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O rage! ô désespoir!...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

...O vieillesse ennemie!...
                      Mais de quelle infamie est-il question? et de quelle vieillesse parle-t-on?
              Une notion bien multiforme, relative, mal cernée et culturellement marquée. (*)
         A une époque, on était considéré comme "vieux" dès la soixantaine et même plus tôt.. Aujourd'hui, ce terme est mal reçu. On a inventé des équivalents plus soft et plus graduels.
    On vieillit peu à peu, sans s'en rendre compte, jusqu'au jour où des signes ne trompent pas, où l'évidence s'impose, physiquement et/ou psychiquement.  Rares sont ceux ou celles qui, comme Gisèle Casadessus, gardent, au-delà de cent ans, des facultés presque intactes.
   Aujourd'hui, après une longue période de dépréciation dans notre culture, la mode est aux vieux, mais pas trop. Le troisième age, notion récente, est l'objet d'attention , souvent commercialement intéressée. C'est d'abord l'âge des seniors sur papier glacé, des seniors privilégiés, qui se mettent à vivre à pleines dents, consommateurs jusqu'au bout de loisirs et d'évasions.
  L'or gris est un bon filon et les seniors valent de l'or.
    Un marché d'avenir...Un gisement à exploiter dans les nouvelles silver valley

             Il y a du pognon à se faire dans ce gérontobusiness, où l'on est sommé d'être consommateurs jusqu'au boutSauf si les mamies font de la résistance...
  Vieillir, nul n' y échappe, mais comment?
      Mourir, la belle affaire, mais vieillir...chantait Brel. 
     Il est vrai que le grand âge, appelé le "quatrième" est un problème lourd, même en EHPAD.
      La solitude  est le problème majeur.
       C'est la période de L'homme à la casse (selon Colette Plat)
  On dénonce aujourd'hui la « mort sociale » de nombreuses personnes âgées.
       Le continent gris ouvre bien des portes sur les multiples aspects historiques et culturels de la vieillesse. Entre idéalisme et dépréciation.
    Une histoire de la vieillesse en Occident montre comment chaque culture, chaque époque fabrique un type de vieillard conforme à ses valeurs.
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         (*) "Les anthropologues remarquent fréquemment l'importance des privilèges dont jouissent les personnes âgées dans les sociétés traditionnelles actuelles : pour l'Asie du sud-est, Georges Condominas notait : « le privilège de la vieillesse se trouve sur tous les plans. Le vieillard, entouré d'affection, a droit à des tas de faveurs. On trouve normal qu'il profite de ce qui lui reste de force pour obtenir des satisfactions de tous ordres … Si le vieillard est ainsi entouré de prévenances, ce n'est pas par devoir de protéger un être affaibli, mais parce que le bonheur irradie et profite à l'entourage de l'homme ainsi favorisé. Atteindre le grand âge est considéré comme un bonheur dont on se réjouit, surtout si le vieillard a une nombreuse descendance. C'est alors un homme comblé ! On ne peut pas, comme chez nous, le mettre à l'écart, l'éloigner dans une maison de retraite, il reste au milieu des siens, car il est la preuve manifeste de la réussite du groupe »... De son côté, pour l'Afrique noire, Louis-Vincent Thomas observait le prestige considérable dont jouissaient les vieux dans les vingt-deux ethnies qu'il a pu étudier : « Expérience, disponibilité, éloquence, savoir, sagesse, voilà ce que justifie l'image idyllique que le Négro-africain se fait du vieillard. Et ceci malgré la réalité des vieux séniles, égoïstes, tyranniques ou acariâtres, comme partout dans le monde. C'est qu'une société de pure oralité a besoin de ses vieux, symbole de sa continuité en tant que mémoire du groupe et condition de sa reproduction. Alors, pour rendre plus supportable leur pouvoir et aussi pour se valoriser en les valorisant, le groupe n'hésite pas à les idéaliser. Puisqu'on ne peut rien faire sans les vieux, autant leur accorder toutes les qualités. Et confondre leur somnolence avec le recueillement de la méditation ....C'est ce rôle social, au départ si important, qui va sans cesse être remis en cause dans les sociétés historiques occidentales. Expérience et sagesse du vieillard se trouveraient contestées dans des types de sociétés plus complexes. "
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Grèce: réalité des chiffres

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

... Réalité brutale   (en 2014, même s'il paraît que les choses s'amélioreraient...)
                            Quiconque va en Grèce, autrement qu' en touriste pressé, se trouve confronté à un véritable désastre social.  
                     Le visage de la Grèce n'est plus ce qu'il était.
    Une crise de subprime menace, s'ajoutant aux malheurs quotidiens de plus défavorisés.
   Le pays est au bout du rouleau, n'en déplaise à Mr Junker et son optimisme de commande (à distance)
    La voie de la guérison, annoncée par Barroso et Mme Merkel, nul Grec ne la voit venir, sauf peut-être quelques favorisés et les investisseurs étrangers qui viennent se servir à la grande braderie et embaucher dans les conditions les plus favorables.
    La médecine de Molière, avec purges et saignées, continue de produire ses effets. Si le malade ne meurt pas guéri, le rétablissement, problématique, demandera  peut-être des dizaines d'années...
    La crise sanitaire qui sévit n'émeut personne à Bruxelles.
 Le problème grec n'est pas que grec, c'est aussi une faillite européenne.
  Sans la demande pressante de VGE, qui reconnut plus tard que "la décision de faire participer la Grèce à la monnaie unique était une grave erreur", la Grèce ne serait pas entrée dans une machine qui a fini par la broyer, avec le consentement de ses élites corrompues et le soutien de Goldman Sachs, mais aurait suivi son propre chemin, à son rythme propre, faisant peu à peu les réformes qui s'imposaient.. 
    Jamais A. Merkel, surtout soucieuse de  sauver les banques allemandes, ne reconnaîtra cette faillite et la participation de banques allemandes à l'endettement du pays. Et elle sait que la Grèce ne peut être abandonnéesans mettre en péril tout l'édifice européen.
    Pendant ce temps, Aube dorée fait son beurre dans la désolation
Une lueur d'espoir:  le peuple grec en état de choc va-t-il se réveiller à la suite de la percée de Syriza
aux élections européennes?
       On oublie vite ce qui se joue dans le pays d'Aristote et de Démosthène. Une violence silencieuse. On a toujours besoin d'une piqûre de rappel concernant l'origine de la crise grecque...
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Ça ruisselle...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Il était une fois un Président,
                            Qui croyait encore à la théorie du ruissellement.
             Plus vous favorisez la fortune des riches, surtout des super-riches (qui le méritent bien), plus vous favorisez des retombées pécuniaires bénéfiques sur les fainéants les moins chanceux, les moins favorisés, les exclus de l'héritage.
     Même si tous le monde a vocation à devenir millionnaire milliardaires, avec un peu de bonne volonté.
   Plus l'argent est abondant en haut, plus il ruisselle vers le bas. Le trop-plein contribue à arroser les "basses" classes.
   C'est comme une merveilleuse loi physique appliquée au monde social et économique, qui fait qu'il y a finalement une justice, un relatif équilibre qui se crée. Les grandes fortunes, pour croître encore, ne peuvent qu'investir et de ce fait donnent du travail à ceux qui en sont dépourvus.
    CQFD. Aussi évidente que la main de Dieu qui règle invisiblement les marchés en équilibrant les échanges et les transactions pour le bien de tous, par une concurrence d'autant plus bénéfique qu'elle est moins régulée.
  Merveilleux fonctionnement!
       C'est la fameuse théorie du ruissellement, remise au goût du jour (libéral) par Mme Thatcher, fidèle lectrice de Friedman, qui continue à inspirer des décideurs d'aujourd'hui.
  Réjouissons-nous donc qu'on assiste à une montée "fulgurante" de la très grande richesse. Plus il y a de riches, moins il y aura de pauvres. L'équation est simple. La fortune des 500 Français les plus riches, nous dit-on, fut multipliée par sept en vingt ans. Mais on peut encore progresser sur cette voie féconde.
    Il est réconfortant de penser que Mr Macron applique lui aussi le principe de modération vis à vis de ceux que le sort a désignés comme les plus méritants. Il ne faut pas trop charger la barque, sous peine de la voir couler et de voir s'envoler loin de chez nous des sommes considérables, qui éviteraient bien des ponctions cruelles, notamment dans les budgets sociaux. Des sommes dont on nous dit qu'elles sont irrécupérables, qui représentent peu ou prou les PIB respectifs de la Norvège et de l'Autriche. 
 Pour éviter que certains indélicats aillent là où l'herbe est plus verte, il est logique de les retenir en les taxant le moins possible...C'est logique.
  Pitié donc pour les yachts et les lingots!   Ma cassette, ma cassette!
   ______ Mais, mais...on me fit dans l'oreillette que il y a un os. L'économie n'est pas une science exacte, surtout quand elle émane des hauteurs décisionnelles du moment  et il est des esprits sensés qui doutent que la théorie du ruissellement, même remise au goût du jour, ait un quelconque fondement. L'intuition et le quasi-bon sens seraient trompeurs.
         Et si c'était une fable?
                                      On constate en effet que, notamment dans la zone euro, force est de constater qu'il existe beaucoup d’épargne et pas assez d’investissement. Jamais l’écart n’a été si grand entre l'une et l'autre. L’excédent du compte courant de la zone a atteint 360 milliards d'euros en 2016, soit plus de 3% du PIB ! Le sous-investissement ne vient donc pas du fait qu’il n’y aurait "pas assez d’argent qui ruisselle". Il est lié à d’autres facteurs : la faiblesse de la demande, le vieillissement de la population, etc. La faiblesse des taux d’intérêts à long terme reflète cet excès d’épargne : si la demande de crédits pour investir est faible et l’offre est forte, le prix d’équilibre de l’argent est bas.
    De même, les augmentations de capital et les introductions en Bourse sont rares, comparées à d’autres périodes. On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif, dit le proverbe. L’épargne file donc à l'étranger ou se déverse sur des marchés d’actifs (actions, immobilier…) dont les prix grimpent de façon stérile. S’ils en avaient la volonté, les pouvoirs publics pourraient résoudre ce problème de déséquilibre entre l’épargne et l’investissement, par de l'investissement public par exemple. Les projets ne manquent pas : transition énergétique, modernisation numérique... Mais cela passe par une explication franche avec l’Allemagne, qui est pour l'heure la principale productrice d’excédents."
      Aïe, aïe! ça ne marche pas...
                 Emmanuel Macron ­espère peut-être que l’accroissement des richesses des plus nantis bénéficiera à tous. Il serait alors bien mal informé. La totale déconnexion entre l’évolution des plus hauts revenus et ceux du reste de la population est ­désormais bien documentée", écrit ainsi l’économiste Thibault Gajdos jeudi dans Le Monde. "Thomas ­Piketty et ses collègues ont établi qu’entre 1983 et 2014, les 1 % les plus riches avaient capté 20 % de la croissance économique, soit autant que les 50 % les moins riches. Cela suffit à démontrer l’inanité de cette ‘théorie du ruissellement’", insiste-t-il.
      "Toute forme d’investissement ne crée pas des emplois". Mais l’efficacité même de la doctrine est aussi contestée. "Le surcroît d’épargne rendu possible par l’enrichissement des plus riches ne vient pas, ou plus, alimenter l’investissement. Si cette relation était automatique, l’économie mondiale ne serait pas piégée par un sous-investissement chronique", considère Gaël Giraud, du CNRS. Par ailleurs, "depuis le début des années 1990, on assiste à l’apparition de reprises de croissance du revenu national (d’abord aux États-Unis puis en Europe) qui ne s’accompagnent pas d’une hausse d’emplois. La preuve du fait que toute forme d’investissement ne crée pas nécessairement des emplois", conclut l’économiste.  "
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Paradis bien de chez nous.

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Si proches... 
                           Inutile d'aller très loin pour jouir du paradis, inutile de faire des rêves exotiques pour y avoir accès.
                    Traversez le Channel, en passant par quelques charmantes iles anglo-normandes, franchissez le Quiévrain, osez le Luxembourg austère ou la Suisse riante, il est à notre portée, là, en Europe.
     A plusieurs visages.
   Concentré dans le petite et très sérieuse City, réparti discrètement dans quelques charmantes villes helvètes, niché dans quelques petites principautés...
   Il vous attend, si vous avez beaucoup à cacher au méchant fisc de votre pays, à l'horrible spoliation,  si vous ne vous sentez pas concerné par la solidarité publique et l'effort national, en suivant la pente si facile de la mondialisation financière.
       Des milliards, comme s'il en pleuvait...  qui ne s'investissent pas, qui font un peu désordre dans l'effort de redressement national et de maintien du niveau de vie, de restauration des finances nationalespompant les richesses avec discrétion et sophistication. Le monde paisible des rentiers...
    Il n'est pas nécessaire de s'exiler pour cela. Pas besoin de déménager ou même de transporter des valises, comme au bon vieux temps. La grande évasion peut se faire sans risque, si l'on a de bons conseillers fiscalistes...Même pas besoin d'être une multinationale puissante. Optimisons, qu'ils disent...
     L'Europe des dumping divers et variés se satisfait des frontières fiscales poreuses. Mr Junker est d'un silence assourdissant sur ce sujet.
   Des promesses ont été faites, des occasions ont été manquées. Des éclats de voix sans portée. Pour les réformes de fond, on est prié d'attendre. On a à peine ouvert quelques brèches. La finance n'est plus l'adversaire...
   La pompe à phynance continue de plus belle. Le dopage financier est toujours à l'ordre du jour.
___________ L' Europe est bien  toujours un paradis fiscal
       Au cœur de l’économie... 
                                               " Cette vérité émerge trop peu, malgré les efforts des Verts, ou de Nouvelle Donne, qui y consacrait une de ses dernières conférence de presse avant l’élection européenne. Les programmes des partis en lice ce 25 mai ne sont guère diserts sur la question. « Tous les ans, l’évasion fiscale permet de cacher 60 à 80 milliards d’euros, rien que pour la France. C’est environ 20 % des impôts français qui sont soustraits », rappelle Eva Joly. Dans le monde, on estime que 26 000 milliards de dollars sont gérés dans les paradis fiscaux, ce qui correspond à plus d’un tiers du PIB mondial.
          Ces faits commencent à être connus. Mais qui a compris que dans cet océan de fraude, les riches particuliers pèsent relativement peu, au contraire des mastodontes de l’entreprise ? « Les deux tiers des fonds cachés dans les paradis fiscaux appartiennent à des entreprises », souligne Eva Joly.
De ces rois de l’optimisation fiscale agressive, Apple, Google ou Microsoft sont aujourd’hui devenus les symboles, par leur capacité à payer moins de 3 % d’impôts sur leurs bénéfices. Mediapart a détaillé ici tous les trucs et astuces utilisés par ces artistes de l’évasion fiscale, que l’OCDE tente de combattre par un vaste plan censé se mettre en place à partir de 2015.
    Mais les géants du net sont loin d’être les seuls à jongler avec les montages fiscaux pour échapper à l’impôt. Un coup d’œil au classement des sociétés américaines détenant le plus de cash à l’étranger, bien à l’abri des 40 % de l’impôt américain sur les sociétés, est édifiant. General Electric détient 110 milliards d’euros dans des places offshore. Microsoft approche les 80 milliards, suivi par les laboratoires pharmaceutiques Pfizer et Merck. Et qui doivent remercier ces groupes acharnés à réduire leurs taxes, au mépris de leurs concurrents et des citoyens lambda, qui, eux, règlent leurs impôts ? On ne le dit presque jamais, mais dans leur immense majorité, les pros de l’optimisation peuvent donner un grand coup de chapeau à… l’Union européenne. Car pour une multinationale bien conseillée, qu’elle soit américaine, française ou allemande d’origine, l’Europe a de furieux airs de paradis fiscal.
     C’est parce que l’Irlande et les Pays-Bas permettent aux entreprises de curieuses manœuvres fiscales, surnommées « double irlandais » et « sandwich hollandais », que les multinationales américaines parviennent à stocker leurs bénéfices dans d’accueillantes juridictions offshore sans débourser un centime ou presque.
    C’est parce que ces pays, mais aussi le Luxembourg, la Belgique ou la Grande-Bretagne, tendent une oreille compréhensive aux lobbyistes du secteur que les mesures de défiscalisation bien ciblées s’empilent sur le continent, aboutissant à des taux d’impôt sur les sociétés bien éloignés des 24 % à 34 % officiels selon les pays.
    Et c’est parce qu’aucun État-membre de poids n’ose ou ne souhaite briser ce statu quo que cette « course vers le fond » (pour reprendre l’expression du think tank britannique Institute for fiscal studies) se poursuit en Europe.
      La mécanique date de plusieurs dizaines d’années, comme le soulignait récemment l’excellent livre du journaliste belge Éric Walravens faisant le point sur le « dumping fiscal » organisé partout sur le continent. Si l'on s'en tient aux données officielles, comme le dernier rapport d’Eurostat sur le sujet, la situation est déjà préoccupante. L’institut européen de statistiques indique que « les taux de taxes sur les bénéfices des entreprises ont été vigoureusement coupés depuis le milieu des années 1990 » dans les pays-membres de l’UE, passant d’une moyenne de 35,3 % à 23,5 % en 2013 ! Eurostat constate que cette tendance a ralenti, puis a stoppé, les taux étant stable en moyenne pour la période 2012-2013, « avec même une légère augmentation dans la zone euro ».
     Rien de trop inquiétant, en apparence, donc ? Il est permis d’en douter. Car ces taux nominaux cachent des disparités ahurissantes, au bénéfice exclusif des plus grandes entreprises, capables de payer des armées de fiscalistes et de multiplier les filiales partout dans le monde pour écraser au maximum leur taux d’imposition. Et elles s’en tirent magnifiquement bien. La preuve de ces pratiques est gracieusement fournie par le bureau d’analyse économique américain, qui analyse les régimes d’imposition des entreprises américaines dans une cinquantaine de pays.
     C’est l’universitaire spécialiste ès systèmes fiscaux, professeur au Trinity college de Dublin, Jim Stewart, qui a récemment rappelé la réalité dans une note décapante. En 2011, les entreprises américaines en Europe avaient payé, au titre de l’impôt sur leurs bénéfices, 2,2 % de taxes en Irlande, 2,4 % au Luxembourg, et 3,4 % aux Pays-Bas ! Pas si loin des 0,4 % pratiqués par les Bermudes… L’Allemagne leur applique quant à elle un taux de 20 %, et la France, celui de 35,9 % (les taux officiels y sont respectivement de 29 % et de 33,3 %)."
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La grammaire n'y est pour rien!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Grammaire et politique
                                   On peut en rire...ou en pleurer, il y a un problème.
                                                  Même s'il y a plus grave.

         Si la grammaire est "sexy", c'est la faute, dit-on, au grammairien Claude Favre de Vaugelas qui écrit en 1647 depuis son fauteuil de l’Académie Française: “Le genre masculin étant le plus noble doit prédominer chaque fois que le masculin et le féminin se trouvent ensemble.”   Un “mouvement idéologique” qui s’ancre solidement dans la pensée commune, puisqu’un siècle plus tard, Nicolas Beauzée (encore un grammairien de l’Académie Française) en rajoute une couche: “Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle.” (Par femelle entendez, vous, les femmes.)
     Pendant la Révolution française, les femmes commencent (déjà) à se révolter. En 1789, elles écrivent la “requête des dames à l’Assemblée nationale”, pour demander à ce que le genre masculin, “même dans la grammaire”, soit l’égal du féminin: “Tous les sexes et tous les êtres doivent être et sont également nobles.” Suite à cette requête, elles n’obtiennent aucune réponse. L’Académie Française, voulant contrer ce genre d’idée paritaire et révolutionnaire, décide alors d’exclure les femmes à siéger. Problème réglé....
        Derrière la langue, qui façonne les mentalités, qui diffuse des valeurs, les règles, elles-aussi, reflètent parfois une vision du monde.
    La langue est vivante, elle bouge avec les sociétés, elle sert à communiquer, elle reflète l'état de nos moeurs.  Le sexisme est dans les têtes, et il s'exprime dans les codes, comme dans les institutions.
     Mais "Ce n’est pas la langue qui est sexiste [...] Ce sont les locuteurs qui le sont ou ne le sont pas."
        Faut-il changer notre grammaire ? Oui dans une certaine mesure. C'est en cours, même si on se heurte à certaines limites et à des adaptations difficiles. Mais  "... choisir le terrain linguistique pour mener cette bataille nécessaire c’est se tromper de combat et se moquer des victimes"
 Ne travailler que sur la langue, c'est prendre l'effet pour la cause.
     Certes, une révolution linguistique est en marche: ":  La masculinisation de la langue, avec l'imposition du genre masculin comme genre "le plus noble" par les grammairiens de l'époque, a fait partie d'une stratégie essentiellement politique. IL faut continuer à renverser la tendance, sans friser le ridicule. Si institutrice, ambassadrice, avocate... sont passé facilement dans la langue, que faire avec la désignation d'autres fonctions?
         Mais si la vieille règle de l'école primaire est "nulle", il n'est pas besoin d'en faire un drame...les femmes n'attendent pas la grammaire pour continuer à se faire une place au soleil et il y a d'autres combats...Le réel est plus difficile à changer que les codes.

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