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Point d'histoire; Pearl Harbour

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

    Tournant et incertitudes
                                               Il est des questions d'histoire qui restent toujours objet de débats entre spécialistes et qui risquent de le rester longtemps.
  Comme, par exemple, les conditions du déclenchement de la  guerre de 14.    Il reste beaucoup à comprendre sur les circonstances exactes de l'enchainement des causes qui allaient mener à la tragédie.
       Régulièrement, le débat resurgit aussi sur l'interprétation de l'attaque japonaise sur Pearl Harbour, que ce soit chez les historiens de métiers ou ceux du dimanche.  Surtout  sur le rôle toujours  discuté joué par Roosevelt. 
Une attaque si décisive, alors que le peuple américain et les élites refusaient l'idée d'une implication dans la guerre européenne, et s'enfermaient dans l'isolationnisme.
  L' attaque, qui fut moins stratégique qu'on ne le dit, produisant moins de dégâts que prévu, fut tout de même un tournant, en provocant un grand traumatisme dans la population.
______Wikipedia donne un version prudente du rôle joué par Roosevelt, qui semble bien ne pas avoir tenu compte des rapports qu'on lui donnait, des mises en garde de Churchill...
 . Franklin Roosevelt et sa femme Eleanor, qui l'aida beaucoup et le soutint dans sa maladie, voyaient comme inéluctable l'entrée de son pays dans le conflit, voulant dans un premier temps servir d'arsenal pour l'Angleterre. 
   L'attaque surprise représenta un Jour d'infamie , qui réjouit Churchill, attendant au moins l'aide matérielle des USA.
  Suite d'erreurs manifestes ou volonté machiavélique de laisser-faire, comme on l'a suggéré parfois?
On attend d'autres archives....
      Le fond de l'affaire fut d'abord et essentiellement, une question d'accès au pétrole 
  Selon certains historiens, la responsabilité américaine n'est pas nulle en ce qui concerne l'origine du conflit.
   Le Japon, dès le 1er août 1941, eut à se prémunir contre un étranglement bien réel, quoique à effet différé : sans ressources en carburant, il s'acheminait vers la paralysie totale de sa marine et de son aviation. S'il se refusait à la perte de son indépendance — ce qui survint par la défaite en 1945 —, et militairement de son honneur, il ne lui restait qu'à choisir les moyens et le lieu du combat. 
On ne peut nier que le Japon était en état de légitime défense. Pourtant on put se demander, après la guerre, si une voie médiane n'aurait pas mérité d'être explorée : le contrôle des bassins pétroliers des Indes néerlandaises. La question avait déjà été posée à l'été 1940, et c'est la marine japonaise qui s'y était refusée, arguant de la fragilité des communications à préserver. Un an plus tard, le gouvernement Roosevelt aurait-il pris l'initiative d'une riposte armée ?
    Malgré le rapport  Soryokusen Kenkyujo, le Japon entra en guerre.
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Richesse et splendeur

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Des enluminures du Moyen Age

                                            On reste fasciné devant la richesse et la variété du travail des moines copistes de cette époque, ainsi que par celle de leurs techniques et de leurs thèmes.
  Les premiers manuscrits enluminés datent de l'Égypte pharaonique,
                          L'âge d'or du livre en France.
                                                              Mille ans de manuscrits enluminés.
     On ne s'en lasse pas. 
De ces enluminures du Moyen-Age.

                               A admirer au Louvre ou ailleurs.

         Les très riches heures de Champagne 
               Celles du duc de Berry 
                     La vie de tous les jours 
                            Les animaux 
                                                    Les plus étranges...
                       Les oeuvres du Maroc et de la Perse nous sont moins connus.
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A voir:
-Sophie-Cassagnes-Brouquet, La Passion du livre au Moyen Âge, éd. Ouest-France 2003.
-Marie-Thérèse Gousset, Enluminures médiévales. Mémoires et merveilles de la -Bibliothèque nationale de France, BNF, 2005.
-Marie-Hélène Tesnière, Bestiaire médiéval. Enluminures, BNF, 2005.
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Grèce au tournant.

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(Il y a trois ans...)

 

Des choix cruciaux approchent pour la Grèce, réduite à l'état de  fantôme, comme pour toute l’Europe.  
     Mais dans une ambiance très particulière: 
     - La pression sur les électeurs grecs se fait insidieusement.
     - Les banques entretiennent la stratégie de la tension. 
     - Le monde de la finance montre son véritable visage.
     - Le FMI ajoute sa petite note.
      - Les créanciers de la  Grèce font le dos rond ou dramatisent.
 L'incertitude est grande:   La montée en puissance du parti Podemos en Espagne et des partis antieuropéens dans le reste de la zone peut jouer en faveur de la Grèce. Jésus Castillo, économiste chez Natixis, souligne que « plusieurs voix s'élèvent pour un changement de politique économique en Europe ». D'autres analystes sont moins optimistes, comme le politologue George Séfertzis : « Certains dirigeants européens peuvent vouloir pousser la Grèce de nouveau vers la faillite afin que d'autres pays ne remettent pas en cause les mesures d'austérité. »
______ "Les taux d’intérêt sur la dette grecque grimpent à nouveau, manifestant la défiance des banquiers face au programme anti-austérité de Syriza. Jean-Claude Juncker, président de la Commission, a déclaré sa « préférence de voir des visages familiers » après les élections, soutenant ouvertement Antonis Samaras, actuel premier ministre, co-auteur avec la Troïka d’une politique de dévastation de la Grèce. Le commissaire européen Pierre Moscovici a lui aussi été dépêché à Athènes pour soutenir les « réformes structurelles » qui ont appauvri le peuple et détruit ses droits sociaux fondamentaux. Il s’est permis d’intervenir dans le débat électoral grec en avertissant que « l’idée d’envisager de ne pas rembourser une dette énorme est suicidaire ». Déjà lors des élections législatives grecques en 2012, François Hollande avait pesé en faveur de la droite par une intervention très remarquée à la télévision grecque. 
   Depuis 2010, le peuple grec a résisté aux cruelles politiques d’austérité en organisant des mobilisations sociales de très grande ampleur et en s’engageant dans des pratiques démocratiques nouvelles face à la crise d’un système politique corrompu. « Ne laisser personne seul face à la crise ! », tel est le slogan des mouvements de solidarité en Grèce..

      .Des journaux conservateurs français, comme le Monde, rejoignent les plaintes de la finance.
    Rien n'est joué dans ce pays, plus victime que fautif, mais un cas à part  en Europe (*) 
          Il y a 2600 ans, la réforme de Solon interdisait l’esclavage pour dette...
____
(*)"  ..Ce fut à l’évidence une erreur grossière, induite par une fraude qui ne l’était pas moins, d’admettre la Grèce dans la zone euro (lire ici). Ce fut très probablement une faute de l’y maintenir en 2010, la facture sociale à payer étant disproportionnée. Mais il ne s’agissait évidemment pas de « sauver la Grèce » et son peuple mais avant tout les banques européennes, notamment allemandes et françaises. Le temps, ce puissant analgésique, a-t-il changé les données du problème ? Autrement dit, la mauvaise décision d’hier peut-elle être la bonne réponse aujourd’hui et à quelles conditions ? 
Paradoxalement, compte tenu des sacrifices supportés depuis quatre ans et des maigres résultats économiques engrangés, le niveau d’adhésion à la monnaie unique dans la population de la République hellénique (73 %) est un des plus élevés en Europe. Syriza, le parti de la « gauche radicale », dont le chef Alexis Tsipras pourrait conduire un gouvernement de coalition après les élections anticipées du 25 janvier prochain, vient de réaffirmer sa volonté de maintenir le pays dans la zone euro. Est-ce bien raisonnable ?
   D’abord, un constat. Alors que l’Irlande et le Portugal, les deux autres pays de la « périphérie de la zone euro » placés sous « intervention » au début de la crise des dettes souveraines (Chypre y tombera plus tard), ont retrouvé leur « autonomie » (avec l’appui de la BCE et sous surveillance des marchés financiers), la Grèce reste sous le régime de la Troïka UE-FMI-BCE et la levée d’écrou a été différée au-delà des prochaines élections.
    Ensuite, un rappel. Si la dette souveraine domine le débat, elle n’était pas et n’est toujours pas (nous y reviendrons) au centre de la problématique des pays « périphériques ». Leur crise était avant tout un problème de balance des comptes courants, masqué par le filet de protection étendu par l’appartenance à la monnaie unique. Sans l’euro, qui avait plongé dans une douce somnolence les « vigiles » du marché obligataire, ces pays n’auraient pas pu accumuler, dix années durant, des déficits commerciaux de l’ordre de 10 % de leur PIB, alimentés par des niveaux de consommation et d’investissements financés à bon compte en vertu du « jeu de la convergence », vers le bas, des taux d’intérêt. Accessoirement, des classes politiques irresponsables, clientélistes et corrompues n’auraient pas pu gaspiller l’argent public comme s’il n’y avait pas de lendemain.
    L’existence de la monnaie unique interdisant le recours à la dévaluation externe pour régler un problème qualifié grossièrement de « compétitivité », il fallait donc conduire une « dévaluation interne », provoquée par une baisse du coût des facteurs de production, et notamment du coût du travail. Élémentaire, mon cher Watson ! Élémentaire mais faux. Dans le cas de la Grèce, cette « stratégie » a été poussée à l’extrême sous la houlette de la Troïka. Sans produire les résultats escomptés, c’est-à-dire une amélioration visible de la performance du pays à l’export.
« Réduire les salaires dans le secteur privé a très peu contribué à améliorer la compétitivité de l’économie grecque parce que cela n’a jamais été le vrai problème », analysait récemment l’économiste Theodore Pelagidis. « Le facteur principal qui a bridé la compétitivité de l’économie privée se trouvait plutôt dans l’existence de règles dictées par la rente au service de structures d’oligopole sur les marchés de produit, de rentes étouffant la création concurrentielle et augmentant le coût de l’introduction d’innovations dans la production et les chaînes d’approvisionnement, toutes choses qui favoriseraient l’évolution d’écosystèmes productifs et le progrès de l’innovation fondée sur la recherche. »
Et d’ajouter : « En dernière analyse, l’échec de la dévaluation interne dans l’amélioration de la performance de la Grèce à l’export résulte de l’accroissement des coûts et de l’imposition de nouveaux risques et de charges nouvelles sur l’économie productive qui ont annulé les éventuels gains de compétitivité provoqués par la baisse des coûts salariaux... »
  _____La premiére victime de la crise, c'est bien la démocratie
__PS dans l'embarras. 
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Evaluer et...évaluer

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Evaluer: jusqu'à la tyrannie?..
                                                          Evaluer: quoi de plus banal, de plus courant et de plus innocent en apparence?
   Nous passons beaucoup de temps à le faire, instinctivement dans la vie courante, dans l'appréciation des autres, ou plus ou moins rationnellement dans la vie sociale.
  Evaluation esthétique, morale, intellectuelle. Evaluation individuelle ou institutionnelle, élémentaire ou savante. Avec tous les risques de subjectivité, de partialité, d'incompétence, dans la vie courante. Rien que de très classique et de très normal.
 Tout commence avec l'évaluation parentale et ses ambiguïtés. Puis vient l'évaluation scolaire, plus complexe qu'on ne croit, posant bien des questions, avec ses incohérences et ses excès.
      Cette activité, comme activité sociale généralisée, n'est pas si neutre que cela. Elle est même très ambivalente

    Elle implique généralement des rapports de pouvoirs, au-delà des questions de compétence.
                      Ce n'est pas l'évaluation en tant que telle qui pose problème (aptitude d'un individu à un poste donné, par exemple), mais le contexte économique et social, les objectifs assignés, les méthodes préconisées, les critères choisis, et surtout le contexte d'hyperévaluation généralisée vers  laquelle nous avons glissé surtout depuis les années 80, sous la pression des nouveaux modèles de management libéraux anglo-saxons, qui ont gagné progressivement tous les domaines, depuis les entreprises jusqu'aux services hospitaliers, la psychiatrie, l'éducation, la police(faire du chiffre), la justice...
     Le lean management des politiques publiques est devenu l'alpha et l'oméga de la gestion des hommes, dans un contexte où la réduction des coûts à tous prix devient l'injonction suprême. C'est l'ère du  New public management, le triomphe du  Benchmarking  (1), avec ses effets pervers.
     Qui finit parfois paradoxalement par dépossèder les professionnels de leurs savoirs.
         Globalement, le NPM n’est que l’application des techniques managériales du privé au secteur public.." Il s’agit dans tous les cas d’inciter par tous les moyens matériels et symboliques à ce que les professionnels du soin, de l’éducation, de la recherche, du travail social, de la justice, de la police, de l’information, de la culture, ne puissent pas penser leurs actes autrement que sur le modèle de la marchandise, du produit financier et des services tarifés. Cette injonction à devoir concevoir les actes professionnels sur le seul modèle de la pensée néolibérale, de ses catégories symboliques et matérielles, participe à une véritable civilisation des mœurs au sein de laquelle l’humain se réduit à un «capital», un stock de ressources qui à l’instar de la nature doit être exploitée à l’infini..."
         Cette normalisation des pratiques propres aux sociétés de contrôle et de défiance d’allure démocratique, tend à transformer les professionnels en outils d’un pouvoir politique qui traite l’humain en instrument, en «segment technique» comme disait Jaurès. Cette nouvelle civilisation des mœurs n’est pas propre à la France... 
    Evaluation jusqu'à la démesure, voire à l'absurdité, qui, disent certains analystes, peut tourner à la tyrannie,  à la dénaturation des tâches, à l'obsession des seules procédures, à une hyperrationalisation absurde, au management parfois brutal, à la déshumanisation des tâches, au stress permanent, à la désocialisation, à la démotivation, à la perte de temps, de sens et d'efficacité (eh oui!).
         " Bien collée à notre époque mondialisée, miel pour experts et managers en mal d'efficacité, l'évaluation s'est immiscée partout, dans toutes les branches du travail, tous les secteurs de la production, tous les rouages de l'administration. Tantôt qualitative, tantôt quantitative, elle s'y écrit en chiffres et en lettres. Ni les individus ni les Etats n'échappent à son emprise. Son empire a essaimé, donnant naissance aux royaumes des audits, des AAA, des listes, classements et autres palmarès. 
    En cette période hivernale où la Cour des comptes vient de remettre son rapport au gouvernement et où chacun s'apprête à ruminer son entretien annuel avec son supérieur hiérarchique, l'évaluation nous est plus que jamais familière. « L'évaluation passe en général pour une opération allant de soi, notait, il y a dix ans déjà, le clinicien du travail Christophe Dejours  . Elle est tenue par tout être raisonnable pour légitime et souhaitable. Se dérober à la procédure d'évaluation est une attitude suspecte, qui dissimulerait un pacte inavouable avec l'obscurantisme ou l'intention coupable de protéger un secret sur la médiocrité, éventuellement sur la fraude, des travailleurs impliqués. » Chantre du « vrai » travail, avide de noter ses ministres et de débusquer les assistés, Nicolas Sarkozy a donné à l'évaluation un sacré coup de fouet : « Toute activité sans évaluation pose un problème, a-t-il déclaré le 22 janvier 2009 à l'Elysée. Je vois dans l'évaluation la récompense de la performance. S'il n'y a pas d'évaluation, il n'y a pas de performance. »
   . Comme dit Roland Gori“L'évaluation, cette bureaucratie de l'expertise, jouit d'un relatif consensus, à droite comme à gauche.”
          Bien menée, l'évaluation peut être positive et éviter abus de pouvoir, incompétence et inefficacité,  mais "sa mise en pratique n'est pas sans poser problème. De nombreuses enquêtes de terrain montrent à quel point ce correcteur de défauts s'avère souvent contre-productif. Cet antidote à la crise a aussi un goût de poison. En voulant lutter contre l'injustice, la glande et la fraude, l'évaluation peut subrepticement créer des stratégies de contournement, de la triche, de la falsification de chiffres. Les chercheurs auront ainsi tendance à privilégier le nombre de publications plutôt que leur qualité ; les policiers à multiplier les contrôles au lieu de résoudre des affaires plus complexes. Sous couvert d'évaluation, c'est souvent la standardisation qui règne. Pour être bénéfique, l'évaluation doit respecter et refléter au moins deux données de taille : la singularité des individus et la complexité du réel.
   Le fait d'individualiser les performances doit aussi préserver les bienfaits du travail collectif. Quant au recours à la notation, il ne peut se faire au détriment d'une évaluation plus qualitative, plus humaine, capable d'apprécier la créativité de chacun. « L'évaluation démocratique, émancipatrice, devra ainsi mélanger la nécessité de l'excellence et le besoin de coopération, synthétise Roland Gori. Etre excellent dans une société des égaux, voilà, au fond, la vraie promesse de l'évaluation... Mais, parce qu'elles sont entièrement centrées sur les tableaux de bord et les règles de procédure, les nouvelles formes d'évaluation néolibérale nous aveuglent sur l'état de la route. A l'heure du pilotage automatique par le chiffre, les professionnels n'écoutent plus les conseils des copilotes. Ils perdent la direction et le sens de leurs actions. »
    Certain y voient un instrument de domination qui ne dit pas son nom ou de folie évaluatrice,
  L'individu étant  sans cesse sollicité à s'évaluer lui-même en permanence, à intérioriser à son insu des normes qui parfois le culpabilisent,le rendent malade et l'installe dans le dégoût du travail, la défiance et la concurrence sans solidarité..
____________  
(*).En matière d'éducation...
."...Les organismes internationaux, et plus particulièrement l’OCDE, se sont intéressés aux acquis des élèves plutôt qu’à la façon dont l’égalité des chances était respectée. Progressivement, les indicateurs de performanceles tableaux de comparaison entre établissements, entre régions ou entre Etats, les tests standardisés deviendront en effet une sorte de boîte à outils pour évaluer la qualité des systèmes éducatifs. Ce qui revient à importer les méthodes de gestion des entreprises et à réduire la fonction de l’école à une production de compétences soumise aux critères de rationalité et d’efficacité. Le Royaume-Uni en constitue un exemple caricatural." 
  Le classement PISA , accueilli aujourd'hui sans discussion comme une référence absolue, ne peut être exempt de critiques, doit être relativisé.  
  L'évaluation des élèves "à risque" dès 5 ans, fait légitimement polémique et les enfants ne doivent pas être testés comme des automates. La logique comptable ne peut être la norme.
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Draghi: grande braderie?

Publié le par Jean-Etienne ZEN

__Qui pilote qui et où?__
 

 Fuite en avant?
                          En avant la planche à billets!
   En fait , il n'y a ni planche, ni billets...
On assouplit en douceur ( quantitative easing)
   Un pur jeu d'écriture.  Cela suffira-t-il à neutraliser le spectre de la déflation? Rien n'est sûr. 
Un peu d'inflation ne nuit pas. Elle permettrait l'érosion douce des dettes, la poursuite de la baisse de l'euro (et donc un coup de pouce aux exportations), et certains ajustements (la gestion des salaires dans les entreprises, par exemple). Mais c'est un pari... 
______________ C'est la saison des soldes européennes... 
Super Mario fait des heureux avec son arme lourde  (*)
     Est-on en train de  re-nationaliser les politiques monétaires? Paradoxal! Mario avait une mission allemande: juguler l'inflation.  A quoi joue donc Mme MERKEL réticente/consentante? 
             1000 milliards d'Euros ! Une paille... 
Mais, c'est (sans doute) trop peu et trop tard... 
.         S’il n’y a pas de demande de crédit des ménages et des entreprises, le flot de liquidité alimentera des bulles spéculatives plutôt que l’économie réelle.
______ 
         Point de vue :Selon Pierre Leconte, imprimer des billets ne sert pas à relancer la croissance...
"... En rachetant massivement les créances immobilières pourries des grandes banques américaines, la FED, la banque centrale des USA, n’a pas relancé la croissance directement. Elle a évité la faillite des banques en prenant à sa charge des dettes moisies qui pesaient dans le bilan des banques. En allégeant cette charge pour les banques, elle leur a permis indirectement de poursuivre leur travail de prêts… et donc les banques ont pu continuer bon an, mal an à financer plus ou moins l’économie...
 ..En Europe, nous sommes confrontés à un problème tout aussi complexe. Croissance anémique certes, mais qui ne sera pas relancée par le QE de 500 à 600 milliards d’euros que l’on nous promet pour jeudi. Non, si encore nous dépensions ces sous-là dans de grands travaux… Là, évidemment, cela irait directement dans l’économie mais ce n’est pas ce que la BCE va faire. La BCE va « racheter » des obligations d’États. En clair, la Banque centrale européenne va racheter de la vieille dette française, italienne ou espagnole, mais en rachetant de la vieille dette on n’injecte pas un centime dans l’économie réelle puisque cette vieille dette a déjà été financée et que les épargnants en sont détenteurs via par exemple leurs contrats d’assurance vie fonds euros..."
   ...Quant à l’idée que le QE produirait de l’inflation monétaire, permettant selon ses partisans d’alléger le poids de l’endettement global, cela a été démenti par les faits. La seule façon de relancer l’inflation, c’est d’augmenter massivement les salaires et ainsi la consommation (qui représente 70% du PIB des États occidentaux -donc le seul gisement de croissance économique potentielle-), ce qui suppose au préalable de réorganiser le commerce international et le libre-échange actuels dans le sens du rétablissement de barrières et protections nationales raisonnables et le Système monétaire international dans le sens du rétablissement de taux de change fixes et de l’étalon-or, puisque ledit libre-échange de plus en plus généralisé et mondialisé dans le cadre de l’anarchie monétaire résultant des taux de change flottants crée structurellement du chômage de masse et la chute des salaires, d’où la « grande stagnation ».Pierre Leconte
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(*) _ "...Jusqu’au bout, l’Allemagne a tenté de s’opposer à ce qu’elle considère comme une grave erreur par rapport à la stricte orthodoxie monétaire, une incitation au laxisme pour les gouvernements irresponsables. Le 14 janvier, Mario Draghi a rencontré la chancelière Angela Merkel pour vaincre son opposition, celle de la Bundesbank ou d’autres pays comme la Finlande. Les grandes lignes du programme de rachat semblent avoir été arrêtées lors de cette rencontre.
Si l’Allemagne n’a pu s’opposer au principe même de cette politique non conventionnelle, elle a réussi à imposer ses conditions. La principale restriction est que ces rachats seront menés par les banques centrales nationales et que ce seront elles qui porteront le risque. Il n’y aura aucune mutualisation des dettes souveraines européennes. Ainsi, loin de renforcer une union, d’afficher une solidarité, ce nouveau programme marque les divergences, en rétablissant l’ordre des pays et des nationalités. Il redonne aux banques centrales nationales, qui avaient complètement disparu de la scène depuis la création de la zone euro, un rôle pivot.
Même si Mario Draghi a essayé de minimiser le risque, les graines de la dissension sont à nouveau semées. La fragmentation de la zone euro, qui n’a jamais été complètement effacée depuis la crise de la monnaie unique, risque de réapparaître ou, en tout cas, de redevenir un test sur les marchés financiers. D’autant que, tout en réaffirmant l’immuabilité de la zone euro, un statut à part a été réservé à la Grèce. Dans le cas d’un rachat des dettes souveraines par la banque centrale grecque, Athènes devra au préalable respecter strictement les conditions posées par la Troïka. Les conditions sont posées en cas de victoire de Syriza : l’Europe n’est pas prête à faire des concessions.
En dépit de tous les aménagements consentis à Berlin, les milieux allemands restent très hostiles à la dernière décision de Mario Draghi.  Menant un ultime combat, les représentants de la Bundesbank ont, semble-t-il, tenté une dernière fois de gagner du temps, lors de la réunion de la BCE. La déflation, selon eux, ne menace pas l’économie européenne. Si les prix baissent à une vitesse vertigineuse, c’est en raison de la chute des cours du pétrole, ont-ils expliqué. Mieux valait donc attendre que la situation se stabilise et vérifier si la déflation s’installait vraiment dans la zone euro, avant de lancer un programme de rachat de dettes. Ils n’ont pas réussi à convaincre leurs homologues. « La mesure a été adoptée à une large majorité », a dit Mario Draghi, souriant de sa victoire..."
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 Giraud : "A moins d'un miracle, le plan de la BCE a peu de chance de fonctionner"
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Du bon usage des mathématiques

Publié le par Jean-Etienne ZEN

Ne jurer que par les maths?
                                          La nature est écrite en langage mathématique, disait Galilée, à l'aube des sciences de la nature, qui allaitent être fécondées puissamment par cet héritage grec, dont l'usage n'avait été jusque là que marginal.
     De plus en plus, la connaissance abstraite du nombre, de la mesure, des rapports formels, allaient envahir le champ de divers domaines et stimuler une connaissance de plus en plus précise, permettant aussi une meilleure anticipation des phénomènes, dans des domaines de plus en plus étendus, jusqu'en biologie aujourd'hui.
    La puissance calculatrice des maths sous tous ses aspects est devenue le levier du bon en avant dans l'informatique et l'économie numérique.
   Elle est venue même coloniser, parfois avec profit, les sciences dites de l'homme, en sociologie parfois, en histoire (démographie) et les économistes la revendiquent comme un outil indispensable dans bien des aspects de leur recherche.
            Le problème, en économie, est les mathématiques tendent souvent a devenir reine, outil dominant, donnant lieu à des anticipations discutables, ayant parfois une fonction surestimée, voire démesurée, faisant perdre de vue l'aspect qualitatif des choses au profit d'un quantitatif finissant par créer un effet de distorsion de la réalité.
      Halte à l'impérialisme des maths! disent certains économistes, revendiquant honnêtement pour leur discipline une grande part d'interprétation et une scientificité toujours problématique. Une rigueur, certes, mais mesurée, toujours critique.
          Dans le domaine des crises boursières, par exemple, dans le désir de prévoir par des calculs de plus plus sophistiqués, on se crée beaucoup d'illusions, en postulant un déterminisme problématique
   Les méthodes mathématiques et celles "sciences" de l'homme ne sont nullement comparables dans les conclusions à en tirer.

  Il est une confiance aveugle dans les maths qui peut être source de déductions très négatives.
 Le domaine des actions humaines, où entre toujours une large part d'incertitudes ne peut être traité que prudemment avec les outils inaugurés par Pythagore.
     C'est être borné que d'accorder toute confiance aux nombres et aux algorithmes
          Il n'est pas étonnant, après la crise de 2008, que beaucoup d'économistes furent en déroute.
Certains découvrent enfin naïvement que l'économie n'est ni une science neutre, ni une science dure, ni une connaissance de type scientifique classique, mais qu'elle participe des sciences humaines, malgré certains de ses aspects économétriques, auxquels elle ne peut se ramener. La quantophrénie a régné trop longtemps, au détriment de la prise en compte de l'aspect qualitatif des phénomènes observés et de la critique des présupposés du moment.
     Les dogmes de l'économie néo-classique, à dominante mathématique, a amené ses adeptes à se fourvoyer, comme la crise l'a mis en évidence. (*)
    Sa capacité d'anticipation a été prise de cours et son optimisme de base sur l'exubérance des marchés a été mise en défaut. Mais ne c'était pas la première fois. La capacité d'oublier, le manque de prudence méthodologique lié à l'appât du gain financier se sont  une nouvelle fois manifestés.
    L'économie néo-classique s'est fourvoyée, en suivant des présupposés et des dogmes qui subissent aujourd'hui des démentis cinglants, notamment les croyances à l'existence d' individus rationnels et du marché spontanément autorégulé.
     La pensée de Hayek et de Friedman, imposée comme indépassable, vulgarisée et appliquée par M. Thatcher et R.Reagan, sont à l'origine du tournant néolibéral des années 70, de la financiarisation tous azimuts de l'économie devenue mondialisée, au détriment des pouvoirs régulateurs étatiques.
   Le capitalisme actionnarial, c'est-à-dire le primat de la rentabilité financière, n'est pas seulement injuste et inefficace. Il engendre la souffrance au travail, il tue des gens et détruit notre écosystème. L'analyse économique dominante n'est pas simplement discutable, elle est souvent absurde. Et les politiques anticrises aggravent les crises ! Tout cela est à la fois stupéfiant, incroyable, stupide...
   Il n'est donc pas étonnant que l'on parle de la faillite des économistes, que l'on évoque une.crise de la science économique et de son enseignement.
      Comme si le débat critique et la confrontation des idées ne devaient pas être la norme en ce domaine, qui touche de si près aux choix politiques majeurs, comme Keynes et la politique économique de Roosevelt l'ont si bien démontré en son temps.
      Les économistes classiques sont à la peine et beaucoup le reconnaissent, come Krugman et Stiglitz,, surtout depuis la déroute de 2008. Mais certains, accrochés aux dogmes pourtant déconsidérés, peinent à le reconnaître encore
     Les dits pris Nobel ne changent rien...
        L'économie est l'affaire de tout homme cultivé, qui peut en comprendre l'essentiel.
 :Une certaine imposture économique n'a pas fini de vouloir s'imposer 
     Les modèles mathématiques ,si en vogue, ne sauveront pas une discipline déconsidérée par ses pratiques récentes.qui étaient tout, sauf neutres.
 
    L'abus des maths est nuisible à la santé de la recherche économique et la sélection par les maths demande une révision de fond.
         Sale temps pour les économistes, ou du moins pour un certain nombre.

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Le soleil se lève sur l'Acropole

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(Il y a déjà trois ans...)


Un lundi vraiment normal? 
     Enfin une sortie du désastre humanitaire pour une majorité de Grecs? 
          C'est le printemps avant le printemps. 
                 Ευχαριστούμε τον ελληνικό λαό, η ψήφος σας εμπνέει όλη την Ευρώπη
          
        Difficile de prendre la mesure de l'événement, mais c'est un tournant. Un séisme même.
    Mais le plus dur commence, de gros dossiers sont sur la table et le succès n'est pas assuré. Tant de temps a été perdu, tant d'erreurs et de fautes ont été faites et entretenues par les instances européennes et la voracité bancaire. Le pays est entre doute et espoir... 
    Ainsi, on déverse presque mille milliards d'euros pour la relance de l'économie européenne , sans effet assuré, car les banques en feront ce qu'elles veulent, et on ne serait pas capable de résorber une dette bien moindre (aux intérêts monumentaux)?
  DSK fut un de ceux qui réclamaitl'effacement de la dette grecque. 
    On a bien supprimé en 1953 la dette allemande , qui a permis le décollage "miraculeux" de ce pays. (*)
Et on ne serait pas prêt à aider la Grèce à bout de souffle (un désastre humanitaire!) à résorber sa part de dette injuste, à la restructurer, la renégocier, à l'étaler et à l'aider à faire les réformes institutionnelles qui s'imposent, et dont personne ne s'était soucié jusque là?   Sur ce point, l'Europe joue son avenir.
       L' Equateur a montré la voie à sa manière
Il se pourrait que la Grèce puisse forcer l’Europe à changer... 
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(*)  La Grèce a subi une occupation nazie cruelle et ruineuse, puis une guerre civile, enfin une dictature dispendieuse. Sans oublier le demi-siècle des Caramanlis où la dette explosa, laissant les privilèges s'épanouir (Eglise, armateurs, armée...) Une histoire jeune et tourmentée. Enfin une introductionindue dans l'eurozone.
 L'Allemagne  bénéficié plusieurs fois d'une remise de dettes et ses créanciers fermaient les yeux.
L'Allemagne fut un temps la reine de la dette, reconnaît un économiste allemand. 
Une question reste en suspend:  les 300 milliards d'euros que l'Allemagne doit à la Grèce pour l'occupation nazie
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- Kleptocratie et dette grecque 
- Réformer le système monétaire 
- Pour la Grèce, changer l'Europe 
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Deux mots

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Sur:
       * La pêche industrielle, qui exploite une grande partie de l'Océan.

 

       * Les nouveaux déboires d'EDF.

        * Les avancées de Gazprom, pour qui ça gaze.

        * Les dérives polonaises, qui s'accumulent, après un passé tragique.

        * La concurrence  dans les pays de l’Union Européenne

        * Quelques idées toutes faites.

         * 'Nos organes "en trop".
    
          * La flexibilité à l'allemande.
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Arabie courtisée

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(Depuis quelques années...)

 

 

Les charmes (pas toujours très) discrets de la pétromarchie. 
                                                                                    Notre grande Christine, reine du FMI, le reconnaît: le roi Abdallah est un grand défenseur des femmes.
              On s'en doutait....Un féminisme insoupçonné, very discreet, ose-t-elle, règne dans un royaume divisé,  sur la défensive contre de dangereux voisins, pourtant enfant du wahhabisme, et qui commence à s'épuiser, miné aussi par ses divisions internes, pour partie d'origine familiale/tribale.
     La maison des Saoud a, il est vrai, d'exquises manières. 
            On salue la mémoire d'un souverain particulièrement humaniste,si l'on en croit certains courtisans proches ou lointains. Là-bas, l'allégeance se fait en un clic.
    Traditions et modernité...On est passé à la vitesse de la lumière du chameau au 4*4 Toyota Cruiser et au portable dernier cri.

_______Le jeune frère (79 ans quand même..) prend le pouvoir  dans cette monarchie si tolérante et si discreet...Charmante pétromonarchie! Le sabre comme les coups de fouets y sont toujours à l'ordre du jour. On n'abandonne pas des pratiques ancestrales qui ont fait leurs preuves, si moralement dissuasives. Mme Alliot-Marie en serait convaincue.
 Dans les palais, ce n'est que luxe , calme et volupté.
  Les femmes y sont à leur place
Elles peuvent enfin faire du vélo! Enfin, moyennement...On n'arrète pas la progrès...
Dernière révolution: elles peuvent voter, à certaines conditions,, mais aux municipales seulement. Faut pas déconner...
       Ce pays est reconnu comme un irremplaçable allié, ce qui explique les courbettes, projets de contrats en main.
 L'or noir, voilà le secret. Mais aussi le talon d'Achille. Un pétrole, cet excrément du diable, comme disait un des fondateurs de l'Opep. Pétrole qui est devenu une arme. 
    Une arme à double tranchant.
De Roosevelt à Bush, les USA furent à la manoeuvre, au premier plan, malgré le double jeu de l'Arabie, qui a tout de même enfanté Ben Laden, l'enfant terrible.
    Des fissures apparaissent aujourd'hui dans ces vieilles relations, ces chasses réservées,, mais ce n'est pas encore le divorce. Pas fous les Uniens, qui auront toujours besoin de pétrole et de vendre leur quincaillerie militaire dernier cri. Tant qu'il y aura du pétrole...
    Mais ne va-t-on pas inéluctablement vers la fin du pétrodollar?
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- Le Nouvel Ordre Mondial de l'énergie 
- Qui manipule qui?  
 L’Arabie saoudite tient la France et les Etats-Unis en otages
 L’Empire du Chaos dans la maison des Saoud 
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Points de vue

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

__ Krach financier: le risque n'est pas écarté.
                Notamment celui d'une vague géante de dollars.
                                    La probabilité n'est pas nulle.. Les Echos s'en font l'écho.

__ Docteur Bezos s'attaque maintenant au marché de à la santé.
             Il y a du blé à se faire?
                  Qui arrêtera l'aventurier du web?

__ Pas simple la vie des pauvres riches...

__ Le Kosovo revient sur le devant de la scène.
               Un pays sous perfusion, où le passé n'est pas passé.

__ Stabilité stratégique asiatique en question.

__ La leçon vient d'en-bas, contre le cynisme et l'affairisme.

__ Le lait de mauvaise qualité risque de se généraliser.
                                         Alertez les vaches!

__  Changement climatique en question.
            L'or bleu tend à faire défaut.

__ Qu'est-ce que l'accord UE-Mercosur?

__ Questions sur l’héritage
                    La question de l’affection parentale ne se discute pas. Ce qui se discute, c’est ce paradoxe qui consiste à se dire progressiste et continuer à défendre tranquillement le mécanisme de reproduction sociale le plus injuste du monde. Car, regardé sans les nobles lunettes de la "transmission", l’héritage n’est rien d’autre que la conservation indue des privilèges matériels de familles qui, génération après génération, n’ont rien fait d’autre que de naître pour les mériter. A l’instar des monarques dans un régime absolutiste....
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