiner de près, eux qui sont parfois sous tutelle. Derrière les progrès en matière de rendement industriel, d'efficacité médicale ou d'exploration et de classement des données, il y a des revers méconnus.
    L'ambiguïté est au coeur des projets peu désintéressés de ceux qui prétendent oeuvrer pour le bien de l'humanité. La récolte massive des données à une visée commerciale non avouée et les outils nouveaux ont parfois des usages discutables en matière de renseignement.
          C'est pour le souligner que vient de sortir une étude intitulée L'Homme nuqui s'efforce, avec ses imperfections, d'explorer les aspects les moins connus et les plus inquiétants parfois de ce qui est déterminant an coeur de notre temps, de notre vie quotidienne. Les Google et compagnie se donnent les moyens de tout savoir de nous et d'orienter nos choix. Nous sommes de plus en plus connus, étant donnée la masse des données qui peuvent être rassemblees sur les différents aspecs de notre existence. Ce qui arrange bien le monde marchand, certains services de renseignements et même, indirectement, le  monde parallèle et masqué de la cybercriminalité.
    Les auteurs parlent de dictature invisibledictature douce sans doute, mais dont l'efficacité ne cesse de croître, sous des aspects divers et masqués. Avec notre consentement.
    Ces côtés obscurs sont bien mis en valeur et dénoncés. dans les grandes lignes d'un livre qui va plus loin dans l'analyse que ces quelques notes de lecture.
    Toute technologie a son côté obscur, mais celle du numérique, tel qu'il se développe, a une portée considérable. Il ne s'agit pas de revenir en arrière bien sûr, mais de prendre le contrôle d'un méga-outil qui peut, en s'accroissant démesurément, devenir un piège redoutable et efficace pour l'action et la pensée, engendrant ce La Boétie appelait en son temps la servitude volontaire.
      L'emprise numérique est de plus en plus forte et le but des auteurs est de nous en faire prendre conscience. Une masse de plus en plus énorme de donnés circulent et se centralisent à notre insu, pour le meilleur et pour le pire: Depuis 2010, l'humanité produit autant d'informations en deux jours qu'elle ne l'a fait depuis l'invention de l'écriture il y 5300 ans. 98% de ces informations sont aujourd'hui consignées sous forme numérique. Apple, Microsoft, Google ou Facebook détiennent 80% de ces informations personnelles de l'humanité." Le secteur du data (traitement de cette masse de données intimes pour mieux cibler les consommateurs) : un véritable gisement d'une croissance de 40% l'an et dont le chiffre d'affaires atteindra 24 milliards de dollars en 2016.
   La formidable puisssance des algorithmes fait le reste; la surveillance généralisée en est une des conséquences redoutables, que n'aurait pas imaginé Orwell. 
         Le problème majeur est que, selon la règle de Gabor, tout ce qui est techniquement faisable, doit être réalisé, que cette réalisation soit jugée moralement bonne ou condamnable », ce qui amène les Big Data à collecter toutes informations auprès de millions d’individus quelle que soit la nature de cette donnée. Ce n’est pas la qualité de la collecte qui est importante, c’est la collecte elle-même."                              Cet optimisme scientiste n'inquiète pas les gars de la Silicon Valley et ceux qui leur font aveuglément confiance.
____________________________________
Partager cet article
Repost0

L'autre 8 mai 1945

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
La tragédie oubliée ou déniée

Le 8 mai 1945, à Sétif, premier acte de la guerre d’Algérie. 
             Un flou mémoriel entretenu.
                   Une répression sanglante.
                                   Le vrai début de la guerre d’Algérie à Sétif le 8 mai 1945: "...En France, les forces politiques issues de la Résistance se laissent investir par le parti colonial. « Je vous ai donné la paix pour dix ans ; si la France ne fait rien, tout recommencera en pire et probablement de façon irrémédiable », avait averti le général Duval, maître d’œuvre de la répression. Le PCF – qui a qualifié les chefs nationalistes de « provocateurs à gages hitlériens » et demandé que « les meneurs soient passés par les armes » – sera, malgré son revirement ultérieur et sa lutte pour l’amnistie, considéré comme favorable à la colonisation. En Algérie, après la dissolution des AML le 14 mai, les autonomistes et les oulémas accusent le PPA d’avoir joué les apprentis sorciers et mettent fin à l’union du camp nationaliste. Les activistes du PPA imposent à leurs dirigeants la création d’une organisation paramilitaire à l’échelle nationale. Le 1er novembre 1954, on les retrouvera à la tête d’un Front de libération nationale. La guerre d’Algérie a bel et bien commencé à Sétif le 8 mai 1945...."
                    Silence et manipulation de l'information.

__________________________

Partager cet article
Repost0

Encore un ver?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Oui, merci!
                                         Un ver, ça va (pas), deux vers, bonjour la santé!  
   Arrêtons la bidoche! Trop de viande, ce n'est plus possible, pour plusieurs raisons.
On commence à savoir que l'extension de sa consommation nous mène droit vers une planète ingérable, sans parler des problèmes de santé que crée son abus. 
Si les Chinois seulement se mettent tous à manger de la viande comme les Etats-Uniens, bonjour les dégâts! 
   ______ Heureusement, il y a les versMangez-en avant qu'ils ne vous mangent...
Comme disait le Chat malin : " Je bouffe de temps en temps des asticots pour assouvir un sentiment de vengeance par anticipation"
  Les vers de terre ou lombrics communs sont abondants, faciles à élever (même dans sa baignoire salle de bain) Ils sont nos alliésinvisibles, d'infatigables laboureurs, indispensables à la production agricole, base de toute notre alimentation, et riches en protéines.     Darwin leur avait redonné leur lettre de noblesse. Sans eux, on estrien...
Ils peuvent aussi devenir nos partenaires commensaux.
Ils le sont déjà, pas seulement en Thaïlande...
On peut les accomoder de bien des manières. Les  recettes sont variées. 
            _______ Si les vers ne sont pas à votre goût, essayez les insectes!
S'ils ne sont pas encore passés dans nos assiettes, les insectes, eux, dans leur grande variété, ont déjà pignon sur cuisine.
Il va falloir s'y mettre !
   La FAO le recommande . Il y a de bonnes raisons de manger des insectes
Micronutris a trouvé le filon, comme Crok'fun et autres...
Bientôt dans nos assiettes, comme dans d'autres pays, des sauterelles,des grillons et autres coléoptères ...Osez les vers à soie ou de bambou! Hum!
Rassurezvnous, s'il vous arrive de trouver au restaurant une mouche dans la soupe, il n'y aura pas de supplément à payer... 
    Bon appétit! 
                             Insectivorement vôtre.
____________________

Partager cet article
Repost0

Regards

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
__ Le Brexit aura au moins fait avancer la cause du français au sein de la Commission européenne.

__ Un peu désoeuvré, le locataire de l'Elysée en profite pour voyager beaucoup...à nos frais

__ Certains sucrent trop, d'autres se sucrent trop...

__ On le savait déjà, mais cela se confirme:
           Les activités pétrolières aux États-Unis ne sont pas sans conséquences sismiques.
                          L'exploitation des gaz de schistesproduisent leurs effets.D'autres pays concernés.

__ Vietnam: la guerre n'est pas finie:
               lI reste celle, durable, des démineurs.

__ Ce serait presque drôle si ce n'était rageant:
         L’Arabie Saoudite est élue à la Commission des droits des femmes de l’ONU.

__ Quand il faut laisser son cerveau au vestiaire 
                 Des condition des ouvriers problématiques.
                                De certains abattoirs, on ressort abattu.

__ Demain, tous producteurs d’électricité ?

__ Les inconnues majeures après la victoire de Macron.
                 Il y a intérêt à avoir des résultats mesurables.
                          Un vote divers mais sans adhésion.
_______________________
Partager cet article
Repost0

Allo, t'est où?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Allo! Mais allo!quoi! 
                                     Le portable: un grand pas pour l'humanité ou un fléau social?
Ça fait débat...comme on dit.
  Bien qu' étant théoriquement un instrument de communication (même s'il est devenu un objet à tout faire, vrai couteau suisse, multifonctionnel), de mise en relation des hommes, son usage inconsidéré, devenu souvent abusif, voire addictif,  désocialise.
  Isolement et repli sur soi narcissique sont souvent les  conséquences d' un usage devenu incontrôlé. 
Ce qui réjouit fort les opérateurs, les fabricants et les marchands. 
    Comme nous le décrit le conteur Nabum, qui montre ici comment des jeunes peuvent faire tenir à leur joujou toute la place, comme si c'était la prunelle de leurs yeux,  jusqu'à en devenir invivables.
Cette fois-ci, il ne fabule pas. C'est du vécu. A l'école.
     La nomophobie (no mobile-phone phobia) peut prendre des formes inquiétantes et même quasi pathologiques.
Les plus accros seraient impulsifs.
    C'est la déferlante des textos. 
[Si on savait dans quelles conditions est produit le coltan, une des matières de nos smartphones!...]
__________________________________
Partager cet article
Repost0

Donald Trump: 100 jours

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
      Cents jours: c'est souvent une étape symbolique dans l'exercice d'un mandat important, l'occasion de porter un premier jugement sur l'aptitude au pouvoir d'un Président, pour tirer un premier bilan des engagements qu'il s'était donnés.
      Or, au bout de trois mois, le locataire de la Maison Blanche, c'est le moins qu'on puisse dire, n'a pas cessé de jeter le trouble dans une bonne partie de l'opinion américaine et internationale.
    Tout se passe comme si le Président-twittant obsessionnel n'avait pas encore appris son job.
      Comme un gamin, il semble encore ne pas en revenir devant son nouveau jouet au Bureau Ovale, comme s'il était encore étonné d'avoir été élu.
    Toujours imprévisible, il s'est fait une spécialité en bévues de toutes sortes, contradictions, paroles vides et aussi...mensonges, semblant parfois improviser, revenant le lendemain sur une décision prise la veille. Y a-t-il un pilote dans l'avion?
   Dans les chancelleries, on est dans un attentisme prudent, mais parfois dans la sidération.
     De la diplomatie, il doit encore tout apprendre. La cohérence n'est pas son fort. Chaque jour ou presque amène ses surprises, parfois confondantes. Les spécialistes ne suivent plus. Les conseillers se déchirent, sans leader affirmé. Les partenaires politiques ne savent plus sur quel pied danser, ce qui est plus que gênant dans les relations internationales, où l'intelligence, la cohérence, la souplesse, le réalisme, comme parfois la fermeté, sur une solide connaissance des dossiers, doivent prévaloir, et non les mouvements d'humeur et les propos intempestifs., soufflant le chaud et le froid.
  A la Maison Blanche, c'est souvent la cacophonie et le règne des idéologues amateurs.
    Le fameux mur mexicain semble passé à la trappe. Sur de nombreux points il a fait marche arrière. Il avait parlé trop vite et...réfléchi après. Sur d'autres, il a deux discours au feu, comme sur le statut des banques. Un jour, il lâche la bride à Wall Street, le lendemain, il fait mine de promettre une régulation,une séparation.
     Si ses fidèles reste encore confiants, une partie de plus en plus grande de l'opinion s'interroge avec consternation et crainte.
   La politique de gribouille continue. C'est peu de dire qu' elle est déroutante.
        On dit que en 100 jours,Trump aurait prononcé plus de 400 mensonges.
Certains vont jusqu'à parler de stratégie du chaos.
  Le big bang fiscal de Trump, aubaine surtout pour les plus favorisés, laisse sceptiques les experts.
     L'écologie est le moindre de ses soucis. Il tient parole.
         Les prétentions initiales ont déjà subi de nombreux revers et des oppositions dont il a fallu tenir compte, tant elles étaient irréalistes ou inadaptées, allant parfois à l'encontre des buts avoués.
  Dans son projet en gestation de l' abrogation de l'Obamacare, qui n'était pas pourtant une révolution, même si ce n'est pas encore acquis, il risque de fragiliser un peu plus un grand nombre de laissés pour compte d'un système de santé parmi les plus chers et les plus sélectifs des pays occidentaux, ne faisant que reprendre le voeu ancien de nombre de républicains et des extrêmistes de Tea Party La logique ultra-conservatrice y retrouve son compte.
     Dans les conflits extérieurs, il remplace l'ambiguïté de son prédécesseur par des engagements ponctuels irréfléchis et imprudents, dans une impatience qui peut être dangereuse, comme en  Corée du Nord, ou dans une méconnaissance de ses véritables intérêts, comme en Iran, où il risque de compromettre bien des avancées précédentes.
        Comprenne qui pourra...
                                       Et pourtant...C'est dans l'air.
____________
Partager cet article
Repost0

Un banquier à table

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Il lâche le morceau 
                                 C'est rare, mais ça arrive.
Les banquiers sont généralement peu bavards sur leurs activités 
  Depuis le début de la crise financière, où ils se sont retrouvés dans une tourmente qui les dépassait, dont souvent il ne comprenaient pas les fabuleux ressorts algoritmiques élaborés par des centraliens de génie,  plusieurs se sont mis à parler sans fard.
   Certains furent  pris d'une subite révélation, mais ça ne dura généralement pas, et on a oublié...
Comme Mathieu Pigasse,  vice-président de la banque Lazard, qui affirmait naguère: «Qui est responsable ? Les banques, évidemment, qui ont oublié que le coeur de leur métier était d'évaluer les risques, et qui, pis encore, les ont transférés à d'autres. Mais les pouvoirs publics également : ils ont conduit des politiques à courte vue, et, surtout, ils ont été des régulateurs déficients...C'est un modèle idéologique, libéral et anglo-saxon qui a failli. On ne peut impunément se préoccuper exclusivement du profit à court terme
 Heureusement pour la profession, qui a changé de métier et qu'on entend surtout se plaindre!
      Certains, qu'on n'entend guère, repentis de la finance,  s'obstinent, lâchent le morceau etbalancent.
Non par dépit ou par ressentiment, mais par conviction. 
    L'un d'entre eux s'exprime à contre-courant de la langue de bois ambiante, dénonçant le double langage des gouvernements à l'égard des excès de la finance, dans la gestion de la crise: condamnation verbale, inaction dans les remèdes. Ou si peu... 
     JM Naulot, ancien banquier en colère, se démarque de ses pairs.
S'exprimant dans la presse comme à la radio, il essaie de faire passer son message.
Expliquant les mécanismes qui ont engendré le cataclysme déclencheur, soulignant le peu qui a été fait malgré les proclamations officielles, laissant intacts les risques de crises nouvelles et plus graves, il insiste sur le fait que le pouvoir s'incline devant les lobbies, qui tiennent les Etats enotages. 
                    En France, la consanguinité entre le politique et le financier est plus grande qu'ailleurs.
Les banques continuent à être. choyées.
Comme le remarquait, outré, un ancien directeur de la Banque Mondiale: 
                  "Les banques sauvées grâce à l'argent public se retournent vers ceux qui les ont sauvées en disant: payez vos dettes! Leur arrogance est inacceptable " (J Stiglitz)
Ou comme disait son célèbre compatriote:
                   « Le gouvernement devrait créer, émettre et favoriser la circulation des monnaies et des crédits nécessaires à la satisfaction du besoin de dépense du gouvernement et du besoin d’achat des consommateurs.L’adoption de ces principes doit permettre aux contribuables d’économiser le paiement d’un gros volume d’intérêts. L’argent cessera de gouverner et se mettra au service de l’humanité. » (Abraham Lincoln)
__________________________________ 
Partager cet article
Repost0

Grèce: détresse

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 
Crise sans fin
      Sur la Grèce, il a déjà beaucoup été dit.
            Mais périodiquement, entre ce qui nous apparaît comme deux accalmies, elle se rappelle à nous, du fond de ses problèmes abyssaux, au coeur de la tourmente qu'elle vit quotidiennement et que peuvent à peine entrevoir les touristes pressés.
   Comme ,par exemple, l'extrême délabrement de son système de santé, conséquence de la purge imposée par des instances étrangères.
       Il est toujours question, à marche forcée, de réduire au maximum les dépenses publiques, de tailler dans les retraites, de réduire encore les salaires, de privatiser à tout va, de vendre même les bijoux de famille..
    Tout ça pour rien. Même si quelques uns, pratiquant la méthode Coué, s'efforcent à Bruxelles d'annoncer régulièrement un début d'embellie.
         L'austérité n’en finit plus d’asphyxier l’économie. Les hausses succèdent aux hausses et pour la grande masse il est juste question de survie, ce qu'ignorent superbement les classes privilégiées, armateurs, propriétaires fonciers, comme spéculateurs de tous poils. Le remède de cheval imposé d'abord au nom de l'intérêt des banques, tue tous les jours un peu plus le malade qu'on prétendait guérir. Les hommes en gris de Bruxelles veillent dans les ministères d'Athènes, au chevet d'un malade en soin palliatifs.
    La dette de Sisyphe, dont on connaît maintenant mieux les causes extra-héllèniques, est un fardeau qui ne connaîtra pas de fin, sauf renégociation sérieuse.  Cette bombe à retardement touche l'Allemagne aussi, l'instigatrice principale du plan mortifère au nom d'une Europe sans solidarité. A Berlin en particulier, où plusieurs fois la dette fut par le passé effacée, le sujet est explosif à quelques mois des élections : «Même Martin Schulz, le candidat social-démocrate, ne propose pas une restructuration, car il sait que sa base ne le suivrait pas», s’amuse-t-on dans l’entourage du ministère des Finances. D’où la dureté du ministre, Wolfgang Schäuble, qui estime qu’une restructuration obligerait la Grèce à «quitter l’Union», puisqu’«aucun pays membre de l’Union monétaire ne peut être responsable pour les dettes d’autres pays». Surtout, ajoute-t-on à Berlin, «qu’est-ce qui nous garantit que la Grèce ne va pas recommencer à s’endetter si on efface ce qu’elle doit ? Et pourquoi les autres pays ne nous demanderaient-ils pas la même chose ?» Autrement dit, la zone euro est dans un piège. Quoi qu’elle fasse, elle prend un risque politique et les démagogues gagnent à tous les coups."
   Cette crise sans fin ne peut que mal finir, si la logique actuelle continue à s'imposer. On le sait et beaucoup le disent, même au FMI. Un troisième plan de sauvetage devrait être débloqué. Athènes a accepté de faire des concessions pour sortir de l’impasse avec ses créanciers. Sept ans, neuf plans d’austérités, trois plans d’aide et une réélection plus tard, la crise grecque n’est toujours pas résorbée...
        Dans un document confidentiel qui a opportunément fuité auprès du Financial Times le fond monétaire écrit:
"Malgré ses réformes ambitieuses, la Grèce ne peut pas résoudre le problème de sa dette"
 
  Un nouveau rebondissement de la crise se profile, sans doute plus violent.:"Un document du FMI met en garde contre la dynamique explosive de la dette grecque. Les élections aux Pays Bas, France et Allemagne compliquent la donne...
 
 Le tonneau de Danaïdes continue à se  remplir, on remet sans cesse la poussière sous le tapis.
          La Grèce obtient un prêt de 7 milliards d’euros… pour rembourser d’autres prêts...
  Cette année, la «saga» grecque est sous haute tension. "Certains observateurs estiment que le dossier n'évoluera pas avant les élections allemandes, en septembre prochain. Il reste qu'Athènes aura probablement besoin d'argent frais avant, pour honorer ses dettes. Le pays doit en effet rembourser environ 3,8 milliards d'euros à la BCE en juillet 2017. Et, les créanciers ne débourseront pas une nouvelle tranche d'aide si la situation ne s'améliore pas... Un scénario qui rappelle de très mauvais souvenirs et qui est d'autant plus redouté que des élections se tiendra également en France, aux Pays-Bas et peut-être en Italie au cours de l'année 2017....
     Faute d'avoir pris le problème de manière rationnelle dès le début, dans l'intérêt de la zône euro elle-même, l’impasse économique est totale.
       La question grecque n'a pas fini de hanter les nuits bruxelloises et berlinoises.
                  Une austérité inouïe s'accroît pour rembourser une dette non remboursable, largement fabriquée. La presse hellène titre ironiquement “Live your myth in Greece” (Vivez votre mythe en Grèce) – en allusion aux campagnes publicitaires pour favoriser le tourisme– pour pointer du doigt les “mensonges du gouvernement qui avait aussi promis de ne pas s’attaquer aux retraites. À présent, celles-ci vont baisser, les taxes et cotisations vont augmenter, et cela ne risque pas de faire chuter le chômage qui détient le record de l’Union européenne avec 23,5 % de la population active touchée. Il faut donc se poser des questions sur la stratégie d’étouffement de la population opérée par le gouvernement.”
     Un gouvernement pris en otage.
        L'impasse politique est totale.
           Le fatalisme s'installe un peu plus, lourd de nouvelles révoltes futures, de possibles aventures tragiques.
                Silence! on brade...
_______________________
Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 > >>