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Robolution

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 La robolution est en marche...
                                              Un ministre heu-reux.
                             Un président bé-at.
                Un volontarisme vaguement keynésien.
         Des fonds limités...  
Un avenir assuré?
      " Le marché est   potentiellement immense. A l’heure actuelle, il représente près de 17 milliards d’euros dans le monde, mais il devrait atteindre les 100 milliards en 2018 et les 200 milliards en 2024… Soit dans dix ans à peine...".
     De quoi rêver... 
               L'heure n'est pas au pessimisme technologique à la Bernanos,  qui nous semble  aujourd'hui d'un autre âge ( même si sa critique de l'ivresse techniciennne reste à méditer)
  Non, l'optimisme est total, presque puéril, comme si on avait d'un coup découvert l'Amérique.
Notre salut viendra des robots. Le futur est déjà là.
   Les  robots au boulot!
 La  prochaine grande révolution industrielle, fille du numérique et de la cybernétique, est en route.
    Un marché quasiment illimité, surtout dans le domaine de la robotique de service. 
   La France est en retard.  (33.000 robots dans les usines françaises. Elles sont presque deux fois moins équipées que leurs homologues italiennes et bien loin des allemandes qui en ont 166.000, sans parler du Japon).
   Viva la reconquista! 
        "L’enjeu, pour la France, est  de devenir non seulement une terre de consommation de robots, mais aussi de fabrication. Les retombées en termes d’emplois semblent non négligeables. «En dix ans, la robotique a déjà créé en France plus de postes qu’Internet ne l’avait fait dans le même laps de temps», révèle Bruno Bonnell. 
La robotique est d’ailleurs l’un des 34 plans de reconquête industrielle défendus par le gouvernement et présentés en septembre dernier. «Nous sommes un pays ultra-innovant et il y a un archipel d’entreprises capables de conquérir des marchés et de créer des emplois. C’est ça, la réindustrialisation de la France. Les petites entreprises vont devenir grandes et exportatrices», martèle Arnaud Montebourg, qui prévoit également de recourir à «l’arme de la commande publique» pour accélérer le mouvement.
Car il faut aller vite et ne pas se laisser distancer par les compétiteurs américains et japonais… Ni même par les Allemands, avec lesquels la France «a déjà 150.000 robots de retard», rappelle le ministre..."
                     La guerre des robots est ouverte...
  Pourquoi pas? Mais on peut s'interroger sur les limites des moyens , la frilosité des banques, les capacités du marché intérieur, la concurrence féroce par rapport à des pays ayant plusieurs longueurs d'avance dans ce domaine...etc..

L'avenir de l'homme?

Mais il est sûr que la révolution entamée va modifier en profondeur nos sociétés, de manière que nous entrevoyons à peine. Le domaine de l'emploi sera bouleversé (*) . Le gain ne sera sans doute pas celui escompté. Le rapport travail/loisir est appelé à se modifier, comme la nature du travail lui-même et la nature de nos rapports avec les objets et nos semblables.
                                       Pour le meilleur ou pour le pire?...
Comme pour toute technologie, l'ambivalence est présente, comme elle émerge  dans une littérature déjà ancienne ou comme le remarquait déjà Voltaire dans l'Encyclopédie. Que ferons-nous de ces nouvelles conquêtes technologiques? La robotique, qui en est la fine pointe, peut déboucher sur le pire, des applications discutables ou terrrifiantes, ou développer le meilleur, comme dans le domaine médical...
     La question, ancienne, banale, mais centrale et toujours d'actualité ne cessera de se poser: pour quoi faire ? au service de quelles valeurs? dans quel type de société?...
         Les robots, même "intelligents", ne répondront pas à notre place. Les moyens ne prescrivent pas les fins.
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(*)  -La grande peur des nouvelles technologies sur l’emploi
- La moitié des emplois remplacée par des robots dans 20 ans
- Les robots vont-ils vous piquer votre boulot ?
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Amazon em-pire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Nouveau voyage en Amazonie
                                             Le voyage en Amazonie nous réserve toujours des surprises, mais suscite aussi des  inquiètudes.
      Le mastondonte californien, qui vous livre gentiment à la maison toutes sortes de produits aussi divers que variés, pour un prix défiant toute concurrence, a des méthodes très particulières.
     Il faut dire qu'il sait y faire en matière d'aides généreuses, de salaires et d'impôts.
       Question de savoir-faire...jouant sur le faiblesse des Etats.
         Quitte à ne pas faire de bénéfices pendant un certain temps, du moins sur certains produits.
   C'est ainsi qu'on tue l'adversaire, même des géants de la distribution aux USA.
     Le monopole est l'objectif.
          Le rouleau compresseur continue sa course
               L'Amazon-power est en question. Qui l'arrêtera?
                                  Non seulement Amazon a aujourd’hui un pouvoir économique considérable, mais aussi une influence de plus en plus grande sur la vie intellectuelle notamment aux Etats-Unis. Selon une étude réalisée par le Codex Group et publiée en mars, Amazon contrôle 67% du marché du livre électronique américain et 41% de la vente des livres neufs à la fois papier et électronique. 
     Pour Franklin Foer, il n’y a plus qu’une seule solution briser par une action publique utilisant les lois antitrust le monopole d’Amazon tout comme en 1911 la compagnie pétrolière américaine Standard Oil avait été divisée en 34 entités.
«Mais nous devons d’abord réaliser que nous sommes complices d’Amazon. Nous avons tous été séduits par les remises importantes, les livraisons automatiques mensuelles de couches, les films gratuits, les paquets cadeaux, les livraisons gratuites en deux jours, la possibilité d’acheter des chaussures ou des livres ou des haricots ou du papier toilette au même endroit…» écrit Franklin Foer. 
     Un modèle de gestion à la Big-Brother.
                          Un front anti-Amazon s’organise
                                           Mais avec quel succès?...
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La carte et le territoire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

                                                                              [Non, ce n'est pas du Houellebecq...]

 Les cartes souvent fascinent... et perturbent.
                                         Surtout celles qui dormaient à l'école primaire, bien jaunies, souvent écornées, au fond de la salle, sagement accrochées, et que l'on sortait de la poussière au fur et à mesure des besoins et des cours d'histoire-géographie.
  Très tôt, elles imposent à l'enfant curieux leurs évidences.
Les pays, colorés ou non, avaient valeur d'éternité, les frontières se donnaient comme des limites absolues. C'était comme ça et pas autrement. Depuis toujours.
...Jusqu'au moment où les naïves certitudes initiales se trouvent peu à peu ébranlées par des données non plus visibles, mais apprises. Non, les nations n'ont pas toujours existé tel qu'on peut se les représenter aujourd'hui, avec les mêmes limites. Le doute s'installe. Les pseudo certitudes s'effondrent...
       Le terrain n'est pas la carte et les pays, les nations, les confédérations  sont le résultat de constructions dans le temps. Les USA, par exemple, présentent une apparente homogénéité qui masquent une histoire récente compliquée. L'unité n'était pas donnée.
    Rien n'est éternel. Pas même la France, si jeune dans l'histoire du monde (n'en déplaise à De Gaulle). Les Gaulois n'étaient pas la France.
        L'histoire a aussi une histoire, qui mérite d'être interrogée.
Comme la cartographie. 
     Les  cartes  n'ont qu'une valeur provisoire, éphémère à l'échelle de l'histoire des hommes, qui, au début, ignoraient la notion de territoire, au sens politique. Les chasseurs-cueilleurs n'avaient pas de passeport...  
    On comprend que nous puissions être perturbés par des changements lents ou rapides au niveau des territoires, qui se font et se défont, au niveau des frontières qui se déplacent au gré des péripéties historiques et parfoisécologiques. Il suffit de comparer entre elles les cartes de la Pologne ou de l'Autriche depuis quelques siècles...Voyez l'Ukraine.
Cela donne parfois prétexte à perplexité un peu facétieuse (*)
                  Il semble qu'on n'en ait jamais fini avec les problèmes de frontières.   Les guerres surtout sont suivies de redistributions de territoires, contraintes ou négociées, sources parfois de nouvellesinstabilités. Staline et Churchill ont été orfèvres à ce jeu-là, reconfigurant l'Europe sur un coin de table, comme on le dit...
 ,       Combien de fois l’Europe a changé de frontières en 25ans?
   On peut le constater aujourd'hui en Europe centrale et de l'Est, dans les Balkans, où existent encore des plaies non cicatrisées. Combien de temps durera le Kosovo bricolé? Qu'en sera-t-il de la Belgique dans quelques décennies?...
           Parfois, des frontières sont en suspens... 
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De tout

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

__ Ayez confiance!    Il s'occupe de tout.
                                 Répète Notre-Dame de charte 
         Pas de souci, donc. Même à terre, notre DRH Jupiter assume malgré tout, à l'intérieur comme à l'extérieur. Il apprendra vite...
      Comme dit Christophe Castaner. « On n'a pas su suffisamment donner de sens, d'explication, de pédagogie aux choses. »
   C'est sans doute ça...
        Le scrutin majoritaire à deux tours a joué comme un trompe l'oeil.

__ Le bio, ça peut rapporter.
                                Les marges, ça compte!
                                                         Le vert se vend bien aussi.

__ Quand le rail déraille.
                                Un été pourri pour Pépy.
                                                          La dérégulation n'est pas la solution.

__ Rien ne s'arrange pour Bibi.   Après Olmert.

__ Syrie: (aussi) une guerre climatique?

__ Houston: indécence médiatique et présidentielle.
                                                               Sans parler de Melania!...

__ L’aide au développement n’est pas un outil de gestion des migrations 
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Google em-pire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Réjouissons-nous, mes frères!
                                        L' avenir  apparaît radieux, comme l'entrevoyait un  grand poète au 19°siècle. 
       Le progrès indéfini de l'internet nous ouvre des horizons sans limites...
Grâce à notre Grand Frère Google, l'ami qui nous veut du bien.-(1) 
     « Nous croyons en un Internet ouvert et libre pour tous. (...) Nous croyons en la bonté des hommes », disait, messianique, l'ancien PDG de Google, Eric Schmidt. Tout le monde il est beau....dans la grande famille libérale-anarchiste des individualistes-consommateurs du Net, qui va changer le monde.
    Amen! 
C'est beau comme du Rousseau!
     Il nous gâte, nous comble, en nous offrant des services multiples et variés presque gratuits et permet de nous ouvrir toutes les portes de la connaissance.
Tout ça pour quelques clics. 
      C'est comme un nouveau Siècle des Lumières qui s'ouvre à nous.
Le Grand Moteur " s'est donné comme mission « d'organiser l'information à l'échelle mondiale et de la rendre universellement accessible et utile.."
   De la naissance à la mort ...et au-delà... Google nous assure de sa sollicitude...
          
       Mais il y a un petit problème, un problème de rien du tout. 
Cette sollicitude n'est pas désintéressée et est un rien indiscrète.
    Les projets du Big Brother ne manquent pas de créer du souci.
Il étend son empire sur la Toile de manière problématique...  
                        Google  (malgré quelques ratés et faiblesses) pèse plus lourd que Coca-cola.

    Il y a donc plutôt un gros problème.
Google tisse sa toile, dans une dérive monopolistique.
       Il établit une hégémonie planétaire qui inquiète, dans son  ambition  même, devenant incontournable, jouant de plus sur l'optimisation fiscale.

 On perçoit tous les dangers possibles pour la vie privée. 
      Même Microsoft s'inquiète.
L'emprise numérique se développe sans contrôle efficace.
     Va-t-on vers une surveillance généralisée? (1) 
                    La solution? Investir massivement dans le développement de logiciels etmoteurs de recherches libres et non commerciaux, comme ici,  à l'échelle mondiale et/ou européenne.
    L'initiative devrait être politique, car le problème est politique, au sens large et noble. La citoyenneté ne peut aller sans respect de la vie privée. La vie ne se ramène pas à des réseaux commerciaux. Le vrai savoir ne peut se réduire à de la simple communication ni à la seule accumulation de couches infinies de connaissances 
    Sans contrepouvoirs, la puissance du gentil grand frère ne sera plus contournable.

Résistons, mes frères! 
    Ce n'est pas la quadrature du cercle... 
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Coup de gueule (2)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 (suite)......Comme dit Joseph Savès, "c'est par cette confession désabusée et sans équivoque que débute l'essai iconoclaste de Jean Quatremer. Le journaliste rappelle avec brio les origines de l’aventure européenne. Mais c’est pour mieux dénoncer ensuite les dérives qui, du talentueux Jacques Delors au piteux Jean-Claude Juncker, ont mené à l’impasse actuelle.
    Y a-t-il une lumière au bout du tunnel ? Jean Quatremer détaille en quelques pages une possible sortie par le haut. Mais lui-même n’y croit pas vraiment. Son essai s’adresse aux européistes convaincus : quand le clergé lui-même ne croit plus à son dieu, est-il encore raisonnable de le prier ? N’est-il pas temps de repenser l’avenir ? Ce qui reste de l’Union est plus néfaste qu’autre chose. Mais le projet communautaire demeure nécessaire. Il s’agit de le refonder....
     "..La Commission européenne a affirmé son autorité sous la présidence de Jacques Delors (1985-1995), lequel a pu convaincre les États d’adopter aussi bien Schengen que l’Acte Unique et la monnaie unique. Il a seulement échoué sur l’Europe sociale.

Mais ses successeurs, rivalisant d’incompétence, ont rapidement réduit la Commission à n’être plus que le secrétariat du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement. Jean Quatremer a des mots très durs pour Jacques Santer, dont il a provoqué la chute en 1999 pour cause de corruption, comme pour Romano Prodi (1999-2004) et son commissaire à la concurrence Mario Monti, qui ont bradé l’industrie européenne, Manuel Barroso (2004-2014), homme-lige de la banque Goldman Sachs, impliquée dans la crise de 2007, et bien sûr Jean-Claude Juncker, qui a érigé son grand-duché en paradis fiscal.
Le Conseil européen, organe suprême de l’Union, est donc revenu au cœur du jeu. Il se réunit désormais tous les mois ou tous les deux mois. Mais c’est seulement pour constater ses désaccords sur tous les sujets d’importance : Ukraine, Russie, énergie, libre-échange, travailleurs détachés, terrorisme, migrants etc. La faute en est à l’élargissement intempestif de l’Union de quinze membres en 1995 à 27 ou 28 aujourd’hui, avec des niveaux de développement très différents.
     Jean Quatremer exécute en passant le Parlement européen, caution démocratique de l’ensemble : ses députés n’ont d’européens que le nom car ils sont élus sur des logiques partisanes nationales. « Quand sur certains textes, on voit les députés allemands voter comme un seul homme pour ou contre, de l’extrême droite à l’extrême gauche, comment ne pas ressentir un malaise ? » (p. 23). Leur légitimité est contestable quand on songe qu’un député français représente douze fois plus d’électeurs qu’un maltais. Enfin, le Parlement n’a pas l’initiative des lois et dans le domaine législatif, « il a le même poids que le Conseil des ministres qui n’est, au mieux, qu’élu au suffrage indirect » (p. 24).
   Fait aggravant pour Jean Quatremer : la médiocrité des chefs qui y siègent aujourd’hui et notamment du couple franco-allemand. « Aucune personnalité d’envergure ne sort du lot, si ce n’est par défaut, celle d’Angela Merkel, la chancelière allemande » (p. 21). Les conséquences en sont dramatiques : « Il suffit de voir dans quel état de panique cet aréopage distingué a géré en dépit du bon sens la crise de la zone euro entre 2010 et 2012, entraînant les uns après les autres les pays dans le gouffre, dont la Grèce n’est toujours pas sortie sept ans après ! Et cela se paie par des centaines de milliers de vies brisées » (p. 22).
      Jean Quatremer s’alarme des conséquences de l’incurie européenne : « Le ‘doux monstre de Bruxelles’ qui impose le bien européen à coups de normes rigides et souvent idiotes, est devenu le principal destructeur, non seulement de l’idéal européen, mais aussi de la démocratie. Par une sorte de retournement historique, il en vient même, par son existence, à menacer la paix… » (p. 10).
      Le journaliste en voit la raison dans le dogmatisme étroit des agents européens :
« Engluée dans une idéologie libérale et libre-échangiste promue par la Commission, l’Union refuse par principe d’offrir une protection aux citoyens européens alors qu’elle a été fondée sur le principe de la préférence communautaire. L’Union est devenue l’idiot utile de la globalisation et le reste du monde en profite : la Chine par exemple… » (p. 31). « Pour l’Union, tout ce qui est une barrière, même si celle-ci obéit à une bonne raison, doit être abattu, quel qu’en soit le prix à payer. Le dogme avant tout et le dogme, c’est l’absence de frontière » (p. 30).
     Jean Quatremer constate aussi l’échec de la monnaie unique et ses effets délétères sur la solidarité européenne. Il rejoint le point de vue que développe depuis plusieurs années Joseph Savès sur notre site : « Lancée en fanfare en 1999, la monnaie unique, qui devait elle aussi doper la croissance et protéger les Européens contre les chocs extérieurs, n’a pas rempli son rôle, comme l’ont montré la crise financière et économique de 2007-2008, puis la crise de la zone euro de 2010-2012. (…) Depuis le lancement de l’euro, la France est en déficit commercial alors que l’Allemagne accumule les excédents dans des proportions sans précédent. L’euro, qui peut le contester, a appauvri la France et tous les pays du Sud, mais a bénéficié plus que de raison à l’Allemagne » (p.31).
      Et l’auteur d’en tirer la conclusion avec l’amertume que l’on devine chez un jeune sexagénaire qui découvre s’être illusionné toute sa vie : « Un triste bilan. Cet astre mort qu’est devenu l’Union n’a plus de raison d’être, il n’apporte plus aucune chaleur, bien au contraire. Elle est un problème en elle-même. Il est temps de redonner leur liberté aux nations européennes qui ont été la source de la grandeur du Vieux Continent. Il faut libérer les énergies au lieu de les entraver ! » (p. 38).
     Un exemple cité par l'auteur des nombreuses dérives d'une Europe bien lointaine: Le monolinguisme, l’un des traits les plus significatifs de la « Bulle européenne »:Par négligence et lâcheté, les dirigeants de l’Union et les fonctionnaires de Bruxelles ont laissé choir le multilinguisme et n’usent pratiquement plus que d’un seul idiome… L’anglais ? Que nenni. « À Bruxelles, c’est le globish qui règne en maître, une forme appauvrie à l’extrême de la langue de Shakespeare qui permet tout le monde de communiquer sans problème » (p. 155). Cet idiome est semé de néologismes propres à la Commission au point qu’il a fallu publier un dictionnaire des correspondances entre le mot anglais et sa traduction en globish bruxellois (comme for example au lieu de for instance).____Il ne s’agit pas d’un trait secondaire ! « La langue n’est pas neutre, rappelle Jean Quatremer. Elle véhicule des valeurs et des concepts et, surtout, seule la langue de naissance permet de communiquer au plus près de sa pensée : ce n’est pas un hasard si un Américain, un Chinois ou un Japonais ne négocie jamais dans une autre langue que la sienne » (p. 155).
_______________Un magazine eurocitoyen renchérit mollement. 
  Mais une grande interrogation surgit au sein de cette critique assez violente et inattendue, quoique justifiée pour beaucoup d'observateurs, même europhiles de la première heure: comment un retournement pourrait-il se faire dans les conditions actuelles. Aucune tendance forte ne se dessine, même au sein des courants progressistes qui siègent au parlement européen sans grand pouvoir. Pas d'homme d'exception à l'horizon susceptible de marquer d'un empreinte réformatrice forte le système berlino-bruxellois. Il semble bien que le ver soit dans le chou.
        Quatremer n'est-il pas condamné encore longtemps à la désillusion? On peut le craindre.
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- L'euro est-il viable à long terme?
- Nouvelle question allemande
- Où est passé le peuple européen?
- Europe vassalisée
- Sauver le projet européen?
- Et pourtant elle ne tourne pas...
- Aux origines de la construction européenne
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Coup de gueule (1)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Il a osé...      [Quelques notes de lecture]
                                                                Jean Quatremer, figure bien connue dans le monde du journalisme, spécialiste un peu atypique à Libération, suivant les question européennes de très près, laisse éclater une colère à première vue violente, mais légitime et salutaire à l'égard du système européen tel qu'il est devenu, de manière un peu provocatrice, pour susciter un réveil nécessaire des hommes et un changement radical des institutions. Il met les pieds résolument dans le plat. Ce n'est pas nouveau, mais de la part d'un auteur qualifié d'europhile, parfois d' eurocrate, cela amène quelques questions.

[On peut consulter les premières pages]

       Tout cela sur fond de croyance fédéraliste, lui qui n'a cessé, depuis ses premiers billets, de faire appel à plus d'unité politique et de dénoncer les dérives marchandes, les scandales et les élargissements aveugles. Sa critique est au début de son livre très véhémente, reprenant à son compte les plus sévères émanant de certains courants anti-européens.
     On pourrait le comparer à un nouveau Luther fustigeant avec force et parfois violence les excès et les déviations de l'Eglise de son temps et de sa hiérarchie souvent corrompue, détournées de leur mission essentielle, et centrant son message rénovateur sur le dépouillement, les textes fondamentaux et la foi.
    Quatremer veut encore croire à une reconstruction de l'Europe, à un certain retour des idéaux fondateurs d'après-guerre, à un projet fédérateur dont nous sommes éloignés par aveuglement et par égoïsme national. Retrouver le chemin d'une politique commune, qu nécessiterait d'autres institutions, une vraie révolution. Pour faire face aux défis économiques qui nous attendent.
     Retrouver le chemin de la foi. Mais la question est de savoir si la seule foi peut sauver et permettre d'opérer le virage salutaire qui nous sortirait des lois d'un simple marché libéral, voulu par les anglo-saxons, accepté par les élites pantouflardes de l'UE, de la suprématie de fait de l'Allemagne devenue la référence et la donneuse de leçon. L'auteur est silencieux ou vague sur les conditions qui permettraient à Bruxelles de sortir de la bureaucratie tatillonne et à courte vue qu'elle est devenue, après avoir joué un certain rôle redistributif. Il est surtout bien allusif sur les influences néolibérales qui n'ont cessé de marquer de leur empreinte des institutions, que Delors lui-même ne reconnait plus sur ses vieux jours.
 _____________         Dans son livre Les salauds de l'Europe, l'auteur, désabusé, dit:
                  "« Longtemps, j'ai cru en l'Europe. Longtemps, j'ai souhaité l'émergence des États-Unis d'Europe. Longtemps, j'ai pensé qu'elle était notre Terre promise, celle qui nous permettrait de dépasser les États-nations, ces fauteurs de guerre. Aujourd'hui, c'est fini. Je n'y crois plus. Elle n'a pas été inutile, mais son rôle historique est derrière elle... » ....

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Le couple Allemagne/Israël

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Des relations spéciales...
                                    L'Allemagne sort de son apparente réserve diplomatique depuis un certain nombre d'années. Depuis la chute du Mur, elle s'efforce d'entrer dans la cour des grands, discrètement, mais dans un esprit atlantiste qui ne se démet jamais.
       On l'a déjà vu dans les événements de l'ex-Yougolavie, qui mirent en évidence ses capacités d'intervention, notamment dans son action au Kosovo, très critiquée en interne. 
     Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier (FWS), déclarait au quotidien Die Deutsche Zeitung : «L’Allemagne est trop grande pour se contenter de commenter les affaires du monde.»
On le voit aujourd'hui dans l'affaire ukrainienne. 
    ____________En ce qui concerne ses relations avec Israël, les rapports sont étroits depuis fort longtemps.
Surtout depuis le très spécial Traité de réparation  de 1952.
    Relations  diplomatiques sans ombres, sans critiques, timorées même, malgré quelques tensions récentes.
          Relation d'affaires aussi, peu ébruitées.
En fait, des relations très spéciales, notamment dans le domaine de l' armement, question épineuse  et trouble s 'il en est. (*)       "La sécurité d'Israël relève pour l'État allemand de la raison d'État",  "Pour des raisons historiques, l'Allemagne est plus proche d'Israël que ne l'est la France. Avec le vécu qui est le sien, elle pourrait facilement être traitée d'antisémitisme si elle critiquait le gouvernement israélien."
     ____________________Des relations où le  poids du passé tient une place centrale.
           Sachant ce que l'on sait, on peut considérer comme normal que l'Allemagne ait une dette vis à vis de la communauté juive décimée par un régime qui fut porté au pouvoir par une majorité d' Allemands. Mais qu'en est-il de tous les Juifs d'aujourd'hui, dont beaucoup n'ont plus de rapport avec les descendants des victimes, pas seulement ceux qui vivent en Israël, dont beaucoup contestent la légitimité de ses lignes politiques successives. 
   .Sous le signe de la culpabilité, d'un passé qui passe mal.. 
Le Crif, qui en rajoute, parle d'expiation, évoquant le passage de l'Allemagne de bourreau à ange gardien...
   Est-il normal que le poids d'une culpabilité collective continue encore à conditionner des relations privilégiées entre deux Etats, dont l'un se croit obligé, comme en otage, de favoriser tous les objectifs de l'autre, même les plus contestables? 
                       La récente visite d'A.Merkel en Israël a semblé rompre la belle harmonie, l'opinion allemande changeant peu à peu. La température fut plutôt fraîche, malgré l'apparence polie et gênée des échanges. Le problème de la colonisation commence à poser problème à Berlin comme à Washington, le courant passant toujours bien entre les deux capitales, malgré les écoutes. 
  Dans le journal  Maariv, journal de centre droit israëlien, le commentateur Shai Golden va jusqu'à évoquer...« la trahison du principe de l'expiation auquel chaque Allemand doit s'engager pour toujours en parlant d'Israël et des juifs ».
     La Chancelière était vraiment embarrassée: "...Invoquant la condamnation récente par l'Allemagne de la réponse d'Israël au vote de l’ONU, qui a vu Netanyahu annoncer un plan de constructions en Cisjordanie, Mme Merkel a déclaré que l'opposition de son pays à des actions unilatérales des deux côtés signifiait que "sur la question de la colonisation, nous sommes d'accord pour dire que nous ne sommes pas d’accord".    Elle a cependant souligné qu'il s'agissait de la recommandation d'un pays ami. "Israël prend ses décisions lui-même. Nous ne pouvons que donner une recommandation", a-t-elle dit.   Soulignant une fois de plus que l'Allemagne considère Israël comme "la seule démocratie de la région ", elle a insisté que c’est "un pays que nous aimons et avec lequel nous entretenons des relations amicales".
     Le Premier ministre israélien a reconnu l'importance de la relation d’Israël avec l’Allemagne : "Ce n'est pas n'importe quelle relation. Il s'agit d'une relation privilégiée, une relation que nous apprécions profondément. Je suis très reconnaissant du temps que vous consacrez dans le renforcement de cette amitié et de ce partenariat". "Je voudrais profiter de cette occasion pour dire clairement que je n'ai absolument aucun doute sur la profondeur de votre engagement pour la sécurité et le bien-être de l'État d'Israël", a-t-il dit. "Je pense que la racine du problème, ce ne sont pas les implantations. J'espère que nous allons engager une discussion sur une coexistence mutuelle, une paix mutuelle, avec au moins une partie des Palestiniens", a dit Benjamin Netanyahu. "Je n'y ai pas renoncé. Nous ne renonçons pas si vite", a-t-il insisté, ajoutant : "La racine du problème est l’opposition à l’État d’Israël quelles que soient ses frontières".
       A cette occasion, dans la presse israélienne, M. Steinmeier a rappelé mardi le caractère extrêmement singulier des relations germano-israéliennes. Le lien entre les deux États apparaît « comme un miracle » étant donné le contexte historique, souligne-t-il.
   Un miracle de langue de bois?... 
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(*)  Une histoire sous le signe de la réparation: 
                     Dans la logique d’une tradition pluri-décennale, Israël est sûr de pouvoir compter sur l’appui allemand, verbalement, mais surtout matériellement, comme le prouve la constance des relations commerciales, politiques et notamment militaires entre les deux pays : face aux États « voyous », les services secrets israéliens peuvent utiliser les informations fournies par leurs homologues allemands ; tandis que la flotte israélienne reçoit des sous-marins de fabrication allemande dont les capacités stratégiques peuvent être utiles dans un environnement dont l’hostilité ne se démentit pas. L’interposition de la marine allemande entre Israël et le Liban, à partir de l’automne 2006, fait plus débat en Allemagne que dans l’Etat hébreu ; et Tel Aviv accepte la livraison de chars lourds Léopard à l’Arabie saoudite (juillet 2011) alors que Begin en avait fait un motif de refroidissement des relations trente ans plus tôt. Sous Merkel, des critiques existent contre la politique menée par les tenants de la ligne dure que sont les Premiers ministres successifs Sharon, Olmert et surtout Netanyahu (avec son ministre des Affaires étrangères Liebermann), critiques répétées notamment dirigées contre le développement constant des colonies juives dans les territoires palestiniens. Et l’exercice de pressions allemandes sur les autorités israéliennes peut s’avérer nécessaire : en décembre 2011, Berlin obtient au profit de l’Autorité palestinienne la libération des droits de douane bloqués par Israël en contrepartie d’un arrangement sur la livraison des derniers sous-marins allemands vendus à Israël.
   Par ailleurs, de plus en plus d’Allemands considèrent que le poids du passé est trop lourd et s’impose depuis trop longtemps, voire qu’Israël doit être considéré comme l’agresseur au Moyen-Orient.
 Néanmoins, un point demeure : « La solidarité avec l’Etat juif est raison d’Etat en Allemagne » (Merkel)
               Jusqu'où, à quel prix et jusqu'à quand ?

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Pas folle, l' Italie...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Le nucléaire est abandonné
                                        L'Italie a tranché.
              Après un débat assez long et contre les ultimes tentatives berlusconiennes, deux référendums successifs ont abouti au choix d'une transition vers de nouvelles formes d'énergie. Changement de cap.
       Fukushima a créé le choc décisif, comme pour l'Allemagne de Mme Merkel.
      Les risques sismiques élevés ont été l'argument décisifs.
         Le Japon tergiverse.
   Après une fermeture définitive, des réouvertures de sites se font plus ou moins en catimini, malgré une opposition majoritaire de l'opinion.  "...Un sondage publié mardi par le quotidien Asahi révèle que 74% des personnes interrogées se prononcent en faveur d'une sortie progressive du nucléaire. "
  Les risques de tremblements de terre y sont là-bas sans doute moins fréquents qu'en Italie, mais sont d'ampleur plus élevée. Qu'on songe à Kobé.
   La construction et la gestion de l'après catastrophe de Fukushima apparaissent comme une folie, à la fois technologique, financière et politique. On a frôlé le pire et il faudra des dizaines d'années avant qu'on aboutisse à une certaine maîtrise des risques. Mais personne n'en sait rien. C'est là le pire.
   C'est le tonneau des Danaïdes. Le gestionnaire privé Tepco a fini par reconnaître ses erreurs, et ses mensonges, après les accusations lancées par le premier ministre le l'époque. Les dernières tentatives pharaoniques consistant construire un mur congelé pour empêcher le déversement des eaux contaminées dans le Pacifique ne sont pas sûres d'aboutir. Que fera-on des masses de terre et des fûts dangereux accumulés. Tepco, qui a tout fait pour masquer et rassurer, envers et contre tout, passe aujourd'hui aux aveux. Plus grave que prévu... 
 Le mythe d'une situation sous contrôle s'effondre. Tepco est débordé. 

     __On s'interroge toujours sur ce qu'on peut appeler le paradoxe de Fukushima:

        Comment une puissance industrielle aussi avancée a pu faire, de manière aussi peu rationnelle, de tels choix, qu'elle va payer longtemps encore, tout en s'exposant à d'autres risques majeurs graves, avec ou sans tsunami.
      Chez nous, l'entrée et la persistance dans le nucléaire n'a jamais fait l'objet d'une consultation populaire, contrairement à d'autres pays et on tergiverse, sans clarté ni courage décisif.
  Malgré les récentes affaires touchant Flamanville,  le scandale d'Areva,  l'incertitude sur le coût des démantèlements, les problèmes de l'enfouissement des déchets, on ne tire pas de conséquences claires et la transition nucléaire reste un objectif flou et lointain. Balayer la poussière sous le tapis n'a jamais été un objectif politique. Les risques majeurs ne sont jamais exclus. L'histoire nous le rappelle.
  Les débats de fond sont escamotés.
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AIRE musical

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

A Aire, on ne manque pas d'air...

    On respire celui des  jardins paisibles et de la musique qui en émane tous les ans à la même époque.
    Une belle soirée d'automne, une lumière infiniment douce, un jardin d'exception, un public conquis...
 C'est dans ce cadre que le Trio jazz band livra le meilleur de lui-même.
  Un jazz intimiste, tendre et méditatif.
     Proche parfois de l'inspiration de K.Jarrett,  côtoyant des thèmes propres à Brad Mehldau, renouant avec la ligne de Bill Evans...
   Dans une synthèse bien originale et inspirée.
       -Avec Sébastien à la contrebasse
        -Jérémy à la batterie.
        - Eric Comere, aux multiples talents, à  l'accordéon et à l'harmonica.
                       La veille, Samuel Ternoy avait exercé ses talents avec son groupe à proximité, le grand Piazzola dominant la scène de son ombre.
                                         L'Artois ne manque pas de jeunes talents.


 


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