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USA: justice en question

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

 Peine de mort: retour en arrière?  ( notes)                                
                                                 Il fut un temps où elle régressait, où son application se raréfiait.
     Du moins dans certains Etats. Certains l'ont abandonnée.
35 Etats sur 50 pratiquent la peine de mort et que le Texas représente à lui tout seul plus du tiers des exécutions (515 exécutions sur 1385), et qu’avec l’Oklahoma (111), la Virginie (110), la Floride (88) et le Missouri (76), cinq Etats représentent les deux tiers des exécutions.
  Des erreurs judiciaires manifestes et les conditions atroces de certaines exécutions avaient entrainé un certain recul de cette pratique d'un autre âge, inaugurée en 1608. 
     La peine de mort, ou plutôt les exécutions, reviennent en force ça et là, sous des formes variées.
Ici, il est question de revenir à la bonne vieille chaise électrique.
En Utah, on envisage de  réintroduire les pelotons d'exécution.

Les dernierrs jours...

Là on découvre l'innocence d'une femme après plus de vingt ans dans couloir de la mort. Un cas qui n'est pas rare.
   Il y a les pratiques d'un côté et les méthodes opaques de l'autre.
Les affaires et les scandales sont innombrables.
    C'est tout le sytème judiciaire américain que de trop rares juges (*) mettent en question, ainsi que le système d'incarcération, parfois source de business.
    Hilary Clinton n'aborde que superficiellement le problème.
A quand une refonte du système judiciaire, de la police et de ses méthodes, du deuxième amendement en général?
______
- (*) -Selon le procureur M.Stroud, " «Personne ne devrait avoir le pouvoir d’imposer la peine de mort, pour n’importe quel crime que ce soit. Nous sommes incapables de mettre au point un système qui peut équitablement et impartialement décider de la mort d’un homme car nous sommes tous des êtres humains faillibles», écrit-il. Et d’en déduire que la peine capitale est une «insulte à toute société qui se dit civilisée, […] une abomination qui défigure notre société, et ce jusqu’à ce que cette peine barbare soit supprimée. D’ici là, nous continuerons à vivre dans un pays qui se livre à la vengeance assistée par l’Etat, ce qui n’a rien à voir avec la justice.»
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Voir Malte...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

...Et mourir. Assassiné.
                                       Vu de loin, l' île ne manque pas de séduire.
                                             Mais vu de près, par une journaliste pugnace et trop curieuse, ce n'est pas la même chanson. Daphné en savait trop. Elle l'a payé de sa vie. Les commanditaires courent toujours.
                             Inutile de dépenser des fortunes pour jouir d'un accueil permanent et chaleureux.
    Pas besoin de prendre des risques à s'aventurer au bout de la planète, comme au Panama ou sur certaines îles peuplées parfois de Caïmans.
         Ni non plus de faire trop de kilomètres et de se compliquer la vie.
             A Londres, on se sent déjà loin de chez soi.
   Tout près de chez nous, on peut faire de charmantes découvertes.
  Par exemple, qui connaît bien le Luxembourg, d'où notre bon Mr Juncker est originaire?
     Qui a déjà visité la petite Andorre, sans parler du Liechtenstein, de Monaco, et surtout de la Suisse, si attractive?...La liste n'est pas exhaustive, bien sûr.
    Le paradis est à deux pas, où l'on peut optimiser sa vie, échapper au poids de contributions trop pesantes, donc profiter à moindre frais.
      Optimisons donc sans peine et sans risques...ou si peu.
                                         Un peu de prudence s'impose quand même.
        La presse s'attarde ces temps-ci sur un attractif petit îlot au sein de l'Europe, trop souvent délaissé.
          La discrète Malte fait enfin parler d'elle. Une publicité méritée.
    Les contributions de quelques touristes, connus ou moins connus, ne pouvaient suffire, il fallait une information plus large.
     L'île est ouverte à tous, sans discrimination.  Suivez le guide...
       Mais il n'y a pas que l'optimisation fiscale. Il y a la corruption, parfois d'Etat. Avec ses violences.
                Dans cet Etat européen si ordinaire qu'on finit par oublier, qui ne soulève aucune tempête dans les institutions bruxelloises, se passent des choses terribles, dignes d'une mafia sud-américaine.
      Pourtant du beau monde s'y met à l'abri. En toute tranquillité et discrétion.
         Des multinationales bien connues viennent y trouver refuge.
  En fait, derrière les apparences,  la corruption mine les institutions.
                          Derrière l'opacité financière et une façade avenante, l'île est gangrenée depuis longtemps. Comme d'autres Etats, pourtant montrés du doigt.
On s'y livre, entres autres,  à de fructueux commerces de passeports permettant à certains hommes d'affaires fortunés d'acquérir le droit de mettre un pied dans l'espace européen et d'y bénéficier de faveurs, comme racheter légalement des entreprises, même en France.

                  Lîle aux fantômes n'a pas encore été grondé par le bon Mr Juncker, qui n'était pas informé, bien sûr.
        L'Europe a besoin de lunettes, dans sa myopie sélective. Les pratiques panaméennes sont à nos portes.
     Le collectif de journalistes européens, qui s'est engagé à poursuivre le travail d'investigation mené dans la solitude par Daphné, aura-t-il le cran d'aller jusqu'au bout de ses recherches? L'indignation ne suffit pas.
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On n'arrête pas le progrès...

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Alerte! sondages...

                                
La pollution est à son comble!
__Pas seulement sur les principales villes de France. Jusque dans nos campagnes.
L'air devient irrespirable.
_____Il faut arrêter les moteurs l’obsession sondagière des médias et des politiques (ou klaksonner?)
La grippe semble passée, mais la SONDAGITE est de retour...
___Un mal qui répand la confusion...et les cauchemars.

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Les cochons!
______________ Too manies american pigs!
Pauvres cochons!
____Les braves cochons de chez nous n'en reviendraient pas, eux qui ont encore une vie à peu près humaine, pas trop cochonne, sauf en certains lieux et dans certaines conditions où l'on a américanisé, taylorisé la production.(On ne dit plus élevage)
Pareil pour les vaches.
__Même dans l'usine picarde à mille vaches, on est loin d'atteindre ces sommets.
____Dans certains Etats des USA, c'est l'horreur et ils sont vraiment...emmerdés!
                 Et tout ça, pour quelle bidoche?

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 Twitter ou pas?
 
                         ____Certains écrivains abandonnent parfois la plume au profit du clavier et s'intègrent pour un temps dans le club aujourd'hui très ouvert des gentils Twitters.
     Il s'amusent comme des petits fous ou se laissent aller à des écarts inhabituels, pas toujours inintéressants.
Twitter  ou pas?  Montaigne ne s'y risquait pas, on sait pourquoi...
____ Même Pivot, ex-roi des lettres, y va de sa fantaisie, parfois subtile
Comme par exemple: " De tous les métaux dangereux pour la santé publique l'argent, surtout dans sa version papier, est le plus redoutable."
Déchéance?
_____Non. Après tout, même Jésus twittait

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 Humour du jour
                              François Hollande est parfois (assez) drôle
Enfin, si on veut...Moyennement.
___A son arrivée au sommet, il a déclaré: "Que le gouvernement grec fasse des efforts pour les pauvres, ce n’est pas ce qui me choque, ce qu’on demande à la Grèce, c’est qu’elle demande aux plus riches de payer des impôts..."
Humour (moyennement drôle) du jour_____Très bien. Donc il n'est pas choqué par les efforts entrepris pour sortir une grande partie de la société grecque de la pauvreté. Encore heureux!..Mais c'est plus que de la pauvreté.....
    Et il ne lit pas la presse. Il devrait savoir qu'il y a un plan contre les oligarques, la corruption, pour imposer (enfin!) les grosses fortunes, pour rapatrier les sommes colossales qui ont fui depuis longtemps le pays pour d'autres paradis..dans le plus grand silence bruxellois...
    Il devrait savoir aussi que, depuis qu'elle sévit à Athènes, la Troïka n'a rien fait en ce sens.
Enfin, pour reconstruire un Etat, qu' il faut donner du temps au temps. La tâche pour Tsipras va être longue et difficile...
           C'est Angela qui n'est pas contente...Elle est moins drôle.

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Mafias en tous genres 
                                     ___Il suffisait d'y penser...
 
Le pape François a eu une idée très inspirée à Naples:La corruption "pue"...(et tue).
___Frères mafieux, venez à moi!
Votre "conversion" est pour demain. Alleluia!
___Mais ils ne sont pas tous à Naples ou à Las Vegas! ...On en trouve partout : à Wall Street, à la City...
Souvent là où on les attend le moins: aux paradis (fiscaux)
___On attend maintenant le successeur de Pierre au FMI.
            Mais ce pape-à-part se met en danger...Des évêques et des papes ont eu une vie abrégée pour moins que ça...
Amen!
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Jusqu'ici tout va bien...
                                    Pourvou qué ça doure!                               
      Alice in the rabbitt hole
                                  Pour comprendre (ce qui se passe), il faut quitter le monde des apparences et faire comme dans Alice Au Pays des Merveilles, il faut descendre in the Rabbitt Hole. Autrement dit, au lieu de regarder ce qui se donne à voir, il faut regarder en-dessous, ce qui n’est pas visible à première vue: ce qui est tellement évident qu’on ne le voit pas.
Jusqu'ici tout va bien...        La mutation du Système capitaliste explique le niveau des cours des actifs sur les marchés 
             Les marchés financiers des grands pays sont au plus haut. Actions, obligations, crédit, tout est recherché. A Wall Street, marché directeur, les valorisations sont sorties des épures historiques. Selon les méthodes qui donnent les meilleurs résultats de corrélation avec les performances sur le long terme, on est surévalué de plus de 100%. Au niveau actuel, les actions du S&P 500 sont évaluées pour rapporter moins de 1% sur 10 ans, dividendes réinvestis. Voir les travaux de Hussman et Shiller. En clair, les primes de risque sont comprimées au point d’être quasi nulles.
Lord Rothschild déclarait il y a quelques jours : « nous sommes dans une situation de risque élevé, complexe, et incertaine »… « Préserver le capital est de plus en plus nécessaire et difficile »… « La situation géopolitique est la plus dangereuse depuis la seconde guerre mondiale »… « Les actions courent un risque de chute brutale, elles se sont pas soutenues par les évaluations »

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Les textos de la République
                                       Il fut un temps où le Président suivait des voies très codifiées et républicaines pour communiquer. Mais c'était la préhistoire.
Les textos de la République      Aujourd'hui, voici la pratique des textos.
Au plus haut sommet de l'Etat!
      Dans le dos des ministres...
Un stakhanoviste du SMS!
      Je textote, donc je gouverne...
C'est décidé: je me mets aussi aux SMS. 
                             On n'arrête pas le progrès...
 
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Panem et circenses

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Notre pain quotidien
                              Si les jeux ne furent pas toujours d'actualité dans l'histoire des hommes, le pain fut depuis longtemps un enjeu central dans leurs pratiques alimentaires. Du moins en Occident.


   Bien avant le monde romain, le pain fut une préoccupation qu'on peut appeler politique, tant son importance, ses conditions de fabrication, de conservation et de stockage dépassaient l'histoire individuelle et familiale
   Le pain et le vin ont longtemps eu une dimension hautement symbolique, parfois religieuse. C'est par un signe de croix sur la croûte de la boule de pain que le chef de famille entamait le repas. Le pain fut et reste au centre du rituel religieux comme signe de transsubstantiation et de partage
     Aujourd'hui encore, dans certains pays et à certaines périodes, comme lors de famines ou les situations de pénuries d' il y a peu, en Egypte notamment, quand le prix du main flambe, c'est le pouvoir qui peut être menacé.
   Il n'ont plus de pain disait-on à Marie-Antoinette et on connaît sa réponse légendaire, réelle ou fictive, de nantie ignorante des besoins fondamentaux du peuple, qui ne mangeait du gâteau que rarement, surtout après une succession de mauvaises années de production en blé.
   Pour des raisons d'intérêts à courte vue, le blé peut être objet de spéculation ou être mal conservé ou distribué par défauts de structure adéquates
  Au Maroc, régulièrement, le problème du blé est comme un indicateur de stabilité politique.
    Comme en Egypte il y a peu, Le pain y est aussi devenu le symbole de revendications plus larges, pour des conditions de vie dignes et équitables, ainsi que pour une participation effective à la vie politique d’une région souvent marquée par le paternalisme.
  Sans les subventions sur le pain et la diffusion de la télévision contrôlée, le régime, encore révéré, tiendrait-il sous la poussée des revendications, voire des émeutes, dans certaines régions?
      _______    La multiplicité des proverbes sur la pain témoigne de son importance historique fondamentale:  "Chair vin et pain, font perdre la faim "
   "Mieux vaut pain en poche que plume au chapeau "
Le pain n'est pas toujours bénit.
      Nous avons oublié l'importance du pain , son rôle nutritionnel central dans les sociétés rurales traditionnelles .
    Plus récemment , dans les années cinquante où la pénurie d'après-guerre hante encore les esprits il fut parfois source d' empoisonnements (Pont-St-Esprit)
.
   Sous l'Ancien Régime, "la légitimité des dirigeants est à la mesure de leur capacité à fournir le bon pain, le pain blanc..." (A. Garrigou).
     Jusqu'au Second Empire le prix du blé fut un problème hautement sensible (Après une sombre période, celle de la taxation du pain entre autres, fut proclamée en 1863 la liberté du commerce de la boulangerie)
A partir de la fin du XIXème siècle, le pain français s'est distingué. A la question "dans quel pays mange-t-on le meilleur pain ?", les réponses étaient unanimes : "C'est en France".)

    Quoique le pain industriel qui n'a plus qu'un rapport lointain avec le pain d'antan n'ai pu la même saveur, la qualité du blé s'étant standardisée et les modes de fabrication, industrialisés.
_______
Le pain maudit. Retour sur la France des années oubliées 1945-1958
La Guerre des farinesEmeutes fromentaires en France -Bourguinat (Objet application/pdf)
-Histoire du pain - Histoire>>L'histoire du pain>>Amazon.fr: histoire du pain: Livres
-Histoire de la boulangerie
-Un patrimoine universel
-Espace Pain Information
-Notre pain quotidien - Google Video>>Notre pain quotidien (film, 2005) - Wikipédia>>Notre pain quotidien : l'industrie agroalimentaire au cinéma
-78 expressions et proverbes de langue française
-42 expressions et proverbes d'ailleurs..
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Le problème de l'autosuffisance alimentaire se pose encore:
- Du riz, des hommes et du marché>>> Emeutes de la faim>>>Multinationales et agriculture>>>Famine mondiale : causes, remèdes ?>>> Agriculture et spéculation>>>Prix alimentaires : le vrai et le faux

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Dérapages

Publié le par Jean-Etienne ZEN

(Il y a trois ans...)

 

 Peur, obsession et délires....
               On pouvait le redouter.
L'après Charlie pouvait déraper.
    C'est comme une constante. On l'a vu ailleurs et dans d'autres temps. 
   Après chaque traumatisme social vécu comme majeur, viennent des périodes de peur, de  méfiance, de suspicions, d'accusations douteuses ou infondées, de quasi paranoïa, d'affabulations diverses et variées.
    Surréactions qui côtoient certaines formes de déraison. avec demande implicite de police renforcée de la pensée.
  Deux faits, parmi d'autres, en sont des symptômes: 
_____Dans l'Aisne, une enfant de neuf ans est auditionné pour apologie du terrorisme
Diable! Que voilà un dangereux djihadiste en culottes courtes qu'il faut vite neutraliser! enfermer?
  Un autre de huit ans tient des propos dont  manifestement il ne peut comprendre ni le sens ni la portée. Par provocation? Par défi? par mimétisme crétin? Allez savoir...
Vite au commissariat! Bientôt en prison à cinq ans pour un mot déplacé?.
  Quand les nerfs sont à vif et l'esprit d'inquisition à l'affût, à quelles aberrations ne peut-on pas aboutir?!
____Aillleurs, c'est un prof de philo suspendu. 
          Pour des parents, qui auraient eu des échos (lesquels?) de leurs chers bambins, il aurait tenu des propos déplacés. Lesquels? On s'interroge encore...En philosophie, la liberté de ton, de parole et d'examen peut vite être détournée et montée en épingle, la rumeur aidant.
  Pour des propos dont la teneur précise contextualisée échappe aux inquisiteurs, un recteur affolé tranche dans le vif. 
    Un engrenage pervers...
_______ Pour une fois, une voix  sage ne viendrait-elle pas d'Outre-Atlantique? 
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Main imaginaire

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

    Celle de Dieu?...
                        Pas celle de Rodin..
    Mais celle,  élaborée par certains économistes pour parler, dans leur domaine, de l'harmonie et des progrès créés par le jeu libre des marchés.
        A.Smith, considéré comme le père de l'économie moderne, fut l'initiateur de cette notion, qui fit florès au XIX siècle, reprise par les néo-classiques à leur manière, plus récemment par les néolibéraux et qui n'est pas encore absente de certains esprits aujourd'hui. 
Elle désigne dans son esprit la théorie selon laquelle l'ensemble des actions individuelles des acteurs économiques, guidées (par définition) uniquement par l'intérêt personnel de chacun, contribuent à la richesse et au bien commun.
   Malgré les critiques régulières de cette métaphore, notamment par des économistes comme le prix Nobel d'économie Joseph E Stiglitz, qui invite à nouveau en 2003 à ne pas surestimer la portée de ce concept : « Si c'était une vérité absolue, la morale n'aurait plus aucun contenu. Nous n'aurions jamais à nous demander : qu'est-il juste de faire ? Il nous suffirait de nous poser la question : que voulons-nous faire, qu'est-ce qui nous ferait plaisir ? On pourrait dire que les entreprises ont été nourries avec ce double langage.
     Ou bien  Robert Shiller, prix Nobel 2013, qui pointe la responsabilité de ce genre de politique dans la crise économique de 2007-2008, crise qui a nécessité l'intervention massive et coordonnée des États et des banques centrales pour en limiter les effets dévastateurs.
    Selon Smith, ce n'est pas l'altruisme qui fonde l'intérêt général, mais bien au contraire, c'est la recherche de son égoïsme propre qui est source de richesses communes« Le produit du sol fait vivre presque tous les hommes qu'il est susceptible de faire vivre. Les riches choisissent seulement dans cette quantité produite ce qui est le plus précieux et le plus agréable. Ils ne consomment guère plus que les pauvres et, en dépit de leur égoïsme et de leur rapacité naturelle, quoiqu'ils n'aspirent qu'à leur propre commodité, quoique l'unique fin qu'ils se proposent d'obtenir du labeur des milliers de bras qu'ils emploient soit la seule satisfaction de leurs vains et insatiables désirs, ils partagent tout de même avec les pauvres les produits des améliorations qu'ils réalisent. Ils sont conduits par une main invisible à accomplir presque la même distribution des nécessités de la vie que celle qui aurait eu lieu si la terre avait été divisée en portions égales entre tous ses habitants ; et ainsi, sans le vouloir, ils servent les intérêts de la société et donnent des moyens à la multiplication de l'espèce. »
      Sans prendre à la lettre cette affirmation, il y a bien cette croyance toujours latente, surtout entre deux crises, que l'ordre économique donné est dans l' "ordre des choses" et que, malgré les dysfonctionnements et les injustices, il ne peut être que positif et facteur de progrès.
    Mais quel ordre économique?
           Livré aux seules lois du marché, on a pu voir où nous menait et ou nous mène la "spontanéité" des marchés
Une main invisible qui ne serait créée que pour les besoins de la cause, par les intérêts des seuls puissants, des plus favorisés par un système qui leur profite. Les analyses de certains avaient déjà pointé le problème lors de la terrible crise de 1929. Mais Hayek, nouveau phare du néolibéralisme et ses épigones ont oublié les leçons, dénonçant toute action publique régulatrice, arbitrale.. Pourtant, la régulation, qui  ne va pas de soi, est nécessaire. l'histoire économique le montre abondamment. Encore faut-il que les instances publiques, l'Etat, soit des arbitres neutres, sans connivence avec les intérêts affichés ou masqués.
         Ici comme ailleurs, le diable se cache dans les détails, les subtilités idéologiques, les fantasmes et les constructions imaginaires après-coup.
       Et si Dieu n'avait pas de main? Et si le désordre n'était pas consubstantiel à la marche d'un capitalisme à courte vue? Et si la spéculation, la finance, qui a pris le dessus sur l'économie réelle, n'était pas un risque majeur pour tous?
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Grèce: temps suspendu

Publié le par Jean-Etienne ZEN

( Il y a déjà trois ans...)

 

Pistes et questions...sur le tournant grec
                                                                    Bien malin celui qui dira, en l'état actuel des choses et en méconnaissance absolue des échanges et des tractations qui ne manquent pas de se produire officieusement entre les chancelleries et avec les instances européennes, ce qui va se passer demain et après-demain. Ce qui est sûr, même si le nouveau ministre grec des finances demande du  temps  pour la réflexion, la concertation, est que l'incertitude ne pourra durer longtemps dans la marche rapide de Athènes vers un new deal.
   Les prises de contact  se multiplient et les premières impasses, provisoires mais prévisibles se manifestent.
         Dans ce qui apparaît déjà comme un bras-de-fer entre Berlin et Athènes, les plus optimistes misent sur un compromis permettant de lever les crispations et les blocages,et d'entamer des échanges, comme le résume un observateur, avançant l'hypothèse qu' "il y aura une négociation un peu sur le taux, peut-être symboliquement sur les montants et beaucoup sur les maturités (les dates d’échéance). »   C’est à l’évidence ce qui va se passer. L’UE n’a en effet pas d’autre choix, sauf à radicaliser les positions et à courir le risque d’une implosion de la zone euro qui serait préjudiciable à tous. C’est pourquoi cet arrangement sera accepté par le gouvernement d’Athènes, le remboursement de la dette étant de facto renvoyé aux... calendes grecques !...Ce faisant, les autres pays du sud de l’Europe pourraient tirer parti de ce précédent, pour peu que l’exemple politique grec fasse tache d’huile. Et ça, ce serait une sacrée bonne nouvelle car cela ouvrirait très vite la nécessité de revoir le Traité constitutionnel, malgré l’opposition d’une Merkel sans doute déterminée, mais fragilisée..".
     Syriza et l’Europe sont condamnés à s’entendre, car ils sont dans le même bateau en péril, à moins que l'un deux ne le quitte pour ramer sur un radeau de fortune mais avec un cap clair.... sauf si la position de Merkel s'adoucit, elle qui ne peut défendre une politique sans reproche. Etonnant d'ailleurs que Berlin soit à la barre sur le pont au nom de l'Union européenne, le pauvre Juncker, rigide dans ses bottes, ne jouant qu'un rôle de second sur un pont  très glissant et se laissant aller à une franchise très révélatrice: " Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens.
  Naguère, l'Allemand Ulrich Beck dénonçait l'Europe (devenue de fait) allemande, la politique hégémonique d'un pays plus fragile qu'on ne le dit. (*)
  Si la Grèce a des problèmes structurels (connus) depuis longtemps, on ne s'interroge guère sur la manière et les conditions dont l'Europe intégra la Grèce en son sein. 
   Les solutions les plus satisfaisantes et souhaitables devraient  converger vers une évidence: il est impératif d'aider la Grèce pour sauver l'Europe. Si l'Europe ne peut être sauvée telle qu'elle, il pourrait être possible que cette crise constitue une ouverture salutaire vers des renégociations globales et concertées, avec consultations populaires, sur une monnaie unique qui ne marche pas, sur une direction qui mène à des impasses, l'absence de solidarité, une gestion démocratique pitoyable....
  La France, pour l'instant, semble vouloir jouer un rôle d'intermédiaire modérateur.
Mais tout peut évoluer très vite, dans des sens pas forcément faciles à anticiper.
____[La question de la dette de guerre allemande reste encore en suspens. L'Allemagne  bénéficiéplusieurs fois d'une remise de dettes et ses créanciers fermaient les yeux.  Il fut un temps où la Grèce acceptait d'effacer la dette allemande...]
   Même aux yeux d'un banquier, la situation n'est pas désespérée: 
              Mathieu Pigasse, dirigeant de la banque Lazard qui a conseillé le gouvernement grec sur la restructuration de sa dette jusqu'en 2012, préconise une réduction de moitié de la dette détenue par des créanciers publics, a-t-il indiqué vendredi sur la radio BFM Business.
"Cette restructuration est absolument nécessaire. Elle est non seulement nécessaire mais elle est possible", a estimé Matthieu Pigasse, ajoutant que "la Grèce est devenue le laboratoire de ce que peut être l'Europe demain".
"Je pense qu'il faut réduire de moitié la dette détenue par les institutions publiques en Grèce", selon le vice-président de Lazard en Europe, dont la banque a conseillé la Grèce de 2010 à 2012 et qui est actuellement le conseil du fonds de restructuration bancaire grec.
Lors de la restructuration de 2012, seule la dette privée a été restructurée et non celle détenue par l'UE et le FMI, a-t-il rappelé: "sur les 320 milliards et quelque de dette (actuelle, ndlr), 75% est détenue par des mains publiques. La restructuration doit porter sur cette dette publique ", soit environ 200 milliards d'euros. (1)    __"Il y a toute une panoplie de solutions possibles: l'allongement des maturités, la baisse des taux d'intérêt et une solution beaucoup plus radicale qui est ce qu'on appelle un +haircut+, un abattement de la dette", a-t-il expliqué..."
__________________________ 

Celui qui roule à contre-sens...(?)

(*) "... La vue d'ensemble du problème grec donne toujours autant le vertige. Beaucoup dépendra de la capacité de Tsipras à tenir sa ligne « dure », sans mettre en péril l'appartenance de la Grèce à la zone euro. Et, une fois encore, la stratégie d'Angela Merkel sera décisive. Dans son édition de vendredi, The Economist, l'hebdo britannique, estime que la balle est dans le camp de la chancelière : « Cinq ans après le début de la crise de la zone euro, des pays membres du sud de l'Europe restent enlisés dans une croissance quasi nulle et des taux de chômage astronomiques. La déflation s'installe, ce qui alourdit encore le fardeau de la dette, malgré l'austérité budgétaire. (…) Si Madame Merkel continue de s'opposer aux efforts pour relancer la croissance, et pour freiner la déflation dans la zone euro, elle condamnera l'Europe à une décennie perdue, plus grave encore que celle qu'a traversée le Japon dans les années 1990. Cela ne manquerait pas de provoquer des sursauts populistes bien plus plus massifs, à travers toute l'Europe. Il est difficile de voir comment la monnaie unique pourrait alors survivre dans de telles circonstances. L'Allemagne elle-même en serait le grand perdant. »
        (1)     La dette publique ne concerne pas que la Grèce, loin de là... 
___ 
 _ Le dilemne
 - Deux poids, deux mesures
_ Varoufakis: "Nous détruirons le système oligarchique grec"
-   La Grèce engrange des soutiens:  "...Demander chaque année à Athènes un surplus budgétaire (hors charge de la dette) allant jusqu’à 4,5% du PIB, au prix de lourds sacrifices sociaux, c’est vouloir «tirer du sang à une pierre», écrivait le 28 janvier le prix Nobel d’économie Paul Krugman.  Ou c’est imiter Sisyphe, ce personnage mythologique condamné, pour avoir défié les dieux, à pousser pour l’éternité une lourde pierre jusqu’au sommet d’une montagne, dont elle retombe à chaque fois. «La bonne stratégie pour Sisyphe est d’arrêter de pousser son rocher, pas de monter jusqu’en haut de la colline», dit le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis lundi dans Le Monde..".
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Google en cause

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 

Quand l'empire vacille
                              Après les déboires de Facebook, le grand aspirateur de données numériques connaît les affres de critiques redoublées.


  Après la grandeur et la complexité, la décadence? Faut pas rêver...
      C'est peu de dire que le fonctionnement du mammouth numérique pose problème. Et pas qu'un peu...
    C'est la vie privée qui est en question. Pas seulement la gestion discutable de ce monopole de fait qui a su se rendre quasi-incontournable.
    Même pour les opérations les plus banales, les services "gratuits" du géant peuvent coûter cher en données privées.  Même pour des services plus sérieux et professionnels..Même au coeur de technologiesapparemment innocentes.

   Big Brother et ses puissants algorithmes a plus d'un tour dans son sac pour capter des données sensibles, ne serait-ce qu'à des fins marchandes, sans que l'innocent utilisateur puisse s'en douter, pisté même par son smartphone. Et on ne serait qu'au début d'un processus, nous dit-on.

   Mais les critiques envers Google  ne se limitent pas à cela
 Malgré ses tentatives de séduction, la firme ne peut cacher longtemps ses failles béantes, malgré des démentis, des tentatives de réhabilitation, ses intrusions, ses pratiques fiscales (too big to fail), salariales
   Difficile de voir l'avenir en Google, car l' empire empire s'il reste en l'état, même avec quelques réformes, ajustements et sanctions. Ce n'est pas à l'échelle d'un Etat, ou même de UE  seule que les choses sont susceptibles de changer à l'égard du redoutable moteur. Des alternatives existent mais partielles et minoritaires pour l'instant.
  Google fait aussi dans la diplomatie secrète.  Google tisse sa toile.
« Nous croyons en un Internet ouvert et libre pour tous. (...) Nous croyons en la bonté des hommes », disait, messianique, l'ancien PDG de Google, Eric Schmidt. Tout le monde il est beau....dans la grande famille libérale-anarchiste des individualistes-consommateurs du Net, qui va changer le monde.
    Amen! 
C'est beau comme du Rousseau!
     Il nous gâte, nous comble, en nous offrant des services multiples et variés presque gratuits et permet de nous ouvrir toutes les portes de la connaissance.
Tout ça pour quelques clics. 
      C'est comme un nouveau Siècle des Lumières qui s'ouvre à nous.
Le Grand Moteur " s'est donné comme mission « d'organiser l'information à l'échelle mondiale et de la rendre universellement accessible et utile.."
   De la naissance à la mort ...et au-delà... Google nous assure de sa sollicitude...
          Mais il y a un petit problème, un problème de rien du tout. 
Cette sollicitude n'est pas désintéressée et est un rien indiscrète.
    Les projets du Big Brother ne manquent pas de créer du souci.
Il étend son empire sur la Toile de manière problématique...  
                        Google  (malgré quelques ratés et faiblesses) pèse plus lourd que Coca-cola.
  Il y a donc plutôt un gros problème.
Google tisse sa toile, dans une dérive monopolistique.
       Il établit une hégémonie planétaire qui inquiète, dans son  ambition  même, devenant incontournable, jouant de plus sur l'optimisation fiscale.

    On perçoit tous les dangers possibles pour la vie privée. 
      Même Microsoft s'inquiète

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Connaissez-vous Yanis? (suite)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

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   (*) "...Lundi dernier, au lendemain de la victoire de Syriza, M. Varoufakis déclarait dans une interview donnée à la BBC, « mon message pour les Allemands n’est pas qu’il faut que vous nous donniez plus d’argent, mais que vous nous en avez déjà donné beaucoup trop ! »...
     La raison du miracle allemand est qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Washington a fait le choix de l’Allemagne et du Deutsche Mark.
« Pendant 60 ans, l’Allemagne a été choyée par une Amérique hégémonique qui a veillé à l’annulation de ses dettes de guerre, au revirement complet du plan allié qui voulait le démantèlement de son industrie et, et c’est ici le point crucial, à assurer la pérennité d’une demande mondiale pour sa production manufacturière, permettant ainsi aux industriels allemands de n’avoir à se concentrer que sur l’optimisation des conditions de fabrication de marchandises de qualité et à forte valeur marchande. »
   Mais, depuis 2008, les États-Unis ne sont plus à même de soutenir la demande mondiale au niveau dont l’Allemagne a besoin. La classe politique et les industriels allemands devront bien, tôt ou tard, se rendre à l’évidence de ce changement de paradigme et relever le défi qui consistera pour eux à endosser au niveau européen le rôle que les États-Unis déchus remplissaient jusque-là au niveau mondial. Et le plus tôt sera le mieux.
« Le temps de la transmutation de l’Allemagne, de puissance dominatrice en puissance hégémonique, est donc venu. Il faut pour l’Europe que l’Allemagne soit prête à cette métamorphose et, pour tout dire, il le faut pour l’Allemagne aussi. »
    Quel est ce rôle hégémonique de l’Allemagne que le ministre des finances de la Nouvelle Grèce appelle de ses vœux ? Il s’agit pour Berlin et Francfort de se souvenir que l’Âge d’or du capitalisme, les Trente Glorieuses, ne fut possible que parce que Washington décida de réinvestir, sous la forme du Plan Marshall, en Europe (et plus tard au Japon) une partie des revenus tirés de son commerce extérieur, permettant ainsi de relancer la consommation et l’industrialisation dans une Europe dévastée par la guerre.
« Mais que ferait l’Allemagne de sa position hégémonique ? Sa préoccupation ira alors au-delà du souci d’imposer rigueur budgétaire et réformes des marchés. Parce qu’elle est parfaitement consciente du fait qu’une offre de produits de très haute qualité ne suffit pas à générer de manière automatique sa propre demande, l’Allemagne devra donc se lancer, à l’instar des Etats-Unis dans les années 50, dans la conception d’un Programme de Redressement Pan-européen afin de rétablir la demande commerciale dont l’Europe a besoin. (…) D’une certaine manière, une Allemagne hégémonique pourra jouer le rôle que Washington a tenu dans les années 50, en adoptant une politique ayant pour objectif le rééquilibrage de l’économie européenne grâce au recyclage efficace de ses excédents. Mais comment y parvenir, quand l’Allemagne n’a pas les moyens de lancer un Plan Marshall ? Sur quelles institutions peut-elle compter pour effectuer ce recyclage ? »
Certainement pas sur la Troïka. Les mots prononcés vendredi à Athènes par Yanis Varoufakis Ministre des finances devant Jeroen Dijsselbloem, le Président de l’Eurogroupe, « Nous n’avons aucune intention de coopérer avec un comité tripartite dont l’objectif est d’imposer un programme que nous considérons anti-européen dans sa démarche » font écho à ceux que l’Universitaire Yanis Varoufakis écrivaient en février 2013 :
« Deux choses sont claires : l’Allemagne ne peut s’appuyer sur l’interface entre gouvernements nationaux et Bruxelles, qui ne fonctionne pas et qui est responsable de l’utilisation inefficace et à des fins détournées des fonds structurels de l’Union européenne. Il est pareillement futile d’entamer un processus de fédéralisation, les peuples européens ne sont pas encore prêts à se lancer dans cette voie (…) »
    Alors que faire ?
Ce qu’il faut c’est que l’Allemagne s’inspire des New Dealers qui l’ont positionnée sur la voie du redressement dans un passé pas si lointain : l’Europe a besoin de son propre New Deal, financé par une nouvelle gamme d’instruments financiers publics. L’Allemagne peut réaliser un tel Programme de Redressement en l’axant autour de la Banque d’Investissement Européenne. La BEI a déjà fait ses preuves et démontré sa capacité à créer pour les instruments de la dette un marché fluide ayant permis le financement de projets et de les mener à bien. En collaboration avec la BCE, et avec son soutien, un partenariat BEI-BCE est en mesure de mettre au travail une masse colossale d’épargne accumulée et inactive en ne suivant rien d’autre que de simples principes bancaires, avec une implication a minima des Etats membres et sans besoin aucun de toucher aux Traités."
-- Restructuration de la dette grecque
--  V pour Varoufakis: parce qu'une autre spéculation est possible
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Connaissez-vous Yanis? (1)

Publié le par Jean-Etienne ZEN

 Yanis Varoufakis
                                  Non, ce n'est pas un chanteur à la mode au Pirée, ni un joueur de bouzouki, encore moins une rock star, même si son image médiatique est déjà exploitée  par des fans sans cervelle, qui en ont déjà fait une vedette.
        Ce n'est certainement pas ce qu'il demandait  ni ce qu'on attend de lui à Athènes, qui vit des moments difficiles mais pleins d'espoir, en cette période cruciale de transition.
  La Grèce n'attend pas de vedettes ou de messies, mais des reconstructeurs patients et méthodiques. Courageux et audacieux.
   Varoufakis n'est pas un tête brûlée. Certains le trouveraient même trop prudent, même trop classique..
   Au sein de l'actuelle l'équipe réduite et provisoire, il y a un certain nombre d' hommes neufs, chargée d'une tâche qu'on pourrait qualifier de  surhumaine, Y. Varorufakis a un poste clé pour mettre un terme à cet absurde travail de Sisyphe auquel est soumise la Grèce depuis un certain nombre d'années, victime d'un remède qui tue le malade.
   Il est une pièce centrale au coeur du dispositif visant à sortir le pays du  chaos économique et du désastre humanitaire. Chaos ou descente aux enfers qui a ses propres causes internes, mais qui n'a pu se développer qu'à la faveur d'un contexte externe toxique. 

 

   Assez peu connu jusqu'à ces derniers temps, sauf pour les économistes un peu ouverts et curieux et ceux qui avaient lu son livre Le minotaure planétaire, qui pointe la dérégulation bancaire comme l'origine d'une crise, dont il avait pronostiqué la venue et dans laquelle la Grèce n'est qu'un élément, le maillon le plus faible . (*)  Yanis connaît sa mythologie.
  Les racines du mal remonteraient pour lui à la politique monétaire américaine d'après-guerre. Les causes les plus proches sont à chercher dans la contruction bancale d'un euro  rivé au mark et d'un aveuglement collectif et coupable à l'égard de la situation initiale de la Grèce
   Il a une solide formation, mais une vision de l'économie sans myopie, enrichie de perspectives historiques et sociales.
    Il n'est pas le premier venu dans le monde de la recherche économique pas toujours bien pensante et ses premiers pas offensifs font déjà grincer quelques dents du côté de Bruxelles et de Berlin. Sans langue de bois, il dénonce les perversions d'une finance dévoyée, qui a montré son vrai visage lors d'une crise sans fin, qu'il avait vu venir.
_____Peut-être représente-t-il une chance pour l'Europe, en subvertissant la logique du fonctionnement de ses institutions actuelles, de traités aux conséquences perverses et des féodalités financières qu'elle sert.
   Un grain de sable au moins, qui peut contribuer à amener la machine européenne grippée à un mode de fonctionnement différent...Sans révolution, espère-t-il.
  Ses critiques ne visent ni des personnes ni des pays en particulier, mais un système. Un système qui se fissure, mais qui semble bien vouloir résister encore un moment, par inertie, par soumission...
  La lettre de Tsipras aux citoyens allemands  atteste de cette vision sans animosité ni ressentiment. Il sait que la rigidité merkelienne est en difficultémais ne cèdera pas facilement..
 La partie sera difficile, mais la fermeté peut payer  et le pari semble bien engagé. 
      Pari qui ne semble pas irréaliste puisque le banquier Matthieu Pigasse estime que "cette restructuration est absolument nécessaire. Elle est non seulement nécessaire mais elle est possible"
Et Obama apporte un appui inattendu, non sans arrière-pensées sans doute.  
   Les négociations ne font que commencer
      Le chemin va être long...Sans remise en question de l'euro unique, sera-t-il praticable?
            Face à la dette, que peut faire Alexis Tsipras? Ce que les Allemands ont fait avant lui...
                    [On peut utilement revoir l'excellent document diffusé hier soir par Arte: La dette, une spirale infernale._- Replay ICI ]
__ La Grèce est loin d'être le pays le plus endetté au monde

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