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Vers l'homme "augmenté"?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 L'homme bionique fait rêver...jusqu'à la démesure.
                                                  Depuis Descartes, s'est ouverte la perspective d'une médecine rationnelle, agissant sur des corps désacralisés devenant de plus en plus objets d'interventions réparatrices possibles, sans limites assignables.  
        Au début du 19° siècle, Mary Shelley ouvre la voie au fantasme de la création humaine, d'un être échappant au pouvoir de son initiateur.
   A notre époque du développement de l'informatique , de la cybernétique, de la robotique de plus en plus miniaturisée, des applications biologiques desnanotechnologies, les ouvertures et les accélérations sont spectaculaires, mais ne vont pas sans poser des problèmes. La récente greffe d'un coeur artificiel, malgré son échec provisoire, n'est qu'une étape dans des avancées qui ne manqueront pas de nous étonner encore.
    Déjà, des bureaux d'études mettent au point des exosquelettes pour alléger l'effort physique ou soulager certains handicaps, des bras bioniques, qui décuplent les possibilités...des prothèses en tous genres, physiques ou déjà neuro-physiologiques.    (*)
   De ces avancées déjà présentes ou en gestation, programmées ou imaginées naît le fantasme d'un homme augmenté sans limites. On sort de la réparation de déficiences ou d'absences, pour entrer dans une logique de création, d'élaboration d'un cyborg quasi immortel, tel que Google en rêve.
            "... Maintenant nous avons un nouveau courant de pensée, le transhumanisme et ce qui est terrifiant là-dedans, c’est que cette idéologie est portée et développée par l’une des plus grandes entreprises du monde et qui deviendra vraisemblablement un monstre aux mains d’intérêts uniquement privés et qui, comme tout monstre froid au carrefour du pouvoir et de la richesse, ne sera probablement pas doué de sagesse..." 
   Le mythe transhumaniste d'un homme sans défaut, produit abouti, sans émotions négatives, capable de se coupler harmonieusement aux machines, aux capacités surmultipliées, continue à faire son chemin et s'exprime dans de nombreux think tank.  
   Une nouvelle humanité serait en marche pour les nouvelles religions du progrès, extrapolant les avancées en cours ou à venir vers un un horizon de perfection à portée humaine.
   L'homme bionique, dans son accomplissement, serait pour demain. C'est la posthumanité qui est en marche.
       Le biologiste J.Testard fait une mise au point utile sur la faiblesse, l'irrationnelle et la potentielle dangerosité de ces fantasmes si séduisants et puissants.
  Le déraisonnable et l'inhumain nous guettent, prévient A.Kahn.
    Les risques sont multiples, les nanotechnologies présentant notamment encore de nombreuses inconnues.
Augmenté? Mais de quoi?... 
       Il est à craindre que ce qui pourrait être augmenté, c'est une part d'hubris inquiétante. 
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Faces cachées

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Pathologies financières
                          Il n'y a pas que la lune qui a une face cachée.
                                                                  Sur un autre plan, la finance  a aussi la sienne, qui n'a rien de naturelle, mais qui est le produit d'un système en vertigineuse croissance depuis une trentaine d'années avec le développement de l'hyper-financiarisation  et qui peut prendre bien des formes.
    Certaines sont maintenant bien connues, même si les experts eux-mêmes ont des difficultés à en mesurer l'ampleur, comme les masses d'argent accumulées dans les paradis fiscaux ou le montant de l'argent sale, qui se recycle avec la complicité de certaines structures bancaires....La pratique de l'anonymat et le développement fulgurant de l'informatisation ont facilité la circulation de capitaux de plus en plus rapides et considérables. La pratique accélérée du trading haute fréquence a accéléré et obscurcit.le processus.
   Ces capitaux circulent et exercent leur action sur le marché en dehors de toutes règles et de tout contrôle.
                      Du phénomène de «Shadow banking», autrement dit la finance de l'ombre, nous
n'entrevoyons que certains aspects, comme nous ne soupçonnons que très partiellement toute la part de l'évasion fiscale ou de l'argent recyclé et blanchi dans des lessiveuses "honorables" et ayant pignon sur rue (ou sur lac)...le pouvoir politique fermant les yeux ou se contentant de menaces formelles ou de contrôles et de sanctions toujours à venir.
                                         Difficile de cerner les contours du «shadow banking», donc de le mesurer parfaitement. Le Financial Stability Board (le Conseil de stabilité financière, créé en 2010 par le G20 après la crise des subprimes) a chiffré le marché à 75.000 milliards de dollars à fin 2013. C'est 5000 milliards de plus qu'en 2012. À fin 2014, il devrait avoir atteint les 80.000 milliards de dollars. Selon cette estimation, le «shadow banking» représente ainsi un quart des actifs financiers mondiaux, la moitié du poids du système bancaire traditionnel, et l'équivalent du PIB mondial annuel. Les États-Unis, la zone euro et le Royaume-Uni détiennent à eux seuls les trois-quarts des actifs qui relèvent du «shadow banking». Mais dans les BRICs et les pays émergents, particulièrement en Chine, en Inde, en Indonésie et en Russie, la «finance de l'ombre» progresse fortement. Du côté des acteurs du «shadow banking», les fonds d'investissements immobiliers et les hedge funds connaissent les expansions les plus fulgurantes.

     Il faut bien noter que ces calculs du FSB «ne prennent pas en compte les centres financiers offshore (les paradis fiscaux, ndlr), où la plupart des hedge funds sont domiciliés»... En réalité, aujourd'hui, la définition du «shadow banking», de ses activités et de ses acteurs, n'est toujours pas clairement établie et les travaux n'en sont qu'à leurs débuts...Le «shadow banking» présente deux problèmes majeurs: son poids dans le financement global de l'économie et l'interdépendance des acteurs du «shadow banking» entre eux et avec le système bancaire traditionnel international. Ce qui signifie que si le «shadow banking» est sytémique: s'il souffre, il entraîne avec lui le système bancaire «normal». La crise des subprimes de 2007 en est la preuve concrète...."      [ Extraits]
          Toutes les plate-formes non régulées sont appelées dark pools:
      Un dark pool a pour objectif de traiter des volumes d'ordres de bourse importants (transactions sur blocs), hors marchés officiels (grandes bourses réglementées ou systèmes multilatéraux de négociation), et sans afficher le prix des transactions avant leur finalisation. Il permet ainsi aux acteurs (acheteurs ou vendeurs de titres) de rester anonymes.
Cette finance de l'ombre constitue une dérive dangereuse, souvent dénoncée, même pour des pratiques bancaires "licites" mais opaques:
   L'histoire des dark pools est un peu celle de l'arroseur arrosé : bien qu'elles procèdent d'une volonté politique de libéraliser le secteur financier, les dark pools ont un fonctionnement totalement contraire aux principes de l'économie de marché. Ces travers ont été largement mis en évidence par le rapport sur la révision de la MIF, mais aussi par les membres du G20 Finances, réunis en avril, qui ont tenté de "rappatrier" le plus d'instruments financiers possible sur des marchés organisés.....
      La transparence et la régulation ( à peine entamée, souvent purement verbale) dans ce secteur ne sont pas pour demain...sauf si une crise plus violente que les précédentes contraindra les acteurs politiques à intervenir vigoureusement, à la manière de Roosevelt en plein cataclysme économico-bancaire. (*)
    Un banquier suisse (oui!) analyse tous les risques inhérents à ce système, dont il établit les causes

prinvipales.
     Les mastodontes financiers, outre les pratiques galopantes du trading haute-fréquence, ont adopté des pratiques non orthodoxes qui sont loin d'être sans risques, même pour leurs propres intérêts, ouvrant leurs caisses aux mafias diverses et variées accentuent les périls.
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   (*)   Franklin Delano Roosevelt aurait-il eu la même mansuétude vis à vis du gouvernement des banques, dont le pouvoir a été à peine écorné? Roosevelt qui disait publiquement: "...Nous avons dû lutter contre les vieux ennemis de la paix – le monopole industriel et financier, la spéculation, la banque véreuse, l’antagonisme de classe, l’esprit de clan, le profiteur de guerre. Ils avaient commencé à considérer le gouvernement des États-Unis comme un simple appendice à leurs affaires privées. Nous savons maintenant qu’il est tout aussi dangereux d’être gouverné par l’argent organisé que par le crime organisé. Jamais dans toute notre histoire ces forces n’ont été aussi unies contre un candidat qu’elles ne le sont aujourd’hui. Elles sont unanimes dans leur haine pour moi – et leur haine me fait plaisir. Je peux dire que lors de mon premier mandat ces forces menées par l’égoïsme et la soif du pouvoir ont trouvé un adversaire à leur hauteur. J’aimerais pouvoir dire à l’issue de mon deuxième mandat qu’ils ont trouvé leur maître..."
__Les banques, ayant tant reçu des Etats, ne disent même pas merci, les ingrates!
         Elles continuent même à spéculer en douce, comme la plus importante de toutes, qui donne l'exemple, en toute légalitéGoldman Sachs Elles ne risquent pas trop d'être inquiétées: on a tant besoin d'elles! Too big to fail and to jail...Elles ne souhaitent qu'une chose: qu'on continue à les laisser faire.
                     Comme le remarquait, outré, un ancien directeur de la Banque Mondiale: 
                  "Les banques sauvées grâce à l'argent public se retournent vers ceux qui les ont sauvées en disant: payez vos dettes! Leur arrogance est inacceptable " (J Stiglitz)
     Ou, comme disait son célèbre compatriote:
                   « Le gouvernement devrait créer, émettre et favoriser la circulation des monnaies et des crédits nécessaires à la satisfaction du besoin de dépense du gouvernement et du besoin d’achat des consommateurs.L’adoption de ces principes doit permettre aux contribuables d’économiser le paiement d’un gros volume d’intérêts. L’argent cessera de gouverner et se mettra au service de l’humanité. » (Abraham Lincoln)_
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Où est passé l'homme européen?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

La nation est-elle un gros mot?                      
                                                      [Quelques notes sur une lecture du dernier livre de JP Chevènement]

                     Difficile de rester de marbre devant la dernière parution de JP Chevènement, qui brosse une large synthèse historique et en même temps élabore une réflexion approfondie sur une Europe  engagée sur des voies qu'il juge désastreuses.
  Si sa pensée ne convainc pas toujours, notamment quand elle invoque l'Histoire en elle-même porteuse se sens, elle a le mérite de stimuler la pensée au coeur de la crise européenne, tout en étant en cohérence avec elle-même depuis ses débuts.
L'Europe des nations solidaires, oui. L'Europe fédérant des entités régionales abstraites, les ci-devant nations, non. Or, sans fédéralisme (prônée par le chroniqueur J.Quatremer, pourtant souvent très critique), l'Europe ne sera jamais qu'une vaste zône de libre-échange, ce qui plaît aux intérêts anglo-saxons, qui n'ont eu de cesse que de pousser à l'élargissement sans fin...compromettant toute harmonisation.
      Comme le dit P. Angel dans Mediapart
" Germanophile, européen mais pas européiste, J-P Chevènement signe là un livre qu'il faut avoir lu. Notre avenir passe par l'amitié et le partenariat avec l'Allemagne. Nous nous complétons, et cette complémentarité doit être encouragée parce qu'elle est notre force face à l'hégémonie binaire des USA et de la Chine. 
 Aurons-nous des responsables politiques capables d'entendre ces conseils sages et lucides ? A suivre... 
 "Depuis si longtemps, nos histoires nationales, à nous, Français et Allemands, sont si entremêlées que nous devons, ensemble, nous les réapproprier en les confrontant aux enjeux devenus mondiaux, même à notre insu depuis un siècle. Aucun peuple ne peut continuer son histoire s'il ne recouvre pas une raisonnable estime de soi. Et cela vaut pour le peuple allemand comme pour le peuple français qui ne peuvent se comprendre mieux qu'à la Lumière de "l'Histoire longue" et des changements d'échelle qu'elle induit." (p 271) 
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                                  C'est peu de le dire: L'UE, telle qu'elle fonctionne, a déçu, politiquement et économiquement. La crise économique n'a fait que révéler ses faiblesses congénitales et le caractère artificiel de son élaboration;
  En suivant le principes d'un libéralisme dogmatique, dans le sillage des USA cherchant à étendre leur influence économique, les défauts inhérents à son mode de fonctionnement peu démocratique sontmis en évidence.
(C'est surtout à partir du chapitre VIII que l'auteur décrit le processus qui a fait dériver l'Europe vers ce qu'il appelle l'"européisme", qui est "l'idéologie d'une Europe aboulique, qui, au lieu de se construire dans le prolongement des nations, a prétendu le faire en se substituant à elles..)
  Le rêve de MonnetJ a échoué, même teinté plus tard de démocratie chrétienne à la De Gasperi, Schuman... Une vieille idée kantienne, mais mal digérée. Une utopie, portée aux fonds baptismaux aux USA, qui ne pouvait se réaliser, car faisant fi de la réalité des nations. 
   On a mis la charrue avant les boeufs dans un élan volontariste, dans le contexte compréhensible du désastre.de l'après guerre Plus jamais ça! Mais quoi?
   Effacer les nations, c'est ce que voulaient les pères fondateurs, aller vers l'union, à marche forcée, puis vers le fédéralisme, par le biais économique et plus tard par l'imposition de la monnaie unique, entraînant  la dépossession progressive des prérogatives des parlements et des gouvernements nationaux jugés obsolètes. Comme le dit Viviane  Reding, vice-présidente de la Commission : « Il faut lentement, mais sûrement, comprendre qu’il n’y a plus de politique intérieure nationale »
         Chevenement  fait la critique d'une Europe passoire, réduite à l'impuissance. Sous prétexte de lutter contre les nationalismes, on est en passe de détruire les nations, de les diluer dans une superstructure lointaine et sans âme.
  Une nation, qui suppose une communauté de destin et des liens forts d'identité, ne se décrète pas et ne se construit pas en quelques décennies. Les intérêts communs entre un Maltais et un Finlandais n'apparaissent pas à première vue. Un nation se construit sur le socle d'un long passé commun.
  L'Etat-nation est en crise. Une crise provoquée. Les marchés n'aiment pas les frontières, même légères.
                            L'auteur insiste:l'idée de nation n'est pas obsolète, elle n'implique pas nécessairement le nationalisme et la guerre.
     Le néolibéralisme triomphant a seulement imposé sa loi, l'ouverture maximale des marchés, la fin des résistances, d'un protectionnisme minimal.
   "C'est une Europe qui est dominée par le principe de la concurrence libre et non faussée, au nom de ce principe qui a été réaffirmé vigoureusement dans l'Acte Unique négocié en 85 et adopté par le Parlement en 1987 : dans l'Acte Unique, vous avez ce principe de la concurrence qui est la négation de toute politique industrielle et la condamnation de l'idée-même de « services publics». Tout cela au nom de l'Europe! Donc il y a un élément de mystification..."
        La  monnaie unique (non commune, comme elle aurait pu être), cette camisole de force, montre ses limites.       "Le système de l’euro, pour des raisons très profondes, ne tient pas compte de l’hétérogénéité des nations. Au départ, en tout cas dans l’esprit de Jean Monnet, l’Europe s’est voulue une sorte de substitut des nations. Bien loin de faire l’Europe dans le prolongement des nations, beaucoup d’ « européistes » ont conçu l’Europe comme l’entité qui allait remplacer les nations. Et la monnaie unique reposait sur ce pari que, devant l’obstacle, les nations allaient définitivement faire le saut fédéral et accepter les transformations, notamment les immenses transferts que rendrait nécessaires la constitution d’un État fédéral, étant donné qu’il n’y a pas d’État fédéral qui ne soit aussi un État national (voyez l’Allemagne, voyez les États-Unis)..."
     L'auteur prône une autre  Europe des peuples dans le monde multipolaire de demain.
               "Les blocages européens sont évidents. L’Europe est un grand corps impotent doté d’institutions qui ne marchent pas.
La Commission à 28 avec un commissaire représentant chaque pays c’est la mort de la Commission.
 Le Conseil européen est l’institution qui marche le moins mal parce qu’il a quand même une légitimité, celle des gouvernements européens qui sont représentés.

 Mais on voit bien qu’une Europe où le Conseil européen pèse de plus en plus son poids est une Europe à géométrie variable, une Europe à plusieurs vitesses, avec des coopérations renforcées, où certains pays qui ne veulent pas avancer se mettent en marge. D’ailleurs, quoi de plus démocratique ? La démocratie vit dans les Nations et si on veut faire une Europe démocratique, il faut avancer sur les grands sujets avec les pays qui le veulent.
Les grands sujets c’est quoi ? Le cadrage macroéconomique, et en particulier le cours de la monnaie, l’industrie, l’énergie, la défense, la politique extérieure.
Si vous voulez absolument réglementer la couleur des bérets ou la teneur du chocolat en cacao, vous pouvez, mais c’est un exercice vain. On peut admettre qu’une certaine normalisation est souhaitable mais il n’y a pas besoin de passer par une fédération. On peut très bien mettre en place une commission technique avec tous les gouvernements représentés pour définir un système de normes que les industries acceptent..."

 La  France n'est plus un Etat-nation.   Il s'agit de la réinvestir, si c'est encore possible...
     "Nous assistons à l’effondrement d’une vision du monde économiciste. Cela est vrai pour le capitalisme financier fondé sur la théorie de Milton Friedman sur l’efficience des marchés ; cela est vrai pour la conception de l’Europe selon Jean Monnet où on mettait de côté les États nations, réduits, je le cite, à un rôle de purs agents d’exécution parce que l’Europe ne pouvait se construire que sur la base de souveraineté nationale marginaliste. Elle ne pouvait accéder à la prospérité que si on en finissait avec les souverainetés nationales...
     La France est un un pays sous tutelle dans une Europe en échec. L'Euro, comme monnaie unique, est uneutopie monétaire. 
Est-il encore temps de sauver l'Europe par les nations?  
« Pour faire l’Europe, il faut défaire la France » disait Bethmann Hollweg
         C'est ce à quoi Chevènement ne se résigne pas, mais sans céder au repli, à la tentation identitaire, invitant à sortir des impasses par la renégociation. Faudra-t-il attendre que de graves désordres nous contraignent à le faire?
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- L’Union européenne est née d’une idée généreuse mais vague : faire advenir « la Paix ». Ceci ne suffit pas à constituer un projet politique. Paradoxalement, le défaut de projet n’a pas empêché la multiplication des institutions technocrates chargées de le mettre en œuvre. On a fabriqué des outils avant d’en déterminer l’usage. Fortes d’un désengagement complice des Etats européens, ces institutions se sont désormais affranchies. Leur principale raison d’être est à présent de créer de la contrainte voire de la coercition. Ce faisant, elles contribuent à vider progressivement de leur substance les Etats membres de l’Union, trop heureux, pour certains, de pouvoir se défausser des leurs responsabilités sur « Bruxelles » ou sur « Francfort ». Mais aussi sur Berlin. Car il semble qu’un Etat, à la différence de tous les autres, soit parvenu à réchapper de la maladie d’impuissance qui frappe ses voisins. Mieux, l’Allemagne est parvenue à faire des institutions européennes ses meilleures alliées et les courroies de transmission de ses propres intérêts. Partout ailleurs, la démission du politique est devenue la règle. Elle s’accompagne le plus souvent d’une crise économique effroyable. Une situation que les peuples acceptent de plus en plus mal, sentant bien qu’au nom de « la Paix », on leur demande d’entériner tout à la fois leur appauvrissement, et l’abandon de leur souveraineté. Epuisés par la rigueur économique, de plus en plus défiants vis-à-vis de la construction européenne, ceux-ci ne comptent plus sur leurs dirigeants pour tâcher d’en infléchir le cours. Dès lors, ils pourraient bien être tentés d’y mettre un terme brutal, en recourant à des partis politiques pour lesquels on doute que « la Paix » soit la principale priorité..." (Coralie Delaume)

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Lumières sur le terrorisme

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Quelques liens de lectures
                                    Pour mieux éclairer un phénomène complexe, multiforme et souvent mal compris. Des éléments à prolonger et à discuter.
                     Quelles sont les perspectives de la lutte contre Daesh ?
____Dans Diploweb, Camille Grand brosse l'essentiel:
                                            Des acteurs avec des agendas propres...   


 

__  DEBRAY, Terrorisme et communication : les pièges
__ Les contradictions de la lutte antiterroriste européenne.

__ Révélations sur les services secrets de l’Etat islamique 

__ Fascination du djihad - Fureurs islamistes et défaite de la paix 

__ Comment devenir djihadiste en quelques clics

__ Radicalisation, déradicalisation… Que savons-nous au juste ?:

__ L’Union européenne de la sécurité à marche forcée

 

 

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Bricoleuse évolution

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Rien n'est simple..
                             dans le domaine des connaissances sur l'évolution..
   Tout se complique même en paléontologie. 
                                  Les chercheurs ont la particularité de remettre en question certaines données déjà établies, de bousculer des connaissances que l'on croyait solides, de créer des révolutions dans les certitudes acquises. Il en est ainsi dans toutes les domaines des sciences.
   Ils n'en finissent pas d'éliminer les obstacles épistémologiques, pour être conformes aux faits nouveaux rencontrés, aux interrogations inédites qu'ils posent.
   Le plus souvent, c'est à l'occasion de fouilles programmées ou fortuites que de nouveaux faits interrogent l'esprit du paléontologue, comme lors de la découverte de Lucy.

Au début...

  Parfois, c'est un cadre  explicatif nouveau qui s'impose, à la lumière d'une série de faits prenant ainsi une nouvelle cohérence. Un nouvel éclairage sur le sens de l'évolution se fait jour, remettant en question certains clichés tenaces.
          C'est ainsi que  Jean-Sébastien Steyer contribue à fournir une nouvelle grille de lecture, contrintuitive, allant à rebours de nos modes de pensée en la matière.
   Il souligne, plus que d'autres avant lui, le rôle fondamental que tient le hasard dans l'aventure des espèces dans le temps long. Il n'est pas le premier à le faire. Un hasard qui ne signifie pas une absence de causes, mais qui qualifie une absence de plan préétabli, d'orientation privilégiée, de trajectoire finalisée.
  Dans l'esprit de Lucrèce, Spinoza, Diderot, après S Jay Gould notamment, il approfondit cette notion de hasard, quitte à bousculer nos habitudes mentales, souvent anthropomorphiques.
     "Nous sommes les glorieux accidents d'un processus imprédictible ne témoignant d'aucune tendance à une plus grande complexité, et non le résultat prévisible de principes évolutifs destinés à produire une créature capable de comprendre les mécanismes de sa propre création." (SJ Gould)
  Rude choc narcissique! 
            Les fondamentaux darwiniens demeurent, mais ils s'affinent.
     Contre tout finalisme, surtout de nature religieuse, il conteste la notion familière d'adaptation, souvent évoquée dans l'observation de changements profonds dans le temps et de la fascinante biodiversité. Ce qui permet de mieux intégrer des phénomènes semblant sortir des cadres ordinaires, jugés parfois déroutants. 
                                                         "...Concevoir l’évolution comme une augmentation de la complexité, c’est encore une fois lui donner un sens… Or l’évolution est un phénomène stochastique et foisonnant qui part dans toutes les directions. L’argument souvent avancé est alors « Oui mais regardez le cerveau humain et l’évolution de l’homme ; ne sommes-nous pas plus complexes que les autres espèces ? » En bons primates égocentriques, nous percevons l’évolution comme une augmentation de la complexité car nous trônons sur notre branche. Or dans l’arbre de la vie, aucune espèce n’est plus complexe ni plus évoluée qu’une autre, mais toutes sont différentes. 
Cette idée de complexité hiérarchise non plus les espèces elles-mêmes, mais les caractères les définissant : ainsi le fait de posséder un cerveau devient plus important que celui de posséder un œil ou un rein… Vu sous cet angle, il est alors facile de démonter l’argument en orientant le projecteur sur d’autres caractères : le crâne des hominidés est par exemple beaucoup plus simple que celui d’un vulgaire poisson car il contient beaucoup moins d’os !
               Il faut reconsidérer l’importance du hasard dans l’évolution et se détacher du contexte finaliste et adaptationniste. Je m’explique : l’évolution consiste en l’apparition de nouvelles formes éventuellement retenues par la sélection naturelle si elles remplissent des fonctions avantageuses permettant la survie et/ou la propagation de l’espèce. Comme les mutations produisent une infinité de formes, l’évolution est donc un joyeux bricolage ! Hélas l’œil humain agit encore une fois comme un prisme : l’organe une fois identifié, il est tentant en effet de le considérer comme un produit fini ayant été sélectionné pour quelque chose. C’est le problème de l’adaptationnisme qui, comme son nom l’indique, ne conçoit souvent que l’adaptation comme unique moteur de l’évolution…
Or en paléontologie, nous identifions de plus en plus d’exaptations, c’est-à-dire des fonctions non-implicites pourtant retenues par la sélection naturelle : ainsi les plumes ne sont pas apparues pour le vol mais elles permettaient aux dinosaures de maintenir leur chaleur corporelle...
        L’esprit humain, féru de causalité, a trop tendance à associer des phénomènes pourtant sans lien direct entre eux. Ainsi nous pensions que l’extinction des dinosaures non aviens, à la fin du Crétacé, avait permis aux mammifères de se développer et de connaître ce que l’on appelle une « radiation évolutive ». Mais ce scénario s’avère encore une foi trop simpliste : certes, il y a 66 millions d’années, la disparition des dinosaures non aviens a laissé des niches écologiques vacantes pour les mammifères, mais ces derniers étaient déjà là ! Les fossiles en attestent : beaucoup de représentants de groupes actuels (marsupiaux mais aussi placentaires) étaient déjà présents à la fin du Crétacé. La radiation des mammifères – même si la plupart n’avaient ni la taille ni la forme de leurs cousins actuels – a donc eu lieu avant la fin tragique des dinosaures non aviens. Nous surestimions donc l’effet de la crise Crétacé-Tertiaire car nous n’avions pas assez de données.
Notre œil nouveau est aussi aiguisé par des découvertes qui bouleversent l’ordre établi, comme ce mammifère fossile de la taille d’un gros chat, découvert en Chine et présentant un petit dinosaure dans son estomac ! S’il est une science de l’évolution en pleine évolution, c’est bien la paléontologie..."
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Où l'on reparle de Monsanto

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

En savoir plus sur Monsanto!
                                     C'est ce à quoi nous invite la (trop) célèbre firme de St Louis, spécialisée dans les biotechnologies agricoles, au service de l'agrobusiness, des hommes et du progrès alimentaire.

     Sa récente fusion avec l'autre géant Bayer n'est pas à vrai dire une bonne nouvelle. Cette hyperconcentration, ce changement d'échelle inquiètent les agriculteurs, mis sur la voie du digital farming, comme le monde médical.
   ...A l'issue de cette acquisition - annoncée pour la somme de 59 milliards d'euros - la firme pourrait faire état d'arguments économiques bien plus convaincants, auprès de la commission et des membres européens. Cela pourrait sonner la fin de l'exception européenne, alors que les semences modifiées ont atteint à présent 90% du marché américain
      Monsanto, c'est plus de 100 ans de pratiques dévastatrices, qui ne furent reconnues et dénoncées que assez récemment. C'est une suite de scandales qu'il faudra encore du temps et du courage pour les dénoncer.      Comme Marie- Monique Robin en France.
  Diverses  enquêtes  de par le monde ont abouti à des constats assez renversants, non seulement sur les effets ravageurs de divers produits de la toute puissante firme mais aussi sur les silences, les complicités, les lobbying puissants exercés.      Le Tribunal Monsanto permit de rendre publiques certaines pratiques douteuses du groupe.
   Les récentes études sur les effets des perturbateurs endocriniens  ont permis d'aller plus loin dans la remise en question des pratiques du géant de la chimie et de dénoncer l'ambiguïté et la complaisance des autorités, notamment européennes.
     Les pressions sont anciennes et fortes sur des responsables souvent ignorants du cercle vicieux de certaines pratiques du conglomérat américano-européen et du problème vital des semences.
   Les luttes contre certains produits s'élargissent, mais seront encore longs et difficiles, à l'échelle mondiale. D'autant plus que les techniques de marketing de la firme s'affinent et s'adaptent en fonction des circonstances, s'efforçant souvent de semer le doute dans les esprits.
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Syrie: religions instrumentalisées

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

  -_Dès le début_

Guerre de religions
                               Non.  D'abord affrontements (géo)politiques.
                                                                                                    Que la religion serve souvent d'alibi, de justification ou de couverture dans certains conflits n'est pas pour étonner.
    Qu'on l'utilise pour légitimer un pouvoir ou une intervention militaire n'est pas non plus inédit.
         C'est une pratique très ancienne et les exemples contemporains abondent, de l'Irlande, des Balkans au continent indien, depuis les origines du christianisme, de Constantin à Bush, selon des modes historiquement et culturellement variables. Quelle que soit la religion.
  La Syrie n'échappe pas à la règle, de manière d'autant plus exacerbée que le régime se sent menacé dans son existence même, bunkerisé dans un espace réduit. .
  Derrière les revendications religieuses des diverses parties engagées se dessinent de puissants intérêts économiques et géopolitiques, des  rapports de force.
                   De la tragédie syrienne ne nous parviennent toujours que des échos brouillés, des informations parcellaires, une vision tronquée.
   Dans ce drame humain qui s'éternise et qui paralyse les grandes puissances, comme tétanisées par l'ampleur des conséquences régionales possibles d'une intervention, ne se joue pas seulement la loi des armes en tous genres, mais aussi une guerre de l'information, menée par un régime aux abois, qui fait feu de tout bois, agitant l'épouvantail de l'extremisme sunnite. 
    En Syrie, ce concentré de minorités (1), l'instrumentalisation de la religion  fait partie de ces moyens, le clan Assad et ses proches se revendiquant alaouites. 
Les mobiles religieux occupent l'avant-scène, alors qu'avant ils n'avaient qu'une place mineure (*), mais il est important de démasquer les intérêts qu'ils recouvrent, même si la religion apporte sa part de radicalité dans la violence, en ravivant des conflits anciens, dont beaucoup ont perdu la mémoire.
     Sous le mandat français, on avait déjà commencé à jouer la carte de la division, pour mieux assoir le pouvoir en place: "... Ce sont les Français, lorsqu'ils ont établi un mandat colonial sur la Syrie en 1920, qui ont établi un territoire autonome alaouite sur la côte, autour de Lattaquié, et poussé les alaouites à s'engager massivement dans l'armée. Les Français avaient déjà une connaissance suffisante de l'islam et de ses divisions pour pouvoir l'instrumentaliser. C'est à peu près à cette époque qu'on constate l'entrée massive des minorités, non seulement alaouites mais aussi chrétiennes, au sein de l'armée syrienne..."
        Selon Sabrina Mervin, "Ce qui est déterminant, c'est surtout la division de l'opposition – et maintenant des pays qui la soutiennent – alors que le camp pro-Asad reste soudé. Il faut se méfier des effets d’image : on peut croire au premier abord que le conflit syrien est une guerre sunnite/chiite, quand on voit la mobilisation du Hezbollah ou bien des miliciens chiites étrangers qui sont, à ce qu’il semblerait, plus nombreux qu’on ne l’imaginait. Mais cet aspect confessionnel n’était pas présent à l’origine de la révolution dans les revendications de l’opposition, de même qu’il était absent de la société syrienne elle-même. Le régime syrien a été le premier à mettre de l’huile sur le feu pour instrumentaliser la question religieuse à son profit.

Analyse

     Les sources de conflit sont multiples, et les lignes de fracture, à la base, politiques. Il ne s’agit donc pas d’une fracture entre sunnites et chiites ou entre musulmans et chrétiens, mais d’un rejet des populations de différentes formes de régimes autoritaires dans la région : Syrie, Bahreïn, Irak, Yémen… Chaque situation est particulière. Ces pays étant pluriconfessionnels, aux problèmes politiques, économiques et sociaux qui constituent le corps des revendications, s’ajoute le jeu des relations entre minorité et majorité au pouvoir. Ces relations ne sont pas déterminantes à la base, mais elles ont envenimé les choses aux niveaux local et national parce qu’elles se sont conjuguées à des alliances régionales établies par les différents protagonistes. Ainsi, pour schématiser, on a vu d’un côté des groupes chiites alliés à l’Iran et des groupes sunnites alliés aux monarchies du Golfe. La guerre froide qui oppose (en fait depuis 1979, avec des hauts et des bas) l’Arabie saoudite et l’Iran, chacun visant l’hégémonie politique sur la région a fait le reste – sans parler des enjeux économiques, notamment liés au pétrole...
    Cette « fracture »...ne se manifeste que parce qu’elle est entretenue par des intérêts politiques – aujourd’hui ceux des monarchies du Golfe, particulièrement. On se souvient toutefois que l’idée du « Croissant chiite » a été lancée par des dirigeants arabes, le roi Abdallah de Jordanie et Hosni Moubarak, après l’invasion de l’Irak en 2003 et l’accès au pouvoir (par les urnes, parce qu’ils sont majoritaires) des chiites dans ce pays. Les dirigeants sunnites craignaient une montée en puissance du chiisme dans la région et voyaient les chiites comme la cinquième colonne d’un Iran tirant toutes les ficelles. 
Les soulèvements des populations et, surtout, le travail d’instrumentalisation, de manipulation, d’endoctrinement, etc., qui a été fait par certains protagonistes dans les conflits qui s’ensuivirent, ont ranimé cette « fracture ». C'est bien sûr le fait des pays du Golfe, avec les groupes islamistes sunnites issus des mouvances Frères musulmans ou salafiste. Mais aussi, il ne faut surtout pas l’oublier, le régime syrien lui-même, qui a habilement manœuvré pour "confessionnaliser" le conflit, semer le chaos dans le pays, faire passer les vrais enjeux au second plan, et réussir à se faire admettre comme la seule solution aux yeux de la diplomatie internationale pour éviter la destruction totale du pays – ce qui est un comble...
  Le problème, encore une fois, est politique, et le religieux est instrumentalisé. Alaouites, chiites et sunnites peuvent tout à fait vivre en bonne intelligence. Mais les divergences doctrinales ont été exacerbées pour stigmatiser les alaouites parce que Bachar al-Assad est alaouite et s’emploie à s’appuyer sur son groupe, à le lier indéfectiblement à lui, à le confisquer selon la logique qu’avait déjà relevée Michel Seurat (sociologue et chercheur au CNRS, enlevé et assassiné au Liban en 1986) : « Tu es avec Assad, tu es avec toi-même. » 
Que ce soit pour les alaouites ou pour tous les autres, chiites, sunnites, chrétiens, les replis sur son groupe (religieux, local), les crispations identitaires sont le fruit de la peur, la peur de se retrouver seul et de ne pas pouvoir se défendre qui a été entretenue par une politique de terreur..."
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(*)-"... C’est (donc bien) parce que le gouvernement a tout fait pour monter les minorités les unes contre les autres ou contre les sunnites que sont apparues des divisions et des haines qui n’existent pas en temps normal. 
Un article du 10 décembre sur le blog “Un oeil sur la Syrie” parle d’un groupe d’anciens du lycée franco-arabe : “Dans les années 1950, ces quatre jeunes Syriens se côtoient sous le préau du lycée franco-arabe. De cette époque mouvementée, ils gardent pourtant un souvenir lumineux : celui d'une communauté indissoluble, métissée - car le lycée accueille aussi bien des chrétiens que des sunnites, des alaouites, des juifs, des Kurdes et même quelques étrangers -, mais vierge de toute barrière confessionnelle. " Personne ne demandait à l'autre de quelle religion il était, se remémore Samir Abdulac, sur un ton rêveur.” 
 Quand vous rencontrez quelqu'un en France, ça ne vous viendrait même pas à l'idée de lui demander de quelle religion il est. Hé bien c'est la même chose en Syrie, les syriens se considèrent d'abord comme des syriens, ensuite comme des arabes, c'est à dire de culture, de langue et de tradition arabes. C'est nous occidentaux qui depuis l'"Orientalisme" du XIX° siècle séparons les populations du Moyen Orient en diverses minorités, en différentes religions, peut-être pour mieux les asservir? Le fait de monter des minorités les unes contre les autres a toujours fait partie des tactiques d'asservissement des colonialistes. Et c'est exactement la politique qu'utilise Bachar al Assad depuis le début de la révolution pour essayer de se maintenir en place... "
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Points de vue

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

__  Précarité: durable en Europe.
            En France, elle est souvent minimisée, masquée ou occultée.
                  En Allemagne, contrairement aux discours dominants, elle ne baisse pas,
                              Malgré les excédents commerciaux.


__ Pas de quoi être dégoûté: la transplantation fécale  c'est pour demain.
               La révolution intestinale est passée par là.
                     Des pistes révolutionnaires sont en train de s'ouvrir.

__ Bibi continue à faire des siennes.
              Ici comme dans tous les domaines.

__ Le vélo au centre de guéguerres parisiennes..
               Pourtant, c'est un filon d'avenir.
                                                           Il ira loin...

__ Dans ces conditions, vive la dette!
                                             Oui, mais...

___ Un banque qui sonne le tocsin.
                               C'est grave, docteur?
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De l'isoloir

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 L'isoloir, objet incontournable
                                                 D'une grande banalité.
      Trois fois rien: une petite armature de bois ou de métal soutenant un rideau, à une ou plusieurs places. 
Un bout de tissu qui fait toute la différence. 
   Il est censé être le lieu où le secret du vote peut s'exercer, où un citoyen peut décider de son choix ultime à l'abri du regard d'autrui, loin de l'intimité familiale, de l'espace social, face à sa conscience et à l'intérêt général.  Seul.
   Il nous apparait aujourd'hui comme la normalité, s'imposant comme un objet indispensable, dont l'absence choquerait même un citoyen peu motivé.
      Mais il n'a pas toujours existé. Il a fallu du temps pour l'imposer.
  C'est une invention récente.

 

          " Il aura fallu attendre la loi de 1913, en France, pour son adoption qui alla de paire avec l'utilisation de l'enveloppe pour y glisser le bulletin de vote. Au préalable, l'électeur pliait en deux le bulletin de son choix et le donnait au scrutateur qui l'introduisait dans l'urne ce qui n'assurait pas réellement le secret du vote.."
    Il a d'abord provoqué la risée des députés.
On prêtait même "avec une « douce hilarité », des caractéristiques bien mystérieuses à ce que Charles Ferry désignait comme une « chinoiserie ». Après l’avoir qualifié de « cabanon », « cabinet », « cellule » et « confessionnal laïque et obligatoire », ils l’assimilaient par dérision à « l’alcôve », symbole des ébats amoureux : « Un adversaire ira même jusqu’à anticiper le temps où les femmes seraient électrices pour s’inquiéter des rencontres furtives des deux sexes dans l’obscurité… » D’autres, moins libertins, comparaient l’isoloir à un « couloir d’écoulement » servant à évacuer « des mauvaises odeurs qu’il est facile d’imaginer ». Aux égouts, quoi..."
    En Allemagne, il fut introduit plus tôt, en 1903
Il représente la  garantie du secret du vote, loin du regard d'autrui, mais fut d'abord considéré avec méfiance par les notables.
      Dans l'histoire du vote, il met fin aux pressions sur l'opinion, aux marchandages en tous genres 
 Comme le souligne Garrigou, "En réalité, l’ironie des députés cachait surtout leur réticence à l’égard de la capacité universelle à voter. Ils doutaient d’autant plus de l’aptitude du peuple à faire le bon choix que le suffrage devenait incontrôlable : « L’ancienne procédure électorale du vote secret en public accomplissait en effet une fonction de contrôle censitaire du vote. Les électeurs restaient toujours sous les regards des membres du bureau de vote. En disparaissant derrière un rideau, l’électeur échappait provisoirement à tout contrôle ». Autrement dit, la « cabine » mettait en danger les hommes de pouvoir qui, pour être élu, avaient pris la fâcheuse habitude d’exercer des pressions sur les masses... Finis les votes à mains levées ou par acclamations, pendant lesquels l’unanimité était souvent la règle ! « Ainsi les débats […] dressèrent-ils un rideau de fumée d’où percent des logiques de classes sociales et des désaccords profonds, mais peu avouables, sur un principe : l’égalité des capacités politiques »
    Les manipulations en tous genres étaient monnaie courante auparavant, à la mairie comme au travail, à la ville comme à la campagne, lorsque le vote était institué.
  Ce qui ne signifie pas qu'il n'y ait pas d'autres formes de pression qui savent s'exercer en dehors de l'espace du vote... 
       L'isoloir fut donc une conquête populaire, même s'il ne garantissait pas par lui-même, comme par magie, les choix éclairés, ce qui a fait dire à JP Sartre:
 « L’isoloir, planté dans une salle d’école ou de mairie, est le symbole de toutes les trahisons que l’individu peut commettre envers les groupes dont il fait partie. Il dit à chacun : “Personne ne te voit, tu ne dépends que de toi-même ; tu vas décider dans l’isolement et, par la suite, tu pourras cacher ta décision ou mentir”. »
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Plaies américaines

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Des plaies encore très vives
                                            Le terrorisme d'extrême-droite qui s'est manifesté à Charlottesville, même s'il peut paraître circonscrit et minoritaire, a mis au jour un aspect inquiétant d'une certaine Amérique que l'on croyait révolu.

    Les suprémacistes ont manifesté une telle violence que l'on se croirait revenu plus d'un siècle en arrière. Certes, le racisme n'est jamais disparu, surtout dans certains Etats du Sud, mais le surgissement d'une telle violence, lourdement armée le plus souvent, ne manque pas d'interroger et d'inquiéter.
       Le grand twitter, imprécateur, provocateur et diviseur qui tient lieu de Président n' a pas été pour rien dans ce déchaînement, du moins indirectement, et ses réactions à l'événement ont été sévèrement jugées pas ses concitoyens sensés.
     On avait connu le Tea-Party, aux franges extrêmes du Parti Républicain, mais là on passe à un autre registre.
    On assiste à une forme de renaissance d'un néo-fascisme, parfois meurtrier, sans complexe, d'un terrorisme blanc surtout concentré dans les Etats du Sud, que l'inénarrable Trump semble d'abord avoir absous. avant de rectifier mollement et tardivement ses propos.
  Il y avait des gens très bien des deux côtés a-t-il d'abord déclaré. "Les propos présidentiels ont été immédiatement salués par David Duke, un ancien leader du Ku Klux Klan qui était présent à Charlottesville. Merci président Trump pour votre honnêteté et votre courage, a-t-il lancé sur Twitter, le remerciant d'avoir "dit la vérité" en dénonçant "les terroristes de gauche".
     Réaction classique, mais terrible, au coeur d'une Amérique déboussolée et...surarmée.

  L'Amérique a avec les armes à feu de toutes natures et de tous calibres, considérées comme  fondements de la liberté, un rapport fusionnel.
 ...La moitié des adultes connait personnellement quelqu'un qui a été abattu, accidentellement ou intentionnellement, et environ un quart reconnait avoir été menacé par arme. Ils considèrent que la violence des armes à feu constitue un très gros problème aux États-Unis, même s’ils en possèdent une eux-mêmes.
      Trump s'était déjà manifesté sur la "suicidaire" absence d'armement des victimes du Bataclan à Paris, comme Sarah Palin. Le remède à toutes les violences....mais sources de tant d'homicides et de carnages répétitifs, de dérives policières.
   Le Deuxième amendement ne sera pas abrogé cette fois encore. Au contraire. Même les déficients mentauxdevraient y avoir accès.
     La NRA a bien travaillé auprès de élus. Mais de façon non désintéressée. Et c'est bon pour le PIB.
        Quand les armes font la loi, avec le minimum de législation, on peut s'attendre à tous les excès.
         La Bible et le fusil, c'est le top dans certains Etats, comme les illustres fondateurs.
   Une addiction qui n'est pas prête de disparaître, malgré les velléités de Obama et les actions citoyennes, surtout sous une telle présidence, qui souffle sur les braises.
                   God save America!
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