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Allemagne: Achtung!

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 La face cachée de la "prospérité allemande"
                                                          L'Allemagne continue décidément d'être au coeur des vifs débats.
                       Ce qui est plutôt une bonne nouvelle, si l'équipe libérale au pouvoir à Berlin perçoit les signes qui viennent de toutes parts. 
   Elle aussi est rattrapée par la crise de la zône euro.
Ce qui n'est pas étonnant, vu sa politique économique presque exclusivement mercantile et sa position exportatrice centrale, qui a fini par devenir un jeu dangereux.
     L'Allemagne, par détestation de tout ce qui est keynésien, se méprend sur l'Europe économique. Comme le résume Martin Wolf dans le Financial Times: l'Allemagne s'est dotée d'une économie d'exportation qui dépend de la demande des autres, elle est pourtant le pays qui s'évertue à restreindre cette demande des autres.
   Les perspectives d'avenir et les indicateurs ne sont pas bons.
  Les marchés chinois ne suffiront pas à soutenir la production et Pékin faiblit lui aussi.
    Ach! Deutschland n'est pas le  bon élève qu'on croit et tout se passe comme si le pays voulait s'affranchir de l'Union européenne sans le dire ou ramener son fonctionnement à ses propres exigences à court terme.
     Beaucoup d'Allemands en sont conscients et des fissures se font jour dans la coalition au pouvoir.
   Il est clair maintenant qu'elle ne peut pas être un modèle pour la zone euro...mais elle peut le devenir...
         En comprimant en permanence les salaires et en investissant peu, l'Allemagne ne peut guère compter sur le dynamisme de sa demande intérieure. Elle reste dépendante des exportations. Or, la croissance de ces dernières était tirée jusqu'à récemment par deux facteurs principaux : la croissance de l'Europe du sud et le développement industriel de la Chine. Ces deux facteurs n'existent plus. L'Europe du sud est entrée dans une longue crise et la Chine ralentit et change de modèle économique et se concentre désormais sur le développement du secteur des services, elle a donc moins besoin des biens d'équipement allemands. Le modèle allemand est donc sur le déclin. La part de marché mondiale de l'Allemagne est revenue à son niveau des années 2000 et la valeur ajoutée des entreprises allemandes est au plus bas.
     L'Europe décroche et l'Allemagne déprime, ce qui n'est bon pour personne.
  Certains signes indiquent qu'elle semble pourtant vouloir sortir de sa suffisance officielle, celle du moins des libéraux qui mènent la barque.
      La locomotive allemande ne peut tirer le reste de la zone euro que si la croissance démarre aussi dans… les autres pays membres. Et ce, de façon autoentretenue. C’est-à-dire grâce au redémarrage local de l’investissement et de la consommation....
   Alors que le FMI découvre enfin que l'austérité est bien plus nocive que prévu. 
       Malgré les changements inévitables en vue à terme, pour éviter la spirale de la déflation, on est loin d'un renversement irréaliste qu'évoquent certains franco-enthousiastes. 
  Les relations avec la France sont pour le moins tendues. 
Sans un changement de rapports, c'est toute une conception de l'Europe (qui reste encore à définir) qui risque de capoter.
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Leadership allemand:  "

« ...On s’approche du point de rupture », craint un haut fonctionnaire européen, « cette domination d’un seul est trop éloignée de l’idéal européen ». « La place qu’occupe l’Allemagne devient insupportable », renchérit un eurodéputé conservateur français : « il n’y a pas que nous qui nous plaignions, d’autres nationalités commencent à trouver que trop c’est trop. Le couple franco-allemand ne peut pas être remplacé par Berlin. Une Europe allemande, c’est courir le risque du rejet ».

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Le Nouvel An n'aura pas lieu

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

...Le premier janvier
.....A Pékin
          Ils attendront, comme tous les ans.
                Pour 2018, ce sera le 16 janvier.

    Car le calendrier chinois étant un calendrier luni-solaire, la date du Nouvel An chinois dans le calendrier grégorien varie d'une année sur l'autre, mais tombe toujours entre le 21 janvier et le 19 février, lors de la deuxième nouvelle lune depuis le solstice d'hiver quand le soleil se trouve dans le signe du verseau. C’est, comme tous les commencements de mois lunaires chinois, le premier jour d'une nouvelle lune. Par convention, l'alignement astronomique qui signale la nouvelle lune est déterminé à l’observatoire de la Montagne Pourpre à Nankin.
     Comme les Chinois de New-York, de Paris....農曆新年
Avec des rites très particuliers, hauts en couleurs et riches en symboles, "Selon la légende, il existait autrefois un terrible animal (le nian) qui terrorisait les populations. Toutefois, cet animal avait peur de bruit, de la lumière et de la couleur rouge. Pour perpétuer la tradition et chasser les mauvais esprits, les Chinois décorent leur maison en rouge (couleur de la chance et du bonheur), allument des lanternes et lancent des feux d'artifices. De nombreuses villes organisent des défilés grandioses pour marquer l’arrivée de la nouvelle année et chaque famille se retrouve autour d'un repas de fêtes.
    Autre culture, autres moeurs, fêtes et rites...
  En France, la date du jour de l'an a souvent changé
Pour le 1er janvier, il faudra attendre le 9 août 1564, avec la promulgation du roi Charles IX
    De vieilles traditions, comme celle de l'offrande des cadeaux, perdurent
         Faire bombance et ripaille pour une année d'abondance ne date pas d'aujourd'hui.
                                                    BONNE ANNEE!  


_______C'est pas très compliqué. Téléchargez la version 2.018 disponible gratuitement sur Gogol.

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Narcopower

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Et narcobusiness
                       Le commerce de la drogue draine des capitaux si importants que leurs montants estimés donnent le vertige. Montants qui se recyclent dans toutes sortes de secteurs: commerces en tous genres , travaux publics....par des procédés que les grandes banques facilitent objectivement..
  "...Si les trafiquants de drogues étaient un pays, leur PIB les classerait au 21è rang mondial, juste derrière la Suède. Malgré la répression, l'ONU estime que seuls 42% de la production mondiale de cocaïne sont saisis (23% de celle d'héroïne)..."
     Hier soir,  Arte en a donné une idée partielle, dans un reportage sans concessions, mais parfois sans précisions suffisantes sur l'ampleur et les mécanismes des  participations bancaires comme GLSF (grandes lessiveuses sans frontières). Il faut dire que sur ce sujet, il y a tellement d'opacité et tellement peu de moyens pour la réduire que des analyses ne peuvent être que limitées.
     Mais on en sait assez pour dresser un tableau d'un secteur de l'économie parallèle et occulte qui n'est pas sans jouer un rôle majeur dans les crises et certains investissements.
La Noire finance ne se donne pas à comprendre facilement, par définition.
      Le nouveau carburant de l'économie mondiale se porte bien, merci!... et quitte parfois les chemins de la drogue, parfois trop risqués, pour d'autres activités tout aussi lucratives.
                 La lecture de la dernière parution  de  A.Saviano  donne des frissons en provoquant parfois un sentiment d'incrédulité, tant ce qu'il décrit touche à l'indescriptible.
  Il n'y a pas que le Mexique, où rien ne s'arrange, loin de là, que le narcotrafic se développe. . Mais ce pays est une plaque tournante de première ampleur, avec la Colombie, où se disputent des cartels florissants, où la corruption et la violence atteignent des sommets.
    On pourrait aussi parler de l'Afghanistan , du Mali, de la Guinée-Bissau et de bien d'autres pays, du rôle trouble qu'ont joué et jouent encore certains services US.
  Le marché mondial de la drogue se porte bien et l'Europe est en passe de supplanter les USA.
                 Une grande partie des grandes banques d'affaire ferme les yeux et y trouve son profit.
On connait le cas de HSBC (*), mais bien d'autres méga-banques ont trempé et trempent encore dans ce monde trouble de l' économie souterraine.
La City de Londres est une place de choix. Jusqu'à la banque du Vatican, qui a été soupçonnée...
       La question se pose une nouvelle fois: assiste-t-on à une guerre perdue?
                 La géostratégie du crime sait s'adapter en permanence aux coups portés, toujours très limités, toujours trop dispersés et tardifs...Un échec.
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-Un tiers de la cocaïne transite par le Sahel. Des Etats passoirs. 
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Noël à Jérusalem

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Climat de morosité, de tension et de colère.
                                                            Dans la ville dite sainte, l'atmosphère est lourde. Pas seulement au sein des communautés qui la revendiquent comme lieu de culte privilégié, produit d'une histoire réelle et mythique complexe.
   Il y a aussi le fatalisme désespéré des Palestiniens de Jérusalem-Est qui se voient de plus en plus ostracisés, menacés d'expulsion, au nom d'un reconquête sioniste urbaine, qui s'affirme encore plus en Cisjordanie, au point de rendre l'idée même d'un possible Etat palestinien de plus en plus improbable.
   On est en droit de contester la notion de "ville sainte", de même que celle de "terre sainte" en soi, comme le faisait remarquer un historien israëlien..
    Les anciennes et plus récentes guerres de religion servent d'alibi.
    Mais cette cité est et reste une ville juste hautement symbolique, dont seulement de longues négociations pourront peut-être un jour modifier le statut. Tout passage en force y reste possiblement explosif, régionalement et au-delà, pas seulement pour des raisons religieuses, qui peuvent paraître secondaires ou archaïques. C'est un réveil de conflits armés trop connus qui peut surgir à tout moment, tant est grande la colère à Jérusalem .
   Depuis l'annonce trumpienne, le fragile statut de la ville, capitale impossible, issue de l'histoire et de  la guerre, est en péril
   Ce ne sont pas seulement les plus hautes autorités religieuses qui s'inquiètent, comme le pape,qui demande « la paix pour Jérusalem et pour toute la Terre sainte » et pour que les acteurs en présence parviennent à une « solution négociée qui permette la coexistence pacifique de deux Etats à l’intérieur de frontières définies entre eux et reconnues internationalement " C'est aussi l'ONU qui lance un nouvel avertissement.
    Mais la diplomatie du choc de Trump en décide autrement, seul contre tous (America first and alone), comptant sur le soutien de Netanyahou, qui veut aussi  faire oublier ses casseroles et qui cherche le soutien des rabbins. Mais ce cadeau est empoisonné.
Une erreur fondamentale  , comme dit Charles Enderlin, qui peut être chère payée.
La guerre des mots risque de ne pas rester seulement verbale. Certains Israëliens le rappellent régulièrement.
    Le noeud gordien qu'est Jérusalem risque de vivre d'autres Noël de la colère.
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Do it yourself

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

(Il y a trois ans...)

 Faites le vous-même, votre cercueil
                                                               Car mourir devient hors de prix au pays de Sa Gracieuse Majesté, du moins pour ceux, toujours plus nombreux, qui tombent dans la trappe de la pauvreté et donc, en bout de course, dans la funeral poverty.
     C'est le très sérieux Guardian qui le dit. 
                Du coup, le Natural Death Centre propose des enterrements à bas prix, un peu bricolés, avec les moyens du bord, à la portée des bourses les plus plates.
  Outre-Manche, pour le matériel, on peut trouver sur  Craigslist.     Mais Le bon  coin et ses super occas' n'existent  pas.
        Et puis le carton se porte très bien. 
Chez nous, les "indigents"  sont inhumés gratuitement.

    Là-bas, le  low cost s'étend à tous les domaines,  Google pouvant même vous accompagner, si vous le souhaitez...
        Mais où sont les funérailles d'antan..♪♫♪
Ces détails funèbres sont révélateurs d'une situation qui se dégrade: 
                              De la naissance à l'enfance jusqu'à la fin de vie, la pauvreté gagne dans le pays, où la richesse de quelques-uns s'étale sans vergogne, mais le plus outrageusement à Londres, la capitale mondiale des milliardaires, siphonnant la richesse du pays.
    La City, Etat dans le royaume, est la fine pointe de cette arrogante capitale de la finance, où le recyclage tous azimuts va bon train, l'ivresse bancaire sévit sans contraintes... 
       Héritage de Maggie...et de l'école de Chicago, qui ont créé une sorte de laboratoire, 
cheval de Troie des intérêts américains sur le continent.  
          Un laboratoire qu'affine, après quelques ajustements, un Cameron de génie...qui expérimente avec succès les zero hour contracts, qui «ne garantissant pas un minimum d’heures » et  «facilitent la tâche des employeurs qui veulent abuser de leur pouvoir sur le marché du travail», reconnaît le très libéral hebdomadaire The Economist.
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Tomates de Noël

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Tomates-en-tous-temps
                                     A toutes les sauces.
                           Ou: un concentré de la mondialisation à tout-va...
     Elles sont rouges comme le bonnet du Père Noël et deviennent un superconcentré 
 dans votre pizza ou autre ketchup.
                          Le concentré de tomates chinois est omniprésent dans la world food, la nourriture mondialisée qu’on engloutit du nord au sud, quels que soient ses goûts et ses revenus. Sauces, soupes, pizzas, surgelés… La pâte rougeâtre et visqueuse qui nimbe tous ces plats provient très souvent du Xinjiang, une province de Chine - pays qui, pourtant, consomme assez peu de tomates.    Comment en l’espace de 20 ans à peine, les cueilleurs et fabricants européens et américains de concentré ont-ils été supplantés par les Chinois, qui fournissent aujourd’hui les géants de l’agro-industrie comme Heinz, Kraft Foods ou Unilever ?..   
      C'est ce qu'on appelle l'Empire de l'or rouge»: la filière de la tomate d’industrie, qui est au final aux mains d’une poignée de mastodontes industriels
     Voilà des tomates plus ou moins juteuses qui ont attiré les affaires très juteuses de la mafia italienne "Le chiffre d'affaires dans l'agromafia est estimé à 15,4 milliards en 2014, rappelle Jean-Baptiste Malet. Il n'a jamais été aussi facile pour les entreprises criminelles de faire fructifier des capitaux sales.
  La tomate à cash fonctionne aussià fond dans les Pouilles ou en Sicile
       Récemment, le mensuel 60 millions de consommateurs estimait qu'en France, «une partie de la marchandise viendrait de la fraude par approvisionnement à l'importation». Il semblerait qu'il en soit de même pour l'Italie. Pour Foodwatch, «ces pratiques consistent finalement à arnaquer les consommateurs en les dupant sur la véritable composition des aliments».
          __Comme dit un "vaillant petit économiste",  c’est une de ces tomates à 1€ le kiloIl a fallu :la planter, l’arroser, la surveiller, la repiquerlui mettre un tuteur, la cueillir délicatement afin de ne pas l’abîmer ;le conditionner, le stocker, le transporter sur des milliers de kilomètres en prenant soin de ne pas l’abîmer ;la distribuer, la mettre sur un étalagepayer les employés du magasin et la caissière…Il a fallu faire tout cela avant qu’elle n’arrive dans votre panier… Et encore, au mois de février.Tout ça pour quelques centimes : cela tient de la magie. Si vous avez déjà fait pousser des tomates vous devez vous demander comme moi qui sont les sorciers qui opèrent ce prodige.Ces magiciens, pas plus que les autres, ne révèlent leur tours et vous allez comprendre pourquoi :Pour cette tomate que vous mettez dans votre cabas négligemment on réduit en esclavage des populations, on assèche des pays entiers, on engraisse les mafias, on asphyxie les agricultures des voisins plus scrupuleux, on empoisonne les populations aux pesticidesTout cela pour quelque chose qui ressemble autant au fruit dont il porte le nom que son modèle de plastique avec laquelle ma petite nièce joue à la marchande.Je ne parle pas d’une dérive locale mais d’un phénomène mondial qui touche la Chine, l’Australie, les États-Unis, l’Italie, l’Espagne…En Floride les cueilleurs sont payés 50 centimes pour un panier de 15 kilos de tomates. Pour que cela fasse l’équivalent d’un SMIC français, il faut en cueillir 250 kilos de l’heure, un quart de tonne en 60 minutes, transport jusqu’au camion compris… Dans des serres à 40°C.Et vous, vous cueillez combien de tomates en une heure ?
     Dans le Sud de l’Espagne, les travailleurs clandestins sont parqués dans des hangars insalubres sans eau potable, ni électricité. Ils n’ont pas le droit « d’aller en ville » à cause des désordres qu’ils y causent… Et pour ces taudis on leur extorque la moitié de leur salaire de misère. Il en va de même en Italie… quand les tomates « italiennes » ne sont pas directement importées de Chine. Car si l’Espagne est le spécialiste de la tomate en vrac, l’Italie est imbattable sur les préparations : tomates pelées, concassées, en boites, en sauce ou concentrées : ils inondent le marché de tomates « made in Italy » produites dans des conditions atroces en Chine et qui ne sont que transformées en Italie.Cet « or rouge » est devenu la main-mise de la mafia transalpine que l’on embête moins pour son traffic de tomates que pour le trafic de drogues… Et peu importe qu’il fasse infiniment plus de victimes.Grâce à cet esclavagisme moderne, la main d’oeuvre représente moins d’un tiers du coût de production de cette tomate contre plus de 50% normalement. Et encore, pour faire pousser les tomates en hiver a-t-il fallu transformer un bon morceau de désert Andalous en serre géante… Que l’on voit depuis l’espace !Regardez cette carte satellite de l’Espagne :
 
    Tout au Sud, à l’Est de Malaga et Grenade, vous trouvez Alméria.
Regardez cette tâche blanche sous le « A » de Almeria… Ce sont les serres :  35 000 hectares de désert qui ont été recouvert de plastique.
   Cette « réserve naturelle » désertique a été choisie justement pour son soleil en hiver et surtout pour l’eau. La région d’Almeria est riche de nappes phréatiques abondantes.
Elles devraient être asséchées d’ici 10 à 15 ans. Déjà il faut puiser l’eau à 1500 mètres de fonds pour trouver de l’eau propre aux cultures. Les strates supérieures ont été surexploitées et l’eau de mer salée a remplacé l’eau douce.
    Mais d’ici-là, voici d’où viendront les tomates et les fraises sur les étals en février :
   Il y a quelques années, quand ces fraises de décembre sont apparues, je me souviens avoir demandé à un marchand de fruits comment il avait pu avoir des fraises en plein hiver : « c’est le progrès mon bon monsieur » m’avait-il répondu.
   C’est une telle réussite, un tel « progrès » que moins de 10 ans après, la plupart des gens que je connais refusent désormais catégoriquement d’acheter des fruits et légumes d’Espagne tant ils sont dégoutants.
   Mais il n’a pas fallu plus longtemps pour qu’ils envahissent les supermarchés à tel point que c’est devenu un luxe de choisir un bon fruit ou légume de saison.
Vous pourriez me rétorquer que la vie est déjà suffisamment chère comme cela !
   Mais c’est un cercle vicieux : en détruisant l’agriculture française et ses emplois comme l’on détruit l’industrie et le tissu économique général, on détruit la capacité de millions de personnes à vivre dignement, de leur labeur.
Je ne vous dit pas qu’il faut mettre un mur de Berlin entre la France et ses voisins du Sud mais un peu de bon sens serait bienvenu.
    En Suisse, par exemple, les droits de douanes sont de 5 centimes par kilo de tomate du 21 octobre au 30 avril, soit une taxe symbolique pour payer les formalités.
En revanche, quand revient la belle saison, des quotas sont imposés afin de ne pas étouffer les producteurs locaux par une concurrence déloyale. En dehors des quotas, les droits de douanes sont multipliés par 50 à 2,64 francs par kilo. 
   Ainsi, vous pouvez choisir des tomates insipides en février si cela vous plait. Durant la belle saison, les quotas permettent de moduler l’entrée de fruits et légumes selon les besoins et les agriculteurs Suisses vivent dignement et produisent de bon primeurs bien goûtus.
   Et quand les nappes phréatiques d’Almeria seront épuisées, ils arrêteront de manger des tomates en hiver et leur agriculture ne s’en portera ni mieux, ni plus mal au contraire de l’agriculture française en crise à qui l’on demande des résultats de magiciens… En respectant les règles du jeu.
   Mais en Europe, l’idée de réintroduire un tarif douanier, fusse-t-il intelligent, vital même et gagnant-gagnant est une hérésie qui vous vaut d’être immédiatement excommunié et mis-au-banc de la société parmi les nouveaux ogres et pères fouettards de « l’extrême droite la plus abjecte.... »
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Stress tests bancaires (2)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

( suite)........ Le problème des fonds propres est en effet un problème fondamental pour juger de la fiabilité des grandes banques. L'ivresse bancaire n'est pas terminée, même si elle a perdu en intensité. Les gendarmes sont impuissants.
    Sur ce point, rien n'est réglé
                Un certain Contrarien, qui se veut sans concession sur l'actualité économique, dénonce, non sans une part d'excès et d' humour grinçant, le caractère vain et truqué de ces opérations dites de contrôle:
        "...Les banques ne peuvent pas échouer aux stress tests vu que si elles échouaient, il y aurait une immense panique bancaire généralisée qui nous plongerait tous dans la misère la plus totale. Si l’on pose le problème de cette façon-là, il est évident que « l’examinateur » va y réfléchir à deux fois avant de recaler l’élève. Il va, tout au plus, différer quelque peu la réussite de certains, comme Dexia par exemple qui va encore nous coûter du pognon mes chers amis. 
Préparez-donc votre chéquier pour 2015 afin de bien vouloir verser votre écot au sauvetage de la finance. De la bonne finance, bien entendu, comme nous l’explique maintenant notre président..
  ...Le coup de la qualité des actifs c’est complètement bidon. Il s’agit de vérifier que les banques ont bien investi tous leurs fonds propres ou presque dans de bonnes obligations d’États surendettés dont un paquet se dirige tout droit vers la faillite alors posons la question « et que se passe-t-il en cas de faillite d’États si les fonds propres des banques sont investis en dettes d’États et que ces États font défaut ? ». Eh bien là encore, c’est simple… Il se passe que vous l’avez dans le baba. Ha… zut alors ! Mais les stress tests ont-ils étudié une faillite éventuelle d’État ? Eh bien la réponse est dans l’énoncé, lisez bon sang, c’est comme à l’école (c’était ce que me disait mon papa quand je ne pigeais pas un exercice de math et c’est vrai qu’en général, la réponse est dans l’énoncé…). Le scénario stressé, c’est une récession, une baisse de l’immobilier et une inflation qui baisse… super ! Mais point de faillite d’État. Logique. En fait, aucune banque aujourd’hui ne peut survivre à une faillite d’État, d’où d’ailleurs leur fuite en avant dans les obligations d’États en plus des contraintes réglementaires qui les obligent à investir leurs fonds propres là-dedans. 
     Si les États tombent, les banques tombent et inversement, vu qu’ils jouent tous depuis des années à « je te tiens tu me tiens par la barbichette »....
Bon, je pense que vous avez compris l’esprit et l’ampleur du problème. Je ne vous en remets pas une couche supplémentaire sur le fait qu’il faille lier cela au fonds de garanties de dépôts et au fait que la BCE, pour le moment, est paralysée par les refus allemands d’utilisation de la planche à billets..."
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-   Banques de la zone euro : pour qui sonnera le glas ? 
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(*)   JM Naulot, ancien banquier en colère, se démarque de ses pairs.
           S'exprimant dans la presse comme à la radio, il essaie de faire passer son message.
Expliquant les mécanismes qui ont engendré le cataclysme déclencheur, soulignant le peu qui a été fait malgré les proclamations officielles, laissant intacts les risques de crises nouvelles et plus graves, il insiste sur le fait que le pouvoir s'incline devant les lobbies, qui tiennent les Etats en otages. 
                    En France, la consanguinité entre le politique et le financier est plus grande qu'ailleurs.
 Les banques continuent à être. choyées.
        Comme le remarquait, outré, un ancien directeur de la Banque Mondiale: 
                  "Les banques sauvées grâce à l'argent public se retournent vers ceux qui les ont sauvées en disant: payez vos dettes! Leur arrogance est inacceptable " (J Stiglitz)

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 La vaste blague des Stress-Tests de la BCE
-   Les stress tests, une très mauvaise nouvelle pour les déposants et épargnants
 Le véritable enjeu des stress tests est politique
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Stress tests bancaires (1)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Epreuve de vérité ou jeu truqué? 
                                                        Les crash tests pratiqués sur les voitures permettent en principe d'analyser la non déformation relative de l'habitacle des véhicules en cas de choc simulé, jusqu'à une 
certaine limite. Pour la sécurité théorique des passagers éventuels.
     Les analystes bancaires ont repris ce concept, par métaphore, pour mesurer la capacité de résistance des banques aux coups durs éventuels:
     Les « stress tests » doivent mesurer la capacité de résistance des banques lors de différents scénarios économiques (récession, montée du chômage, chute des prix immobiliers, ralentissement de l’inflation). Ils doivent permettre de déterminer si les fonds propres et donc la solvabilité des banques sont suffisants. Ils sont conjugués à une revue de la qualité des actifs (AQR) des établissements. Si elles échouent aux tests, les banques auront quinze jours pour présenter un plan de recapitalisation, qu’elles devront mettre en place durant les mois suivants...
       Ce projet est parfaitement théorique et peut paraïtre surréaliste, car les grands groupes, habitués à la tricherie et au maquillage depuis longtemps, ont le plus souvent une comptabilité hautement opaque, une face cachée peu détectable ( shadow banking notamment) et les actifs réputés sains peuvent être en réalité tout à fait pourris. On assiste même à un retour des junk bonds dans la finance européenne.   Voir les analyses de Naulot, ancien banquier, notamment, dénonçant l'opacité. (*)

     On a eu bien des surprises depuis sept ans venant de banques très respectables....que de vertueux arbitres jugeaient tout à fait fiables..Les .Dexia et autres Spiritu Santo ont révélé récemment leurs pratiques criminogènes.
    Les bons résultats claironnés des banques US font sourire, quand on sait que la Fed, qui s'érige en juge, est parfaitement en osmose avec Wall Street et avec Goldman Sachs en particulier...
                De plus, sur la valeur de ces procédures, l'unanimité ne règne pas, loin de là..
Il y aurait, selon certains organismes, des  tensions (euphénisme!) sur 11 banques européennes. 
D'autres se veulent sereins. Certains s'alarment, comme Davide Serra, qui pressent des  victimesfutures:
        Le directeur du fonds alternatif Algebris, par ailleurs conseiller de l'État britannique sur les questions bancaires... estime qu'il manque 50 milliards d'euros de capital à l'ensemble des banques européennes. Selon lui, l'Allemagne, à la tête du «pire secteur bancaire au monde», ne devrait pas sortir indemne de l'évaluation. Le financier table sur le recalage de trois ou quatre de ses banques régionales, les Landesbanken. 
    «Le pays d'où j'attends le plus de mauvaises nouvelles est celui qui est réputé le plus fort, et qui n'a pas été scruté de près», affirme en effet Davide Serra. Il accuse le régulateur allemand, la BaFin, de s'être laissé influencer au fil des années par les pressions politiques. Au-delà du cas allemand, le financier pointe du doigt la faible capitalisation des établissements portugais et grecs.

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Noël 1917

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Dernier Noël avant la fin.
                                    Mais ils ne le savent pas ...
     Un Noel triste au front. 
          Un certain espoir de fin de la guerre est dans toutes les têtes...mais sans certitude.
     Depuis le début de la course au désastre, ce fut 1915, puis 1916, avec la guerre totale, Verdun, etc... puis les offensives de début 1917, qui installent la lassitude en fin d'année, l'armistice russe faisant peser la menace de nouvelles troupes sur le front Est, malgré l'engagement américain. L'épuisement et la démoralisation gagnent.
   Quand on peut, on fait un "repas de fêtes". 

____1917: une année charnière.
   La guerre de position se poursuit, mais pas de trêve pour les Alpins
      Décembre 1917 est un "mois ordinaire". La situation sur le terrain est gelée.
                 Les trêves de Noël, c'est bien fini.
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___Images de guerre: recherche. _____



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Une presse indépendante?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

   Demain, peut-être...
                                        Ils le disent souvent haut et fort, quand on leur reproche leurs silences ou leurs parti-pris:
                   Nous sommes in-dé-pen-dants!
   Les directeurs de presse, certains journalistes ayant pignon sur rue se targuent d'objectivité dès que des critiques leur sont adressées sur leurs choix rédactionnels, leur interprétation des faits, leurs liaisons dangereuses avec le monde des affaires.
    D'abord, l'objectivité,  cet horizon, cette quête du Graal, n'existe pas au sens strict dans le domaine des medias. Seule une plus ou moins grande honnêteté peut s'exercer, avec plus ou moins de bonheur, plus ou moins de bonne foi, d'esprit critique. Par exemple, aujourd'hui, au sujet des événements d'Ukraine....
   Il n'y pas de presse qui ne soit d'opinion, même dans le traitement de certains faits divers. 
    L'essentiel est de résister à la soumission.
C'est là que le bât blesse trop souvent en France, comme le reconnaît   Roland Cayrol:  
« Nous sommes le seul pays au monde où les groupes de presse sont dirigés par des industriels ou des financiers qui ont également des intérêts dans d’autres domaines (armement, industrie du luxe, eau…). Les grands groupes dont je viens de parler sont des groupes qui ont une activité principale et qui de surcroît ont des instruments de communication… sans doute pour servir aussi leur stratégie et leur politique. »
      Depuis une vingtaine d'années , la presse (en déclin) est de plus en plus sous tutelle.
Les barons d'affaires achètent des titres comme des entreprises ordinaires pour les contrôler insidieusement. Comment pourraient-il admettre une certaine liberté de ton journalistique à leur encontre ou à celle d'intérêts voisins. La publicité, qui fait vivre la presse , est une chaîne invisible, mais efficace. Elles paralyse, condamne au mutisme, à l'édulcoration ou à la complicité. Seuls deux organes de presse en France peuvent ne pas en subir les effets: Le Canard enchaîné et Mediapart. Le Monde Diplomatique aussi.
    La concentration est impressionnante... et inquiétante. De Lagardère à Bolloré en passant par Bouygues et Daussault. Peu d'organes échappent à leur contrôle plus ou moins direct. Le Mondelui-même est maintenant asservi...
      Les aides traditionnelles de l'Etat à la presse, légitime" en soi, ne sont pas sans créer des distorsions à l'avantage des plus forts. Par exemple,   Le Figaro de M. Dassault a reçu 17,2 millions d’euros du Trésor public entre 2009 et 2011 ; L’Express, presque aussi hostile que Le Figaro à l’« assistanat », 6,2 millions d’euros ; Le Point, qui aime dénoncer la « mama étatique », 4,5 millions d’euros. Quant à Libération (9,9 millions d’euros d’aides, toujours selon la Cour des comptes) et au Nouvel Observateur (7,8 millions d’euros), comme ils sont bien introduits auprès du pouvoir actuel, plusieurs régions ou municipalités présidées par des élus socialistes financent également leurs « forums » locaux..."
    En matière de subvention, Closer écrase le Monde 
                              Le cas de Libération, journal "réputé de gauche"est exemplaire et assez pathétique:
        "...Ayant servi de relais éditorial à M. François Hollande, Libération est logiquement aspiré par ces deux tourbillons simultanés. La « mort » qui rôde autour du quotidien ne ferait alors que préfigurer la mise en garde — « La gauche peut mourir » — avec laquelle le premier ministre Manuel Valls tente de rameuter son dernier carré de fidèles. 
   Dans le cas du journal, le remède imaginé est de faire dépendre sa survie de tout autre chose que du journalisme — organisation de colloques surpayés par des collectivités territoriales, « marketing croisé » avec SFR-Numericable, l’actionnaire principal du titre, transformation des locaux du quotidien en lieu de divertissement dans un quartier « branché » de la capitale. Quant à la perspective de la gauche gouvernementale, elle se résume à supplier ses partisans de tenir le cap qui a conduit l’extrême droite « aux portes du pouvoir » en leur répétant qu’il n’y a pas d’autre chemin susceptible… d’empêcher l’extrême droite de parvenir au pouvoir.
   Mais, à moins de céder au travers habituel du journalisme consistant à dénicher de l’inédit là où des gens plus ordinaires repèrent aussitôt de vieilles ficelles, cela fait très longtemps que nul ne prend Laurent Joffrin pour l’héritier de Jean-Paul Sartre, fondateur de Libération, ni M. Hollande pour celui de Jean Jaurès. S’il a fallu un certain aplomb au président français pour clamer que son « véritable adversaire » était la finance alors même qu’il avait résolu de ne rien entreprendre contre elle, que dire du directeur de Libération qui, dans le cours du même entretien, proclame que son quotidien est « le plus libre de France » et avertit ceux qui y travaillent encore : « On ne va pas insulter les actionnaires qui ont mis 18 millions dans le journal » ?..
... La presse constitue dorénavant un secteur trop sinistré pour pouvoir résister aux grandes fortunes miséricordieuses qui daigneraient éponger ses déficits. Libération perd chaque jour 22 000 euros, soit près de 16 % de son chiffre d’affaires.. L’an dernier, seuls deux — Les Echos et La Gazette des courses — des dix-huit quotidiens français recensés par l’OJD ont vu leur diffusion progresser, de 1,86 % et 2,60 % respectivement. Dans le même temps, deux cent quarante des trois cent un hebdomadaires, mensuels, bimestriels et trimestriels affichaient un recul, parfois sensible, de leurs ventes : — 21 % pour Les Inrockuptibles, — 19 % pour Marianne, — 16 % pour Le Canard enchaîné. 
      La désaffection du lectorat intervient au moment où les recettes publicitaires elles aussi se dérobent — celles de la presse écrite ont baissé de 27 % entre 2009 et 2013. Dans ces conditions, les grands patrons n’investissent plus dans un journal avec l’espoir d’en tirer un profit financier. « Serge Dassault, rappelle le magazine Capital, a perdu avec le seul Figaro 15 millions d’euros en moyenne par an depuis cinq ans. Michel Lucas, le patron du Crédit mutuel, 33 millions en moyenne avec ses neuf quotidiens régionaux de l’est de la France. Claude Perdriel tournait à 5 millions de déficit avant qu’il ne cède son Nouvel Observateur. Bernard Arnault a accumulé plus de 30 millions de pertes depuis le rachat des Echos. Seul rescapé, François Pinault a longtemps récolté 2 à 3 millions de profit avec Le Point, mais était en perte au premier semestre 2014. »
     Si M. Patrick Drahi a cependant décidé d’engloutir 14 millions d’euros dans le sauvetage de Libération, c’est qu’il en attend un autre retour sur investissement. « On y regarde à deux fois avant d’attaquer le patron d’un journal, poursuit Capital. L’obscur boss de Numericable, Patrick Drahi, n’était qu’un “nobody” quand il est parti à l’assaut de SFR. Moyennant quoi, il fut attaqué sur tous les fronts : exil fiscal, holdings douteuses aux Bahamas, nationalité française incertaine... D’où Libération. Ce n’est pas TF1, bien sûr, mais l’effet dissuasif n’est pas nul. Xavier Niel est, lui, passé du statut de pirate des télécoms à celui de membre de l’establishment depuis qu’il est devenu copropriétaire du Monde en 2010. Et cela à peu de frais : sa fortune varie chaque jour en Bourse de plus de 30 millions d’euros, la somme qu’il a investie dans le quotidien du soir. »
...Obtenir que la ligne éditoriale de la quasi-totalité des médias épouse un discours libéral et austéritaire ne requiert pas pour autant une pression de chaque instant. La formation et la socialisation de la plupart des journalistes économiques, comme celles des éditorialistes, garantissent qu’ils penseront assez spontanément comme le Fonds monétaire international, la Cour des comptes ou le patronat.
    Ainsi, l’économiste américain Paul Krugman relève presque chaque semaine dans le New York Times que toutes les craintes des monétaristes ont été démenties, en particulier celle de voir les déficits publics déchaîner l’inflation, que tous les avertissements des keynésiens ont été confirmés, notamment l’idée que les politiques d’austérité allaient casser la croissance. Néanmoins, se lamente-t-il, ce sont les premiers qui continuent de triompher, surtout dans les grands médias. Or comment douter que la quasi-disparition d’une presse indépendante ou sa subordination progressive aux grands intérêts qui déjà déterminent la politique économique et sociale des gouvernements alimentent l’humeur conservatrice d’une Europe en crise?..
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- Rappel de quelques principes 
 Aides à la presse, un scandale qui dure
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