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Le Président et le gentil monstre

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

          Un monde sans Google, l'hydre transnationale qui vampirise lentement, habilement, gentiment, mais inéluctablement nos vies virtuelles tout en se présentant, avec notre consentement béat, comme incontournable, est-il possible?
   Soi-disant gratuit et confidentiel, le moteur de recherche californien n'est pas neutre. Devenu indispensable à 9 internautes français sur 10, il aspire nos secrets pour les revendre aux annonceurs, oriente notre consommation, façonne notre modèle de culture et menace... nos emplois.

[La nouvelle page d’accueil de Google , qui ne lui plaït pas .
Un condamnation: une paille...]

Les dirigeants  de Google modèlent les cerveaux et, sans lésiner sur le lobbying, dictent les lois aux Etats...
 Un empire, qui s'est constitué méthodiquement et génialement dans l'ombre. Une stratégie secrète qui vise à obtenir la suprématie dans l'intelligence artificielle. 
     Utile, certes, dans une perspective à court terme et purement pratique et individualiste, il est partout...
          La Googelisation géralisée n'est pas un fantasme et nous pouvons entrevoir ses conséquences si les Etats continuent de laisser faire, au nom du sacro-saint principe de la liberté du commerce, chère à l'OMC de Mr Lamy. Taper (sur) Google a l'effet d'une fléchette sur la coque d'un cuirassé...
      Tel Don Quichotte, notre Président lui adresse le doux reproche d'optimisation fiscale à grande échelle, autrement dit de s'arranger pour ne payer que des impôts dérisoires par rapport à ses immenses revenus. Il peut toujours plaider. Ça ne mange pas de pain et ce n'est qu'un aspect du problème.
 "... Google a réussi à payer en moyenne un peu plus de 3 % d’impôt sur les bénéfices en Europe. Alors que, selon les pays de l’Union, ces taxes s’élèvent de 24 à 34 %. L’entreprise n’est bien sûr pas la seule : selon un rapport publié en mai par JP Morgan, les sociétés américaines détiennent 1 700 milliards de dollars d’économies dans leurs filiales étrangères, la plupart du temps pour éviter de payer les impôts que l’administration leur réclamerait si elles les rapatriaient sur leur sol. 
Pour la première fois, la situation a déclenché un début de mobilisation. Politique, d’abord. Fin novembre, les ministres des finances français, britannique et allemand ont appelé ensemble la communauté internationale à se saisir de la question. Ils ont missionné l’OCDE, en pointe dans la lutte contre le secret fiscal entre les pays (voir ici), pour qu'elle s’attaque à la question des « transferts de bénéfices », afin de s’assurer que les grandes sociétés payent une juste part d’impôt. Quelques semaines plus tôt, lors d’une réunion du G20, les ministres allemand et britannique avaient déjà lancé un tel appel.
     Le problème est connu depuis longtemps, mais dans un contexte économique plus que morose, il devient aigu pour des politiques cherchant tous les moyens possibles de boucler leurs budgets. D’autant qu’une série de chiffres récents est venue leur agiter la question sous le nez. Ces dernières semaines, on a par exemple appris qu’en France Google a versé 5,5 millions d’euros au fisc pour l’exercice 2011, alors que son bénéfice réel effectué dans l’Hexagone aurait pu donner lieu à une imposition de 150 millions d’euros, souligne BFM Business. Amazon n’a payé que 3,3 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires réel de 899 millions. Selon les calculs de BFM Business, l’entreprise aurait payé 6 à 15 millions d'euros si elle avait déclaré loyalement ses activités effectivement réalisées en France.."
      Il en faudrait plus pour faire trembler le mastodonde, même avec l'appui justifié, mais tardif et formel de Montebourg et, indirectement de la Présidente du Brésil...
                                    Un monde sans Google est possible..." il  semble que cette sortie a une vertu, celle de nous projeter dans un Internet sans Google. De nous obliger à imaginer ce que serait un monde sans Google. Pour chercher des informations sur le Web, on irait sur d’autres moteurs de recherche, DuckDuckGo, un moteur de recherche plus respectueux de la vie privée. Pour regarder des vidéos, on n’irait plus sur YouTube, mais sur Dailymotion par exemple. On quitterait Gmail pour ouvrir des comptes sur d’autres services e-mail, des services sécurisés par exemple. Pour stocker et partager des documents, on n’irait plus sur Google Drive mais sur des alternatives libres. Jamais on aurait de Google Glass et alors ? On continuerait à conduire nos voitures, et alors ? … 
  Evidemment, il faudrait s’attendre à perdre un peu en facilité et en fluidité au début, et il y aurait sans doute des conséquences que je n’imagine pas. Est-ce que cela nous mettrait hors du monde, hors du réseau mondial ? Pas si sûr.
    Le principe technique de l’Internet, c’est le contournement des obstacles, il doit bien être possible de contourner Google. Mercredi donc, on s’est aperçu qu’un monde sans Google était un monde possible. Monde souhaitable ou désirable, c’est une autre question. Mais au moins, c’est un monde possible.     
      Mais sans stratégie européenne, sans résistance mondiale,.l'animal déjà obèse ne pourra que poursuivre sa montée et sa diversification, en situation de quasi monopole irréversible. Ce n'est tout de même pas la quadrature du Net...
  Les modestes et rares condamnations ne représentent pas un péril pour le géant du net et son chiffre d'affaires est  supérieure à 50 milliards de dollars en 2012. De quoi offrir, pour les gentils collaborateurs de la firme, bien des services gratuits pour attirer un peu plus de gentils clients.
      Le Google power n'est pas un mythe-"Ne cherchez pas sur Google une information publiée sur les sites de journaux belge francophones (Le Soir, La Libre Belgique…) : ces derniers ont disparu de l'écran radar du moteur de recherche. Voilà ce qui arrive quand on défie le géant américain…" (Dernière heure: Les sites des journaux belges de nouveau accessibles via Google)
     L' Offensive de charme de Google se poursuit en France. 
           Un vrai défi à relever à l'échelle mondiale, contre un des aspects de la soft puissance US. Le vieux projet européen d'un Google commun et d'un nouveau genre. a déjà pris l'eau...
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Corée du Nord: questions

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

La brute et le chevalier blanc
                                                [Notes sur la dramaturgie géopolitique du jour]
           Un des épisodes les plus difficiles à analyser, du fait du caractère particulièrement opaque du régime anachronique de Pyongyang , de ses mystères, de sa propagande officielle, largement à usage interne, de ses pulsions guerrières affichées, qui ne peuvent être qu'autodestructrices si elles sont à prendre au sérieux, des réactions contre-productives de Trump, soit irréfléchies, naïves, soit calculées, pour contenir surtout la Chine voisine et rassurer ses alliés de cette partie de l'Asie.  Kim Jong veut surtout continuer à exister.

   Jusqu'à quand? C'est la grande inconnue.
        La Corée du Nord est l'héritage sclérosé d'un épisode des plus douloureux, celui de la guerre froide, dans cette partie du monde, dans le contexte de l'après-guerre. Une période vite oubliée, mais terrible;
    "Vite oubliée, la guerre de Corée reste le conflit le plus meurtrier de la deuxième moitié du XXe siècle: le nombre de victimes s'est élevé à 38 500 dans les forces onusiennes, à 70 000 dans les forces sud-coréennes et à 2 millions chez les combattants nord-coréens et chinois. À cela s'ajoutent les civils victimes des bombardements, des disettes et des épidémies (peut-être trois millions de victimes en plus des combattants).
     Cette guerre illustre la stratégie des deux superpuissances (États-Unis et URSS) pendant la «guerre froide» : maintenir la tension localement en évitant qu'elle ne débouche sur un conflit généralisé. Mais les élucubrations du général MacArthur ont montré que cette stratégie n'était pas sans risque. Les tensions extrêmes occasionnées par la guerre de Corée ont par ailleurs contribué à la «chasse aux sorcières» aux États-Unis."
       La partition de la Corée résulte d'un accord entre les Alliés victorieux de la guerre du Pacifique à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
    Une guerre qui aurait pu être évitée ou menée autrement, la menace nucléaire ayant été même envisagée par Mac Arthur:
             "Le 9 juillet 1950, deux semaines seulement après le début de la guerre, le général MacArthur envoya au général Ridgway un « message urgent » qui incita les chefs d’état-major (CEM) « à examiner s’il fallait ou non donner des bombes A à MacArthur ». Le général Charles Bolte, chef des opérations, fut chargé de discuter avec MacArthur de l’utilisation de bombes atomiques « en soutien direct aux combats terrestres ». Bolte estimait qu’on pouvait réserver de 10 à 20 bombes au théâtre coréen sans que les capacités militaires globales des Etats-Unis s’en trouvent affectées « outre mesure ». MacArthur suggéra à Bolte une utilisation tactique des armes atomiques et lui donna un aperçu des ambitions extraordinaires qu’il nourrissait dans le cadre de la guerre, notamment l’occupation du Nord et une riposte à une potentielle intervention chinoise ou soviétique comme suit : « Je les isolerai en Corée du Nord. En Corée, je vois un cul-de-sac. Les seuls passages en provenance de Mandchourie et de Vladivostok comportent de nombreux tunnels et ponts. Je vois là une occasion unique d’utiliser la bombe atomique, pour frapper un coup qui barrerait la route et demanderait un travail de réparation de six mois. »
     A ce stade de la guerre, toutefois, les chefs d’état-major rejetèrent l’usage de la bombe car les cibles suffisamment importantes pour nécessiter des armes nucléaires manquaient, ils redoutaient les réactions de l’opinion mondiale cinq ans après Hiroshima et ils s’attendaient que le cours de la guerre soit renversé par des moyens militaires classiques. Le calcul ne fut plus le même lorsque d’importants contingents de soldats chinois entrèrent en guerre, en octobre et novembre 1950."
     Un contexte que rappelle l'historien américain Bruce Cumings.
 Certes, le passé n'explique pas tout le présent, mais, sans justifier la succession des dynasties
hors-sol de la Corée du Nord, on ne peut exclure que ce passé terrible ait contribué au ressentiment des masses et à la relative popularité forcée des régimes qui se sont succédé.
   La réunification, régulièrement évoquée, reste un horizon bien lointain, d'autant plus que certaines puissances locales, comme le Japon, ont intérêt à l'existence d'une Corée désunie. La Chine est entre deux exigences.
     Il n'est pas sûr que le chantage périodique du régime et la réaction symétrique de Washington soient le meilleur moyen de débloquer une situation qui n'est pas (ou plus) aussi catastrophique qu'on le dit, qui a trouvé des moyens de survivre, malgré les sanctions et les exclusions, qui renforcent le caractère obsidional du régime.
        Deux ouvrages de référence peuvent aider à mieux connaitre la Corée du Nord, par delà les stéréotypes courants, les caricatures et les approches simplistes de la presse courante.
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Le scandale des PPP

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

            Reporter la dette sur les générations futures...
 Hier soir, la chaîne Arte présentait un documentaire sur un sujet d'importance, rarement évoqué ou même à peine connu.
        Un problème mettant en cause certaines missions de l'Etat et la participation des citoyens- contribuables à des investissements dont il supportent les surcoûts.
   En soi, que l'Etat délègue la construction d'une prison, d'une université, d'un hôpital à un constructeur privé semble relever de la logique et du bon sens. Mais la façon dont cela se déroule (parfois sans appel d'offres) et les conditions de financement ne laissent pas d'interroger.
       On dira que l'Etat se désengage parce que ses finances sont au plus bas; mais on ne s'interroge guère sur la manière dont il s'est endetté et s'est soumis à des groupes bancaires qui imposent leurs exigences , comme le remarquait encore récemment l'ancien banquier Jean-Michel Naulot..
    Ces pratiques de privatisation partielle font débat aujourd'hui en Allemagne. Certaines affaires déjà anciennes provoquent des remous jusqu'à dans les plus hautes sphères. Ce modèle de financement est jugé absurde et finalement souvent ruineux.;Un ancien ministre Rudolf Scharping dénonce les pratiques liées à ce  "véritable joint-venture entre les intérêts publics et privés (où) les PPP  se sont imposés dans les sphères décisionnelles grâce à un important travail de lobby" 
    Un marché de dupes, où la corruption joue un rôle.  Les PPP sont la parfaite illustration de dépenses publiques insouciantes qui se déchargent de leurs responsabilités sur les générations futures. A long terme les PPP ne réduisent pas la dette, ils l'augmentent. Holger Mühlenkamp de l’Université de Spire parle d’une « illusion de financement ». Pour lui, l’échec ne tient pas aux dirigeants, mais aux politiques menées....Les bons conseils s'y monnayent cher..."
                 On peut parler dans bien des cas de  scandale, de marchés phagocytés par les géants, aboutissant parfois à des coûts exorbitants (comme pour certaines prisons), à des échecs aussi, où jouent des intérêts croisés entre des responsables des hautes sphères de l'Etat et des dirigeants de grands groupes privés (pantouflage), tendance qui s'est accentuée depuis les années 1980.
 " Le contrat de partenariat public privé (PPP) permet de confier en un seul marché, conception, construction, entretien, maintenance et gestion d’un équipement public. Celui-ci est financé par le groupement privé attributaire du contrat, et payé par l’Etat ou la collectivité sous forme de loyer (sorte de « leasing ») sur des durées de 15, 30, voire 40 ans. Les règles de la comptabilité publique ont été adaptées pour que la majeure partie du montant du marché, n’apparaisse pas en investissement, mais en fonctionnement, masquant ainsi à l'Europe, la réalité de la dette contractée..." 
      Le motif des partenariats public-privé (PPP) est une invention libérale selon lequel les sociétés privées sauraient, soit-disant, faire mieux et moins cher que l'Etat. Ces PPP reposent sur un instrument juridique appelé les contrats de participation (CP).
 Après la société Ecomouv' - qui perçoit l'écotaxe sur le transport routier, à l'exclusion des autoroutes, alors que le principal actionnaire de la société Ecomouv' est une société d'autoroute - voici l'exemple de la gestion ruineuse, au profit d'une société privée, des amendes routières.
  L'affaire de Monsieur PV et l'écotaxe montrent, dans les deux cas, des sociétés d'informatique et d'électronique heureuses de fournir du matériel, des prestations et de la maintenance sur le dos de la collectivité publique. Ne seraient-ce pas les mêmes sociétés d'informatique ? C'est une rente, les fournisseurs étant les experts qui déterminent les besoins.
  L'exemple ruineux de Monsieur PV est presque anecdotique, comparé aux montants d'autres PPP.
Il s'ajoute aux PPP, au régime dérogatoire au code des marchés publics, dont la liste des cas douteux et ne cesse de s'allonger :
Le contrat insensé de l'écotaxe
Nouvelle plainte contre le Grand Stade de Lille
Comment Vinci et Eiffage ont parié sur le retard du contournement de Marseille
PPP: Bouygues et Paris 7 ont le même avocat !
Vinci joue à cache-cache avec l'université Paris-7
Lille : les mystères de l'attribution du Grand Stade à Eiffage
La multinationale et l’université: conflit de chantier
Sans évoquer la nouvelle cité judiciaire de Paris ni le pentagone à la française :
Palais de justice de Paris : coup d'arrêt au chantier
Futur palais de justice de Paris : «Un partenariat avec Bouygues coûteux pour la collectivité"
Le scandale des partenariats public-privé (PPP du Palais de Justice de Paris) 
Soupçons de corruption dans la construction du Pentagone à la française : le ministre feint l’ignorance, le bétonneur joue la vertu outragée, les concurrents floués se taisent, et les juges creusent.
Le chef du projet “Balard” a été démis de ses fonctions
 L'incroyable descente aux enfers d'une université
               La situation profite donc manifestement aux promoteurs de la législation du partenariat public-privé : les banques et ceux qu'elles financent, les grands groupes.
   Les PPP montrent que la finance ne se contente plus de gérer et de vendre de la dette. Grâce au PPP, elle en produit. Elle fabrique de l'endettement public de manière vingt fois plus rentable, à son initiative. Le PPP est la martingale de l'endettement.
   L'histoire des PPP a été écrite en moins de dix ans...
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Pédaler speed and free

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Just at time
                    Deliveroo livre et vous délivre des contraintes.
                              Et en plus permet de faire pratiquer un sport en continu à des jeunes gens super-motivés.
                      Mieux que les sédentaires de chez MacDo
    Le vélo en ville, quoi de plus exaltant?
      Pas de travail en continu, et on est payé à la course en plus.
Pourquoi donc des superbikers refuseraint-ils de pédaler?
   Certaines mauvaises langues parlent de  précarité, de variable d'ajustement pour la généreuse start- up qui donne du travail.
   L'uberisation généralisés, c'est la liberté, c'est l'avenir, contre toutes les rigidités.
       C'est le mode free.
          Un air de liberté californienne, comme dit Natacha.
Le contrat à la carte plutôt que le droit imposé.
  C'est l'avenir.
      L'Allemagne, l'Angleterre ont tout compris.
                                                               On est roulé roule pour vous!

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Pédaler speed and free Just at time                      Deliveroo livre et vous délivre des contraintes...

Publié le par Celmar Etienne

Pédaler speed and free
Just at time                      Deliveroo livre et vous délivre des contraintes.                               Et en plus permet de faire pratiquer un sport en continu à des jeunes gens super-motivés.                       Mieux que les sédentaires de che...

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Adieu facteur?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Quand l' facteur part en tournée, on l'entend toute la matinée fredonner...♫♪♫
                                                        Le facteur d'aujourd'hui n'a plus le coeur à l'ouvrage...
même s'il se transforme de plus en plus en agent de contact mutiservice dans les campagnes 
On le comprend...
... A l'heure où les services publics sont vouées aux gémonies, sous la pression du libéralisme financier, où l'Etat se décharge de certaines de ses missions essentielles selon les dogmes de l'AGCS et du lean management.
     A la Poste, on est de plus en plus prié de penser en terme de marché.
Les enjeux tendent à devenir privés, préparant une dégradation programmée, donc le désengagement total de l'Etat.
   Pourtant les slogans de la Maison se veulent toujours optimistes:

 

  • « La Poste avance, la confiance se développe » (septembre 2012)
  • « Ce que l'avenir vous promet, La Poste vous l'apporte » (2000)
  • « On a tous à y gagner »

   On dira que le courrier traditionnel a beaucoup chuté, ce qui n'est pas faux et s'explique fort bien. Mais on remarque aussi que la besace du facteur, souvent contractuel, regorge comme jamais de publicités, de petits colis amazoniens  ou autres, pour des tournées toujours plus longues. Au guichet, le personnel est prié de faire plus que du service, mais de vendre de plus en plus de gadgets...
  La disparition programmée de la poste s'observe un peu partout en Europe, Bruxelles encourageant le processus. Mais aussi au Canada.
   En Angleterre, Cameron s'engage à vendre le Royal Mail à des intérêts privés.
En Suède, la privatisation a pris la forme d'une déréglementation avec une ouverture à la concurrence.
 En Suisse, les dysfonctionnements sont nombreux.
     Ce processus économique  touche l'Europe toute entière : la poste autrichienne est entrée en bourse en mai 2006 ! En Allemagne et en Hollande, c'était même déjà le cas auparavant.
En France,la poste fonctionne déjà sur le mode privé.
Quel sera son avenir?
Dans les prochaines années, La Poste pourrait recruter une main-d’œuvre bon marché (comme elle le fait pour la publicité non-adressée en ville), ou recourir à la sous-traitance, pour assurer la distribution du courrier sur les tournées délivrant les usagers. Des livreurs rémunérés au kilomètre...
  Les modalités sont différentes selon les pays, mais il y a une réelle convergence des logiques de fond. 
 Le démantèlement généralisé, qui a déjà toute une histoire, a vocation à  aller plus loin.
          C'est ce que certains ont appelé Le Grand bond en arrière...
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Angéla dans tous ses états

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

En route pour un quatrième mandat.
                                                      L'inoxydable Mutti semble avoir devant elle un boulevard.
          Angela ne se fait pas trop de souci.
     Malgré les crises et les remous, le trône de la Königin n'est pas prêt de vaciller.
Malgré les critiques externes et internes.

    La jeunesse semble lui être acquise.
          Les Verts se rapprochent de sa ligne souvent opportuniste.
   Et surtout son rival Martin Schultz du SPD ne constitue plus une menace potentielle, comme le font apparaître les dernières élections locales.
    La ligne ordo-libérale sera donc préservée par la "Mädchen" de Helmut, de même que l'héritage de Schröder.
    Les réformes de fond attendront. Pour l'Europe en souffrance, elle manifeste quelques vélléités de réformes, fait le pari risqué de la relance de l'Europe monétaire, mais pas sur l'essentiel, qui place le pays de Goethe en situation de fait hégémonique économique et financière. Pour la mutualisation comme la solidarité, on verra plus tard.
   Elle a l'habileté de rester consensuelle et de rester dans un flou souverain', une attitude habile 'car dans un climat de crise économique, on souhaite de la sécurité et du calme', juge Rudolf Korte. Selon lui, elle se rend 'difficilement attaquable' en se posant en 'modératrice de la grande coalition' gouvernementale CDU-SPD..."
   Si Angela est populaire, on peut dire que, dès 2009, c'est "par défaut"
    Comme dit un opposant  Merkel est une «politicienne Téflon», ayant l'art de savoir toujours rebondir. (*)
   Le modèle allemand ne lui pose pas problème, pas plus que le nombre important des travailleurs pauvres. La hartzisation de l'économie continue à produire ses effets.
          L'épineuse question des excédents allemands, dont on commence à s'inquiéter à Bruxelles, va continuer à être un boulet pour la chancelière et la politique économique boutiquière et à courte vue du pays est un énorme défi pour demain. La puissance relative de Berlin est une fragilité masquée au coeur de l'Eurogroupe..
    Le "plein emploi", oui, mais à quel prix?
     Le jeu politique de Merkel, qui ne fait qu'appliquer de manière soft la ligne de la droite libérale allemande, ne fait pas l'unanimité à Berlin.
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__  L'ancien chancelier, celui des années de plomb, à 80 ans, en pleine création de l’euro, attaquait (ainsi) frontalement les banquiers centraux allemands, gardiens du deutschemark, les traitant comme de sales gamins égoïstes : « Au plus profond de leur cœur, les patrons de la Bundesbank sont réactionnaires. Ils sont contre l’intégration européenne… Ils ont une tendance à trop agir et réagir en fonction d’intérêts nationaux et ils n’ont pas compris la nécessité stratégique de l’intégration européenne. » Plus tard, à 90 ans, en pleine crise de l’euro, c’était au tour de Wolfgang Schäuble et Angela Merkel de se faire traiter de débutants : « Il comprend bien les problèmes fiscaux et budgétaires. Mais les questions de marchés financiers et monétaires internationaux, des systèmes bancaires et du contrôle des banques sont nouvelles pour lui », disait-il de Schäuble : « Et c’est la même chose pour Merkel… Or, aux meilleurs postes, nous avons besoin de personnes  qui comprennent l’économie d’aujourd’hui », déclarait-il dans une interview accordée en 2010 au quotidien berlinois Der Tagesspiegel...
                                       (*) La longévité d’Angela Merkel en est un indicateur : il n’y a personne qui puisse lui faire concurrence au sein la CDU. Personne. Quant au SPD… Souvenez-vous quand Sigmar Gabriel a laissé tombé la présidence du parti, que Martin Schulz est arrivé, et du processus stalinien auquel nous avons eu droit pour finir sur une élection de Schulz avec 100 % des voix ! C’est du jamais vu. Ce résultat montre le niveau de détérioration du parti.
    La longévité d’Angela Merkel est due à l’affaiblissement des partis politiques, à la fin des idéologies. Merkel peut prendre n’importe quelle position : elle a une technique qui fait que personne ne peut s'élever contre elle. Vous souvenez-vous par exemple qu’elle était la chancelière de l’atome ? Avant son arrivée au pouvoir, le gouvernement SPD-Verts avait fait passer une loi pour mettre fin à l’énergie nucléaire. Une fois à la chancellerie, Merkel a fait changer cette loi, rallongeant la période de fonctionnement des centrales allemandes. Puis, c’est l’explosion de Fukoshima. Elle dit alors : « Dans deux semaines, nous fermons nos centrales. » Et ça marche ! Elle réussit à gagner en popularité ! Personne n’a cherché à contester sa décision.    
    Je ne la qualifierais pas de pragmatique. C’est une politicienne extraordinairement opportuniste, qui arrive à faire un nombre incroyable de choses sans fâcher les gens. On l'a bien vu lors de la crise des réfugiés. Au début, il y avait une forme d'euphorie, puis sont arrivés les événements du nouvel an à Cologne et Merkel a complètement changé son fusil d’épaule. Aujourd’hui, ceux qui sont en faveur des réfugiés vont voter pour elle car ils se souviennent comment elle a ouvert les frontières ; ceux qui sont contre les réfugiés vont aussi voter pour elle car ils se souviennent comment elle les a fermées !
   C’est étonnant la manière dont elle arrive à faire ça. Cela dit beaucoup de notre système politique, de son degré de détérioration. Car on pourrait penser qu’il y a un parti d’opposition au Parlement, qu'il pourrait poser des questions… Mais ni sur le nucléaire, ni sur les réfugiés, l'opposition ne s'est mobilisée. Merkel est une politicienne extraordinaire dans le sens où elle est capable de faire les pires choses sans faire de mal. C’est du Téflon. Une politicienne Téflon !
     La réalité, c'est qu'Angela Merkel est complètement dopée à l’argent. Avec une économie allemande si riche, elle ne peut qu'être confiante en elle lorsqu’elle se rend aux sommets et réunions européens. Tous les autres sont malades ! Ce n’est pas difficile d’être bon dans cette configuration...
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Euro toujours en question

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Déjà en 2009, le statut de l'euro faisait l'objet d'âpres débats.
   L'euro-fort-qui-ne-se-discute-pas a été depuis au centre de nombreuses discussions, pas seulement économiques, car la monnaie unique était d'abord un pari politique. Elle a souvent été présentée comme un parapluie ou comme un boulet, favorisant surtout la puissance exportatrice allemande, aux dépends de ses partenaires.

L’euro ne fait plus rêver

   A l'approche des élections européennes, le débat tend à se radicaliser.
Certains, comme J.C. Trichet, juge que seul un saut fédéral peut sauver un monnaie recouvrant des économies si contrastées. Trichet, avait « négocié au nom de Paris chaque virgule de tous [...] les aspects monétaires » du traité de Maastricht, en 1992, confie t-il à Le Point, en octobre 2013. Le poids de la garantie apportée par Trichet à l'euro est à la mesure du prestige dévolu à ses fonctions successives, en particulier à la tête de la BCE, de 2003 à 2011. Le haut fonctionnaire Jean-Pierre Jouyet résume leur place respective : « Trichet a été au système monétaire européen ce que Delors a été à la Commission et à la Communauté européenne ».
      En octobre 1990, François Mitterrand avait prévenu qu’une monnaie unique sans gouvernement européen ne survivrait pas longtemps. Or ce projet, s'il existe un jour, n'est pour l'instant qu'un projet des plus utopiques.
   La persistance d'un déséquilibre entre le nord et le sud de la zone euro, consécutive à la crise financière de 2008, puis la crise de l'euro, est la réalisation du scénario noir envisagé par l'establishment économique américain qui, de Friedman à Krugman, s'étaient penchés sur le rapport Delors.
   Quel était la raison de ce scénario noir ? C'était le vice de l'euro, c'est à dire l'absence de mécanisme pour mutualiser le risque macroéconomique entre les états. Autrement dit, un budget fédéral capable, comme aux États-Unis, de résorber les chocs asymétriques. Et, effectivement, les courbes de chômages des différents états des États-Unis, ont traversé la crise financière de 2008 en demeurant synchrones..."
       Plus d'un économiste, parfois de premier plan, considère l'euro comme une erreur et la possibilité de s'en débarasser comme une nécessité et une possibilité qui ne ménerait à aucune tragédie si le processus est bien préparé, concerté, maîtrisé. Comme l'écrit un ancien européiste, l'euro relevait de la pensée magique.

       Emmanuel Todd considère que la peur paralysante des élites face à une démarche techniquement possible est le principal frein qui nous empêche de passer à une monnaie commune (et non plus unique), permettant aux économies de respirer, de se développer et de sortir d'un marasme paralysant qui accentue la crise dans la plus grande désolidarité.
              L'euro nous pénalise et entraîne l'Europe à sa perte.
Selon Arnaud Montebourg, « L’euro pénalise l’industrie au lieu de la soutenir dans la grave crise de compétitivité que nous traversons. Tous les grands industriels européens dans l’aéronautique, dans l’agroalimentaire, dans les transports, et toutes les institutions économiques du FMI au Conseil d’analyse économique, lui-même placé auprès du Premier ministre, en passant par l’OCDE, défendent des politiques nouvelles et «non conventionnelles» visant à enfin faire baisser le niveau de l’euro. Pourquoi devrions-nous continuer à nous mettre la tête dans le sable» Sur ce point encore, on ne peut que partager le constat. Aujourd’hui, le taux de change de l’Euro pénalise la totalité de l’industrie française (et italienne, troisième pays de la Zone Euro). Ce taux de change accélère les processus de désindustrialisation que nous connaissons. Par ailleurs ils plongent aussi les pays de la périphérie de la zone Euro dans la déflation..." 
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Il était une fois...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

...Le 9 août 2007
                                          Le début de la crise des « subprimes »

Coup de tonnerre sur la BNP

              Le début apparent d'un phénomène dévastateur "inattendu" (sauf par certains), annonçant l'explosion de l'année suivante, en  gestation depuis des années, conséquence d' années de folie financière dérégulée. Un phénomène qui n'est pas résolu.
     Une crise ne tombe pas du ciel, mais est la résultante de pratiques bancaires et financières qui l'ont préparée, comme toujours, comme en 1929.
      Elle trouve son origine dans le dégonflement de bulles de prix (dont la bulle immobilière américaine des années 2000) et les pertes importantes des établissements financiers provoquées par la crise des subprimes. Elle s'inscrit dans la cadre de la « Grande Récession » amorcée en 2008 et dont les effets se font sentir au-delà de 2010....
     Dont nous ne sommes pas encore tout à fait sortis
             Mis à part quelques mesures de rétorsion limitée et souvent symbolique, de régulation toujours annoncée mais très peu réalisée, les responsables de la crise coulent une retraite heureuse.
    Malgré les pénalité, les Etats ont mis la main à la poche pour tenter de réparer les excès de la finance prédatrice, purement spéculative, après avoir longtemps favorisé ou fermé les yeux sur les folies bancaires, en sollicitant l'aide publique, sans rien changer sur le fond, et malgré les 200 milliards d’euros d’amendes pour les banques et les changements de surface.
     Rien n'a été fait d'essentiel, malgré les proclamations sur la séparation nécessaire des banques et pour faire la guerre à la finance de l'ombre. Wall Steet ne se fait pas trop de soucis.
   Tout n'est pas réglé, loin de là: des banques, notamment européennes, sont toujours en péril, comme la Deutsche Bank et nous ne sommes pas à l'abri de nouvelles bulles.
    La finance de l'ombre (shadow banking) continue à se renforcer sans contrôle et le trading haute fréquence fait planer de lourdes menaces potentielles.
'        Selon l'ancien banquier JM Naulot, « Dix ans après, un effondrement financier est toujours possible »:

                  ...Il en va des crises financières comme de la guerre : elles éclatent à un moment imprévisible mais, lorsqu’elles éclatent, on constate que toutes les conditions étaient réunies pour qu’elles adviennent.
Le 9 août 2007, avant l’ouverture des marchés, une forte hausse des actions était annoncée. Quelques minutes plus tard, les marchés étaient en très forte baisse… Entre-temps, BNP Paribas avait annoncé la fermeture de trois fonds monétaires, des produits de placement très classiques, en raison d’un problème d’« illiquidité ». Les banquiers centraux, les régulateurs et les banquiers eurent immédiatement l’impression que le sol tremblait sous leurs pieds. La crise avait démarré.
Elle atteindra son apogée treize mois plus tard après la chute de Lehman Brothers. Les conséquences furent dramatiques pour l’économie réelle et pour les finances publiques, dans le monde entier, avec la récession, le chômage et l’augmentation spectaculaire des déficits publics.
« Dans la conduite de chaque réforme, on s’est arrêté en chemin. Les dirigeants politiques n’ont pas fait l’essentiel : réduire l’hypertrophie de la finance »
Les dirigeants politiques ont-ils tiré les leçons de cette crise ? En partie seulement. On peut considérer que seulement le tiers de la feuille de route définie au G20 de Londres en 2009 a été accompli, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe. Dans la conduite de chaque réforme, on s’est arrêté en chemin. La supervision des banques a été renforcée, leurs ratios de fonds propres ont été améliorés, la transparence des marchés a été accrue.
      Mais il s’échange toujours l’équivalent du PIB mondial chaque semaine sur les marchés de produits dérivés, aucune limite n’a été fixée à la spéculation des hedge funds, tous domiciliés dans les paradis fiscaux. Le trading à haute fréquence représente plus de la moitié des transactions sur les marchés d’actions, le shadow banking (les intermédiaires financiers...
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Les labos et les médecins

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

   [Suite...]
             Après tant de scandales révélés, de grands groupes pharmaceutiques n'ont plus le vent en poupe, mais beaucoup gardent encore un pouvoir démesuré concernant la mise sur le marché de médicaments parfois inutiles, potentiellement dangereux ou insuffisamment testés.
    Le contrôle politique des institutions sanitaires a encore beaucoup à faire.
Notamment dans le domaine de la formation médicale...et pas seulement concernant les cadeaux généreusement offerts.
     Une récente affaire vient nous le rappeler, qui fait débat dans le monde médical. Il suffit que quelques langues se délient pour faire apparaître d'étranges complicités entre des intérêts divergents: le profit des grandes firmes (qui n'est pas mince) et l'efficacité éclairée des praticiens dont la formation initiale et continue devrait être à l'abri des pressions du marché.
      Depuis l'affaire du Mediator,  les conflits d'intérêts sont toujours bel et bien d'actualité dans ce domaine. L'enfumage et la manipulation demeurent, les labos, toujours à l'affut, ayant d'excellents relais dans le corps médical.
    La publicité mensongère est encore une pratique régulièrement dénoncée et échappe encore souvent à la Haute Autorité de santé (HAS)
Après le Viox et le Mediator qui ont mis à jour d'étranges intérêts croisés, la politique du contrôle des médicaments doit encore être renforcé.
    La transparence reste encore largement un mythe et la résistance au pouvoir des labos est encore faible et minoritaire dans le monde médical.
    Il faut revoir la pertinence des prescriptions des médicaments, et la formation initiale et continue des médecins, souvent sous contrôle à leur insu.
           Mais les principes libéraux de Bruxelles font office de freins dans la mise en place et l'efficacité d'organismes de contrôle étatique plus efficaces.
           "...Un organisme gestionnaire du développement professionnel continu (OGDPC) a été créé. Il s’agit d’une sorte de banque, qui reçoit l’argent de l’assurance maladie (notamment grâce à une taxe sur l’industrie pharmaceutique). Chaque profession y est représentée par une commission scientifique indépendante (CSI), chargée d’agréer les structures qui souhaitent former les professionnels en s’assurant de la qualité scientifique des programmes et de leur indépendance financière (gouvernance, CV des membres, liens d’intérêt, etc.). Parmi les médecins, il existe une CSI pour les généralistes. Et une autre pour les spécialistes.
Auparavant, les formations étaient en grande partie gérées par des centrales syndicales représentatives de la profession médicale. Mais les directives européennes sur les services (dites Bolkestein) imposent un marché ouvert de la formation. Pas question d’interdire à une entreprise d'intervenir sur celui-ci. Toute la question est de savoir si ces entreprises peuvent être en partie financées par l'industrie pharmaceutique.
Dès le printemps 2013, la CSI des médecins se prononce pour qu’il ne puisse pas y avoir « de financement des entreprises fabriquant ou distribuant des produits de santé dans les recettes totales de l’organisme ». Or, en juillet 2013, un arrêté du ministère prend le contre-pied de cette demande et autorise les organismes agréés à être financés par des labos.
Deuxième problème : pour être agréés, les organismes qui veulent être certifiés n’ont à envoyer qu’un seul programme de formation. La CSI doit juger sur ce seul programme, une sorte d'« appartement témoin », sans rien savoir de ce qui sera fait par ailleurs.
Pas de garantie de qualité. Aucune certitude d’indépendance. Les médecins s’insurgent. En septembre, ils écrivent à la ministre pour lui annoncer qu’ils entament un boycott de l’OGDPC et se retirent du dispositif. Dans leur missive, ils dénoncent « un système trop complexe », sans « les moyens adaptés » avec « des marges de manœuvre anecdotiques ». Ils s’estiment dans l’incapacité de faire leur travail face à un seul « programme vitrine », susceptible d’être présenté par des opérateurs ayant en réalité des objectifs purement commerciaux.
Dans ce courrier cinglant, le CSI s’estime dans l’impossibilité de garantir l’indépendance des programmes de développement professionnel : « Vous nous demandez de cautionner les dérives que va structurellement provoquer le dispositif. » En octobre, face à ces critiques radicales, la ministre de la santé choisit de temporiser et de demander son avis à l’IGAS. Or l’inspecteur en charge vient d’envoyer ses premières conclusions au ministère (le rapport définitif devrait être rendu dans environ 6 semaines). Au ministère, on explique que les dites conclusions ne sont pas conclusives.
Au vu de l’expertise, une chose apparaît certaine : un simple décret ne pourrait pas interdire toute relation commerciale entre un organisme agréé et l’industrie pharmaceutique. En revanche, une loi le pourrait. « Politiquement, cette solution aurait notre préférence », assure-t-on au ministère. Mais une telle réglementation pourrait s’attirer les foudres de Bruxelles. C’est en tout cas l’avis des services juridiques du ministère, également consultés sur le sujet.
La ministre se trouve donc face à un choix éminemment politique et symbolique. « Si le marché de l’offre DPC se structure et est porté par des entreprises commerciales, on aura échoué », explique-t-on au ministère, où l'on se montre embarrassé au vu du climat actuel et des multiples affaires récentes....
D’autant que parmi les premières offres de DPC adressées aux médecins, certaines ne manquent pas d’interroger (comme des formations proposées dans certains hôtels de luxe outre- mer)... qui permet de « combiner l’utile à l’agréable ».
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